dimanche 29 novembre 2015

victoire turque ou capitulation uniopéenne ?

Ce 29 novembre a été formalisé entre l'Union européenne et la Turquie l'accord que le président de la Commission Jean-Claude Juncker avait promis à la Turquie le 5 octobre, imposé dans les conditions que l'on sait (www.stratediplo.blogspot.com/2015/10/sommet-de-dupes_15.html) au Conseil des chefs d'état de l'Union européenne le 15 octobre, et confirmé par la voix de la chancelière allemande Angela Merkel le 18 au président turc Recep Tayyip Erdoğan.
 
Pour mémoire, lorsque Mme Merkel était allée présenter à Ankara la signature des chefs d'Etat de l'Union, qui avait d'ailleurs coûté au président Juncker l'interruption du sommet européen prévu initialement pour se poursuivre le 16 octobre, le président Erdoğan avait alors relevé ses prétentions puisque le soutien militaire de la Russie à la Syrie venait de priver l'Union européenne de la possibilité d'offrir à la Turquie une bande de territoire syrien. Mme Merkel ne publia aucun compte-rendu de sa mission, mais la presse turque parlait du relèvement du tribut à douze milliards d'euros au lieu du milliard annoncé par M. Juncker au Parlement européen, et des trois milliards proposés en réalité à la Turquie.
 
On a su par la suite que le président Erdoğan avait trouvé une formule conciliatoire, à savoir seulement trois milliards d'euros, mais annuels au lieu d'une fois pour toutes. Par ailleurs le grand public ignore de combien a été relevée la promesse d'installation dans l'Union européenne du demi-million de colons à envoyer par la Turquie.
 
Depuis lors, la Turquie a fait le 24 novembre sa démonstration de force militaire et de détermination politique auprès de la première puissance militaire européenne et deuxième puissance nucléaire mondiale, et a reçu à cette occasion l'expression de la solidarité totale, politique et militaire, des Etats-Unis d'Amérique et de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, qui ont confirmé que la Russie était leur ennemi commun et ont donné raison à la Turquie d'avoir violé l'espace aérien de la Syrie pour y attaquer les forces armées russes qui soutiennent les forces syriennes contre la guérilla armée par la coalition islamo-atlantiste.
 
Si la Turquie semble avoir perdu un point puisque l'espace Schengen ne sera totalement ouvert sans nécessité de visa aux Turcs, ou aux porteurs de simili-passeports turcs, qu'à partir du 1er octobre 2016 au lieu du 1er janvier comme exigé initialement, ce retard n'est vraisemblablement dû qu'à une complication administrative qui aura empêché d'appliquer cet accord dans un mois.
 
On notera d'ailleurs que, bien que le prétexte à cet accord soit la "crise des réfugiés", l'Union européenne ne conditionne pas le versement du tribut à l'application par la Turquie de la Convention internationale de 1951 sur les réfugiés (que la Turquie a signée) : elle ne la mentionne même pas, comme elle ne rappelle pas non plus à la Turquie ses obligations au titre de la Charte européenne des droits de l'homme, tant vis-à-vis des réfugiés immigrés d'aujourd'hui que de la population chypriote déportée par la Turquie en 1974, et toujours dans des camps.
 
L'Union européenne omet comme d'habitude d'enjoindre la Turquie à appliquer le Traité de Garantie de Chypre de 1960, ainsi que les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU réaffirmées depuis plus de quarante ans, de juillet 1974 (résolution 353) à juillet 2015 (résolution 2234). L'Union reprendra le mois prochain les "négociations" (sur de nouveaux aspects puisque la Turquie n'applique pas ceux déjà expliqués) d'adhésion de la Turquie à la partie de l'Union européenne qu'elle veut bien reconnaître, sans exiger la reconnaissance de tous ses membres actuels ni la fin de l'occupation militaire de l'un de ses membres par ladite Turquie.
 
Quelles que soient les modalités et la périodicité exactes du paiement du fameux tribut uniopéen, cet accord est donc bien une réaffirmation de la soumission inconditionnelle de l'Union européenne à la Turquie.

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