mardi 31 janvier 2017

liberté stratégique de l'impotence condamnée

Un éléphant, ça schtroumpfe énormément. Le nouveau président états-unien, que la presse française en espérance d'interruption de processus démocratique a qualifié pendant deux mois de "président élu" pour éviter de le nommer "futur président", peut être appelé à jouer un rôle historique. Comme il l'a dit, cette fois il ne s'agissait pas d'une alternance formelle entre les deux étiquettes de la nomenklatura politico-financière, mais d'une véritable passation de responsabilité au peuple. La nomenklatura a eu le génie de se retirer maintenant, et le peuple a accepté d'assumer la responsabilité de la conduite passée. Les Etats-Unis sont un bolide sans frein ni direction lancé à toute allure vers un mur, et à quelques mètres de ce mur, alors qu'il ne reste que le temps de décider très vite si on va consacrer la dernière seconde et demie à se signer ou à éjecter le bébé par la fenêtre, le gouvernement réel a, préméditamment ou pas, passé le volant. Si le gouvernement fédéral a vraiment un pouvoir, c'est désormais à peine celui du choix des détails ultimes de l'effondrement économique.

On s'interroge néanmoins sur la possibilité d'un retournement de la politique internationale des Etats-Unis face à l'islam, en l'occurrence d'un renversement de la politique de soutien et promotion de l'islam qu'ils ont pratiquée depuis un tiers de siècle en Asie, Europe, Afrique et Océanie. Ce revirement-là n'est pas impossible. En vérité ce choix stratégique de l'islam était arbitraire et n'était déterminé par aucune fatalité ou contingence incontournable. Qu'il s'agisse de soumettre leurs ennemis ou de miner leurs rivaux, les Etats-Unis auraient très bien pu choisir un autre vecteur ou une autre idéologie, voire conclure simplement des alliances de circonstance. De toute évidence lorsque le futur président Donald Trump a commencé à parler de se donner les moyens de gagner les guerres que l'on entreprend, et de résoudre la question syrienne, il n'appartenait pas encore au cénacle et ignorait de quel côté se battent les Etats-Unis en Syrie (et ailleurs) et quelle est la question syrienne, n'en connaissant alors que le discours paravent. Mais il semble maintenant avoir été informé de la véritable stratégie et de l'engagement du pays qu'il dirige, et après avoir rapidement pensé à changer de bord et combattre désormais les milices islamistes supplétives des Etats-Unis, il pense peut-être maintenant à tout simplement retirer les troupes états-uniennes et cesser de soutenir la guérilla, ce qui suffirait à l'asphyxier et permettrait à la Russie d'aider la Syrie à achever le nettoyage et commencer la reconstruction. Ce grand retournement stratégique serait inattendu, mais il n'est pas impossible puisqu'il ne coûterait rien aux Etats-Unis.

De même le nouveau gouvernement peut interrompre les préparatifs de guerre contre la Russie. Il ne pourra pas éviter la guerre, mais il peut en changer la cible, comme le gouvernement précédent l'a fait il y a quelques années en remplaçant l'Iran par la Russie, pour les raisons stratégiques que l'on a déjà évoquées, liées au dollar par deux facteurs. D'une part part ils connaissent l'état des réserves pétrolières de l'Arabie Séoudite et savent à quel moment celle-ci ne jouera plus qu'un rôle mineur (puis nul) dans la détermination du prix du pétrole et de la devise de fixation de ce prix. Pour mémoire, après la défaite des pays arabes face à Israël les Etats-Unis ont conclu des accords militaires avec l'Arabie (et ses dépendances du Golfe) à la condition qu'elle vende son pétrole en dollars et oblige l'OPEP à fixer le prix dans cette devise, puis ils ont mis fin à la convertibilité du dollar en or ce qui a poussé les pays arabes à relever drastiquement leurs prix et a ainsi fait exploser la demande mondiale de dollars (et accessoirement handicapé les économies européennes alors rivales de l'économie états-unienne), donc le besoin du monde d'exporter massivement aux Etats-Unis pour obtenir ces dollars à peine secs de l'imprimante débridée. D'autre part les Etats-Unis se sont mordus les doigts d'avoir inconsidérément interdit à l'Iran de commercer en dollars, ce qui l'a amené à se faire payer en euros, en or et surtout en yuans, propulsant ce dernier au rang de monnaie d'échange internationale dont les détenteurs ont désormais d'autres utilisations que chinoises, et ils ont donc fini par prier l'Iran d'accepter la levée des "sanctions" (contraires au droit international) qu'ils lui avaient imposées, en suppliant même si lourdement que l'Iran a fait monter les enchères et n'a rien eu à abandonner. C'est la raison pour laquelle les Etats-Unis ont soudain changé de camp, soutenant maintenant les Perses contre les Arabes et pouvant même changer d'alliés dans la confrontation chiite-sunnite qu'ils ont envcouragée depuis les années 90. Et c'est pour cela aussi qu'ils se sont trouvés un nouvel ennemi, la Russie, avant même de contribuer au coup d'état uniopéen de février 2014 en Ukraine. Les Etats-Unis, n'étant menacés par personne, ont le privilège de pouvoir choisir les ennemis qu'ils se désignent. On ne dit pas là que si les Etats-Unis déclaraient la paix à la Russie l'Union Européenne et l'OTAN leur emboîteraient le pas, car ces deux agglomérats d'acteurs ont des intérêts et des phobies distincts de ceux des Etats-Unis.

De toute façon la paix n'est pas une option durable à long terme. Lorsque le pouvoir financier états-unien démontrera au président que le seul moyen d'imposer au monde l'effacement total des dettes est la force majeure d'une guerre mondiale, ou lorsqu'il lui expliquera que sans l'assertion suprême d'une nouvelle utilisation des armes nucléaires le monde est prêt à renvoyer le dollar à sa vraie valeur, le président oubliera ses convictions personnelles pour assumer son devoir politique.

