mercredi 25 juillet 2018

pas de panique dans les brigades territoriales

Il ne faut pas confondre un grade, qu'il soit universitaire, militaire ou civil, avec un titre de courtoisie ou de complaisance.
 
La nouvelle et microscopique réserve citoyenne, dite de défense voire de sécurité, n'est pas un grand corps constitué de l'Etat. Ce n'est pas le service de défense civile toujours légalement dû par les Français jusqu'à l'âge de cinquante ans et toujours pas constitué par l'Etat quarante ans après son rappel à l'ordre par les députés Raymond Marcellin et Edouard Bonnefous. Ce n'est qu'une visibilité textuelle donnée aux contributions individuelles de collaborateurs bénévoles de l'Etat. Ce fut aussi, à l'origine, une vague promesse de compensation honorifique à la radiation autoritaire massive des cadres militaires (de la vraie réserve) au 1er janvier 2003.
 
Les appellations de courtoisie qui sont temporairement conférées dans ce cadre de la réserve citoyenne n'ont même rien à voir avec les grades militaires honoraires, lesquels sont en quelque sorte une confirmation (non nécessaire) de la possibilité de continuer à jouir, après la radiation des cadres militaires, de l'appellation liée à la détention d'un grade à titre définitif. Ces appellations n'ont rien à voir non plus avec les grades civils du ministère de l'intérieur attribués par analogie avec les grades militaires, comme ceux des pompiers civils à qualifications, responsabilités et prérogatives équivalentes à celles des sapeurs-pompiers militaires portant le même uniforme dans le même corps de sécurité civile, ce qui explique d'ailleurs qu'un lieutenant militaire adressera spontanément un salut règlementaire à un capitaine des pompiers, ce qu'il ne fera pas envers un autre cadre A de la fonction publique civile, comme un inspecteur ou commissaire de police récemment affublé d'un "grade" destiné à éviter la disparition complète des appellations dans une société en voie de démilitarisation totale... à l'exception notable des préfets accoutumés au salut lorsqu'ils sont en uniforme.
 
Ces appellations nouvelles n'ont même pas l'antériorité coutumière ou l'acceptabilité sociale du "maître" sous lequel se présentent, et entendent être appelés, les avocats autrefois juste titulaires d'une licence et aujourd'hui parfois d'un doctorat, la maîtrise elle-même n'étant d'ailleurs plus un grade universitaire (en France) depuis 2002.
 
La réserve citoyenne ayant pour objet officiel de contribuer aux relations entre l'armée et la société civile (et à la diffusion de l'esprit de défense), l'attribution d'appellations de grades à titre temporaire a surtout pour objet d'aider les militaires à situer, par analogie, le niveau général de leurs collaborateurs citoyens, comme c'était autrefois le cas avec l'attribution de vrais grades militaires par assimilation, mais à titre temporaire et sans prérogatives de commandement, à certains spécialistes recrutés directement en milieu civil (sans formation militaire) pour des emplois de réserve ou de complément, par exemple dans le domaine médical ou plus récemment informatique. Il s'agissait alors cependant d'experts et spécialistes appelés à travailler en tenue militaire, et donc sur la poitrine ou l'épaule desquels leurs interlocuteurs cherchaient instinctivement un insigne de niveau... comme pour les aumôniers, assimilés sous-lieutenants ou capitaines selon leur statut.
 
Le réserviste citoyen n'est pas militaire, même lorsqu'il est en "service" bénévole, et ne porte par d'uniforme, sauf dans la marine par une extension d'us issue de l'origine militaire de ses réservistes citoyens. Il n'a bien sûr aucune prérogative de commandement ni même hiérarchique, et ne saurait attendre de salut règlementaire de la part d'un cadre militaire, ce qui ne dispense pas ce dernier le cas échéant des marques de respect dues au niveau social ou professionnel du réserviste, que l'attribution d'un "grade" à titre honorifique était, jusqu'en ce mois de juillet 2018, censée aider à déterminer. Ainsi une appellation de grade de sous-officier pouvait-elle laisser entendre que le réserviste citoyen était d'un niveau conventionnel d'agent de maîtrise ou technicien supérieur, équivalent d'un cadre B de la fonction publique, niveau III de qualification nationale et titulaire d'un diplôme Bac+2 du XX° siècle, ou Bac+3 s'il avait passé le baccalauréat après 2000. Une appellation de grade d'officier subalterne pouvait laisser entendre un niveau conventionnel de cadre, équivalent d'un cadre A de la fonction publique, niveau II de qualification nationale (expertise scientifique) et titulaire d'un diplôme Bac+4 du XX° siècle, ou Bac+5 s'il était né après 1980. Et une appellation de grade d'officier supérieur pouvait laisser entendre un niveau conventionnel de cadre supérieur confirmé ou dirigeant, fort d'une quinzaine à une vingtaine d'années d'expérience d'encadrement de services, niveau I de qualification nationale (conception et recherche) aujourd'hui nécessairement titulaire de plusieurs diplômes de troisième cycle dont certains de milieu de carrière, et d'un niveau conceptuel comparable à celui des officiers diplômés ou brevetés de l'enseignement militaire supérieur.
 
