dimanche 30 avril 2017

invasion de l'Italie

Sous la pression populaire, le gouvernement et la presse italiens feignent de s'interroger sur le caractère quasiment militaire du débarquement de 8500 clandestins africains en Italie pendant le week-end pascal.
 
8500 hommes (en trois jours), c'est un cinquième du total d'intrus entrés en Italie sur l'ensemble de l'année 2013. Et effectivement il s'agit d'un effectif militaire, en l'occurrence l'équivalent de deux brigades d'infanterie. Cet effectif est d'ailleurs composé presqu'en totalité de jeunes hommes relevant d'une tranche d'âge que l'on qualifie parfois aussi de militaire. Cependant on peut difficilement appeler cela une surprise, un an et demi après que le Conseil de Sécurité de l'ONU ait adopté la résolution 2240 du 9 octobre 2015, qui plus est en référence explicite au chapitre VII de la Charte des Nations Unies, donc en reconnaissant une situation "de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression" et en rappelant la nécessité de maintenir la paix et la sécurité internationale, avec usage de la force. La portée de cette résolution est présentée pages 141 à 147 de la Huitième Plaie. Cette résolution ne nomme aucun sujet de droit international comme coupable de cette agression mais elle désigne clairement les passeurs comme agents d'une puissance ennemie qui a rompu la paix et agressé l'Italie principalement, et Malte accessoirement, justifiant donc une riposte militaire contre ces agents sur le terrain, en l'occurrence en mer. Il va sans dire qu'en droit international coutumier, immémorial et très largement antérieur à la signature de la Charte des Nations Unies, toute agression autorise et même appelle une riposte, mais dans le contexte contemporain d'indécision et de sottise politiques l'autorisation du Conseil de Sécurité est une justification publique appréciée des gouvernements, notamment dans les jeunes républiques constitutionnelles légalistes comme l'Italie. Le 9 octobre 2015, le Conseil de Sécurité de l'ONU, à l'unanimité moins une abstention (un petit pays insignifiant d'Amérique), a formellement arrêté que l'Italie, Malte et l'Union Européenne étaient l'objet d'une agression (une guerre) et devaient y répondre par la force afin de restaurer la paix internationale. Il est remarquable que même des pays non concernés et très éloignés de cette région du monde, et même un pays auquel l'Italie et l'Union Européenne ont déclaré la guerre (plusieurs fois depuis 2014), ont reconnu cette agression et voté en faveur de cet encouragement à la contrer par la force militaire.
 
Le moins que l'on puisse dire, c'est que tant l'Italie que l'Union Européenne se sont abstenues d'apporter de la publicité à cette décision qu'elles avaient pourtant demandée afin de se justifier auprès de l'électorat italien. Un minimum de publicité à cette résolution, assortie de la publication de quelques images de vaisseaux de guerre appareillant des ports italiens, aurait pourtant certainement suffi à réduire, sinon tarir, tant l'effrontement des traficants expressément visés dans la résolution 2240 que l'esprit d'aventure des "êtres humains" (la résolution décrit les négriers comme des esclavagistes mais s'abstient de caractériser leurs victimes) qui quittent volontairement l'Afrique noire avant d'être réduits en marchandise, en Berbérie islamisée et arabisée. Elles se sont surtout abstenues d'utiliser la force dont elles avaient demandé l'autorisation d'emploi au Conseil de Sécurité. Cette passivité contraste singulièrement avec la détermination peu pacifiste de l'Italie et de l'OTAN en 2011 dans la même zone, face aux mêmes côtes et sous un prétexte encore plus faiblement humanitaire, où l'Italie a aidé la France non seulement à outrepasser la résolution 1973 du même Conseil de Sécurité, mais aussi à violer la Charte de l'ONU et détruire, sans l'occuper, l'Etat qui administrait alors la Cyrénaïque et la Tripolitaine...… Or les conséquences de la destruction d'un État sans occupation de son territoire, contraire d'ailleurs au droit international, sont bien connues des pays de l'OTAN, Italie comprise.
 
Il n'est d'ailleurs pas anodin de remarquer que la Libye, qui jusqu'en 2011 était le pays au niveau de vie le plus élevé d'Afrique et le seul pays du continent à avoir un Indice de Développement Humain "élevé" (l'IDH calculé par le Programme des Nations-Unies pour le Développement), avec la plus grande population immigrée (de l'ordre de cinq millions), était la destination des courants migratoires, alors légaux et sans pertes humaines, venant d'Afrique subsaharienne. Les pogroms massifs perpétrés à Benghazi dès le début de l'intervention islamo-atlantiste, par les Frères Musulmans égyptiens que la presse européenne (italienne comprise) présentait comme des libérateurs printanniers arabes, avaient pour but et ont eu comme résultat le départ précipité de ces cinq millions d'immigrés, entre le tiers et la moitié de la population de la Libye. Les massacres de Benghazi, en l'occurrence un génocide sur critère racial puisque quel que fût le nombre exact de victimes il visait exclusivement et systématiquement les Noirs, fut passé sous silence par la presse sélectivement humanitaire des pays ayant dicté la résolution 1973 de protection de la population comme cynique justification à leur agression de la Libye et à sa livraison à l'islamisme. Encore plus impressionnant, le contrôle des trois agences de presse de l'OTAN sur la presse mondiale, multipliant le succès de l'occultation de la déportation par la Croatie d'un dixième de sa population en 1995, a cette fois (en 2011) permis d'occulter totalement l'exode terrestre précipité et désordonné en quelques semaines de cinq millions de personnes, soit dix fois plus que les orthodoxes de Croatie et sur une distance vingt fois supérieure, donc une catastrophe humanitaire majeure dont les sables du désert ont certainement englouti bien plus d'échecs que les flots de la Méditerranée depuis lors.
 
Le 22 août 2011, dans un message prenant acte de la victoire islamiste en Libye (et rappelant la vraie raison de l'agression) et annonçant pour un futur proche le divorce entre la Cyrénaïque sénoussiste et la Tripolitaine tribale, le dévoilement des Frères Musulmans en Egypte (par l'élection plusieurs fois différée pour raisons d'image après le coup d'état islamiste) et la réorientation des moudjahidines africains et moyen-orientaux vers d'autres combats (sans savoir que ce seraient le Mali et la Syrie), Stratediplo écrivait que "le retour au sud du Sahara des millions d'émigrés récemment expulsés par les milices islamistes de Cyrénaïque posera inévitablement des problèmes de réintégration, comme après une démobilisation massive, mais aggravés par l'interruption soudaine des transferts financiers que les millions d'immigrés en Libye envoyaient vers leurs pays d'origine". Néanmoins, pour que de gros contingents d'Africains noirs reprennent le difficile chemin de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine, après la destruction de l'économie et de la sécurité libyennes puis la restauration de l'esclavage islamique, il a fallu que l'incitation au départ et la promesse d'accueil soient particulièrement appuyées et incitatrices. Comme on l'écrivait dans la Huitième Plaie, "l'Italie avait lancé en 2014 l'opération Mare Nostrum qui avait encouragé et quadruplé le pont maritime entre l'Afrique et l'Europe, débarquant 170000 illégaux en Italie en 2014 contre 43000 en 2013, la marine italienne ayant une autre capacité que les flotilles de Tripolitaine et Cyrénaïque". L'Union Européenne, pour sa part, a d'abord triplé le (petit) budget de l'opération Triton, puis appelé tous les pays de l'Union à une opération de transport majeure, ultérieurement baptisée Sofia. Le résultat évident en a été la multiplication de l'effectif débarqué, et une conséquence accessoire est l'augmentation proportionnelle du nombre de décès, que l'on cache soigneusement afin de maintenir le mythe du but humanitaire de ces opérations. Ces pertes sinon négligeables du moins ignorées prouvent indubitablement que l'objectif réel de ces opérations n'est ni de sauver ni d'épargner ces victimes unilatérales.
 