Et l'ultima ratio des Etats-Unis, c'est la B62 (version 11 ou 12), quel que soit leur président.

complémentarité de la première puissance et la première impuissance économiques

Un éléphant, ça schtroumpfe énormément. A une trumpophobie hystérique succède une trumpomanie déraisonnée, comme si une alternance politique à la présidence fédérale de la deuxième plus grande démocratie au monde était susceptible de produire un changement tangible, positif ou négatif, dans la politique de ce pays. Pour susciter des sentiments de crainte ou d'espérance on évoque des perspectives fatales.

On spécule, en premier lieu, sur une guerre commerciale que les Etats-Unis d'Amérique déclareraient à la Chine. Toutefois, ce qu'on appelle habituellement une guerre commerciale est une compétition commerciale entre deux pays concurrents, pas une discussion entre un client et son fournisseur ou entre un débiteur et son créancier, schémas dont relèvent les relations entre les Etats-Unis et la Chine. En la matière ces deux pays ne sont pas rivaux, ils sont complémentaires, même si la Chine fait de son mieux pour réduire cette interdépendance. Les Etats-Unis ont besoin de la Chine car ils sont incapables de produire tout ce qu'ils consomment (ils ne sont d'ailleurs capables de payer que 20% de ce qu'ils consomment). Par contre, en dépit de ce que les Etats-Unis veulent faire croire, la Chine n'a pas besoin d'eux. Depuis 2008, année où la Chine a compris que les Etats-Unis n'avaient aucune intention de tenter d'assainir leurs finances, dans tous les domaines l'industrie chinoise produit désormais plus pour le marché intérieur que pour l'exportation. Non seulement en matière de biens d'équipement, pour lesquels la Chine avait un retard à rattraper par rapport aux autres puissances économiques, mais également en matière de biens de consommation, que le gouvernement chinois a finalement accepté de laisser développer pour désamorcer toute vélléité de changement politique, la satisfaction des besoins de la Chine et des aspirations des Chinois est maintenant une priorité nationale. Contrairement à ce que voudraient faire croire certains économistes états-uniens la Chine a depuis longtemps dépassé le stade du pays "émergent" prêt à exporter n'importe quoi à n'importe quelles conditions pour obtenir des devises étrangères. Et, surtout, elle ne veut plus de dollars car elle connaît leur véritable valeur.

Les économistes européens ont admirablement fait le jeu des Etats-Unis en diffusant le mythe de la guerre monétaire, qui consiste en un dogme fallacieux et une assertion inexacte. Le dogme involontairement erroné ou volontairement mensonger est celui selon lequel la dévaluation facilite l'exportation, théorie largement professée dans toutes les facultés de macro-économie et de politique, et gentiment moquée dans les écoles de commerce et de gestion, où l'on enseigne que la compétitivité se construit sur la qualité, la confiance, la régularité et la réputation plutôt que sur un avantage de prix momentanément et involontairement obtenu à l'occasion d'une dévaluation inattendue, ou par une politique de rabais systématique par la sous-évaluation de change, d'ailleurs déloyale et à ce titre prohibée par les accords commerciaux internationaux. L'assertion fausse est celle selon laquelle, en raison de l'avantage structurel que cela procurerait (selon le dogme fallacieux), de nombreux pays sont activement engagés dans la sous-évaluation de leur monnaie. C'est certes vrai pour la zone euro, gouvernée par des intérêts états-uniens plutôt qu'européens, mais ce n'est pas vrai pour les Etats-Unis qui, eux, font tout ce qui est en leur pouvoir pour retarder l'effondrement du dollar à sa véritable valeur économique et arithmétique, ceci étant d'ailleurs la mission essentielle du gouvernement fédéral depuis au moins 1971. On imagine d'ailleurs difficilement un gouvernement tourner le dos à cette politique et laisser s'écrouler irrémédiablement sa monnaie au nom de la transparence ou de l'orthodoxie. En politique la seule morale légitime est la recherche du bien-être ou du salut (selon le niveau de matérialisme ou de transcendance de l'Etat) des peuples confiés, pas la satisfaction de principes étrangers ou inutiles à la cité.

La Chine n'a aucun intérêt à une sous-évaluation du yuan renmimbi, dont seules la stabilité et la juste évaluation permettent d'une part qu'il soit de plus en plus utilisé dans les échanges mondiaux et d'autre part que les pays tiers veuillent en thésauriser, deux facteurs qui contribuent à l'indépendance, la souveraineté et la puissance économiques de la Chine. Elle a intérêt à ce que les produits qu'elle exporte, au lieu de les utiliser en interne, lui soient compensés correctement afin de lui permettre d'importer ce qui fait défaut à sa population (nourriture notamment) ou à son économie (matières premières). Mais elle n'a pas intérêt à ce que le dollar s'effondre trop tôt et trop rapidement, avant que d'une part elle ait réussi à ne plus être payée du tout dans cette monnaie, et que d'autre part elle ait terminé de liquider sa montagne d'avoirs libellés dans cette monnaie, comme les obligations états-uniennes.

