mardi 3 septembre 2013

requiem pour l'archange Raphaël

La "note de synthèse" diffusée par le gouvernement français à l'appui de ses accusations d'emploi d'armes chimiques de la part du gouvernement syrien sonne tristement pour toute la communauté française du renseignement, et particulièrement du renseignement militaire.
 
Ce document présenté comme déclassifié exceptionnellement rapidement alors qu'il ne contient aucune information semblant justifier un niveau de protection aurait pu être compilé par n'importe quel journaliste lisant la presse pro-islamiste. En milieu militaire son auteur échouerait immédiatement au diplôme d'état-major pour son manque de rigueur formelle, comme l'absence de références et l'oubli de cotation de la fiabilité des sources et de la probabilité des informations, et de rigueur intellectuelle, comme le ton érigeant les suppositions en certitudes avérées et la présentation pêle-mêle et indistincte de données et de conclusions au lieu de distinguer et séparer clairement les faits et données observés, les informations (sujettes à cotation de crédibilité) et les interprétations possibles (rarement une seule) ou conclusions.
 
Enfin, détail certes, le document contient de telles distorsions de la vérité, sur des points pourtant de notoriété publique puisque publiés par l'ONU il y a déjà plusieurs mois, que le destinataire aurait dû immédiatement muter son rédacteur à des occupations strictement manuelles.
 
Jusqu'à présent le renseignement militaire français était irréprochable, probablement le plus fiable au monde devant le renseignement israélien. Son rôle était d'informer les décideurs, que ce soit militaires (renseignement de théâtre) ou civils (renseignement stratégique). L'information en elle-même, pour être fiable, était neutre, ce qui n'empêchait évidemment pas l'échelon politique de la prendre en considération ou pas au moment de prendre sa décision, puis éventuellement de mentir, par exemple pour tromper un adversaire ou pour justifier une décision auprès de l'opinion publique. La nature et la mission particulières de l'état d'officier exigeaient une honnêteté sans faille, et l'alternance politique (des partis, idéologies et orientations) au niveau gouvernemental n'occasionnait aucune rupture de crédibilité du renseignement. On a vu un ministre rappeler puis contredire un ambassadeur français en Syrie, mais on n'a jamais pu accuser un officier d'avoir fourni sciemment une information mensongère.
 
En réalité tout porte à croire que ledit document est le travail d'un rédacteur civil d'opérations d'influence (ce qui explique le double en anglais).
 
Mais en étant présenté comme un produit du renseignement militaire, il détruit complètement la crédibilité du renseignement français.
 
 

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