vendredi 12 septembre 2014

Alba hors d'Albion

On s'interroge sur le futur de la Calédonie. Tout d'abord il n'y a pas urgence, il serait surprenant que les Ecossais votent dans les urnes comme ils le déclarent dans les sondages (se rappeler le deuxième tour de la présidentielle française de 2002). L'Ecosse n'est pas l'Irlande ou la Catalogne, elle est aussi intégrée à la Grande-Bretagne que la Bourgogne à son ancien ennemi pluriséculaire la France, et il serait grave que les questions économiques circonstancielles et éphémères conditionnent et redessinent en permanence les frontières entre peuples et états. Cependant, si le dernier argument de la reine est le chantage à l'exclusion de la livre et à la non-admission dans l'euro, on peut suggérer aux Calédoniens de regarder du côté de l'ex-Yougoslavie. Le Monténégro a certes adopté l'euro en douce et en douceur mais a réussi à signer avec l'Union Européenne un accord de stabilisation et d'association. Le gouvernement d'occupation de Kossovo et Métochie, sous la signature du mandataire de l'ONU Bernard Kouchner, a officiellement adopté l'euro bien avant la proclamation d'indépendance du régime "Kosova" et n'a essuyé aucune remontrance de la part des autorités monétaires de la zone euro, qui ont même accepté d'envoyer des euros (imprimés par les pays membres de l'euro) lorsque ce régime a renvoyé à Francfort ses billets et pièces en marks. Le fait que l'Organisation des Nations Unies reconnaisse toujours à la Serbie la souveraineté sur cette province montre la flexibilité de la technocratie de la zone euro quand il s'agit d'annexer de nouveaux membres : ayant déjà accepté des territoires mafieux et faillis ne remplissant aucun critère de convergence, voire n'ayant pas d'existence officielle en droit international, la zone euro acceptera bien évidemment une Ecosse dont l'économie est équilibrée et florissante. C'est plutôt pour la stabilité de la livre qu'il faudrait craindre le jour où l'Ecosse livrera à la BCE les livres de ses banques et de ses particuliers (pour obtenir des euros à la place), puis le jour où la BCE les mettra sur le marché pour obtenir du franc suisse ou du yuan...
Cependant, en 2014 ce scénario de la sécession d'Alba relève encore de la politique-fiction.

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