lundi 7 mars 2016

nouvelle enturquerie uniopéenne

Ce 7 mars 2016 la Commission Européenne avait convoqué à Bruxelles les chefs d'Etat et de gouvernement des vingt-huit pays membres, en l'honneur de la visite du premier ministre de Turquie, dont le président, comme en octobre dernier, ne pouvait s'arracher à ses lourdes responsabilités mais trouverait néanmoins le temps de quelque harangue médiatique depuis la Thrace.
 
Le sommet semble avoir eu pour but essentiel d'informer la presse d'un nouveau volet des décisions prises par le directoire germano-uniopéen en septembre, soumises par le président Juncker au président Erdogan le 5 octobre, dévoilées partiellement aux chefs d'Etat et de gouvernement européens le 15, et dont certaines ont fait l'objet officiel du traité signé le 29 novembre.
 
Le volet qui en est dévoilé cette fois-ci est le renouvellement pour 2018 du tribut de trois milliards d'euros dont les vingt-huit gouvernements avaient dû accepter le principe pour 2017 quelques jours après que le président de la Commission ait déclaré au Parlement Européen qu'il ne s'agirait que d'un milliard non renouvelable. Cela n'apprend évidemment rien aux lecteurs de Stratediplo qui savent depuis fin novembre que ce tribut sera annuel, et qu'en octobre la presse ottomane évoquait douze millions.
 
Un point mineur est le nouveau changement de date de la levée de l'obligation de visa pour les porteurs de passeport turc, d'abord promise pour le premier janvier, puis repoussée au premier octobre par l'incompressible bureaucratie, et finalement exigée pour juin.
 
L'accord de fourniture de migrants (mentionné par Stratediplo dès octobre et révélé par Viktor Orban plus récemment), que la Turquie est chargée de sélectionner et que l'Union Européenne doit venir prendre directement en Turquie, commence à être évoqué, toujours entouré d'un mystère qui confirme les soupçons (www.stratediplo.blogspot.com/2016/02/le-pretendu-accord-secret-germano-turc.html) d'un nombre largement supérieur au demi-million envisagé à l'époque où l'on n'envisageait qu'un milliard d'euros de tribut. On parle cette fois-ci, mais ce n'est évidemment qu'un début, d'un nombre équivalent à celui des clandestins qui seraient arrivés jusqu'aux îles grecques, dont l'Union Européenne aurait réussi à déterminer identité et nationalité et à obtenir un (très hypothétique) accord de réadmission dans le pays d'origine.
 
Cette formulation prétendant subitement lier les "programmes... permettant aux réfugiés en Turquie d'entrer dans l'Union Européenne d'une manière ordonnée" (selon le texte du mémo 15-5777 de la Commission Européenne du 5 octobre) à une hypothétique "gestion" des clandestins passés de Turquie en Grèce est surtout l'occasion d'un retournement spectaculaire : non seulement il n'est plus question de tenter d'interdire les départs clandestins de Turquie, mais de gérer la destination des intrus en Grèce, mais de plus il est désormais prévu, au lieu de négocier le déploiement de contrôleurs européens sur la côte (continentale et rectiligne) turque, d'imposer à la Grèce l'accueil de contrôleurs turcs sur certaines de ses milliers d'îles (dentelées), dont les plus importantes sont d'ailleurs revendiquées par la Turquie. Le prétexte est bien sûr le contrôle de la "renvoyabilité" à l'arrivée en Europe plutôt qu'une interdiction des départs clandestins d'Asie, preuve supplémentaire de la recherche par la Commission Européenne des formules les plus compliquées et les moins efficaces, assurant à la fois la continuation de l'intrusion illégale massive et l'alibi d'une action communautaire interdisant toute action nationale susceptible d'apporter une solution à ce que l'Union ne considère pas comme un problème mais comme un programme. Tant le président Juncker que la chancelière Merkel ont d'ailleurs bien répété aujourd'hui qu'il n'était pas question de "fermer la route des Balkans" comme le disaient certains.
 
On lira dans tel ou tel communiqué qu'il s'agit d'instituer un canal officiel d'admission court-circuitant les réseaux illégaux de traite d'humains. De jure, il s'agit effectivement d'institutionnaliser l'introduction illégale massive, par l'Union Européenne, de personnes n'entrant dans aucune catégorie migratoire légale et ne relevant pas du statut de réfugié défini par la Convention de 1951 ou par les textes légaux en vigueur dans les pays dans lesquels la Commission entend imposer leur installation. De facto, il s'agit d'expérimenter puis mettre en place une procédure non dégradante (contrairement à l'invitation à s'introduire par effraction) et non dépendante de la complicité gouvernementale ou policière, qui sera ensuite élargie non pas à des centaines de milliers mais à des millions de colons, comme exposé, sources à l'appui, dans la Huitième Plaie.
 
Quant à la Grèce tout cela n'est pas sans rappeler les autres sanctions, brimades et souffrances en cours d'imposition, et sur lesquelles on reviendra.
 
Quant à Chypre, la réunion d'aujourd'hui a encore une fois renouvelé l'autorisation tacite de son occupation militaire par la Turquie.

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