mercredi 28 août 2013

le mensonge du bombardement punitif de trois jours

La presse états-unienne prépare son opinion publique à un bombardement punitif de la Syrie limité de un à trois jours selon les options actuellement à l'étude, ce qui est évidemment un mensonge multiple.
 
Tout d'abord cela fait vraisemblablement plusieurs mois que les études sont terminées et que le gouvernement des Etats-Unis a évalué ses options et pris sa décision, en l'occurrence le plan qu'a présenté leur chef d'état-major le général Dempsey.
 
Le déguisement de l'agression en "punition" ne serait crédible que si la faute était avérée et condamnée, c'est-à-dire si la coalition de l'OTAN et des pays sunnites exigeait que les islamistes laissent les inspecteurs de l'ONU faire leur travail, puis attendait les conclusions de l'enquête et enfin les soumettait au Conseil de Sécurité de l'ONU, seule autorité internationale habilitée à autoriser l'usage de la force pour faire cesser une menace à la paix mondiale.
 
Le terme de "punir le gouvernement pour l'attaque chimique" est un mensonge, non seulement parce que le gouvernement états-unien sait que ce sont les islamistes (peut-être même ceux formés par les Etats-Unis en Jordanie et infiltrés en Syrie les 17 et 19 août) qui ont utilisé du gaz, mais aussi parce qu'il sait que ce sera la population, essentiellement civile et minoritairement militaire, qui souffrira des bombardements, tandis que le gouvernement syrien sera à l'abri.
 
L'idée d'un bombardement seulement punitif est aussi inconcevable parce que le gouvernement des Etats-Unis doit envisager (à tort ou à raison) que si la Syrie est frappée mais pas désarmée elle attaquera Israël, pour se gagner la sympathie des opinions publiques des pays arabes alliés des Etats-Unis.
 
Le discours d'une frappe symbolique est aussi mensonger parce que cela ne renverserait pas le cours de la guerre et que soit l'armée syrienne terminerait quand même de vaincre les milices islamistes soutenues par les Etats-Unis, soit celles-ci, encouragées par ce bombardement, lanceraient une troisième voire une quatrième attaque chimique, jusqu'à obtenir une intervention OTANo-sunnite plus décisive.
 
Il est cependant possible que les Etats-Unis n'envisagent que quelques jours de bombardement de la Syrie, si leur objectif est d'entrer en guerre contre l'Iran ; alors un casus belli sera vite trouvé et les Etats-Unis auront encore des munitions... dont, bien sûr, leur ultima ratio, B61-11.

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