Sauf erreur, un docteur ne se verrait pas affubler directement de barrettes de complaisance de commandant sans être au moins habilité à diriger des recherches, et n'obtiendrait celles de lieutenant-colonel avant due reconnaissance de services émérites dans le "grade" antérieur. Les plus hautes autorités qui mettent bénévolement leur expertise au service de l'Etat depuis de nombreuses années ne sauraient imaginer quelle qualification pourrait justifier une assimilation au grade de lieutenant-colonel avant même l'âge et l'ancienneté professionnelle auxquels le lieutenant de gendarmerie de recrutement direct le plus brillant puisse statutairement espérer passer capitaine. Dans le service de santé des armées, la troisième barrette de capitaine est conditionnée à l'obtention du doctorat d'exercice (de médecine ou odontologie par exemple). Cependant, en théorie cognitive, de même qu'il n'est pas interdit à certains génies surdoués de passer le baccalauréat à douze ans, rien n'interdit à un gendarme auxiliaire, confirmé soldat de base après cinq ans d'observation et notation dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, d'acquérir en quelque mois, à l'âge de vingt-six ans, une haute expertise conceptuelle totalement absente du vivier des milliers d'officiers supérieurs de réserve ou en retraite de la gendarmerie, comme vient d'ailleurs de l'expliquer le général d'armée directeur général de la gendarmerie nationale.
 
Quoi qu'il en soit et en l'absence de lien du sang ou de sperme, comme vient de l'assurer fort élégamment le titulaire de la magistrature suprême, on ne saurait appeler népotisme la recommandation appuyée d'un exécutant en barbouzerie élémentaire pour l'attribution d'une distinction de doctor honoris causa et guardiæ prætoriæ, pas plus qu'on ne pouvait appeler népotisme la nomination d'un cheval comme sénateur de Rome par un empereur qui ne faisait là que manifester sa vision de la respectabilité des institutions.
 
La gendarmerie française, d'ailleurs, a au moins une option que n'avait pas le sénat sous Caligula, à savoir restaurer la crédibilité et la respectabilité de sa hiérarchie des grades en dégradant immédiatement, avant la rescision unilatérale de contrat, tout collaborateur à une mission de relations publiques et renforcement d'image (raison d'être de la réserve citoyenne) qui aurait non seulement failli volontairement à cette mission, mais aurait de plus par des comportements inappropriés, publics et délictueux nui à la réputation de la gendarmerie nationale, des corps d'officiers, et de l'Etat. De vrais officiers des armes ont été cassés pour bien moins que cela. Evidemment et dans l'esprit de réparation qui préside à toutes les obligations de publication légale jointes aux condamnations pour diffamation, la direction générale de la gendarmerie nationale devra assurer à cette dégradation une publicité au moins équivalente à la mauvaise publicité que lui a occasionnée l'affaire Benalla, et même dans ce cas il n'est pas certain qu'elle puisse restaurer totalement sa crédibilité institutionnelle et la réputation de discernement et sagesse nécessaire à l'accomplissement de ses missions.
 
Pour sa part, à l'âge canonique de soixante ans inégalé par la vingtaine de constitutions qui l'ont précédé en moins de deux siècles, le régime revient au niveau de respectabilité et de légitimité conféré dès sa fondation par les actes séditieux, du 27 au 29 mai 1958, d'un ancien véritable officier usurpateur d'un grade de complaisance auto-attribué.

lundi 16 juillet 2018

la guerre de Corée n'aura pas lieu

La peur des États-Unis a rapproché les deux Corée.
 
Contrairement aux deux Soudan (voire dans une moindre mesure aux deux Yémen) les deux États de Corée relèvent d'un même pays administrativement divisé, comme les deux Allemagne (voire les deux Vietnam). Même la séparation idéologique n'est plus très prégnante puisque la Corée du Nord est tentée par le développement économique qu'affichent les pays frères plus ou moins officiellement sortis du communisme comme la Chine, le Vietnam et le Cambodge. Le président actuel, loin de l'autisme politique de ses prédécesseurs, est ouvert et intelligent, et a vu que la rigidité dogmatique ne paie plus même vis-à-vis de la Chine pragmatiquement capitaliste. Pour sa part la Corée du Sud devinait qu'à terme les nécessités économiques lui ouvriraient l'accès au Nord, de même que tous les pays autrefois communistes, Angola et Cuba compris, ont fini par mettre du vin dans leur eau. Mais elle n'a pas vraiment en ce moment les moyens de moderniser le Nord, et donc aucune des deux moitiés du pays n'était pressée.
 