De leur côté les Etats-Unis, quoi qu'en dise leur nouveau président, ne peuvent pas se passer d'importations, et notamment, comme le reste du monde, des importations chinoises. Les savoir-faire que les pays avancés ont volontairement partagés par des contrats de transfert de technologie ou involontairement laissés piller par l'espionnage sont désormais maîtrisés par tous les pays industriels. Au jour où des entreprises chinoises délocalisent leur production en Inde pour des raisons de coût de main d'œuvre, il faudrait réduire drastiquement (voire éliminer) les coûts et donc les prestations d'éducation, de couverture sociale et de retraite pour tenter d'aligner le salaire d'un ouvrier ou d'un ingénieur états-unien avec celui de son homologue indien ou indonésien. C'est impossible. Ce qui est certes théoriquement possible, c'est ce que les libre-échangistes appellent protectionnisme, à savoir l'établissement de barrières douanières. Il s'agit d'appliquer aux produits importés une taxe qui, répercutée par l'importateur sur le client final, amène le prix de vente du produit importé au même niveau que le prix de vente du produit local. Contrairement aux dires de certains détracteurs ces taxes ne sont donc pas imposées aux producteurs du pays exportateur, mais aux consommateurs du pays importateur, puisque ce sont bien eux qui, au final, paient le produit taxé et distribué, dont une part du prix de vente rembourse certes le coût de production et de transport et une autre part rembourse les taxes qu'a payées l'importateur. Quant à penser que l'impossibilité d'importer peu cher encourage à produire dans le pays de vente, c'est un raccourci d'économiste ou de politicien plus praticien du débat d'idées que de la construction de lignes de production. D'abord il faut un marché certain et suffisant pour développer une production locale, ensuite il faut un sentiment de stabilité juridique à moyen voire long terme (que l'industriel ne croie pas qu'à la prochaine alternance politique les taxes seront levées), enfin il faut la disponibilité des matières premières, des savoir-faire et le cas échéant d'un réseau de sous-traitance ou de production semi-finie. Certains pays ex-industriels ont perdu durablement la capacité de produire tel ou tel chef d'œuvre de technologie (ordinateur, armement de pointe...) parce qu'en démantelant le dernier fleuron industriel ils ont laissé disparaître tout un secteur de petites entreprises sous-traitantes et toute une filière d'enseignement technologique. La politique argentine des années 2011 à 2015 a fait disparaître des dizaines de milliers de boutiques d'ordinateurs et périphériques (personne n'a produit de souris), et entraîné le retour au gaz et à l'électricité de dizaines de milliers de foyers dont les tubes de chauffe-eau solaire n'ont jamais été produits ailleurs qu'en Chine ; chaque secteur de production a certes intrigué pour tenter d'obtenir l'autorisation d'importer ses composants irremplaçables, puis l'alternance politique a fait perdre tous les investissements en vue d'une production alternative. En ce qui concerne les Etats-Unis, ce pays dont l'impôt est globalement négatif depuis des décennies n'a pas la capacité économique de lever des impôts sur ses citoyens. Les dollars qu'il imprime sans retenue seraient plus utiles si on les distribuait directement aux chômeurs plutôt que de subventionner des emplois non rentables. Dès lors que pour augmenter le Produit Intérieur Brut d'un dollar il faut endetter l'Etat de six dollars, selon l'augmentation proportionnelle du PIB et de la dette depuis vingt ans, l'oisiveté économique même subventionnée est moins dispendieuse que la fausse activité à perte, ou en d'autres temes la construction à crédit de coûteux villages Potemkine. Le seul moyen de ressusciter l'économie (qui est là synonyme de consommation) serait de faire un grand marché totalement ouvert avec le Mexique, où quatre cent millions de consommateurs jouiraient d'un niveau de vie mexicain et d'un niveau d'endettement états-unien.
 
Les Etats-Unis sont insolvables et la Chine le sait. Ils ne peuvent pas rembourser leur dette en autre chose qu'en dollars puisqu'ils produisent moins que ce qu'ils consomment (épargne très négative), n'ont pas de réserves et que même leur masse monétaire nominale n'est rien en regard de leur dette colossale. Les trumpomanes qui s'imaginent que la restauration du sérieux des Etats-Unis passe par le rétablissement de l'étalon-or n'ont pas calculé qu'il faudrait d'abord diviser la valeur faciale du dollar par 55 puisqu'il est passé de 1/35° d'once à 1/1921° (encore très surévalué) entre août 1971 et septembre 2011 (fin de la cotation libre de l'or), puis peut-être encore par 90 puisque depuis lors le dollar est passé de 1/10° de bitcoin à 1/920°. Le seul avoir états-unien qui pourrait intéresser la Chine est, comme en Afrique, en Asie du Nord et en Amérique du Sud, la terre, mais elle ne sera pas aliénée avant l'effondrement institutionnel et militaire total des Etats-Unis.

Les intérêts de la Chine et des Etats-Unis étant donc complémentaires, une hypothétique confrontation économique ne correspond pas à la réalité et une confrontation militaire serait déraisonnée. La Chine ne prendra pas l'initiative, la première puissance économique et premier producteur mondial ne fera rien contre la première impuissance économique et premier débiteur mondial.

jeudi 26 janvier 2017

épuisement du pacifisme

Il est parfois difficile de s'en tenir à la polémologie sans entrer dans la polémique politique intérieure. Mais voilà que la partidocratie énarchique française entend insulter et ridiculiser le comité Nobel de la paix. Car la paix ne fait plus recette, et faute de ressources de promotion interne elle doit recruter hors ses rangs.
 
On va prochainement relancer le mythe du pacifisme du président français Jacques Chirac en 2002-2003. S'il avait été réel, il aurait manifestement échoué puisque la grande crise de l'époque, le sentiment d'insécurité des Etats-Unis d'Amérique à l'annonce de la fin du monopole du dollar pour la cotation internationale du pétrole, s'est terminée par l'agression, l'occupation, la décimation et la mise à sac de l'Iraq. Il est difficile de trouver un échec plus éclatant à un prétendu souhait pacificateur. Il est vrai que le futur prétendant à la couronne d'olivier ou de chêne se trompait de direction en adressant son discours moralisateur au pays qui allait être agressé plutôt qu'à celui qui annonçait clairement ses intentions belliqueuses même s'il en changeait le prétexte tous les deux mois.
 
Cependant la vérité est que Jacques Chirac ne cherchait pas à empêcher les Etats-Unis d'attaquer l'Iraq. Si cela avait été le cas il aurait mis en œuvre les nombreux moyens d'action de la France, à commencer par la saisine du Conseil de Sécurité de l'ONU sur une menace imminente à la paix internationale, mais aussi la menace de sanctions contre l'agresseur déclaré, la conclusion d'un accord de défense avec le pays menacé etc. Toutefois sa seule ambition était de pouvoir présenter la France (et lui-même) comme l'auteur d'une dernière tentative de compromis vouée à l'échec.
 
