vendredi 16 octobre 2015

casus belli à Sredets

L'accrochage meurtrier intervenu à la frontière turco-bulgare est une affaire sérieuse.
 
Qu'une demi-compagnie d'hommes (54), même si la majorité ne portait que des armes blanches, se soit infiltrée illégalement, nuitamment et par effraction (en perçant une clôture frontalière) dans le pays voisin pour y attaquer un simple trinôme de garde-frontières ne pouvait que tourner au drame, et ressemble d'ailleurs plus à une provocation qu'à un accident. En tout cas, à en juger par la vigueur des condamnations uniopéennes et atlantistes d'un écart de quarante-cinq secondes, par temps d'orage et apparemment involontaire, d'un avion russe dans l'espace aérien turc, cette incursion paramilitaire turque caractérisée en Bulgarie est un cas de guerre.
 
La Turquie peut prétendre que ces Afghans ne sont pas des mercenaires mais des touristes, elle est responsable du maintien de l'ordre sur son territoire, du respect des frontières avec ses voisins et des agissements des formations paramilitaires et des bandes armées ou non qui lancent de son territoire des agressions ou incursions vers les pays voisins. Parmi ses voisins immédiats elle a justement l'exemple d'un pays dans lequel plusieurs dizaines de puissances étrangères mènent ouvertement des opérations militaires sous le prétexte que le gouvernement dudit pays ne contrôle pas l'intégralité de son territoire et que des bandes armées s'y seraient réfugiées... bien que, petite nuance, elle n'en profitent pas pour lancer des incursions vers les voisins. Or, contrairement à la Syrie, la Turquie n'est pas le théâtre d'une guerre prétendument civile imposée de l'extérieur, et elle a l'entier contrôle de son territoire et de ses frontières.
 
Il semblerait que le coup de main ait été mené sans couverture arrière... justement parce que ces infiltrés considéraient le territoire d'où ils venaient comme sûr. Mais la Bulgarie l'ignorait et aurait pu, au titre du droit de poursuite, envoyer un bataillon ratisser la portion de territoire turc d'où avait été lancé ce raid d'une demi-compagnie.
 
Sans attendre que l'Union Européenne leur impose un déploiement de portiers pacificateurs allemands ou hollandais, il est temps que les pays  libérés il y a un siècle (Bulgarie) ou deux (Grèce) de l'occupation turque déploient de vraies forces le long de cette frontière désormais systématiquement violée par leur voisin oriental : barbelés et pancartes ne suffisent pas.
 
En plus de l'indispensable interpellation du Conseil de Sécurité de l'ONU par la Bulgarie pour menace à la paix internationale, on attend la plus ferme condamnation de la Turquie par l'Union Européenne, ou le préavis de départ et le rétablissement de la souveraineté des pays en cours d'envahissement.

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