Mais le 9 mars 2002 la presse étatsunienne a révélé que le gouvernement avait préparé des plans précis (présentés au parlement le 8 janvier) de frappes nucléaires offensives contre plusieurs pays nominativement cités, dont cinq ne disposant pas d'armes nucléaires, parmi lesquels la Corée du Nord. Les deux pays (Arabie Séoudite et Bosnie et Herzégovine) ayant détruit quelques mois plus tôt, prétendument au moyen d'avions dont deux invisibles, les trois tours de New York et la façade du Pentagone pour faciliter la redéfinition stratégique, n'étaient d'ailleurs pas sur la liste, ni bien sûr le Pakistan devenu la première puissance nucléaire islamique grâce à l'aide des États-Unis. Puis la révision de la doctrine stratégique a effectivement confirmé que les États-Unis considéraient de nouveau l'arme nucléaire comme une arme normale susceptible d'être utilisée même contre des pays qui en sont dépourvus, pulvérisant de facto le traité de non-prolifération nucléaire qui l'interdisait. Dès avril des négociations commencèrent pour tenter de sauver le traité de non-prolifération, et après trois ans de discussions infructueuses, devant l'obstination des États-Unis à vouloir utiliser des armes nucléaires contre des pays qui en sont dépourvus, la conférence de révision du traité constata son échec en mai 2005, ce dont l'Assemblée Générale de l'ONU prit acte en septembre.
 
Suite à la révélation en mars 2002 du projet étatsunien d'attaque nucléaire, et aux accusations étatsuniennes en fin d'année d'enrichir clandestinement de l'uranium, la Corée du Nord expulsa les inspecteurs de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique fin 2002 et se retira du traité de non-prolifération en janvier 2003. La Chine invita la Corée du Sud, le Japon, la Russie et les États-Unis à se joindre à elle pour négocier avec la Corée du Nord un arrêt de son programme militaire, ce qu'elle fut prête à accepter en septembre 2005 contre l'acceptation de son programme énergétique nucléaire civil et la fin des menaces de frappes nucléaires étatsuniennes, deux conditions revenant à lui appliquer le traité de non-prolifération que les États-Unis rejetaient et dont la conférence de révision et l'ONU venaient de constater la caducité. Elle exigeait aussi le retrait des armes nucléaires étatsuniennes de Corée du Sud, ce à quoi les États-Unis répondaient qu'elles avaient été retirées vingt ans plus tôt. Surtout, pour confirmer que le traité n'avait plus de valeur à leurs yeux et que seule comptait désormais la loi du plus fort, les États-Unis prirent unilatéralement des mesures illicites de coercition contre la Corée du Nord, notamment (mais pas exclusivement) économiques, et obtinrent même la saisie (le vol) de fonds nord-coréens dans une banque chinoise.
 
En juillet 2006 la Corée du Nord procéda à plusieurs "essais" (démonstrations parfaitement au point) de missiles balistiques, dont l'un d'une portée de plusieurs milliers de kilomètres capable d'atteindre toute l'Asie, l'Europe jusqu'aux Alpes et l'Amérique du Nord jusqu'à la frontière canado-étatsunienne. Puis elle procéda à son premier essai nucléaire le 9 octobre 2006. Compte tenu de sa capacité balistique, récemment démontrée, de toucher le territoire étatsunien, elle fut immédiatement respectée, ce qui confirma la pertinence de ce programme. Un accord fut signé à peine quatre mois plus tard, le 13 février 2007, et le 27 février le renseignement étatsunien avoua au parlement avoir toujours su, en dépit des accusations proférées par son gouvernement, que la Corée du Nord disait la vérité en déclarant n'avoir pas de programme d'enrichissement d'uranium. Comme elle l'avait déclaré ses premières bombes étaient au plutonium, qu'elle n'avait jamais nié extraire de ses réacteurs nucléaires, en conformité avec le traité de non-prolifération. L'accord de février 2007 consistait essentiellement à un retour aux clauses du traité, comme demandé par la Corée du Nord, assorti de fournitures d'énergie (électricité et pétrole). Elle s'engagea aussi à fermer son réacteur nucléaire expérimental, et les États-Unis s'engagèrent à rendre les fonds confisqués, rétablir des relations interétatiques normales et retirer le pays de leur liste d'États "terroristes".
 