Au contraire, on peut le dire sans trahir le moindre secret d'Etat, le président de la République s'était fait présenter les options possibles pour une participation militaire de la France aux côtés des Etats-Unis, avait donné l'ordre aux forces armées françaises de se préparer, et a fait contrôler la montée en puissance et la préparation opérationnelle à l'attaque contre l'Iraq. Sa politique de fonctionnarisation des forces armées, qui matérialisait plus ses convictions antimilitaristes que ses prétentions pacifistes, n'avait pas encore porté tous ses fruits et la France déjà sans défense avait certainement encore la deuxième capacité offensive au monde. La seule raison pour laquelle la France ne s'est finalement pas associée à la conquête de l'Iraq, c'est que deux puissances européennes renaissantes à la diplomatie en cours d'affirmation (bien que tolérantes envers les Etats-Unis), à savoir la Russie et l'Allemagne, ont pris le discours de M. Chirac au mot, ont surenchéri et se sont rangées derrière la bannière de la France, lui interdisant de faire marche arrière sur ce sujet et l'obligeant, au minimum, à la neutralité. Sans le soutien inattendu, sincère et ferme de la Russie et de l'Allemagne à la position prétendue de la France, celle-ci aurait bel et bien attaqué l'Iraq, il n'y a aucun doute là-dessus.
 
Les peuples d'Europe retiendront de Jacques Chirac qu'au moment où les anciens membres du Pacte de Varsovie voulaient se rapprocher de la moitié occidentale du continent il a démantelé l'Union de l'Europe Occidentale, alliance sagement réveillée par son prédécesseur, purement défensive mais réellement contraignante puisque l'article 4 du traité de Bruxelles obligeait chacun de ses membres à engager tous les moyens disponibles, y compris militaires, pour la défense d'un membre attaqué. En échange il a, par le traité constitutionnel de Lisbonne pourtant rejeté par les Français, fait inféoder l'Union Européenne à l'OTAN, alliance dont la seule mise en œuvre avait été offensive (contre la Yougoslavie), et dont les invitations en matière défensive, selon l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord, sonnt facultatives donc ni protectrices pour les pays membres ni dissuasives pour leurs ennemis potentiels. Il a aussi préparé le retour de la France dans l'OTAN, même s'il en a laissé la signature à son successeur.
 
Les parlementaires et les constitutionnalistes retiendront du président Jacques Chirac qu'il a préparé la révision constitutionnelle (finalisée certes en 2008) retirant au parlement la prérogative de la déclaration de guerre, et l'assurant en échange que le gouvernement lui demanderait une autorisation de prolongement chaque fois qu'une ingérence militaire dans un pays tiers (une agression) excèderait quatre mois, d'après la nouvelle rédaction de l'article 35.
 
Les peuples de France (et l'unique peuple étranger qui a érigé un monument à son amitié avec la France) et les électeurs de Jacques Chirac n'ont pas le droit d'oublier qu'en 1999 il a entraîné la France, et engagé ses forces armées, dans une guerre d'agression contre un pays souverain, en violant délibérément pour ce faire l'article 35 de la constitution de 1958 qui obligeait le gouvernement à demander préalablement au parlement élu l'autorisation de déclarer la guerre. Soumis au régime du "fire and forget" (vire et oublie), les contribuables français débonnaires continuent de servir des émoluments très confortables à un homme qui a violé son mandat et la constitution, trahi la patrie et vendu la francophonie (certes celle-ci n'était pas sous sa responsabilité formelle), et désarmé la France en même temps qu'il en faisait un pays agresseur. Justiciable de plusieurs délits et crimes caractérisés en France, l'homme est aussi, au regard du droit international, coupable du crime contre la paix.
 
Décerner un prix Nobel de la non-violence à un chef d'Etat ne change certes rien à ses actes passés ou futurs, cependant l'érection de statues a pour objet d'inspirer l'exemple, et donc de façonner l'avenir. L'attribution d'un prix Nobel de la paix à Jacques Chirac serait de très mauvais augure pour la paix dans le monde.

mercredi 25 janvier 2017

falsos cascos blancos – Rusia pide a la ONU

El 17 de enero de 2017, Rusia decidió pedir a la ONU que denuncie los numerosos abusos cometidos por los falsos cascos blancos.
 
Esta oficina de propaganda de la coalición islamo-atlántica contra Siria está financiada en 50% por el gobierno inglés y en 29% por el gobierno estadounidense (según las declaraciones de ambos gobiernos); otro contribuidor es George Soros, cuya organización estadounidense Purpose posee el domini internet whitehelmets.org. Fue promovida a la celebridad por las agencias de prensa de la OTAN (AP, AFP y Reuters) el 30 de septiembre de 2015, cuando estos falsos cascos blancos se apresuraron (un poco demasiado) en publicar testimonios y "pruebas" videográficas del carácter indiscriminante de los bombardeos que la aviación rusa iba a comenzar horas más tarde. Además de su usurpación de la apelación White Helmets, fue también presentada mentirosamente como la defensa civil siria (reconocida por la ONU, la OMS, el CICR y la Organización Internacional de Protección Civil), y luego como una rama "humanitaria" de la milicia pretendida moderada de Al-Qaeda en Siria renombrada Frente Al-Nosra pues Fatah Al-Sham, aunque sus miembros se graben a veces en delito flagrante de falta de humanitarismo, para no decir de terrorismo, en oportunidad de ejecuciones arbitrarias por ejemplo, como los mostraron las encuestas pormenorizadas de la periodista Vanessa Beeley.
 
Recomendada al comité Nobel por la mayoría de los grupos de presión para-gubernamentales de los miembros de la OTAN, objeto de una película estadounidense difundida en el mundo entero por Netflix, autor de una campaña de comunicación lagrimal ("el niño en el asiento naranja") concebida para explotar el  sentimiento de culpabilidad europeo generado por la fotografía del chico kurdo sirio muerto en la costa turca luego de haber sido expulsado de Kobané por los bombardeos turcos, esta oficina de propaganda fue recibida oficialmente por el presidente de la república francesa el 9 de octubre de 2016.
 
El 20 de septiembre de 2016 esta oficina produjo, casi en vivo, imágenes de la caravana humanitaria quemada, como anunciado pocos días antes, por la guerrilla islamista ocupando Alepo-Este, y acusó a la aviación rusa de haberla bombardeada (cuando todo mostraba lo contrario), buscando obviamente a desviar la atención del bombardeo del ejército sirio por la aviación estadounidense el 17 de septiembre.
 
