lundi 17 octobre 2016

victoire syrienne

Les prochaines semaines vont révéler la défaite des troupes supplétives sunnites de l'OTAN et du Conseil de Coopération du Golfe en Syrie.
 
Il aura certes fallu pour cela que la Russie accepe de fournir à la Syrie un soutien militaire, ouvertement et en vertu d'un accord de défense signé entre deux pays souverains, reconnus et membres de l'ONU. La Russie s'y est résolue après quatre ans et demi d'une agression asymétrique et clandestine contre la Syrie, où l'axe agresseur a envoyé des centaines de milliers de combattants et terroristes mercenaires, leur a servi des salaires mensuels supérieurs au revenu moyen syrien, les a entraînés en Jordanie et en Turquie, les a armés, a assuré leur communication (largement calomnieuse) à travers les trois agences de presse de l'OTAN et leur diplomatie jusqu'au Conseil de Sécurité de l'ONU, leur a livré des armes chimiques interdites dès 2011 et les a lourdement protégés contre les conséquences internationales de l'usage de ces monstruosités (notamment sarin en 2013 et ypérite en 2015), leur a équipé une route logistique transfrontalière afin de leur acheter en Turquie le pétrole volé à la Syrie pour faire baisser les cours et blesser le principal exportateur mondial, et les a affranchis de l'obligation de respecter tant les lois et coutumes de la guerre que le droit conventionnel des conflits.
 
Au niveau opératif, et sauf intervention directe massive de l'OTAN, une ligne de front se figera certainement le long de l'Euphrate, après la libération totale d'Alep. Au niveau stratégique l'initiative reste cependant dans les mains de l'axe agresseur. L'axe tentera encore de convaincre les Kurdes de retourner leurs armes contre l'armée syrienne et de marcher vers le sud, ce qui fournirait aussi une justification à l'extension de l'occupation du nord de la Syrie par l'armée turque de l'OTAN, mais les Kurdes resteront aussi réticents à quitter leur région qu'à combattre l'armée régulière et à contribuer à l'établissement d'une dictature islamique sunnite. L'axe tentera encore de convaincre ses membres européens d'entrer en guerre ouverte contre la Syrie, après une gesticulation unilatérale au Conseil de Sécurité de l'ONU (cet échec à l'ONU devant justifier la "solution" militaire), mais le déploiement du parapluie antiaérien russe dissuadera à l'avance, ou neutralisera sur le terrain, leurs incursions pilotées ou téléguidées. L'axe peut certes choisir de continuer dans la voie dans laquelle il s'est résolument engagé le 17 septembre à Deir ez-Zor et le 25 au Conseil de Sécurité, à savoir l'escalade frontale, Etats-Unis en tête. Mais ceux-ci, bien qu'ils aient tout intérêt à souffler sur les braises pour garder un sujet de conflit, ne veulent pas forcément s'essouffler (au moment où ils entrent activement en guerre contre le Yémen) tant que la situation du dollar n'exige pas l'action extraordinaire qui ne pourra être jouée qu'une fois. Pour sa part la Russie ne fournira pas plus qu'une protection antiaérienne voire une couverture aérienne à l'armée syrienne, et n'a pas l'intention d'aller attaquer les troupes supplétives de l'axe atlantico-arabe là où elles sont appuyées par l'armée de l'air d'autres grandes puissances.
 
Tandis que l'essentiel de la Syrie pourra s'atteler à une normalisation et une reconstruction qui n'auraient pas été nécessaires si la Russie avait aidé dès 2011 à sceller hermétiquement la frontière turque, on peut donc s'attendre au détachement d'un triangle entre l'Euphrate, la frontière turque et la frontière irakienne, qui rejoindra l'état de délabrement et détresse du nord de l'Irak, c'est-à-dire un Etat Islamique fui par les populations violées et décapitées, et peu attractif pour les moudjahidines centre-asiatiques et ouest-européens qui comptent autant sur le butin et la gloire que sur le salaire.

Aucun commentaire:

ces mercenaires français rappelés du Levant

La presse française diffuse depuis quelques semaines une campagne de communication criminelle. La profusion et la simultanéité de la paru...