vendredi 7 novembre 2014

révolution edelweiss

La révolution des edelweiss sera une révolution des coquelicots.
 
On n'a finalement jamais su quelle menace accompagnait l'ultimatum d'une semaine délivré par les Etats-Unis d'Amérique à la Confédération Helvétique le 31 août 2011. Elle a en tout cas suffi à faire capituler un pays qui avait résisté aux menaces hitlériennes et n'a jamais confondu neutralité et finlandisation.
 
Le 6 septembre 2011, juste avant l'expiration de l'ultimatum et après une semaine de discussions intenses, la Suisse a mis fin au secret bancaire qui était le fondement de sa prospérité, et accepté de payer deux milliards de dollars (deux billions en échelle courte) de rançon pour préserver au moins sa réputation de sécurité des dépôts, alors que les Etats-Unis exigeaient la saisie et la livraison d'un tiers du contenu des comptes ouverts légalement par des citoyens états-uniens présumés innocents et d'ailleurs pas poursuivis pour fraude fiscale dans leur pays, qui a présenté cette exigence par voie politique et non pas judiciaire mais sous le motif, irrecevable dans un pays de droit, de "présomption de fraude" sans preuve ni procès (depuis lors les banques du monde entier refusent d'ouvrir des comptes pour les citoyens états-uniens). A défaut de fondement juridique ou simplement moral, cette exigence a dû être accompagnée d'une menace forte. Mais ce n'étaient pas deux milliards que voulaient les Etats-Unis, de même qu'ils ne voulaient ni du pétrole irakien ni du sable libyen, et qu'ils n'attaquent pas la Russie pour son caviar.
 
Le 6 septembre 2011, la Suisse a abandonné l'étalon-or (après la défaite de la Libye elle était le dernier pays dont la monnaie était garantie par de l'or). Elle a aussi lié officiellement le franc à l'euro, et elle a même décidé, pour éliminer toute ambiguïté, de vendre ses réserves d'or. Un peu moins d'une minute avant l'annonce officielle de la fin de la garantie or, une énorme manipulation électronique sur le cours de l'or a eu lieu sur les marchés de métaux (COMEX notamment), dont le volume et la synchronisation ne peuvent avoir été que le fait d'une grosse banque centrale, initiant une chute inouïe des cours alors que cette annonce officielle aurait dû avoir un effet inverse... et que depuis lors la demande n'a fait qu'augmenter tandis que l'offre est de plus en plus insuffisante.
 
Mais la Suisse est une démocratie, où il suffit de 100000 signatures pour exiger un referendum dont le résultat amende automatiquement la constitution. Le 30 novembre 2014, l'électorat suisse s'interrogera par referendum sur un sujet mineur (les privilèges fiscaux réservés aux riches étrangers), un sujet explosif (la prévention de la surpopulation par la restriction de l'immigration) et un sujet de souveraineté économique, en l'occurrence l'obligation de reconstituer des réserves d'or, l'interdiction au gouvernement de vendre ces futures réserves, et l'obligation de rapatrier les réserves entreposées à l'étranger (mouvement déjà tenté par l'Allemagne avec l'insuccès que l'on sait). La Suisse est un petit pays mais ses réserves sont équivalentes à la moitié des réserves des pays de la zone euro, dont trois membres font partie des pays les plus riches et puissants du monde et du G8. La Suisse est un petit pays mais ses réserves sont les quatrièmes les plus importantes au monde (après celles de la Chine, du Japon et de la Russie), et représentent en tout cas plus du double des réserves des Etats-Unis (voire dix fois plus si Fort Knox est vide), première économie mondiale jusqu'à l'année dernière.
 
La classe politique suisse, comme l'élite politico-économique du reste du monde, fait tout pour dissuader les Suisses (discrètement pour que leur initiative ne fasse pas école) de voter pour le rétablissement de la souveraineté économique de leur pays. La semaine dernière Paypal a fermé sans explication ni préavis le compte légalement ouvert pour la campagne d'information en faveur du oui, et n'a évidemment pas remis son contenu aux animateurs de cette campagne ; selon la rumeur le gouvernement états-unien aurait, sans procès, qualifié cette campagne d'information des citoyens suisses comme une "organisation terroriste" et, sans ouvrir d'enquête criminelle ni même informer le gouvernement suisse, intimé à Paypal, par la voix de la CIA (service de renseignement états-unien), de clôturer ledit compte.
 
L'heure est grave. Certes, ce vote pourrait obliger le gouvernement suisse à acheter (sur trois ans) de l'ordre de 1500 à 2000 tonnes d'or, alors qu'il n'en reste presque plus même en raclant ce qui a été confié aux Etats-Unis par d'autres pays, et que l'on sait ce qu'il adviendra des Etats-Unis le lendemain même du jour où la Chine ne pourra plus obtenir d'or en échange de ses montagnes de dollars. Mais surtout, et au-delà d'une rébellion ouverte contre les termes de la capitulation du 6 septembre 2011 (et donc contre l'autorité des Etats-Unis), un tel mouvement pourrait donner des idées et des douilles à d'autres pays, ce qui accélèrerait l'épuisement des réserves d'or occidentales en cours de transfert vers l'Asie, le défaut des marchés et le constat de la faillite complète de la zone dollar.
 
On ignore quelle était la menace liée à l'ultimatum du 31 août 2011 mais on peut chercher les vulnérabilités de la Suisse, voire les recouper avec les quatre scénarios isolés par Stratediplo "pour une poignée de billiards", selon la méthode de raisonnement tactique consistant à imaginer les modes d'action auxquels pourrait recourir l'ennemi d'après ses ressources et en réponse au dernier mouvement adverse (simulations mentales du joueur d'échecs). L'offensive doit viser trois effets majeurs : a minima disqualifier le referendum et intimider le vote en faveur du non, si possible empêcher la tenue du referendum par une situation exceptionnelle créée par son organisation même, et a posteriori en cas d'échec punir le peuple suisse suffisamment lourdement pour qu'aucun autre pays ne prenne le même risque (et accessoirement pour que le résultat ne soit pas inscrit dans la constitution ou pour que le gouvernement n'ait plus les moyens de l'appliquer).
 
Une méga panne d'électricité le 30 novembre ne serait ni suffisamment liée au referendum, ni suffisamment douloureuse, pour dissuader d'autres pays. C'est là qu'apparaît l'hypothèse de la révolution des edelweiss, dont le ferment a été introduit par une des propositions du triple referendum. La limitation du solde migratoire, présentée sous l'aspect écologiste et environnemental, vise autant les ressortissants de l'espace Schengen que les constructeurs de minarets, deux catégories également visées par la rhétorique anti-immigratoire suisse bien que la presse droitdelhommiste s'intéresse plus à l'une qu'à l'autre. Le tiers des habitants de la Suisse sont immigrés ou enfants d'immigrés, près d'un quart sont immigrés eux-mêmes, et de l'ordre d'un tiers de million sont d'origine albanaise, constituant une fraction de la population musulmane particulièrement réceptive à d'éventuelles directives de déstabilisation, et débitrices envers les Etats-Unis. Sachant que la communauté albanaise suisse s'agrandit de quatre ou cinq mille nouveaux immigrés chaque année, il devrait être facile de lui faire percevoir le referendum comme une menace.
 
S'il y a une révolution des edelweiss, ce sera une révolution des coquelicots. Et ce sera le début du printemps vert européen.
 
Delenda Carthago.

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