Il ne le firent cependant pas, tardèrent à restituer les fonds nord-coréens (ne pouvant toutefois les voler complètement puisqu'ils étaient en Chine), s'abstinrent de rétablir la normalité diplomatique et maintinrent certaines mesures de coercition. Aussi deux ans plus tard la Corée du Nord constata la caducité de l'accord, rouvrit sa centrale nucléaire fermée, annonça qu'elle allait désormais enrichir de l'uranium comme elle avait été si longuement et mensongèrement accusée de le faire, et procéda à un nouvel essai nucléaire le 25 mai 2009. Elle avait certainement déjà plus d'ogives nucléaires que l'Afrique du Sud a jamais possédé. À partir de là la Corée du Nord s'est engagée dans un sérieux programme d'armement nucléaire, et à partir de la fin 2012 dans une surenchère de déclarations réciproques d'intransigeance avec les États-Unis, mais aussi avec la Corée du Sud (révocation de l'armistice de 1953). La tension parut être à son comble en avril 2013, obligeant même la Chine à prendre des mesures contre la Corée du Nord pour retarder l'agression étatsunienne. Tandis que la politique nord-coréenne est restée constante grâce à la continuité dynastique et l'inébranlabilité institutionnelle, la politique étatsunienne est restée constante grâce à la permanence des fonctionnaires "faucons" par-delà l'alternance présidentielle de l'idiot à l'imprévisible en passant par le fourbe. La Corée du Nord a également testé avec succès au moins une bombe thermonucléaire, et les États-Unis ont annoncé en septembre 2016 qu'ils envisageaient de l'attaquer.
 
En septembre 2017 les États-Unis ont annoncé à l'Assemblée Générale de l'ONU (qui avait exclu la Yougoslavie pour bien moins que ça) qu'ils était prêts à détruire totalement la Corée du Nord, puis ils ont commencé à déployer en Corée du Sud leur système antimissiles balistiques capable d'abattre en phase terminale d'approche une riposte de quelques ogives (contre plusieurs dizaines il aurait fallu un système russe), et bien sûr à acheminer d'autres groupes aéronavals porteurs d'armes nucléaires. En fin d'année l'opinion sud-coréenne a subitement réalisé que les États-Unis ne bluffaient pas, qu'ils allaient attaquer la Corée du Nord avec des armes nucléaires comme annoncé depuis quinze ans. Le Japon proche aussi, connaisseur des États-Unis et des effets des bombardements atomiques, commença à s'y préparer. Il y eut alors une grande fébrilité médiatique et diplomatique sur l'ensemble de la péninsule coréenne, à l'initiative de la partie sud-coréenne soudain paniquée. Une ligne téléphonique rouge interprésidentielle fut mise en place entre Séoul et Pyongyang pour désamorcer d'éventuelles méprises militaires. Politiquement séparés, les deux États regroupent une seule nation artificiellement coupée. Fait remarquable, la Corée du Sud a instamment prié les États-Unis de surseoir à l'agression contre la Corée du Nord.
 
Le 28 novembre 2017 la Corée du Nord a testé avec succès un missile balistique de 13000 kilomètres de portée, donc pouvant toucher tout point du territoire étatsunien (en fait du monde entier moins l'Amérique du Sud), puis a déclaré être par conséquent une puissance nucléaire accomplie capable de dissuader ses ennemis. Elle a alors déclaré démanteler son site d'essais nucléaires. Le 1er janvier 2018 la Corée du Nord a annoncé qu'elle participerait aux Jeux Olympiques d'hiver en Corée du Sud, et effectivement en février les contingents des deux États ont défilé conjointement, sous un drapeau nouveau unique. Le président nord-coréen a souhaité rencontrer rapidement son homologue sud-coréen, et une commission intergouvernementale a préparé leur rencontre. En mars 2018 la Corée du Nord a arrêté le réacteur qui produisait son plutonium. Inquiète de perdre son rôle de médiateur et seul garant possible, la Chine a invité le président nord-coréen pour une première visite officielle de trois jours, fin mars. Finalement le 27 avril les présidents Kim Jong-Un et Moon Jae-In se sont rencontrés à Panmunjom, sur la frontière, ont signé une déclaration commune d'intentions pacifiques, abandonné immédiatement les actions hostiles réciproques, promis aux familles divisées l'ouverture du rideau de fer pour le 15 août, et annoncé un traité définitif de paix cette année pour clore la guerre de 1950-53. Oralement, Kim Jong-Un a même déclaré sa croyance en une réunification future. Une semaine plus tôt la Corée du Nord avait annoncé la fin de ses essais nucléaires, et confirmé sa conformité unilatérale (abandonnant l'exigence de réciproque étatsunienne) à feu le traité de non-prolifération, à savoir n'utiliser ses armes nucléaires qu'en réponse à une attaque nucléaire, et ne pas en communiquer la technologie à des pays tiers.
 
