mardi 13 juillet 2010

laïcité ou ordre public

Ainsi, sous prétexte de burqa, il est désormais interdit de porter une croix ou une étoile de David à l'école à Charleroi. Bientôt il sera interdit de porter la kippa ou l'alliance de mariage dans tous les lieux publics de Belgique, comme en France.

Pourtant le port du voile prétendu "islamique" n'est pas un précepte musulman, et de plus en plus de pays musulmans, y compris gouvernés par des islamistes (Egypte, Iran ou Turquie par exemple), interdisent la burqa au nom, évidemment, de l'ordre public. Ce n'est qu'une coutume culturelle, différente d'un pays à l'autre. Le Coran n'impose pas plus aux femmes de porter le hijab ou la burqa qu'elle n'impose aux hommes de porter le fès, le chèche ou le keffieh. Et quand l'Etat interdira aux filles de porter un soutien-gorge au prétexte que cacher sa poitrine est une pratique chrétienne oppressive de la liberté des femmes et contraire au fondement laïque de la république, il sera temps de les exfiltrer (ou de rétablir un régime respectueux de la dignité humaine).

Mais les laïcistes européens tiennent à en faire un symbole religieux et à l'interdire à ce titre et seulement à ce titre (même certains mouvements féministes s'y mettent). Il est intéressant qu'afin de masquer leurs appels à l'anticléricalisme (qui provoqueront la guerre de religion) ils ajoutent, à Charleroi du moins, une interdiction des symboles politiques et philosophiques (le politicien n'est pas assez puissant pour interdire les symboles syndicaux). Sus au bonnet phrygien, symbole franc-maçon de l'idéologie droit-de-l'hommiste ! Attendons les réactions des porteurs de symboles des philosophies de "tolérances", comme les arcs-en-ciels de l'orgueil sodomito-lesbien ou les A encerclés que beaucoup de lycéens même pas suspects d'anarchisme arborent encore sur leurs cartables et musettes.

Tout cela donne de plus en plus envie de s'arrêter à un contrôle routier policier habillé en Touareg athée, puisque c'est seulement au nom de l'anti-religiosité qu'il est interdit de se masquer et non pas au nom de l'ordre public... de plus le véhicule étant en droit un "prolongement du domicile" et non pas un espace public, il faudra une intromission supplémentaire dans la vie privée pour que l'Etat y dicte son code de conduite vestimentaire anti-religieuse, puisqu'il refuse de le dicter au nom de la nécessité de se présenter à visage découvert.

En politisant et idéologisant une question pratique, les laïcistes qui veulent voir et pourfendre de la religion partout orientent le débat et poussent leurs victimes vers des retranchements religieux voire intégristes. Ce débat commence à peine. Si les termes n'en sont pas changés rapidement, il sera poussé jusqu'à l'absurde, et ce sera douloureux pour la société.

lundi 8 mars 2010

les Islandais refusent de rembourser aux Anglo-hollandais la dette états-unienne

Chers amis Islandais,

Quand les banques états-uniennes, après avoir vendu au monde entier de faux produits financiers aux comptes falsifiés et certifiés par les officiers publics des cabinets d'expertise comptable et de la commission de contrôle boursier des Etats-Unis, ont déclaré la faillite frauduleuse qui leur a permis de sortir de leurs comptes et détourner définitivement l'argent véritable reçu du monde entier en échange de leurs papiers carambouillés, leurs agences gouvernementales d'assurance, dont la caution étatique avait été l'argument de vente principal desdites banques, ont refusé d'honorer leur signature. Le président français Sarkozy a alors été le premier à exclure les recours privés, judiciaires ou étatiques contre les Etats-Unis pour faire jouer cette garantie, et a déclaré que les détenteurs particuliers ou institutionnels de ces titres les passeraient en pertes définitives (permettant à leurs émetteurs et vendeurs de les passer en profits réalisés), les brûlant comme créances irrécouvrables avant même qu'elles aient fait l'objet de provisions pour créances incertaines et de procès en recouvrement. Sa décision, imitée par l'ensemble de la communauté politico-financière des grandes économies, a été suivie peu après d'une décision de sauvetage des banques mises en difficulté par cet effacement de la dette états-unienne, autrement dit quelques mois à peine après nous avoir dit que nos économies ne reviendraient pas de là où elles avaient été envoyées, on nous a demandé de remettre la main au portefeuille afin de sauver nos infortunées banques insuffisamment couvertes.