La presse italienne, pressée d'expliquer à l'électorat italien qu'on l'a compris, s'enflamme donc depuis deux semaines et titre de grosses manchettes sur les débarquements de clandestins. Ceci est un double abus de langage et un mensonge. D'une part ces gens-là ne débarquent pas en Italie, ils y sont débarqués. Ils ne sont livrés à eux-mêmes qu'entre la plage et le bateau, entre le moment où les négriers leur disent d'aller tout droit en direction de la lune car il y a juste assez de carburant pour arriver en limite des eaux territoriales, et le moment où après un échange de signaux lumineux (entre les lampes de poche des esquifs jetables et les projecteurs des bateaux européens) ils sont hissés et pris en charge par les marines d'acheminement pour la traversée de la Méditerranée. D'autre part ils ne sont pas des clandestins puisqu'ils n'entrent pas clandestinement en Italie. On les invite à monter, comme promis, à bord des bateaux, on les y réchauffe, leur prodigue en cas de besoin les soins nécessaires, leur distribue couvertures, café chaud et éventuellement nourriture pour le voyage, puis on les invite à descendre en bon ordre sur le quai après les manœoeuvres d'approche et d'amarrage... qu'il soit autorisé voire ordonné aux transporteurs de conserver l'anonymat de leurs passagers en évitant de leur demander leur identité est une politique de déshumanisation déterminée, alors qu'au contraire des Asiatiques envoyés massivement depuis deux ans pour procéder à l'islamisation de l'Europe, les Africains, héritiers d'une solide tradition d'études en Europe, cherchent plutôt la reconnaissance que cet anonymat qu'on leur impose : leur intrusion est illégale mais pas clandestine.
 
Ce dont la presse italienne feint de s'apercevoir aujourd'hui, suite aux enquêtes d'une poignée de procureurs qui commencent à s'inquiéter de l'intensité des débarquements en Sicile, c'est que les passeurs, ceux qui font traverser la Méditerranée aux intrus, sont des marines ou des organisations européennes, et que les négriers de Cyrénaïque et de Tripolitaine ne sont que des pousseurs, plus des passeurs. Les passeurs sont la marine italienne, les autres marines de l'Union Européenne qui détachent des navires pour l'opération de transfert massif, et les organisations soi-disant non gouvernementales subventionnées par l'Union Européenne, payées par le tissu associatif de l'Open Society, et aidées aussi par le gouvernement états-unien. Ce qui éveille aujourd'hui les pouvoirs judiciaires de Catane et de Palerme (Sicile), de Cagliari (Sardaigne) et de Reggio (Calabre), c'est le pressentiment d'une prochaine submersion d'abord de Lampéduse puis de toute la Sicile sur le modèle des îles grecques (Lesbos, Kos, Samos, Chios et Leros) depuis deux ans. La presse italienne a été réquisitionnée pour nier et dénier les vidéos amateurs montrant le déferlement de hordes sauvages dans les rues de villes du sud de la péninsule, mais les faits s'entêtent, et tout politicien latin ou européen rêvant d'invasion ou de soumission de la Sicile sait qu'elle n'est pas peuplée de lesbiennes, l'histoire l'a assez démontré. Que certaines autorités locales, au contact de la population, commencent à changer leur discours, pourrait être révélateur de la croissance d'une vélléité populaire de s'opposer à l'invasion, laquelle pourrait localement plus s'apparenter à des vagues de razzia (réveillant de vieilles mémoires) qu'à une colonisation ordonnée, l'Italie en général et la Sicile en particulier étant plus considérées comme un lieu de transit que comme une destination finale. Reportant soudain le regard accusateur du tremplin côtier vers le matelas de réception naval, le procureur Carmelo Zuccaro, de Catane, ne parle plus uniquement de la coordination logistique entre les flottes étatiques et associatives d'un côté et les lanceurs d'esquifs de l'autre, mais également d'une participation au financement des flottes associatives par les réseaux négriers. Tandis que des milliers d'intrus sont débarqués chaque jour dans les ports siciliens, de patientes enquêtes judiciaires ont été lancées pour trouver des preuves de sources de financement illégales (dont on peut deviner que les négriers libyens ne sont que des intermédiaires et sûrement pas les payeurs finaux), et aboutiront certainement d'ici quelques années à des inculpations, des procès et peut-être quelques condamnations, qui viseront plus vraisemblablement des personnes juridiques que leurs dirigeants (et plus légèrement qu'envers les Russes dont on saisit les comptes bancaires en vertu de fausses "sanctions" extra-judiciaires illégales), en réduisant par exemple leur accès aux subventions publiques.
 
Pendant ce temps une invasion a effectivement lieu, bien qu'il ne s'agisse pas d'une opération militaire puisqu'il n'en est nul besoin en l'absence de défense armée du côté envahi. Tout cela est la suite "logique" du rapport de l'ONU du 21 mars 2000 sur les migrations de remplacement, car il s'agit bien d'une politique conduite sciemment et volontairement par les gouvernements uniopéen et nationaux, comme on l'a abondamment exposé dans la Huitième Plaie (http://www.lulu.com/content/livre-à-couverture-souple/la-huitième-plaie/18190832).

vendredi 21 avril 2017

reconduction ad nutum et ad nauseam

Les affaires du monde souffrent parfois des soubresauts des Etats. Soumis au matraquage de la répétition forcenée qu'on est concerné par la désignation interne d'un nouvel intérimaire par le rituel d'auto-perpétuation du régime jacobin, on peut certes opiner. Dans l'ignorance de qui gagnera on peut du moins prédire qui perdra : la France, comme d'habitude (donc la Chrétienté et le monde).
 
Au premier tour, un score indécis ou un détachement notable de Macron ou Fillon signifierait une abdication du souverain électorat, un détachement notable de Le Pen ou Mélenchon signifierait un réveil de la croyance en la politique.
 
