samedi 1 mars 2014

première défaite militaire française depuis soixante ans

Mardi 25 février le parlement français a autorisé la prolongation de l'opération Esbrouffe (officiellement Sangaris), seule prérogative martiale qui lui reste depuis que celle d'autoriser (ou non) l'entrée en guerre lui a été retirée par la réforme constitutionnelle belliqueuse de juillet 2008 préalable au retour de la France dans l'OTAN en mars 2009.
 
Cette prolongation ne suffira pas à cacher la première défaite militaire (sauf erreur) depuis soixante ans, offerte volontairement à l'armée française par un gouvernement qui a refusé de désigner (et donc combattre) l'ennemi et choisi de désarmer les victimes, sans même s'en donner les moyens. Car la France est bien intervenue sous le prétexte d'éviter de possibles futures représailles contre la minorité musulmane dans Bangui, par une population chrétienne qui commençait à s'organiser après presque un an de massacres et viols généralisés perpétrés par les milices islamistes Séléka venues du Soudan pour razzier la Centrafrique chrétienne après l'indépendance du réservoir d'esclaves nègres chrétiens du Sud-Soudan.
 
Alors qu'il aurait été dans les moyens d'une troupe française aguerrie de défaire rapidement le Séléka, on a laissé celui-ci se retirer de Bangui avec armes, bagages et esclaves, et on le laisse continuer impunément ses massacres et viols sur l'ensemble de la Centrafrique, employant l'armée française à confisquer les coupe-coupe des groupes d'auto-défense chrétiens (pompeusement appelés "milices" anti-balaka) dans la capitale. Cependant comme il est impossible de pacifier et sécuriser (en un mot d'occuper) une ville d'un million d'habitants avec 1600 ou 2000 uniformés, qu'ils soient militaires ou policiers, l'objectif humanitaire annoncé (ramener la paix), même s'il est discrètement réduit à la capitale au lieu de l'ensemble du pays, ne pourra pas être atteint. On prétendra alors sauver la face en ne se retirant qu'après avoir organisé des élections "démocratiques", c'est-à-dire internationalement supervisées dans la capitale et islamiquement dictées dans le reste du pays, qui ne changeront ni la composition de la population (chrétienne à 90%) ni le comportement des milices (islamistes) légitimées par la France.
 
L'opération Esbrouffe n'a rien à voir avec la reconquête de l'Azaouad pour le Mali, elle est la continuation de la soumission de la Côte d'Ivoire à l'islamisme par la France. La France aura encore perdu une occasion de ne pas intervenir, mais aussi une occasion d'intervenir pour secourir un peuple africain appelant à l'aide.
 
Pour plus de détails sur la manière choisie pour obtenir une défaite militaire à l'occasion du soixantième anniversaire de Dien-Bien-Phu (et des huit siècles de la victoire de Bouvines), voici deux excellentes analyses :

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