mardi 16 septembre 2014

avertissements violents du régime kiévien à l'OSCE

Hier dimanche 14 septembre l'armée régulière ex-ukrainienne a plusieurs fois intentionnellement visé au mortier une patrouille de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe.
 
L'armée du régime kiévien, en contact radio permanent avec les deux véhicules de l'OSCE, les a d'abord fait arrêter près d'un poste de contrôle (mais pas trop près) où le pilonnage a commencé par un tir mal réglé. Reprenant alors la route vers le poste de contrôle de la résistance novorusse, les deux véhicules ont été suivis par les tirs de mortiers. Ne pouvant (dans un premier temps) passer ce poste, les deux véhicules durent faire demi-tour et furent encore suivis par les tirs de mortiers, et touchés (dont l'un immobilisé). Revenant alors rapidement vers le poste de contrôle de la résistance, le véhicule rescapé fut de nouveau la cible de tirs de mortier au moment même où il passait finalement ce poste de contrôle. Tous les tirs venaient du nord, c'est-à-dire des positions de l'armée dite gouvernementale ; pour mémoire un mortier de 120 mm a entre 6 et 10 kilomètres de portée. Le dernier tir montre de plus que cette batterie avait la portée nécessaire pour atteindre le poste de contrôle (et donc les lignes) de la résistance, et que ce sont donc bien les inspecteurs de l'OSCE qui étaient visés. Plus tard on apprendra qu'ensuite les forces novorusses ont fait taire les mortiers incriminés par un tir de contre-batterie apparemment efficace.
 
De toute évidence le régime issu du coup d'état du 22 février, qui avait déjà visé plusieurs fois des inspecteurs de l'OSCE (y compris dans des postes-frontières russes) lorsqu'ils tentaient de s'approcher du site de l'épave de l'avion malaisien, ne veut pas non plus qu'ils soient témoins de ce qui se passe sur la ligne de front nord de Novorussie. Les observateurs de l'OSCE rapportent pourtant régulièrement qu'il n'y a pas ou plus de cessez-le-feu, ce qui ne semble pas avoir de conséquence politique pour le régime, mais malgré cela on veut encore les chasser du front, ce qui évidemment ne présage rien de bon.
 
Il faut cependant préciser que samedi 13, après un mois et demi de blocage et sur insistance du président suisse de l'OSCE, Porochenko a finalement autorisé l'OSCE à utiliser ses deux mini-hélicoptères téléguidés ("drones")... sur la frontière russe, comme prévu dans l'accord Kouchma-Zourabov du 5 septembre, parrainé par l'OSCE mais correspondant pour l'essentiel à l'ultimatum Porochenko du 20 juin à la résistance. Bien évidemment si ces appareils sont utilisés sur la frontière entre la Russie et la Novorussie, où l'OSCE sait et répète régulièrement qu'il ne se passe rien, ils ne surveillent pas la ligne de confrontation entre la Novorussie et les positions ex-ukrainiennes, où là il s'en passe toutes les heures ; d'ailleurs la patrouille en question était dans la zone car elle revenait de l'épave de l'avion.
 
Il est intéressant de noter le langage du rapport des inspecteurs de l'OSCE rendant compte qu'ils viennent d'être attaqués avec insistance par le régime kiévien. Ils mettent des guillemets à "République Populaire de Donetsk" et "RPD" et ajoutent "soi-disant" devant le titre de vice-ministre de l'intérieur ainsi que devant le nom du service de sécurité "Berkut", par contre ils n'oublient pas les majuscules à Quartier Général de l'Opération Anti-Terroriste Ukrainien, dont ils ne questionnent pas l'appellation par des guillemets (ils omettent cependant de préciser s'ils ont vu des terroristes). Bref, leur attaque par le régime kiévien et leur sauvetage par la Novorussie n'ont pas altéré leur parti-pris.
 
Au niveau circonstanciel, si l'OSCE est désormais chargée de vérifier le protocole d'accord russo-ukrainien conclu par les représentants de la Russie et de l'Ukraine Zourabov et Kouchma, il est logique que les autres acteurs présents dans la région, et pas nommés dans ce document, ne la concernent pas. Au niveau du fond, si l'Ukraine fait partie de l'OSCE et la Novorussie n'en fait pas partie, il est logique que l'OSCE se croie en Ukraine et considère que son territoire va jusqu'à la frontière avec la Russie, membre de l'OSCE également, et qu'elle ne prenne pas en considération l'existence d'un nouvel Etat entre les deux.
 
Il est primordial que la Novorussie affirme sa souveraineté internationale et demande à adhérer à l'OSCE.
 
Le rapport de l'incident se trouve sur www.osce.org/ukraine-smm/123587.

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