Un duel Macron-Fillon serait un choix entre deux politiciens ayant mené la même politique et causé les mêmes dommages, mais dont celui soutenu par la haute finance apatride promet de faire pire que ce qu'il a fait comme ministre tandis que celui rejeté par le pouvoir médiatique promet de faire le contraire de ce qu'il a fait comme premier ministre. Un duel Macron-Le Pen serait un choix entre un politicien qui se déclare ennemi de la France et a démontré pouvoir lui nuire, et une politicienne qui se déclare défenseur de la France, promet avoir l'énergie de prendre des mesures impossibles et a démontré ne pas avoir l'énergie de promouvoir des valeurs essentielles simples. Un duel Fillon-Le Pen serait un choix entre un politicien reniant le programme qu'il a appliqué comme premier ministre et prétendant copier partiellement le programme de son adversaire, et une politicienne cherchant à relativiser le programme de son parti et à ravir l'électorat de son adversaire. Un duel Mélenchon-Fillon serait un choix entre un candidat qui propose un programme clair de collectivisme et colonisation par le tiers-monde, et un candidat qui propose vaguement de faire autre chose que ce qu'il a fait comme premier ministre. Un duel Macron-Mélenchon serait un choix entre une chambre d'enregistrement parisienne des directives uniopéennes de la finance apatride, et une dilution collectiviste dans le tiers-monde asiatique et africain sans interférence européenne. Un duel Mélenchon-Le Pen serait le choix le plus tranché entre une fusion collectiviste dans le tiers-monde, et une reconstruction isolationniste de la France, après ablation du facteur uniopéen dans les deux cas.
 
A l'issue du duel final, une désignation de Mélenchon ou Le Pen conduirait à une difficulté de gouverner avec un parlement globalement dominé par la volonté d'opposition, tandis qu'une désignation de Fillon ou Macron confirmerait le parlement dans son rôle de transcription française des directives uniopéennes. Une désignation de Fillon ou Macron assurerait la continuité de l'islamisation de la France sous supervision uniopéenne, une désignation de Mélenchon ramènerait à Paris la conduite de l'islamisation, une désignation de Le Pen rapprocherait la guerre civile indissociable de l'interruption de l'islamisation.
 
D'une manière générale, un taux de participation aux scrutins supérieur au dernier taux de participation aux élections européennes en France signifierait l'acceptation du maintien de la forme actuelle du régime révolutionnaire, et donc de la poursuite des politiques menées depuis la suspension des Lois Fondamentales, à savoir éradication du christianisme, suppression des peuples, étatisation de la société et imposition du matéralisme intégral. Le poids des Français en France est en diminution mais les méfaits de la république française dans le monde se renforcent.

lundi 10 avril 2017

considérations intérieures sur l'agression états-unienne contre la Syrie

Parmi les interrogations soulevées par l'agression ouverte de la Syrie par les Etats-Unis d'Amérique figure aussi une question politique avec des répercussions planétaires.
 
En effet, le monde entier est, malgré lui, obligé de s'intéresser aux déterminants internes de la politique extérieure du pays dont les dépenses militaires sont équivalentes à celles de tous les autres réunis, qui de plus détient des armes nucléaires, et qui pour couronner le tout est le seul pays à en avoir déjà utilisé.
 
On ne reniera pas ici la courte étude du 31 janvier (liberté stratégique de l'impotence condamnée). Quant à la personne, on maintiendra que lors de ses discours pré-présidentiels sur la nécessité de gagner les guerres qu'on entreprend Donald Trump ignorait vraisemblablement de quel côté combattent les Etats-Unis, en Syrie et ailleurs. Quant à l'institution, on réitèrera que le nouveau gouvernement pourrait certes interrompre les préparatifs de guerre contre la Russie, mais que s'il peut encore changer de cible il ne pourra de toute façon pas éviter la guerre.
 
De nombreuses tentatives d'explication ont été avancées concernant la décision du gouvernement états-unien d'encourir sciemment les risques inhérents à une attaque frontale de la Syrie, qui n'étaient pas mineurs. Un risque interne était celui du désaveu d'un parlement qui n'était pas majoritairement acquis au nouveau gouvernement, puisque, sans vouloir entrer dans un débat constitutionnel interne, si aux Etats-Unis d'Amérique comme dans d'autres pays démocratiques l'entrée en guerre relève des prérogatives du parlement, cela signifie qu'en plus du débat politique sur l'opportunité de cette décision l'exécutif prêtait le flanc à une procédure de cassation constitutionnelle. Un deuxième risque interne était celui de poursuites d'initiative judiciaire, parlementaire ou citoyenne pour violation de traités internationaux signés par le gouvernement et ratifiés par le parlement, en premier lieu la Charte des Nations Unies. En dépit du bilan franchement négatif du parti d'opposition en matière de respect des obligations internationales, il a bruyamment manifesté son rejet post-électoral du résultat des urnes et aurait pu sauter à pieds joints sur un motif de procédure de censure ou destitution. Un risque multilatéral était celui de la déception, du désaveu et de la condamnation (au moins publique) de la part des alliés des Etats-Unis, ou du moins des mouvements de rejet de l'OTAN au sein de ces pays, notamment ceux où une opposition politique est en compétition électorale, et pourrait demain être au gouvernement.
 
Il y avait aussi le risque international d'une condamnation à l'ONU. Certes les Etats-Unis contrôlent toujours le Secrétariat Général, et en particulier le nouveau Secrétaire Général. Mais ils auraient pu (et peuvent encore) faire l'objet d'une condamnation par l'Assemblée Générale, conséquence de ce qui peut être interprété comme un acte impulsif du gouvernement états-unien. Car s'il est vrai, comme l'ont noté plusieurs commentateurs, que cette opération manifestement pas improvisée avait été planifiée à l'avance, il faut cependant préciser que cela signifie simplement que l'état-major états-unien (et pas seulement celui-là) a en permanence plusieurs plans prêts, comme par exemple une opération ponctuelle assertive ou "punitive" (plusieurs cibles sont visées en permanence et le décideur politique choisit laquelle attaquer), l'apport d'une couverture aérienne temporaire ou permanente à l'une des milices islamiques, une frappe de désarmement (ou de tentative) aérien intégral de la Syrie, une frappe symbolique contre les immeubles gouvernementaux syriens, un bombardement stratégique massif de la population damascène, et d'autres options encore qu'il n'est pas nécessaire d'évoquer ici. Mais le moment était des plus inopportun. L'enchaînement habituel des entrées en guerre sur ce mode est d'abord la condamnation de principe bien entendu, puis l'imposition de "négociations" sous la supervision d'un tiers partial, mais également, surtout dans un cas aussi bancal (le monde entier sachant bien que la Syrie n'a plus d'armes chimiques), la poussée du gouvernement à la faute, en prétendant lui imposer une fausse commission d'inspection partiale, ou en lui demandant de prouver son innocence, ou en exigeant qu'il retire son armée de la zone, qu'il livre son espace aérien ou passe le pouvoir à un gouvernement de transition islamique non élu, bref toute exigence inacceptable qui oblige le gouvernement visé à dire non. Cette préparation évidemment hypocrite car sans autre issue que l'agression (après un ultimatum "de la dernière chance") permet de faire monter la tension, de remplir les journaux de la "crise", de préparer les opinions publiques, d'enrôler les alliés, d'écarter ou de discréditer l'ONU, et finalement de justifier l'agression. Ne pas être passé par toutes ces étapes, contrairement à l'habitude, peut être interprété comme de la précipitation. Parallèlement au risque d'une condamnation des Etats-Unis par l'Assemblée Générale de l'ONU, cela introduisait aussi le risque d'une mise en accusation au Conseil de Sécurité, par la Russie ou un autre membre, selon la procédure bien rodée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France : en l'occurrence un membre du Conseil de Sécurité préparerait un projet de résolution, tout en sachant d'avance qu'il ne serait pas adopté puisque les Etats-Unis y opposeraient leur veto, mais une campagne médiatique serait organisée sur le thème de la résolution du Conseil de Sécurité qui allait condamner les Etats-Unis si ceux-ci n'y avaient opposé leur veto.
 