La Corée du Nord a fini par accéder au statut de puissance nucléaire qui devait la protéger des États-Unis, et qui s'avère surtout obliger les pays voisins à choisir leur camp, même le Japon pourtant ennemi immémorial de la Chine. En l'occurrence l'Asie retire son support à la lointaine deuxième puissance économique mondiale en déclin stratégique, et se rallie à à la première puissance économique (et bientôt monétaire) mondiale voisine. Quant aux États-Unis, toujours en besoin (mais jamais en manque) d'ennemi, ils se préparent à asséner leur ultime argument ailleurs.

mardi 3 juillet 2018

discrimination sexuelle institutionnalisée

On apprend que ce sont maintenant des dizaines d'écoles qui, au Royaume-Uni, interdisent aux filles le port de la jupe, au nom de l'idéologie du choix du genre par l'homme (enfin, l'individu humain) et du refus de la détermination du sexe par la nature.
 
Comme d'habitude en démocratie dirigée le discours officiel est celui de l'instauration d'un nouveau droit et de plus d'égalité. Même si c'est concrètement ce qu'on fait, il ne s'agit absolument pas de retirer aux filles le droit de porter le vêtement traditionnellement distinctif de leur sexe, ou de les discriminer par rapport aux garçons qui (pour l'instant) peuvent continuer de porter le leur, il s'agit simplement d'instaurer l'égalité des 0,0001% (maximum) de vrais ou prétendus asexués avec les dizaines de millions de gens normaux. Et encore faut-il s'entendre sur ce dernier terme, car dès lors que le pouvoir social normatif (parlement en théorie et presse en pratique) édictera la nouvelle norme d'asexualité, ce qui est en cours dans un premier temps à titre facultatif, ce sera les êtres sexués donc autrefois considérés comme dans la norme (normaux) qui seront désormais déclarés hors-la-norme (anormaux). Mais en langue et bien-pensance modernes, il ne faut surtout pas interpréter la "discrimination positive" envers certaines catégories comme une discrimination négative envers les autres, ou comme une discrimination tout court.
 
Dans la même ligne idéologique des écoles interdisent aux garçons le port de la culotte courte, mais certaines leur autorisent le port de la jupe qu'elles (ou leurs consœurs) interdisent aux filles. Inévitablement, à terme l'un des nouveaux idéologues normateurs tombera sur une photographie de cour d'école ou de réunion familiale du XIX° siècle et saisira que le pantalon est, en Grande-Bretagne, le vêtement traditionnel du sexe masculin, que très peu de femmes ont porté depuis que les braies se sont généralisées chez les hommes, d'abord sous la robe puis à la place, il y a au moins quinze siècles en Chrétienté.
 
Certes le sociologue moyen se demandera pourquoi on ne considère plus possible de reconnaître voire promouvoir les catégories nouvellement à la mode sans brimer les anciennes, en l'occurrence naturelles, c'est-à-dire de reconnaître les genres institués sans opprimer les sexes naturels, d'ailleurs le lancement d'un concours national pour la conception (le design) d'un nouveau vêtement distinctif des asexués déclarés stimulerait certainement les créativités et fournirait une excellente occasion de promotion des nouvelles normes. Le démographe lui répondra que les idéologues n'ont pas encore identifié assez d'asexués assertifs dans la société pour participer significativement à leur auto-promotion, et que les politiciens ont donc trouvé plus facile d'asexuer visuellement les dizaines de millions de gens du peuple que de convaincre la reine d'Angleterre de s'habiller comme une chancelière prussienne ex-sportive est-allemande.
 
Gageons que les utopistes "transhumanistes" de la transformation de l'humanité en ruches et foumilières d'individus asexués trouveront aussi plus facile d'imposer la gandoura unisexe aux Saxons des Angles que de faire raser leurs barbes et ôter leurs voiles aux Hindoustanis des Angles, qui eux continuent de considérer le sexe comme l'instrument naturel de la reproduction des individus et de la perpétuation de l'espèce.

l'offensive de déstabilisation de l'Algérie semble victorieuse

La déstabilisation de l'Algérie, qu'on annonçait il y a six mois ( http://stratediplo.blogspot.com/2018/10/tant-qua-destabiliser.h...