Más recientemente, el 2 de enero de 2017, los falsos cascos blancos reivindicaron (por la "declaración de Wadi Baradá", así como cuatro demás movimientos de la guerrilla islamista, el corte y el envenenamiento, desde el 22 de diciembre de 2016, del agua del río Baradá que abastecía a más de cinco millones de Damascenos, lo que la ONU calificó correctamente como crímen de guerra aunque sin nombrar a los autores.
 
Rusia fue obligada a intervenir sí misma ante la ONU porque Argentina eligió determinadamente no denunciar la usurpación de su bandera, sobre la cual se llamó la atención de dos ministros sucesivos de asuntos exteriores, el 1er de octubre de 2015 y el 23 de agosto de 2016.
 
El 30 de septiembre de 2015, Stéphane Dujarric de la Rivière, portavoz del Secretario General, abusado por las mentiras de los falsos cascos blancos, había acusado a Rusia de homicidio de civiles en Siria, y algunas horas más tarde su asistente Farhan Haq había desmentido la información y explicado que la ONU había sido intoxicada por los White Helmets. Precisamente desde la resolución 49/139 del 20 de diciembre de 1994, las Naciones Unidas llaman así, y exclusivamente, a la comisión Cascos Blancos del gobierno argentino. Entonces al día siguiente 1er de octubre de 2015, ante la falta de reacción oficial argentina, un profesor de política internacional llamó la atención del ministro de Relaciones Exteriores argentino Héctor Timerman, autoridad de tutela de los verdaderos Cascos Blancos. Hay que acordarse que a pesar de un discurso reivindicado como "anti-imperialista" la presidente Cristina Fernández de Kirchner había dictado al gobierno argentino una posición pro-estadounidense y anti-rusa, y que en dos años en el Consejo de Seguridad Argentina votó al menos dos veces resoluciones mayores contra Rusia, en el caso a propósito del referendum en Crimea, y bajo un pretexto falso. A principios de octubre se publicaron artículos denunciando la impostura de los falsos cascos blancos, sin que venga ninguna reacción argentina.
 
No obstante la Asamblea General de la ONU, por su resolución 70/105 del 10 de diciembre de 2015, renovó, como cada año desde veinte años, su reconocimiento y su apoyo a los verdaderos Cascos Blancos argentinos, nombrados White Helmets en las resoluciones en inglés.
 
El 23 de agosto de 2016, a raíz de la inflación de la propaganda atlántica en favor de la atribución del premio Nobel de la paz a los falsos cascos blancos, el mismo perito llamó la atención de la ministra de Relaciones Exteriores argentina Susana Malcorra, acaso menos incompetente que su predecesor (y más al tanto del funcionamiento de la ONU) pero entonces enfocada en su candidatura a la sucesión a Ban Ki-Moon en el puesto de Secretario General. El resultado fue lo mismo, ya que el gobierno argentino de Mauricio Macri había obviamente decidido prestar la credibilidad de los verdaderos Cascos Blancos (no obstante desplegados en aquel momento en el Líbano para aliviar los sufrimientos de los Sirios) a los falsos, contribuyendo así a la propaganda de la coalición islamo-atlántica anti-siria.
 
Es por el encubrimiento argentino de esta impostura de los falsos cascos blancos, y por la gravedad de las calumnias proferadas por éstos (usurpando la credibilidad de los verdaderos) contra el gobierno ruso, que le ministro de Asuntos Exteriores Sergueï Lavrov tuvo que pedir a la ONU que denuncie estas mentiras.

lundi 23 janvier 2017

faux casques blancs - la Russie interpelle l'ONU

Le 17 janvier 2017, la Russie s'est résolue à demander à l'ONU de dénoncer les nombreux abus commis par les faux casques blancs.
 
Cette officine de propagande de la coalition islamo-atlantique contre la Syrie est financée à 50% par le gouvernement anglais et à 29% par le gouvernement étatsunien (d'après les déclarations de ces deux gouvernements) ; un autre contributeur est George Soros, dont l'organisation états-unienne Purpose possède le domaine internet whitehelmets.org. Elle a été promue à la célébrité par les agences de presse de l'OTAN (AP, AFP et Reuters) le 30 septembre 2015, lorsque ces faux casques blancs se sont (un peu trop) empressés de publier des témoignages et "preuves" vidéographiques de l'indiscrimination des bombardements que l'aviation russe allait lancer quelques heures plus tard. Outre son usurpation de l'appellation White Helmets, elle a aussi été présentée mensongèrement comme la défense civile syrienne (reconnue par l'ONU, l'OMS, le CICR et l'Organisation Internationale de Protection Civile), puis comme une branche "humanitaire" de la milice prétendue modérée d'Al-Qaïda en Syrie rebaptisée Front Al-Nosra puis Fatah Al-Cham, même si ses membres se filment parfois en flagrant délit de défaut d'humanitarisme, pour ne pas dire de terrorisme, lors d'exécutions arbitraires par exemple, comme l'ont montré les enquêtes approfondies de la journaliste Vanessa Beeley.
 
Recommandée au comité Nobel par l'essentiel des groupes de pression para-gouvernementaux des membres de l'OTAN, sujet d'un film étatsunien diffusé dans le monde entier par Netflix, auteur d'une campagne de communication lacrymale ("le petit garçon sur le siège orange") conçue pour exploiter le sentiment de culpabilité européen engendré par la photographie du petit kurde syrien mort sur la côte turque après avoir été chassé de Kobané par les bombardements turcs, cette officine de propagande a été reçue officiellement par le président de la république français le 9 octobre 2016.
 
Le 20 septembre 2016 cette officine a produit presque en direct des images du convoi humanitaire brûlé, comme annoncé quelques jours plus tôt, par la guérilla islamiste occupant Alep-Est, et a accusé l'aviation russe de l'avoir bombardé (contre toute apparence), cherchant manifestement à détourner l'attention du bombardement de l'armée syrienne par l'aviation étatsunienne le 17 septembre.
 
Plus récemment, le 2 janvier 2017, les faux casques blancs ont revendiqué (par la "déclaration de Ouadi Barada"), avec quatre autres mouvements de la guérilla islamiste, la coupure et l'empoisonnement, depuis le 22 décembre 2016, de l'eau de la Barada qui approvisionnait plus de cinq millions de Damascènes, ce que l'ONU a bien qualifié de crime de guerre même si elle n'en a pas nommé les auteurs.
 