Enfin, et cela semble même avoir causé un certain émoi au sein du commandement militaire états-unien, cette décision portait aussi le risque d'une confrontation militaire directe avec la Russie, avec des conséquences imprévisibles. Car l'honnête et gentil cow-boy qui accumule désormais trois ans de déclarations de guerre envers la Russie, d'hostilités au sein ou en marge des organisations internationales, de violations des accords de Minsk (soutien militaire au régime issu du coup d'état uniopéen en ex-Ukraine), de provocations militaires sur les frontières russes et de recherche d'incidents jusqu'en Syrie pour justifier une agression, ne peut pas toujours compter sur la surprenante passivité du méchant ours perfide ainsi volontairement acculé, et doit considérer qu'à un moment ou à un autre toutes ces provocations recevront une réponse. Même s'il ignore le droit international fondé sur le principe de réciprocité, le gentil cow-boy sait parfaitement que la loi du plus fort, au rétablissement de laquelle il consacre tant d'efforts, incite le plus faible à se fortifier jusqu'à ce qu'il puisse renverser par la force l'ancien dominant. Participer aux tentatives de déporter des peuples russes pour voler leurs terres (2008 et depuis 2014), vouloir leur imposer une morale et des lois contraires à leur religion et au droit naturel, chercher à affamer l'ensemble de la Russie elle-même (depuis 2014), calomnier son gouvernement, préparer l'asservissement de ses populations sous une tutelle étrangère, et provoquer continuellement des incidents militaires pour pousser leur gouvernement à la faute, risque effectivement de générer une frustration et une colère au sein des populations et des forces armées, susceptibles de déborder les capacités de retenue du gouvernement russe démocratique. D'éminents politologues et polémologues états-uniens s'en inquiètent, la politique agressive des Etats-Unis envers la Russie est dangereuse et l'attaque illicite du 7 avril contre la Syrie, licitement protégée par la Russie, aurait pu (aurait même dû) déboucher sur une confrontation militaire directe.
 
Faute de trouver en Syrie le motif de la prise de tous ces risques objectifs, il faut le chercher aux Etats-Unis. C'est manifestement là que se joue une crise, au sens étymologique du terme. Sans écarter a priori l'hypothèse que la première puissance nucléaire mondiale soit tout simplement, comme l'écrivent certains experts, dangereusement gouvernée par d'irresponsables ignares impulsifs et violents (et pas depuis cette année), ce qui devrait amener la communauté internationale à en tirer des conclusions et des plans d'action pour le bien-être voire la survie de l'humanité, il faut aussi considérer l'hypothèse d'une conduite rationnelle, et par conséquent étudier les déterminants internes de sa politique extérieure. Au cas où il existerait une logique, il est impératif de la trouver.
 
Le gouvernement états-unien vient de prendre, on vient de le voir, de nombreux risques de toutes natures. Le président a personnellement insisté sur le fait que cette décision avait été dictée par des impératifs majeurs de sécurité nationale, alors que ses prises de position personnelles pendant des années montraient son opposition réfléchie et continue à ce type d'actions. Il ne saurait donc s'agir, contrairement aux apparences immédiates, d'aider trivialement les milices islamistes terroristes en Syrie ou de punir cette dernière pour avoir détruit une partie de leurs armes chimiques, l'issue de ce conflit ne représentant pas un intérêt vital pour les Etats-Unis. Il y a un autre enjeu, urgent et important pour le gouvernement des Etats-Unis et annonciateur d'un enjeu qui se profile à l'horizon et qui, lui, sera foncièrement vital pour le pays.
 
Le 16 mars 2017, comme prévu par la loi budgétaire bipartisane (Bipartisan Budget Act connu comme "accord Obama-Boehner") du 28 octobre 2015, le "plafond d'emprunt" fédéral temporairement suspendu a été rétabli, et fixé au niveau de l'endettement atteint le 15 mars, soit 19,8 billions de dollars (trillions d'après l'échelle courte), ou 19808 milliards. Ne pouvant plus désormais emprunter, disposant au 15 mars de 200 milliards et en dépensant de l'ordre de 75 par mois, le gouvernement fédéral a de quoi gouverner encore quelques semaines. Cependant, en minimisant les dépenses, par exemple en cessant comme d'autres fois de verser les retraites gouvernementales, et surtout en fermant le gouvernement fédéral comme cela a parfois été fait pendant quelques semaines, le ministère du budget peut honorer les échéances débitrices extérieures du pays jusqu'en août, auquel cas les Etats-Unis d'Amérique ne tomberaient officiellement en défaut de paiement qu'en septembre, voire lors de leurs grosses échéances du 2 octobre. Les politiciens états-uniens appellent ce jour inévitable mais dont la date est inconnue le Jour X (X-Day), qu'ils qualifient de premier défaut de paiement de leur pays, oubliant ainsi allègrement le 15 août 1971. Là comme ailleurs le mois d'août est peu propice aux joutes parlementaires, et il est illusoire d'espérer un accord antérieur avec une opposition à la limite de l'insurrection, qui ne demande qu'une occasion de faire tomber le gouvernement actuel. Ce gouvernement est d'ailleurs, doit-on le rappeler, dirigé par un président qui a construit son ascension politique sur les thèmes de la gestion responsable, de l'équilibre budgétaire et du refus de tout endettement supplémentaire. Il reste cependant au parlement une possibilité de voter la reconduction d'un programme de financement (endettement) supplémentaire exceptionnel à court terme voté le 9 décembre 2016 et arrivant à échéance le 28 avril... trois semaines jour pour jour après cette décision gouvernementale surprenante et risquée d'attaquer la Syrie. A défaut de prorogation de ce financement d'urgence, les services non essentiels du gouvernement fédéral des Etats-Unis fermeront le 29 avril. Après les ébats internes publics impudiques auxquels les Chinois et autres créanciers ont assisté médusés il y a quelques années, ce calendrier-là fait l'objet d'un peu moins de publicité mais d'encore plus d'attention, la situation de l'endettement états-unien n'ayant aucune chance de s'améliorer à l'horizon prévisible de l'existence du pays.
 
Personne ne devrait devoir s'intéresser aux finesses politiciennes internes d'un pays jusqu'à présent marginal pour l'histoire du monde. Les auto-limitations internes au remboursement des créanciers étrangers, non opposables (sans effet) en droit international, seront évidemment levées, de même que seront levés les freins internes temporaires à la poursuite de l'endettement sans fin et sans fond des Etats-Unis d'Amérique. Nonobstant, le constat des risques que peut prendre ce pays lorsqu'il est confronté à une hypothétique éventualité de restriction budgétaire oblige la communauté internationale à se poser urgemment et sérieusement la question de ce qu'il sera prêt à commettre lorsque son entretien par le reste du monde (ce qu'il appelle le free lunch) sera compromis et que la valeur d'échange de sa monnaie sera sur le point d'être ramenée à sa valeur arithmétique et économique, c'est-à-dire moins d'un centième de son pouvoir d'achat actuel.
 
