dimanche 16 mars 2014

querelle fratricide vue de Chine

Ce 15 mars les Etats-Unis d'Amérique ont présenté au Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies un projet de résolution entendant nier tout effet et toute légitimité au referendum d'autodétermination en Crimée. D'après ses concepteurs ce projet, dont ils savaient qu'il ne serait pas adopté, avait pour but essentiel de démontrer l'isolement de la Russie par une abstention chinoise.
 
Or en réalité la position de la Chine est cohérente avec sa ligne habituelle de conduite lorsqu'un membre du Conseil le saisit d'une question qui n'est pas de sa compétence, sa vocation étant de prévenir les menaces à la paix et à la sécurité internationale. Quant au vote contre les peuples de Crimée et en faveur de la politique de l'Union Européenne et des Etats-Unis, il n'est pas surprenant de la part de pays comme l'Argentine, l'Australie, le Chili, la France, la Jordanie, la Lithuanie, le Luxembourg, le Nigéria, la Corée du sud, le Royaume-Uni, le Rwanda et le Tchad, c'est-à-dire soit directement ennemis de la Russie, soit membres de l'Union Européenne ou de l'OTAN, soit enfin dépendants de ceux-ci.
 
Ce qui est plus important est la signification de l'abstention de la Chine. Si elle y avait vu la menace d'un précédent envers une autodétermination des Ouïgours, elle aurait voté contre, et si elle avait été opposée au déclenchement d'une guerre contre la Russie, que la quasi-unanimité inespérée de ce vote facilite (il y a suffisamment de précédents), elle aurait opposé son veto. La position de la Chine est de se considérer non concernée par les querelles entre pays occidentaux. Qu'une guerre éclate en Europe, que plusieurs pays européens (ou assimilés) en attaquent un autre, cela ne l'intéresse pas. La Chine n'a plus besoin d'amis ou d'alliés, elle n'a pas besoin de "choisir son camp" au Conseil de Sécurité d'une ONU qui ne la gêne pas. Elle voit même peut-être d'un bon oeil les anciennes puissances mondiales, toutes occidentales, se déchirer entre elles. Le pays le plus peuplé au monde, première puissance commerciale et bientôt première puissance économique et financière, aura dans quelques années la maîtrise (militaire) absolue des mers, mais sa première grande offensive sera la conquête de la Sibérie, avant la grande migration des peuples européens chassés par les changements climatiques.
 
Il serait peut-être temps que le monde occidental se rende compte des véritables enjeux, cesse de se chamailler et se prépare.

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