L'obligation pour la Russie d'intervenir elle-même auprès de l'ONU découle du constat selon lequel l'Argentine a délibérément choisi de ne pas dénoncer l'usurpation de sa bannière, sur laquelle on a attiré l'attention de deux ministres successifs des affaires étrangères, le 1er octobre 2015 et le 23 août 2016.
 
Car le 30 septembre 2015 Stéphane Dujarric de la Rivière, porte-parole du Secrétaire Général, abusé par les mensonges des faux casques blancs, avait accusé la Russie d'homicides de civils en Syrie, puis quelques heures plus tard son adjoint Farhan Haq avait démenti l'information et expliqué que l'ONU avait été intoxiquée par les White Helmets. Or depuis la résolution 49/139 du 20 décembre 1994, les Nations Unies appellent ainsi, et exclusivement, la commission Cascos Blancos du gouvernement argentin. Aussi dès le lendemain 1er octobre 2015, faute de réaction officielle argentine, un professeur de politique internationale attira l'attention du ministre des Affaires Etrangères argentin Hector Timerman, autorité de tutelle des véritables Cascos Blancos. On se rappellera qu'en dépit d'un discours qui se voulait "anti-impérialiste" la présidente Cristina Fernandez-Kirchner avait dicté au gouvernement argentin une position pro-étatsunienne et anti-russe, et qu'en deux ans au Conseil de Sécurité l'Argentine vota au moins par deux fois des résolutions majeures contre la Russie, en l'occurrence au sujet du referendum criméen, et sous un prétexte fallacieux. Début octobre on publia des articles dénonçant l'imposture des faux casques blancs, qui n'entraînèrent aucune réaction argentine.
 
Cependant l'Assemblée Générale de l'ONU, par sa résolution 70/105 du 10 décembre 2015, renouvela, comme chaque année depuis vingt ans, sa reconnaissance et son soutien aux vrais Cascos Blancos argentins, nommés White Helmets dans les résolutions en anglais.
 
Le 23 août 2016, en raison de l'inflation de la propagande atlantique en faveur de l'attribution du prix Nobel de la paix aux faux casques blancs, le même expert attira l'attention de la ministre des Affaires Etrangères argentine Susana Malcorra, peut-être moins incompétente que son prédécesseur (et plus au courant du fonctionnement de l'ONU) mais alors activement engagée dans sa candidature à la succession à Ban Ki-Moon au poste de Secrétaire Général. Le résultat fut le même, le gouvernement argentin de Mauricio Macri ayant donc décidé, comme son prédécesseur, de prêter la crédibilité des véritables Casques Blancs (pourtant à ce moment-là engagés au Liban pour alléger les souffrances des Syriens) aux faux, contribuant ainsi à la propagande de la coallition islamo-atlantique anti-syrienne.
 
C'est en raison de la couverture argentine de cette imposture des faux casques blancs, et de la gravité des calomnies proférées par ceux-ci (en usurpant la crédibilité des vrais) contre le gouvernement russe, que le ministre des Affaires Etrangères Sergueï Lavrov a été contraint de demander à l'ONU de dénoncer ces mensonges.

dimanche 15 janvier 2017

utilité de 12000 armes de guerre

Que peut-on faire avec 12000 armes de guerre ?
 
Avec 10000 fusils d'assaut on peut équiper intégralement la moitié de l'infanterie française actuelle, ou la moitié de l'infanterie espagnole qui, en comptant les Canaries, Ceuta, Melilla, les Baléares et les forces spéciales aligne 33 bataillons soit moins de 20000 fantassins sur les 50000 soldats (encadrement non inclus) de l'armée espagnole. Car les pilotes de chars, d'hélicoptères et d'engins polyvalents du génie, de même que les servants de canons d'artillerie, les opérateurs de transmissions et les chauffeurs de camions portent plutôt un pistolet d'auto-défense qu'un fusil d'assaut, comme les officiers et la plupart des sous-officiers.
 
Ce petit aperçu devrait donner une certaine importance à la saisie par la police espagnole, le 12 janvier, d'un nombre estimé initialement à 8000 puis révisé le 15 à 12000 armes de guerre, sur quatre sites à Olot, Liendo, Galdácano et Guecho. Il s'agissait essentiellement d'armes achetées à des armées régulières (pas uniquement espagnole) après neutralisation officielle, puis remises en état de fonctionnement, comme les armes qui ont servi à l'attaque contre Charlie Hebdo. S'agissant de milliers d'armes on ne peut pas parler d'ateliers clandestins artisanaux mais de petites usines d'armement. Les stocks saisis ayant été estimés, hors armes antiaériennes, à plus de seize millions d'euros, il ne s'agit évidemment pas de pistolets, et les armées européennes ayant cessé de déclasser des fusils semi-automatiques depuis plusieurs décennies il s'agit certainement de fusils d'assaut, dont les marques citées ne concernent pas seulement l'Espagne.
 
Les premiers commentaires des autorités ayant supervisé la saisie, émanant donc de professionnels du maintien de l'ordre, relèvent du registre anti-terroriste. Sous cet angle de vue on pourrait effectivement conclure que si une dizaine d'armes de guerre suffisent à immobiliser plusieurs centaines de personnes dans une salle comme le Bataclan afin d'y passer trois cents personnes au canif à égorger, l'arsenal saisi aurait pu contribuer au sacrifice rituel d'un tiers de million de personnes, en Espagne ou ailleurs. Traitée comme une affaire de droit commun, cette saisie a été l'occasion de la plus sévère admonestation judiciaire envers deux des personnes arrêtées, qui ont reçu l'interdiction formelle de quitter le territoire espagnol, et auxquelles on a même confisqué le passeport au cas où elles tenteraient de le faire autrement que par les frontières française ou portugaise ou les côtes marocaines ; faute sans doute d'un domicile déclaré où leur adresser une future convocation, trois autres personnes ont été provisoirement placées en hébergement carcéral non punitif.
 