Delenda Carthago, sempiterno.

dimanche 9 avril 2017

considérations européennes sur l'agression états-unienne contre la Syrie

Parmi les nombreuses interrogations soulevées par l'agression ouverte de la Syrie par les Etats-Unis d'Amérique figure une question technique avec des répercussions stratégiques.
 
Les Etats-Unis déclarent avoir lancé cinquante-neuf missiles de croisière or la Syrie déclare n'en avoir reçu que vingt-trois, sur la base aérienne de Ch'eyrat au sud-est d'Homs. Evidemment s'il en est tombé comme d'habitude dans les pays voisins ou en chemin, en l'occurrence dans tous les cas au Liban, celui-ci ne sera pas autorisé à le reconnaître. Et, pour des raisons que l'on ignore encore, les défenses antiaériennes de la Syrie n'ont pas intercepté ces missiles, ou pas tous. Pourtant cette défense antiaérienne ne repose pas sur de vulgaires Patriot à la cécité et l'imprécision légendaires mais sur des S-300 servis par l'armée syrienne et des S-400 servis par l'armée russe. Et, sauf erreur, la Russie a aussi déployé, soit dans le cadre de son accord de défense avec la Syrie soit plus vraisemblablement au titre de l'autodéfense de ses propres forces, son nouveau système de brouillage radioélectrique capable de désorienter et désarmer tout aéronef états-unien, piloté ou non. Cependant, pour des raisons au moins politiques, tous ces systèmes défensifs ne sont opérationnels que dans l'espace aérien syrien, que les missiles états-uniens n'ont traversé de manière certaine que sur une cinquantaine de kilomètres soit pendant moins de quatre minutes, ayant vraisemblablement traversé préalablement l'espace aérien libanais pendant une durée équivalente. Les Etats-Unis disent avoir annoncé aux pays européens (Russie comprise) leur décision d'attaquer la Syrie, mais il est vraisemblable qu'ils n'aient pas précisé le lieu de l'attaque. Même l'excellente synchronisation ou réactivité des forces islamistes, qui ont lancé une offensive générale en direction d'Homs, de la même manière qu'elles avaient parfaitement exploité l'attaque états-unienne sur la base de Deir ez-Zor le 17 septembre 2016, peut être simplement le fait des officiers de liaison états-uniens déployés dans les états-majors de l'Etat Islamique et d'Al Qaeda (Al Nosra).
 
On peut donc formuler au moins quatre hypothèses, qui ne s'excluent pas mutuellement, concernant ce qui s'est passé :
- les Etats-Unis ont trouvé, et installé sur leurs missiles, des contre-mesures au brouillage russe ;
- la Russie et la Syrie ont désactivé les systèmes automatisés S-300 et S-400 ;
- la Russie a décidé de ne pas abattre les missiles dans l'espace aérien libanais ;
- la Russie a dévié tous les missiles vers le secteur le moins important de l'aérodrome.
La première est industriellement peu plausible, la quatrième n'est pas techniquement impossible, la troisième est politiquement vraisemblable. La deuxième hypothèse, par contre, soulève la question des arguments par lesquels la Russie (ou les Etats-Unis) aurait pu convaincre la Syrie de désactiver sa défense antiaérienne. Thierry Meyssan opine que l'attaque était symbolique et avait l'assentiment de la Russie. Il est certain qu'elle était une occasion de plus pour que les Etats-Unis montrent leurs véritables intentions, au lendemain de la destruction d'un dépôt d'armes chimiques de la coalition atlanto-islamique par l'armée de l'air syrienne.
 
Les autres pays européens, et notamment les membres de l'Union Européenne et de l'OTAN, ont immédiatement manifesté leur soutien total et inconditionnel envers les Etats-Unis en dépit de cette violation flagrante du droit international et de la charte des Nations-Unies, et en ont même profité, avant même l'agression états-unienne (dans le cas de la France en particulier), pour prononcer des déclarations hostiles envers la Russie, l'accusant nommément de soutenir diplomatiquement et militairement un régime qu'ils accusent mensongèrement de crimes de guerre, bien qu'ils sachent parfaitement, dans ce cas comme dans les précédents, que ce sont leurs supplétifs islamistes qui utilisent des armes prohibées, comme l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques l'établit à l'issue de chacune de ses enquêtes en Syrie.
 
Les alliés européens des Etats-Unis sont, pour l'essentiel, gouvernés par des régimes provisoires sans perspective de survie et de maintien au-delà du prochain conflit majeur en Europe. Toutefois plusieurs d'entre eux ont encore, sinon la liberté de décision, du moins des capacités d'observation et de réflexion. En gros, si ces pays européens sont d'accord pour la guerre contre la Russie, c'est pour plusieurs raisons, que l'on développera prochainement.
 
D'une part les décideurs européens pensent que les Etats-Unis ne déclencheront la guerre que s'ils pensent pouvoir la gagner. Car même s'ils ont limogé toutes les compétences militaires réelles de leurs pays respectifs et n'ont conservé que de serviles chargés de liquidation des forces armées, et peut-être aussi parce qu'ils occultent le démantèlement de leurs outils de défense par quelques opérations coup de poing offensives inconséquentes, les dirigeants européens ne perçoivent de la guerre que la confrontation armée, et une confrontation armée qui n'est généralement déclenchée que si l'on estime pouvoir la gagner. La pensée politique européenne, si elle existe encore et n'a pas été réduite à l'état de praxis, ne conçoit ni le conflit pour le conflit, ni le conflit pour le chaos, ni le conflit sans espérance de victoire. Il y a certes eu des guerres en Europe qui n'ont été gagnées par personne, ou qui ont été perdues par celui qui les a déclarées, mais il s'agit de développements ultérieurs que le déclencheur considérait comme des revers de fortune. Bien que ce ne soit pas totalement impossible, il est difficile de croire que le gouvernement français qui a déclaré la guerre à l'Allemagne en 1939, après plusieurs années de désarmement intensif de la France, savait qu'elle serait vaincue en un mois de combat. Les politiciens d'Europe pensent certainement que les Etats-Unis n'entreront pas en guerre totale contre la Russie avant d'avoir une certaine assurance de la gagner. Par ailleurs, sans prêter aux dirigeants des pays membres de l'UE et de l'OTAN des préoccupations éthiques qu'ils démontrent régulièrement ne pas avoir, il n'est pas impossible que certains d'entre eux soient en quelque sorte un peu rassurés de voir finalement leur allié les Etats-Unis attaquer frontalement une armée ennemie au lieu de bombarder une population civile à 10000 mètres d'altitude ou à 1000 kilomètres de distance. Le tir de quelques dizaines d'aéronefs téléguidés ne représente pas un grand risque létal pour les stagiaires en informatique qui les pilotent sur écran depuis leurs chambres d'étudiants en Californie, mais le gouvernement états-unien a pris le risque de tuer des officiers russes présents sur une base aérienne syrienne en application d'un accord de défense opposable en droit international. Ceci est un risque militaire donc objectif et physique, bien plus concret que l'hypothétique éventualité de voir un jour un ambassadeur états-unien poursuivi par un tribunal international pour avoir arrangé la livraison par la Turquie de précurseurs chimiques à des milices islamistes terroristes en Syrie. Les pays européens ont tous, chacun à leur tour, perdu des guerres, et leurs dirigeants d'aujourd'hui ne peuvent pas imaginer que les Etats-Unis s'engageraient dans une guerre sans de raisonnables espérances de victoire. En ce sens, l'agression frontale des forces armées syriennes, et en un domaine où elles étaient censées bénéficier d'un soutien militaire russe, revêt une importance stratégique immense pour les alliés européens des Etats-Unis. Le fait qu'elle ait été entreprise marque une victoire pour les Etats-Unis, et le fait qu'elle n'ait pas été contrée sur le terrain, pour des raisons encore indéterminées, marque une deuxième victoire sur ce qui pouvait rester de réticences pacifistes dans l'Union Européenne, comme l'a confirmé le soutien spontané immédiat de ces pays.
 
