lundi 17 octobre 2016

prochain théâtre

Il semblerait que, en dépit de l'opposition des Etats-Unis d'Amérique et de leurs suppôts, une partie des terroristes qui tenaient en otage les 10% de population d'Alep-est (90% sont restés ou passés sous la protection des forces gouvernementales à l'ouest) aient accepté l'offre du gouvernement syrien et de l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura, à savoir se retirer avec armes et bagages bien que sans esclaves.
 
En ce sens l'offre gouvernementale s'inscrit plus dans une optique de maintien de l'ordre, où l'on laisse aux manifestants une voie de retrait et de dispersion, que dans une optique militaire où après avoir fixé l'ennemi on le neutralise, en le détruisant s'il refuse de déposer les armes et de se rendre. C'est aussi une optique injuste puisque les nombreux crimes que ces terroristes ont commis, jusqu'à la dernière minute, sur la population locale qu'ils ont violée, décimée, tenue en otage puis dernièrement utilisée comme bouclier humain, resteront impunis. Et c'est une optique illégale puisqu'aucune amnistie n'a été décidée par le pouvoir législatif, et que le gouvernement facilite donc le retrait en bon ordre de l'équivalent de deux brigades, qui iront reprendre ailleurs leurs activités. Ce n'est pourtant pas dans une optique d'ordre public que le gouvernement syrien a fait cette proposition, puisqu'il sait que la quasi-totalité de ces guérilleros sont étrangers et qu'une bonne partie ne parle même pas l'arabe, raison justement pour laquelle les Etats-Unis ont sérieusement considéré aller les sauver manu militari, et s'opposaient à tout ce qui pouvait donner lieu à une capture, tout en ne les ayant ni équipés d'un uniforme militaire qui les distingue des civils, ni reconnus comme troupe supplétive afin qu'ils puissent bénéficier des avantages réservés aux prisonniers de guerre, dont la convention de Genève. En réalité le gouvernement syrien a, une fois de plus, agi avec discernement, humanité et responsabilité, en choisissant l'option pragmatique la plus à même d'éviter la mise à mort de dizaines de milliers d'otages syriens par ces milliers de terroristes mercenaires. Officiellement on ne négocie pas avec des terroristes, en pratique on n'abandonne pas des otages innocents.
 
La question qu'on pourrait se poser est que vont devenir tous ces barbares, meilleurs au canif à égorger et au viol bismillah qu'à la Kalachnikov. La question revêt une certaine importance si l'on considère qu'il ne s'agit pas des huit ou dix mille moudjahidines qui occupaient Alep-est, pas des quelques milliers acheminés de Libye par voie aérienne au début 2011, pas des vingt ou trente mille combattants dont le renseignement états-unien crédite régulièrement l'Etat Islamique, mais des centaines de milliers introduits en Syrie essentiellement par la frontière turque, plus ceux recrutés parmi les Syriens arabes sunnites et ceux introduits par la Jordanie, moins la centaine de milliers neutralisée par l'armée syrienne et ceux repartis volontairement.
 
On parle là, peu ou prou, de deux cent mille hommes, professionnels du combat de guérilla et de l'exaction sur les populations.
 
Comme ceux que l'on appelait "les Afghans" dans les années quatre-vingts et qu'on a ensuite envoyés en Yougoslavie, ces gens-là ne sont pas les bienvenus dans leurs pays d'origine, du moins ceux, fussent-ils sous gouvernement islamique, qui savent ce qu'est un combattant de l'islam (certes les pays européens accueilleront leurs ressortissants bras et subventions ouverts). De l'Albanie à l'Indonésie en passant par les pays arabes, hindoustans, turcomans et africains, ces trucideurs d'Allah trouveront closes les portes de leurs pays d'origine. Comme pour leurs prédécesseurs des décennies précédentes, leurs recruteurs, financeurs, formateurs et employeurs devront donc leur donner (et ont déjà décidé), faute de reconversion individuelle, une nouvelle affectation collective. Et il ne s'agira pas d'un pays déjà livré à l'islamisme, ni d'un pays dont la population s'en est récemment (plus ou moins complètement) libérée, comme l'Egypte ou la Tunisie.
 
On peut déjà entrevoir trois destinations possibles. En toute logique les trois sont déjà sur la liste des futurs théâtres d'opérations de l'islam, établie à Washington et transmise à Riyad, mais il serait intéressant de savoir quel front sera ouvert en premier.
 
Il y a, de nouveau, la première puissance militaire d'Afrique bien que non interventionniste même dans son environnement immédiat, qui a longtemps constitué un pôle de stabilité en Afrique du Nord, qui a su écraser dans le sang l'islamisme il y a vingt ans mais dont la population se renouvelle et rajeunit si vite qu'elle n'a pas de mémoire, et dont l'entretien volontaire, par le gouvernement, d'une fracture entre générations (même si elle est aujourd'hui plus économique que linguistique), assure comme il y a vingt ans le recrutement facile d'une génération exclue de la société et en quête d'identité. Ce pays, qui doit impérativement exporter pour nourrir une population totalement dépendante de l'aide sociale, vient d'être ruiné par deux ans d'écrasement des prix du pétrole (visant à affaiblir la Russie), et dès le début de la pénurie il sera facile d'y briser la société. Avantage accessoire, une déstabilisation de ce pays par la violence et la famine enverrait une portion non négligeable de sa population à l'assaut de la France. Il s'agit bien sûr de l'Algérie, au régime déjà chancelant et à l'armée puissante, mais dépendante de la solde mensuelle.
 
Une autre destination possible est l'ennemi que se sont choisi les Etats-Unis depuis qu'ils ont fait la paix avec l'Iran en prévision de l'épuisement du pétrole séoudien. La rhétorique est prête, les corridors d'acheminement ont déjà été testés, les vallées où avaient été établis les camps d'entraînement des années quatre-vingt-dix sont toujours là, deux petits pays voisins au sud sont prêts à s'impliquer, et une grande puissance voisine y trouverait son intérêt propre dans son aire culturelle et d'influence, ce qui au passage l'ancrerait plus solidement dans l'OTAN dont on la soupçonne de vouloir s'écarter. Il s'agit bien sûr de la Russie, qui a déjà dans un passé récent été localement déstabilisée dans son Caucase musulman, comme l'URSS elle-même avant son démembrement.
 
Enfin un autre théâtre possible, au sujet duquel on écrivait il y a trois ans la formule "printemps islamiste + révolution de couleur = printemps vert", est celui où les Etats-Unis ont déjà, après les événements suburbains français de 2005, identifié, invité et formé des "espoirs" ou futurs cadres de contact d'émergence spontanée, qui ont aujourd'hui dix ans de plus. Il s'agit bien sûr de l'Europe occidentale. Aux sceptiques on rappellera comment a démarré la déstabilisation de la Syrie, cette révolution des vendredis qui enflammait les rues à l'appel au djihad, le vendredi midi à la sortie des mosquées, et se dispersait à l'appel du sommeil, le vendredi soir ou le samedi au petit matin. On rappellera qu'il y a plus de mahométans en France qu'en Tunisie, plus de centres d'endoctrinement et de recrutement aussi même avant que ce pays ne ferme ses mosquées.
 
Dans les trois cas, il ne s'agit plus cette fois d'un pays de vingt millions d'habitants, mais il y a, bien plus qu'en Syrie, des franges de population susceptibles d'être rapidement enrôlées.
 
Delenda Carthago.

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