vendredi 5 septembre 2014

projet de cessez-le-feu en ex-Ukraine

Après sa défaite sur le terrain, la junte kiévienne, qui a cependant violé tous les accords précédents, demande elle-même un cessez-le-feu.
 
Le plan Poutine qui sera présenté pour signature ce 5 septembre à Minsk aux délégués de l'Ukraine et de la Novorussie, et qui se traduirait en cas d'accord par un cessez-le-feu immédiat à 15h00, comprend sept points :
- arrêt de la progression des milices autour de Donesk et Lougansk,
- retrait des forces pro-Kiev à une distance interdisant de pilonner les agglomérations,
- contrôle international du cessez-le-feu,
- interdiction de l'utilisation d'aéronefs contre les civils et les villages,
- échange inconditionnel de tous les prisonniers,
- ouverture de corridors humanitaires pour les mouvements de réfugiés et l'aide humanitaire,
- accès des équipes de reconstruction aux infrastructures détruites.
Un bon plan comporte toujours un nombre de points impairs et sept est un chiffre magique, ce qui explique les répétitions du droit et des conventions internationales, comme l'interdiction de frapper la population civile.
 
La junte kiévienne devrait chercher à faire retirer au moins le deuxième point, qui signifierait un retrait de 120 km (la portée des SS-21 dont elle a encore tiré un exemplaire sur Khartsyzk ce 4 septembre), soit sur la ligne Primorsk-Lozova, à mi-chemin entre la frontière occidentale de la République de Donetsk et le cours du Dniepr. Un contrôle international du cessez-le-feu ne devrait pas la gêner puisqu'elle arrive à refuser depuis plus d'un mois l'autorisation aux observateurs de l'OSCE d'utiliser les drones d'observation qu'ils ont reçus (qui démentiraient encore plus la propagande sur l'invasion russe que les observateurs dément régulièrement) et ne subit pas de sanctions pour pilonner périodiquement les équipes d'observateurs sur la frontière. La signature de ce cessez-le-feu est politiquement risquée et peut amener les mouvements les plus extrémistes des organisations néo-nazies (Pravy Sektor) à commettre un nouveau coup d'état. Mais il n'y a plus d'alternative, la junte ayant refusé d'écouter son état-major qui conseillait mi-juillet d'opérer un repli temporaire pour remise en condition, elle a maintenant perdu l'essentiel de ses forces régulières, paramilitaires et privées, et si elle n'obtient pas un cessez-le-feu tout de suite elle perdra rapidement Dniepropetrovsk (et donc à terme Kherson) ou Kharkov (et donc à terme le pouvoir à Kiev). S'agissant d'un simple cessez-le-feu sur le terrain de la Novorussie, et non pas d'un plan de paix réglant les relations et le statut des belligérants (ex-Ukraine et Novorussie), le pouvoir kiévien n'a rien à perdre et a tout à gagner, avec évidemment l'arrière-pensée d'une part de se réarmer, ce qui impliquera certes de ne pas condamner tous les officiers pour désertion, et d'autre part d'impliquer l'OTAN.
 
De son côté, la Novorussie est victorieuse mais très éprouvée, ses infrastructures ont été complètement détruites, la situation humanitaire est très grave (à Lougansk sans électricité ni eau potable depuis un mois et demi la Croix-Rouge craint des épidémies) et plus d'un million de personnes se sont réfugiées en Russie (plus gros exode en Europe depuis la deuxième guerre mondiale). Les succès militaires de l'armée de Donetsk vers le sud, parfois inespérés et dûs seulement à l'inorganisation adverse, n'ont pas réussi à faire taire totalement le pilonnage d'artillerie continuel sur les villes, de son côté Lougansk n'a pas réussi à créer une véritable armée et donc à libérer son territoire pourtant adossé à la Russie, et au total la Novorussie n'a pas les moyens de continuer à nourrir longtemps les milliers de prisonniers capturés en août ; elle peut espérer obtenir, hormis le retrait de l'artillerie kiévienne anti-cités, d'une part une certaine reconnaissance, et d'autre part un gel temporaire (sans illusion à moyen terme) de sa frontière grâce au déploiement d'observateurs internationaux. D'autre part le temps que durera cette trève permettra certes à Kiev de réarmer, mais aussi au reste de la Nouvelle-Russie historique (de Kharkov à Odessa) de se préparer à rejoindre la Novorussie dès que Kiev mettra fin au cessez-le-feu. Enfin les dirigeants de Novorussie ne cachent pas qu'ils espèrent la chute du pouvoir issu du coup d'état du 22 février en raison du mécontentement croissant à Kiev même (et de la situation économique catastrophique) ; cela ne les amènerait pas à envisager une ré-intégration à une Ukraine qui a attaqué militairement les villes de Novorussie, mais un gouvernement pragmatique à Kiev pourrait renoncer à conquérir la Novorussie et négocier la paix. La Novorussie a donc déclaré être prête à signer le plan Poutine.
 
C'est Porochenko qui apportera à Minsk la décision de signer ou pas le cessez-le-feu : il déclarera alors signer "avec les rebelles" ou refuser de signer "avec autre que la Russie". Mais en réalité c'est au sommet de l'OTAN à Newport que cette décision aura été prise.

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