D'autre part les décideurs européens pensent que la Russie capitulera sans réagir. Ils n'ont peut-être pas tous poussé la réflexion sur les conséquences et la matérialisation concrètes d'une capitulation de la Russie, encore que la suggestion immédiate du gouvernement italien pour faire cesser la guerre, à savoir soumettre le gouvernement du pays agressé (pour l'instant la Syrie) à une tutelle administrative de l'ONU, montre que des consultations ont déjà eu lieu. Mais pour tous ces dirigeants, le seul exemple récent d'un pays européen attaqué par l'OTAN, c'est en 1999 la dernière Yougoslavie, dont le gouvernement traître avait interdit à l'armée de tirer le moindre obus d'artillerie sur les camps, à portée de canon en Macédoine et en Albanie, où se mettait en place l'armée d'invasion. Il est vrai que jusqu'à présent la Russie a avalé sans riposter toutes les provocations, qu'elles soient médiatiques, diplomatiques, politiques ou militaires. Collant indéfectiblement au droit international qu'elle rappelle inlassablement, elle utilise tous les moyens pacifiques à sa disposition pour exposer les attaques, forfaitures et violations de normes de la coalition atlanto-islamique, au Proche-Orient comme en Europe. De plus en plus de dirigeants européens voient là de la faiblesse, surtout qu'une grande majorité d'entre eux se réclament du matérialisme et nient l'idée d'une éthique immanente. Ayant condamné leurs pays respectifs au rang de puissances moyennes voire mineures, ils ne comptent plus que sur l'effet de meute, cette surenchère verbale sur fond de prétendue "mutualisation" des moyens militaires, chaque parlement tentant de convaincre ses peuples qu'on peut réduire encore les moyens militaires puisqu'on les met en commun avec les pays voisins, et chaque gouvernement se permettant d'aboyer un peu plus fort puisqu'il est entouré d'une meute. Dans ce contexte où la surexcitation compense la force, selon l'équation du roquet, l'augmentation de l'agressivité est proportionnelle à la diminution des capacités, et la placidité apparente de l'ours est prise pour de la faiblesse. Sur ce point également, l'absence de réaction de la Russie face à l'attaque de la base aérienne de Ch'eyrat marque une victoire pour les Etats-Unis, et renforce l'acceptation ou la détermination des pays de l'Union Européenne en faveur de la guerre contre la Russie.
 
Enfin les décideurs européens pensent que les Etats-Unis envisagent une confrontation conventionnelle, du moins on doit espérer qu'ils le pensent, sans quoi ils seraient encore plus monstrueux qu'ils ne le laissent paraître. Ayant, comme on l'écrivait ci-dessus, limogé toute réflexion ou étude stratégique, ils sont dans l'ignorance absolue des nombreux débats politiques, stratégiques et techniques sur les usages de l'arme nucléaire, pourtant étalés dans toute la presse états-unienne, ainsi que des développements techniques et opératoires conduits depuis une vingtaine d'années. Il est vraisemblable que même les pays européens, membres de l'OTAN, qui acceptent le déploiement sur leur sol (en violation du Traité de Non-Prolifération) d'armes nucléaires tactiques, n'ont pas la claire conscience de leur finalité. Les forces armées professionnelles de ces pays connaissent évidemment la portée et l'usage de ces armes, mais les décideurs politiques intérimaires ne s'intéressent pas aux questions stratégiques et préfèrent diffuser à leurs peuples et électeurs les brochures publicitaires du "dissuasif" qui ne résiste pourtant pas à l'analyse. Il n'est pas certain que la connaissance de la véritable finalité de la présence de ces outils nucléaires états-uniens en Europe changerait la détermination des décideurs politiques, mais il est vraisemblable qu'elle modifierait sensiblement l'appréciation et donc le vote des citoyens de leurs pays. Là encore, l'illusion d'une supériorité conventionnelle états-unienne, telle qu'elle ressort de l'attaque contre la Syrie, est une victoire états-unienne qui joue en faveur du soutien uniopéen à la guerre contre la Russie.
 
Que le résultat tactique fût véritablement la destruction de six avions syriens en réparation ou simplement l'ensevelissement de six épaves abandonnées, le résultat politique est une victoire pour les Etats-Unis d'Amérique, qui ont ainsi intimidé leurs alliés européens.

lundi 3 avril 2017

soumission de la Bavière le 13 septembre 2015

Dans son best-seller "l'engrenage : Merkel et la politique d'asile" (Die Getriebenen : Merkel und die Flüchtlingspolitik), Robin Alexander accorde une place particulière aux événements des 12 et 13 septembre 2015.
 
Avant d'entrer dans ses révélations, on doit se rappeller que devant l'inflation du raz-de-marée d'intrusion illégale et l'explosion simultanée de la criminalité en Bavière, et après quelques réunions d'urgence en cellule de crise, le gouvernement bavarois a poliment demandé au gouvernement fédéral allemand la fermeture des frontières.
 
Celles-ci, grandes ouvertes aux ressortissants de l'espace Schengen (ou étrangers titulaires d'un visa Schengen) depuis vingt ans, ou dix-huit dans le cas de la frontière autrichienne, avaient été prises d'assaut depuis la fin août, par des hordes d'intrus encouragés notamment par l'invitation publique à l'immigration illégale massive, lancée le 24 août par la chancelière Angela Merkel, puis sa confirmation de l'ouverture des frontières européennes et allemandes sans le moindre contrôle, le 4 septembre. C'est ainsi qu'en l'espace de quelques jours le flux quotidien et passé de quelques milliers à plus d'une dizaine de milliers de jeunes hommes peu coutumiers de la discipline teutonne. Ces foules misérables arrivaient sans bagage et sans alimentation en gare de Munich depuis que l'Allemagne avait sommé la Hongrie de les laisser illégalement entrer dans l'espace Schengen. En dépit de la mobilisation de toutes les capacités collectives de la Bavière, mairies, cantines scolaires, hôpitaux, pompiers volontaires, associations caritatives, églises, casernes militaires... le pays fut vite débordé. Si la plus grande coalition militaire de tous les temps, avec plusieurs mois de préparation, une logistique spécialisée et un budget illimité, a eu des difficultés à nourrir ses prisonniers irakiens en 1991, la société civile munichoise ne pouvait pas, sans préavis, nourrir l'équivalent d'une armée qui s'accroissait d'une division d'infanterie supplémentaire chaque jour. La catastrophe humanitaire semblait inéluctable, et allait s'ajouter à la catastrophe sécuritaire que la presse occultait, des bandes d'arrivants porteurs d'une autre culture s'échappant des centres d'accueil hâtivement déployés pour aller razzier la population, qui après la première vague de vols, violences et viols s'enferma chez elle en désertant entreprises et écoles et en fermant commerces et volets, ce qui annonçait également une catastrophe sanitaire. La situation était grave, et hors de contrôle.
 
