lundi 2 mars 2015

le mois de tous les dangers - ou plutôt la quinzaine

On ne peut pas savoir si l'OTAN attaquera la Russie en mars. On pourrait ajouter que les membres européens de l'OTAN ne sont pas encore prêts sur le plan politique, que la montée en puissance militaire commencera à porter ses fruits début juin, mais que de toute façon la puissance qui a décidé la guerre créera un évènement-surprise qui leur interdira de se dérober.
 
Mais on peut être quasiment sûr qu'il se produira un évènement d'importance mondiale en mars, et dans les deux premières semaines. On pourrait ajouter qu'il s'agira d'un évènement suffisamment grave pour éclipser toutes les monnaies et économies rivales des Etats-Unis d'Amérique, ressusciter le mythe du dollar "valeur-refuge", et reléguer en dernière page des faits divers du mois la déclaration de surendettement du pays qui frappe la monnaie des échanges mondiaux.
 
Le 15 mars se termine la "levée temporaire" du plafond d'endettement du gouvernement fédéral états-unien.
 
Evidemment la dette du gouvernement fédéral, la plus grosse dette qui ait existé depuis qu'Homo Sapiens est passé du troc en natures à la monnaie d'échange en espèces, ne représente qu'une petite partie des engagements totaux dudit gouvernement, qui eux-mêmes ne sont qu'une fraction de la dette publique du pays, qui elle-même ne doit pas faire oublier la dette privée.
 
Evidemment aussi, aucun pays et aucune instance ne manifeste (pas plus qu'en 1971) l'intention de rappeler ce pays à la retenue d'impression et à la conservation de la valeur de la monnaie internationale d'échange, pour la première dotation de laquelle on avait confié (en gage) l'or du monde, et que ledit émetteur s'était engagé par traité (Bretton Woods) à conserver à la valeur de 1/35° d'once d'or, tout détenteur de 35 dollars pouvant à tout moment, d'après ces traités, les rapporter aux Etats-Unis et obtenir la restitution d'une once d'or.
 
Evidemment enfin, peu importent les procédures internes selon lesquelles un pays décide de son niveau d'endettement, qu'il s'agisse d'une décision autocratique à l'africaine, d'un diktat technocratique de type eurozonal, d'un vote parlementaire de budget comme dans les pays démocratiques, ou d'un échange tennismatique entre les instances exécutives et parlementaires d'un pays qui veut donner l'illusion d'une forme d'auto-contrôle, et l'impudique débat inter-étatsunien porté irresponsablement sur la scène internationale il y a quelques années ne devrait pas influer sur le degré d'endettement que les pays prêteurs sont prêts à tolérer ou pas, degré qui devrait dépendre des chiffres (la capacité de remboursement) plutôt que des discours d'intentions.
 
Mais à un moment ou à un autre un acteur majeur, par exemple la première puissance économique, commerciale et industrielle (et démographique) mondiale, décidera de ne plus accepter comme moyen de paiement de ses exportations une devise diluée jusqu'à décrédibilisation totale. Cet acteur majeur sait déjà, et n'est pas le seul, que les Etats-Unis ne pourront jamais rembourser leur dette en dollars actuels, et que l'impression effrenée ne pourra se terminer que par l'hyperinflation et la perte totale de valeur du dollar (puis le changement de devise), et n'accepte encore d'en recevoir que pour le transformer immédiatement en métaux précieux... ce qui ne sera plus possible lorsque les stocks occidentaux seront épuisés (bientôt).
 
Alors qu'ils auraient pu lever dans la discrétion leurs derniers freins internes à l'hyper-impression, les Etats-Unis ont imprudemment donné en 2011 un pathétique spectacle de débat politique interne sur l'opportunité de mettre leur gouvernement fédéral en cessation de paiement vis-à-vis de ses créanciers extérieurs, qui a créé un suspense tendu dans les milieux financiers et créanciers mondiaux. Après plusieurs "autorisations exceptionnelles" successives d'accroissement de l'endettement, puis le gel "à titre exceptionnel" de la nécessité de telles autorisations (c'est-à-dire la carte blanche à l'endettement), d'abord pour un mois ou deux puis dernièrement pour un an, la question du relèvement du plafond d'endettement au-dessus de 17,2 billions (trillions en échelle courte) temporairement suspendue jusqu'au 15 mars 2015 se reposera avec acuité le 16 mars, jour où, avant même de décider de lever définitivement toute entrave interne à l'hyper-impression, les parlementaires (comme les créanciers) des Etats-Unis noteront que le gouvernement fédéral s'est déjà endetté au-dessus de cette autorisation (le plafond a été suspendu mais son montant est resté inchangé).
 
Si les politiciens états-uniens sont conséquents, ils décideront le 16 mars (voire le 15) d'abroger définitivement cette dernière entrave à l'hyper-endettement astronomique, c'est-à-dire l'hyper-impression astronomique, et donc à terme l'hyper-inflation et l'hyper-dévaluation. S'ils sont inconséquents, ils décideront le 16 mars de donner un blanc-seing de quelques semaines à l'exécutif fédéral et entreront dans un bruyant débat parlementaire devant déboucher sur un nouveau chiffre "raisonnable", mais donnant surtout au monde anxieux un autre spectacle tragi-comique.
 
Pour ceux qui auraient oublié la crise de 2011, le mot-clef en anglais est "debt ceiling", mais c'est en mandarin qu'il sera le plus prononcé dans deux semaines.
 
A moins que le monde ait, d'ici-là, des préoccupations bien plus graves de nature à ravaler tout ça au niveau d'un simple "plaie d'argent n'est pas mortelle" ou "ah le bon vieux temps où on avait le loisir de s'inquiéter de triviales questions financières !"

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