lundi 16 novembre 2015

opération Brochet 3

Encore une fois il faut soit féliciter le renseignement militaire français d'avoir identifié et localisé un ennemi, en pays étranger et en à peine vingt-quatre heures, soit blâmer le gouvernement d'avoir refusé de frapper un ennemi identifié et localisé avant qu'il n'agisse (si c'est bien là qu'était l'ennemi).
 
On apprend que les attentats islamistes de vendredi ont été commandités par l'organisation Etat Islamique, ce qui n'est pas impossible bien que n'importe qui puisse s'en revendiquer, comme n'importe quel braqueur de banque ou preneur d'otages pouvait se faire de la publicité en se réclamant d'Al Qaeda il y a dix ans ou du Groupe Salafiste de Prédication et de Combat il y a vingt ans. On apprend que tout cela a pu, ou pourrait, être coordonné du quartier général dudit Etat Islamique, dont on sait effectivement qu'il est basé à Raqqa sauf lorsqu'il est visé par l'aviation russe, auquel cas on nous assure que cette ville n'a jamais abrité que des "civils", ce que personne ne nie puisque l'islam ne distingue pas entre civils et militaires et que l'essentiel de la guérilla anti-syrienne est constitué de civils n'appartenant à aucune armée régulière (hormis les coopérants occidentaux et arabes sans uniforme) et ne respectant pas les règles nécessaires pour être considérés comme combattants réguliers au sens des conventions de Genève. On apprend que, même si les armes suicidaires de vendredi ont été fabriquées en Europe et sont inadaptées au terrain et aux modes d'action de la guérilla anti-syrienne, un état-major (turco-qatari, ça on ne le dit pas) en cours de rasage et de débandade sous les bombardements russes a planifié en détail l'infiltration, l'activation et l'exfiltration (ou l'auto-destruction) de plusieurs commandos opérant à découvert dans une capitale européenne, alors qu'on aurait volontiers soupçonné une coordination française ou belge contre laquelle les Rafale et les Mirage sont aussi inadaptés qu'une patrouille de police française le serait dans la campagne syrienne. On apprend que la France a un président capable de donner des ordres guerriers, ce que les Syriens savaient déjà mais que les électeurs n'avaient pas encore vu en video.
 
Ce qu'on ne sait pas, c'est si cette opération Brochet 3 largement médiatisée aura neutralisé le même nombre d'ennemis que l'autre réaction impulsive Brochet, il y a un tiers de siècle. Pour sûr la prochaine fois, coupables ou pas il y aura des morts, puisqu'au rythme de désarmement actuel, pas très ralenti par les vœux peu pieux présidentiels de ce 16 novembre après-midi, il ne restera bientôt plus que le missile air-sol moyenne portée de 300 kilotonnes.

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