Le ministre-président bavarois Horst Seehofer a utilisé tous les moyens institutionnels et personnels à sa disposition d'abord pour obtenir un soutien logistique et sécuritaire fédéral, puis surtout pour faire rétablir un contrôle à la frontière. Entre les réunions de crise du gouvernement bavarois (ou de la ville de Munich), les contacts téléphoniques avec le gouvernement fédéral allemand (et les autorités locales voisines autrichiennes) et les déplacements, le ministre-président a passé un certain nombre de nuits blanches, comme d'ailleurs beaucoup de Bavarois. Le 11 septembre, face à la passivité fédérale, le maire de Munich Dieter Reiter a appelé directement à l'aide les quinze autres provinces allemandes. Compte tenu de l'urgence de traiter cette crise grave, et de l'autisme obstiné du gouvernement fédéral allemand, le gouvernement bavarois a vite été acculé à une option que la Bavière n'avait peut-être jamais considérée depuis l'unification allemande. Toute communauté laissée sans protection ni gouvernement est contrainte de se prendre en charge. Personne n'avait entendu parler de la Bavière comme de la Corse, du Pays Basque ou de l'Irlande du Nord. Jusqu'à la fin août 2015 peu de Bavarois s'étaient posés la question d'une sécession, mais déjà le 10 septembre plus de la moitié de la population était pour le rétablissement de la souveraineté, et immédiat. La prise de conscience de cette impérieuse nécessité fut si rapide et soudaine qu'elle prit à la gorge les journaux et instituts d'opinion, qui menèrent des sondages et se rendirent compte (même s'ils ne l'avouèrent pas tous) que la majorité des électeurs appelaient désormais de leurs vœux cette solution à laquelle ils n'auraient pas pensé un mois plus tôt.
 
Le gouvernement bavarois a donc dû poser une date limite à l'inaction fédérale, au-delà de laquelle il rétablirait lui-même le contrôle de la forntière austro-bavaroise, en coordination avec le gouvernement autrichien. En effet, même si l'Autriche avait ponctuellement plus intérêt à voir les centaines de milliers (déjà un demi-million depuis le début de l'année) d'invités de l'Allemagne y passer au plus vite plutôt que de rester en Autriche, à moyen terme elle avait plus de chances de s'entendre avec un gouvernement bavarois d'intérêts et de sensibilité proche, et à long terme elle gagnerait à avoir une voisine certes un peu plus riche et plus peuplée mais de taille comparable et de culture catholique identique, plutôt qu'une fédération huit fois plus grosse, matérialiste, alignée et aux ambitions impérialistes. Il est vraisemblable que l'ultimatum de la Bavière à l'Allemagne prenait fin samedi 12 septembre au soir.
 
Tout cela a globalement été exposé par Stratediplo dans la Huitième Plaie (pages 224 à 226), quatre mois plus tard.
 
Mais Robin Alexander rapporte des éléments dont les Allemands se souviennent peut-être mais dont beaucoup de Français n'ont pas eu connaissance. Le 12 septembre en fin d'après-midi une conférence téléphonique de crise réunit la chancelière fédérale Angela Merkel, le président bavarois Horst Seehofern, le ministre fédéral des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, le ministre fédéral de l'intérieur Thomas de Maizière, le chef de cabinet Peter Altmaier, et le vice-chancelier et ministre de l'économie Sigmar Gabriel. C'était certainement la dernière chance de parvenir à une conciliation. Et c'est là que le gouvernement allemand prétendit être d'accord, et assura le président bavarois que le gouvernement fédéral rétablirait le contrôle à la frontière austro-allemande le lendemain 13 septembre à 18h00. Pendant la nuit du samedi au dimanche, tous les moyens de communication et de commandement ont été actionnés pour trouver et mobiliser des policiers, dans toute l'Allemagne. Dans la police fédérale, on a certainement réveillé des commissaires hors astreinte pour leur demander combien d'hommes ils pourraient rassembler sous préavis de quelques heures, équipés et prêts à partir au lever du soleil ; on a certainement téléphoné, après minuit, individuellement à des milliers de policiers pour savoir qui pourrait être là à six heures du matin, avec un balluchon pour une mission de plusieurs jours. Pour mémoire, en Allemagne il existe bien une police anti-émeutes, mais par contre le métier de police des frontières avait cessé d'exister depuis exactement vingt ans. Dès les premières heures du dimanche, plusieurs milliers de policiers ont ainsi été acheminés par train, autobus et même par hélicoptère. D'autres trains spéciaux furent affrétés pour alléger la Bavière en disséminant dans les autres provinces un effectif d'invités supérieur à l'armée allemande, tandis que tous les trains arrivant d'Autriche furent interdits d'entrée en Allemagne à partir de 18h00, les obligeant à déverser leur cargaison du côté autrichien de la frontière. Peu avant l'annonce officielle de la suspension temporaire unilatérale par l'Allemagne de l'accord de Schengen prévoyant l'abolition des contrôles aux frontières internes, la chancelière Angela Merkel téléphona au président français François Hollande pour lui demander d'afficher son accord, mais aussi pour lui confirmer qu'elle ne regrettait pas d'avoir forcé la Hongrie, une semaine plus tôt, à cesser d'appliquer l'accord de Schengen prévoyant le renforcement des contrôles aux frontières externes et prescrivant l'enregistrement systématique de tous les entrants ; elle lui expliqua peut-être aussi la raison véritable de sa soudaine volte-face apparente. .
 
Robin Alexander assure que le gouvernement fédéral avait alors décidé de déclarer la fermeture de la frontière mais n'a pas su décider de mettre en œuvre les moyens de le faire. Si l'on considère qu'en politique, surtout en gestion de crise, une non-décision apparente est une décision de facto, il faut comprendre que le gouvernement allemand avait décidé de déclarer la fermeture de la frontière mais de ne pas l'appliquer. En tout cas après la douzaine d'heures de mobilisation nocturne d'urgence dans toute l'Allemagne, puis la douzaine d'heures de déploiement diurne bruyant à travers la Bavière, le discours fédéral fut celui d'un rétablissement du contrôle (physique) de la frontière et du contrôle (administratif) des documents des candidats à l'entrée. Il s'agissait déjà d'une toute autre affaire. Certes en intimant à la Grèce et à la Hongrie de lever les contrôles aux frontières internes l'Allemagne avait permis l'entrée d'un nombre indéterminé d'individus sans pièce d'identité ou document de voyage authentique, dont l'Allemagne prétendait soudain imposer à l'Autriche de les garder. Certes elle annonça dès l'après-midi du dimanche qu'elle laisserait entrer tous ceux éligibles au statut de réfugié, comme l'y obligeaient la convention de Genève et la charte européenne. Mais en donnant aux contrôleurs la consigne de considérer tout Syrien, Irakien ou Afghan comme réfugié potentiel (en contravention massive aux définitions juridiques), puis tout arrivant se déclarant de l'une de ces nationalités comme l'étant jusqu'à preuve du contraire, elle limitait sa prétention de refoulement à une minorité des arrivants. Puis dès le lendemain des responsables policiers commencèrent à dénoncer ce dispositif hypocrite mis en place en quelques points visibles et discontinus tandis que l'essentiel du tracé de la frontière restait incontrôlé, ce qui revenait à offrir à ceux qui le souhaitaient la possibilité facultative de se faire enregistrer, option choisie, parmi ceux détenteurs de documents en règle, par ceux qui pensaient avoir des chances raisonnables d'être éligibles soit à la catégorie de réfugié définie par les textes, soit aux critères de sélection déclarés par le gouvernement (illégalement comme toute discrimination sur critère de nationalité). Rapidement aussi il fut révélé que l'effectif déployé ne permettait de contrôler qu'un dixième des entrants, c'est-à-dire essentiellement ceux qui se présentaient au contrôle pour obtenir un tampon d'entrée, la majorité préférant l'éviter puisque la possibilité pratique leur en était laissée.
 