Comme d'autres, votre banque a fait faillite en raison de l'interdiction qui lui a été faite de poursuivre le remboursement des faux titres états-uniens. Comme d'autres, la faillite de votre banque a effacé une partie de vos économies, et votre monnaie s'est même durement dévaluée par la constatation de l'irréversibilité du transfert transatlantique de votre épargne. Comme d'autres vous devrez, en plus, payer la reconstruction de votre banque.

De leur côté les gouvernements britannique et néerlandais ont décidé de rembourser à leurs électeurs les pertes qu'ils avaient subies dans votre banque (sans pour autant penser à leur rembourser les pertes qu'ils avaient essuyé... outre-Atlantique), puis ils se sont tournés vers l'intimidable gouvernement de votre micro-Etat pour obtenir le remboursement de leur décision démagogue et sélective (sans pour autant se tourner vers le plus gros débiteur de leurs administrés et du reste du monde... outre-Atlantique).

Votre gouvernement, qui a renoncé comme les autres à tenter de récupérer auprès des Etats-Unis vos propres économies, a accepté de vous faire mettre la main au portefeuille une troisième fois en vous endettant sur une quinzaine d'années pour rembourser aux épargnants anglais et hollandais les pertes induites par l'effacement de la dette états-unienne, mais il a décidé de se couvrir par un referendum de cette décision impopulaire et aux conséquences durables.

Vous avez, à la quasi-unanimité, dit NON.

Nous vous félicitons.

Nous espérons pour vous qu'un referendum a plus de valeur dans votre pays que dans ceux annexés à l'Union Européenne.

mardi 26 janvier 2010

pour ou contre l'admission de la Turquie... dont l'armée est déjà présente dans l'Union européenne

L'Institut français d'études anatoliennes vient de publier à Istamboul (Constantinople) un sondage de l'opinion de certains Européens sur l'admission de la Turquie dans l'Union européenne :
Toute la grande presse d'Europe reprend le communiqué de l'AFP visant à stigmatiser les esprits chagrins anti-Turcs.
Il est à noter que les auteurs de ce sondage ont choisi comme "représentative" l'opinion de cinq grands pays d'Europe occidentale qui n'ont pas souffert de l'occupation turque (et ont omis le seul grand pays qui l'ait connue, l'Italie), et n'ont interrogé personne en Autriche (voire aujourd'hui Hongrie, Tchéquie, Slovaquie et Slovénie), en Bulgarie, à Chypre, en Grèce, à Malte, en Roumanie...

Parmi les arguments limités suggérés aux opposants, les auteurs du sondage ont omis de proposer l'occupation militaire d'un pays membre de l'Union européenne par la Turquie et son refus de reconnaissance de ce même pays membre.

Quant à la question sur l'honnêteté d'une éventuelle interruption des négociations d'adhésion, elle écarte cyniquement la question de l'honnêteté de l'ouverture et du progrès de ces négociations, par des institutions européennes qui acceptent l'occupation d'un pays membre et n'ont pas imposé comme condition préalable aux négociations le retrait de la force d'occupation turque de Chypre et le retour de la population déportée.

D'ailleurs la question d'un hypothétique referendum sur l'adhésion de la Turquie est périmée dans l'Union depuis l'adoption de l'anti-démocratique Traité de Lisbonne, et en France depuis la réforme constitutionnelle Sarkozy de juillet 2008 : il n'est plus prévu de referendum sur l'admission de nouveaux membres.

De toute évidence ce magnifique travail d'influence de l'opinion a donc un but totalement différent de celui affiché ; en l'occurrence il vise à faire oublier la question primordiale et à déplacer le débat sur le terrain passionnel, de manipulation beaucoup plus aisée que le factuel.

Or l'occupation militaire d'une partie de l'Union européenne par la Turquie est un fait, pas une opinion.

l'offensive de déstabilisation de l'Algérie semble victorieuse

La déstabilisation de l'Algérie, qu'on annonçait il y a six mois ( http://stratediplo.blogspot.com/2018/10/tant-qua-destabiliser.h...