Mais d'un point de vue militaire il faut considérer que 10000 fusils d'assaut, si c'est de ça qu'il s'agit, étaient destinés à 10000 combattants de base (hors encadrement). La guérilla en cours de montée en puissance en Europe n'a que faire de bataillons de génie, d'escadrons de chars lourds et de convois d'approvisionnement en carburant et vivres. Quand bien même ses parrains étrangers lui proposeraient le même équipement en blindés légers de fabrication étatsunienne qu'ils ont fourni à l'Etat Islamique, la nébuleuse directrice actuelle de la guérilla ne saurait qu'en faire à ce stade, ni aux premières heures de son déploiement dans de grandes agglomérations. Quant aux armes antiaériennes, dont la presse espagnole n'a pas précisé s'il s'agissait de mitrailleuses de 12,7 ou de canons de 30 mm, elles ne peuvent pas abattre un avion de ligne (n'en déplaise aux tenants de la finalité terroriste) mais elles pourraient permettre à un mouvement ne disposant ni d'armes modernes ni d'aéronefs de se protéger face à un assaut héliporté.
 
Pour mémoire, 200 fusils d'assaut suffisent aux quatre premières compagnies levées par la minorité adepte d'une idéologie distincte, qui fait sécession dans le Septième Scénario (www.lulu.com/fr/shop/stratediplo/le-septième-scénario/paperback/product-22330739.html) et dont cette étude d'état-major expose les possibilités au niveau d'une ville d'un million d'habitants puis au niveau d'un pays. Déployé et employé de manière décentralisée en zone urbaine sur un pays comme l'Espagne ou la France, l'équivalent (en volume) de 100 compagnies, ou de 200 compagnies incomplètement armées, peut fixer et incapaciter l'armée régulière immédiatement.
 
La police espagnole n'a pas diffusé d'estimation de la cadence des usines de remilitarisation, ni de l'ancienneté de leur activité. Il est donc difficile de savoir ce que le stock saisi représentait par rapport à la production annuelle, et il n'est pas certain que les responsables laissés en liberté fourniront une comptabilité très précise des éventuelles commandes antérieures déjà livrées, ni un fichier de clientèle avec adresses à jour, ni une étude sectorielle détaillant la capacité de production des usines de la concurrence encore debout.
 
D'une manière générale, les implications de cette saisie seront peu commentées dans la presse même espagnole.

lundi 9 janvier 2017

il faut cesser de diviser Chypre

Pour une fois la réinformation peut précéder une désinformation imminente, et la correction peut anticiper un mensonge prévisible.
 
Dans quelques jours l'OTAN fera diffuser largement aux journaux du monde entier, par l'intermédiaire de ses trois agences de presse AP, AFP et Reuters, un conte écrit en Turquie, membre majeur de ladite OTAN, pour défigurer la réalité et, accessoirement, miner les décisions de l'ONU.
 
Une fois de plus de hauts fonctionnaires de l'ONU vont travailler à l'encontre de décisions et résolutions de l'Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité. Ils ne feront là que suivre le fameux exemple (et précédent non sanctionné) de Bernard Kouchner, qui en tant chef de la Mission d'Administration Intérimaire des Nations Unies au Kossovo fit exactement le contraire de son mandat détaillé dans la résolution 1244 votée le 10 juin 1999 : il viola la souveraineté nationale et détruisit l'intégrité territoriale de la République Fédérale de Yougoslavie en l'amputant de la province de Kossovo et Métochie, ne désarma pas les groupes armés d'Albanais, ne tenta pas de restaurer l'ordre public, empêcha le retour des déplacés et interdit le retour du personnel yougoslave aux postes frontières et sur les lieux de patrimoine... et alla même jusqu'à institutionnaliser et réarmer l'Armée de Libération du Kossovo (qu'il était chargé de débander) et lui accorder une solde mensuelle sur le budget de l'ONU, en détournant avec l'aide de fonctionnaires new-yorkais une partie du budget voté par l'Assemblée Générale. Il fit tout cela en tant que Représentant Spécial du Secrétaire Général, mission temporaire confiée par un autre fonctionnaire, le Secrétaire Général Kofi Annan, imposé par les Etats-Unis d'Amérique après qu'ils se soient opposés par veto au renouvellement du mandat de Boutros Boutros-Ghali, seul cas de non-renouvellement dans l'histoire de l'ONU, et menace leur ayant permis d'obtenir la collaboration sans réserve de Kofi Annan puis de son successeur Ban Ki-Moon. Ainsi lorsque les Etats-Unis dérobèrent au siège new-yorkais de l'ONU, dimanche 8 décembre 2002, la déclaration de douze mille pages sur l'état du désarmement de l'Irak, le Secrétaire Général Kofi Annan s'abstint de protester contre ce vol, puis tenta de le justifier devant les quatorze autres membres du Conseil de Sécurité, et enfin refusa, sur ordre express des Etats-Unis, de distribuer aux dix membres non permanents ce rapport qui leur était destiné, après sa restitution (probablement altéré) à l'ONU par les Etats-Unis. Ce rappel entre parenthèses n'est pas inutile à la compréhension du mode de fonctionnement actuel de l'ONU, ou de la dichotomie entre ses instances internationales de désision et son administration d'exécution manipulée.
 
Depuis 2002 au moins (tant sous Kofi Annan que sous Ban Ki-Moon) le secrétariat général de l'ONU travaille activement, par le biais de missi dominici non mandatés par les instances internationales de décision, à un autre projet états-unien contraire aux décisions et résolutions de l'Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité, en l'occurrence d'abord l'octroi d'un statut étatique à la partie occupée de Chypre, puis sa fusion avec la République de Chypre, c'est-à-dire l'incorporation de la partie encore libre à la partie occupée par la Turquie, ou en termes plus pragmatiques l'extension de l'occupation turque à l'ensemble de l'île et la disparition de l'état souverain membre de l'ONU, la République de Chypre. Ce projet turco-étatsunien a été particulièrement accéléré début 2004 avec l'aide de l'Union Européenne, elle-même inféodée à l'OTAN par le traité de Rome, laquelle avait posé comme préliminaire à l'admission de Chypre l'ouverture de négociations sur ladite fusion, et renouvelle régulièrement depuis lors l'exigence de la poursuite de ces "négociations" imposées.
 