Ce que Robin Alexander ne souligne pas, c'est que le gouvernement fédéral a envoyé en Bavière la police anti-émeutes, spécialisée dans la canalisation et la dispersion de foules par la force, mais évidemment moins formée aux contrôles individuels d'identité que la police urbaine. Le gouvernement allemand a pourtant rapidement montré n'avoir eu aucune intention de déployer un cordon de force à la frontière mais quelques postes d'enregistrement administratif volontaire. Il voulait faire diffuser les images de fonctionnaires enregistrant les numéros de pièces d'identité des 10% d'immigrants souhaitant obtenir un tampon, mais il voulait éviter la moindre image de violence avec les 90% d'intrus préférant éviter le contrôle, certaines conversations téléphoniques citées par Robin Alexander en attestent.
 
On peut se demander pourquoi le gouvernement allemand a choisi d'envoyer la police anti-émeutes sous commandement du ministère fédéral de l'intérieur plutôt que des effectifs de police urbaine, qui pratiquent tous les jours le contrôle pacifique de documents d'identité, et qui auraient pu être détachés auprès de la police bavaroise pour être déployés en renforcement de celle-ci. Pour transposer au contexte français, c'est comme si l'on prétendait vouloir faire exécuter un travail de brigade de gendarmerie territoriale ou de commissariat de quartier et qu'on envoyait pour ce faire des escadrons de gendarmerie mobile ou des compagnies républicaines de sécurité. Sauf que l'Allemagne fédérale n'est pas la république française centralisée par une révolution qui a aboli les provinces, c'est une fédération récente d'états ayant conservé des gouvernements autonomes avec des compétences (au sens de capacité comme au sens de responsabilité) réelles, comme justement la police. Le maintien de l'ordre, qui inclut le contrôle d'identité et l'imposition de la loi, relève localement de la compétence du gouvernement bavarois et n'a pas été déféré au gouvernement fédéral. S'il est vrai que les statuts de la police fédérale incluent des missions de contrôle frontalier (caduc depuis vingt ans), ils incluent aussi la mise à la disposition de toute province qui en ferait la demande, ce qui n'a même pas été fait pour l'unité fédérale stationnée à Munich. La Bavière demandait un renforcement de ses moyens propres, pas une intervention fédérale sur son territoire, dans ses gares et à ses carrefours. Elle voulait l'autorisation de rétablir le contrôle des étrangers au même titre qu'elle contrôle ses habitants, pas la confiscation inopérante de sa frontière, et certainement encore moins l'imposition par un déploiement fédéral du maintien de l'ouverture de la frontière au prétexte de l'enregistrement d'un dixième des entrants.
 
Robin Alexander, très familier de la classe politique, suppose qu'aucun membre du gouvernement allemand ne souhaitait endosser la responsabilité personnelle d'obéir à l'ordre (dont il assure qu'il était clair) de fermer la frontière, comme promis la veille au soir au président bavarois par la chancelière fédérale. Il précise que le ministre de l'intérieur Thomas de Maizière avait cependant d'abord rédigé, selon les décisions prises le samedi soir devant le président bavarois, un brouillon d'ordre d'opérations prévoyant le refoulement de toute personne non porteuse des justificatifs nécessaires à l'octroi du statut de réfugié. Puis lorsqu'il l'aurait soumis par téléphone à la chancelière le dimanche matin, celle-ci aurait prétexté qu'elle ne voulait pas prendre le risque qu'on publie des images d'usage de la force envers les milliers de candidats à l'intrusion illégale, et elle aurait exigé qu'on laisse passer tous les arrivants, y compris ceux ne pouvant pas entrer légalement dans la catégorie de réfugiés car provenant de pays sûrs (Autriche, dans le cas de 100% des migrants se présentant à la frontière austro-allemande). Le ministre aurait donc alors révisé sa copie. Et en effet, les consignes très claires données le 13 septembre par le ministre de l'intérieur à la police fédérale, déployée pour enregistrer les documents d'identité, étaient de maintenir coûte que coûte la frontière ouverte en ne refoulant personne.
 
Robin Alexander fait aussi état des discussions et hésitations qui intervinrent ce dimanche 13 septembre 2015 quant à l'opportunité d'envoyer l'armée fédérale. La ministre de la défense Ursula von der Leyen, qui n'avait pas été associée aux réunions de crise de la veille, déclara dans la journée que le gouvernement avait mis en alerte l'armée fédérale, qui était en mesure de déployer 4000 hommes au premier coup de sifflet, en attendant plus dans un deuxième temps. Or les discussions du petit matin entre le ministre de l'intérieur et la chancelière, confirmées par les ordres donnés à la police fédérale envoyée en Bavière, montrent que le gouvernement ne souhaitait ni fermer la frontière ni utiliser la force contre les intrus. Mais il mit cependant l'armée allemande en alerte et planifia le déploiement en urgence, à tout moment, d'une brigade d'infanterie. Et, alors qu'il se trouvait déjà certainement plus de 70000 clandestins dans la ville de Munich dont la population s'était calfeutrée chez elle, la police fédérale supervisa encore l'entrée de 15000 intrus supplémentaires ce 13 septembre, soit l'équivalent de trois brigades.
 
L'avertissement était clair, la Bavière n'ayant plus d'armée depuis un siècle et demi.
 
La prise de contrôle de la frontière austro-bavaroise par la police fédérale allemande assura l'entrée, dans les trois mois qui suivirent, de trois fois plus d'intrus illégaux (en regard de la législation alors en vigueur) que ce qui était entré depuis le début de l'année, soit un million et demi de jeunes hommes à raison d'un demi-million par mois ou 15000 par jour (décompte autrichien). Robin Alexander qualifie cela d'échec, et considère que la poursuite (en réalité l'accélération) du flux migratoire a démontré la faillite de la tentative de fermeture de la frontière.
 
C'est un point de vue. On pourrait aussi logiquement arguer que cela a au contraire démontré la réussite de la prise de contrôle de cette frontière, et le succès de la soumission de la Bavière par l'Allemagne, qui a ainsi pu y installer d'autres populations. Les éléments rassemblés dans la Huitième Plaie (qui qualifie l'opération du 13 septembre de "plus belle feinte") montrent bien qu'il ne s'agissait pas d'un accident de mauvais gouvernement, mais de la mise en œuvre méthodique d'un plan sérieusement préparé.

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