La propagande en cours de rédaction commencera ou terminera tous ses articles, comme d'habitude, en expliquant l'intervention turque de 1974 à 2017 par un projet de coup d'état chypriote le 15 juillet 1974. Evidemment le coup d'état chypriote aurait été une question interne tandis que l'intervention turque est une immiscion étrangère. On ignore combien de temps aurait duré le régime issu d'un coup d'état si celui-ci avait été couronné de succès (la dictature militaire en Grèce n'a pas tenu longtemps), mais ce qui est certain c'est que l'invasion turque se poursuit et a donné lieu à une colonisation qui, elle, entre dans sa troisième génération. Surtout, ce matraquage, qu'on va de nouveau lire dans toute la presse alimentée par les trois agences sus-mentionnées, justifie un fait avéré (l'invasion) par une hypothèse (le projet de coup d'état), utilisant là le concept étatsunien de "preemption" (attaque préventive) formellement condamné par le droit international puisqu'il tend à justifier une agression par un prétendu projet d'agression adverse future... sans considération d'ailleurs de la menace réelle qu'un pays d'un million d'habitants, même en cas de changement de régime, aurait pu représenter pour une grande puissance comme la Turquie, membre qui plus est de l'Alliance (alors défensive) Atlantique. Quant à l'hypothèse, avancée par la Turquie, d'un projet d'unification de Chypre avec la Grèce dans l'esprit des auteurs de la tentative de coup d'état, même cette perspective n'était pas très menaçante pour une Turquie qui, doit-on le rappeler, a par contre commis un génocide avéré contre les peuples grecs (mais aussi assyrien et arménien) parachevé à Smyrne et Phocée en 1922, et occupe toujours de l'Ionie au Pont et jusqu'à Constantinople et la Thrace orientale. De leur côté les Etats-Unis d'Amérique ont encouragé la tentative de coup d'état chypriote (qui allait servir de prétexte à l'invasion turque) en refusant de le condamner puis en interdisant une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité, et ont ensuite soutenu l'invasion turque en refusant d'interrompre leurs livraisons d'armement à la Turquie comme le prévoient tant le droit international que le droit interne étatsunien.
 
Cette propagande prendra pour thème la "réunification" de Chypre, un terme que beaucoup de Français considèreraient inapproprié pour la restauration de l'exercice de la souveraineté française sur l'Alsace et la Lorraine en 1918 ou en 1944 : la plupart des journalistes de l'époque et des historiens d'aujourd'hui considéraient et considèrent que l'Alsace et la Lorraine étaient occupées par une puissance étrangère, pas que la France était divisée et nécessitait une réunification avec une autorité locale installée par l'ancien occupant. Occupation (présence de torupes étrangères non invitées), c'est ce qui ressort de quatre-vingt-cinq résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, la 353 et la 2300 comprises, sans compter celles de l'Assemblée Générale. Ce qui n'a pas empêché le secrétariat général de l'ONU d'altérer progressivement le langage de ses rapports, renvoyant maintenant dos-à-dos des prétendues communautés de "Chypriotes grecs" et "Chypriotes turcs" ou convoquant simultanément et sur pied d'égalité les "dirigeants" desdites deux communautés de l'île dite "divisée". Encore une fois on relève que le langage du Secrétaire Général imposé par les Etats-Unis est très différent de celui des résolutions de l'Assemblée Générale des pays membres de l'ONU, qui exigent régulièrement le retrait des forces d'occupation de Chypre.
 
Les Chypriotes sont les indigènes de Chypre. Dans la partie de l'île où le gouvernement légitime et reconnu par tous les membres de l'ONU (sauf un, la Turquie) peut exercer sa souveraineté, la culture grecque est très majoritaire, comme dans l'ensemble du pays avant l'invasion turque, mais la culture turque est présente également, les deux langues ayant statut officiel même si toute la population est hellénophone. Dans la partie occupée de l'île il devient de plus en plus difficile de distinguer les indigènes, dont seuls ceux nés avant l'invasion comprennent le grec, des membres de la colonie de peuplement amenée de Turquie par le gouvernement turc, qui eux ne comprennent pas un mot de grec, et dont certains ont eu sur place des enfants et même des petits-enfants.
 
Les envoyés spéciaux du Secrétaire Général de l'ONU ont réussi, sous la menace d'un refus d'adhésion à l'Union Européenne, à imposer début 2004 la tenue de deux referenda locaux. Un referendum unique dans toute l'île, comme l'ONU sait en organiser ailleurs dans des pays divisés, aurait eu l'inconvénient de montrer une victoire globale massive du "non" à la fusion de la partie libre et de la partie occupée de l'île. Il fut donc organisé deux referenda distincts, permettant de brandir deux résultats séparés, en l'occurrence oui à la fusion dans la partie occupée et non à la fusion dans la partie libre, et donc de blâmer les intransigeants "chypriotes grecs" (selon la terminologie des rapports du secrétariat général) de l'échec d'une réunification acceptée par les bienveillants "chypriotes turcs". Evidemment les votes des déportés de la partie occupée ont été comptabilisés dans la partie libre où ils ont trouvé refuge, sans quoi le referendum se serait aussi soldé par une réponse négative dans la partie occupée, bien que les envoyés du Secrétaire Général y aient par contre fait voter les colons turcs, y compris les familles de l'armée turque d'occupation. Les termes du projet de fusion préparé par le secrétariat général étaient aussi inacceptables pour les Chypriotes qu'au regard du droit international, et violaient d'ailleurs toutes les résolutions de l'ONU exigeant le retour des déportés dans la partie occupée et la restitution de leurs biens confisqués par l'armée turque. Non seulement le nombre de déportés (et descendants) autorisés à rentrer chez eux était limité, et très sévèrement, mais de plus ce projet prévoyait à titre de réciprocité l'installation de "chypriotes turcs" (non distingués des colons amenés de Turquie) dans le territoire "chypriote grec", c'est-à-dire l'extension de la colonisation turque dans la partie jusque-là pas encore occupée. Il prévoyait la construction d'une fédération composée de deux états fédérés de même poids constitutionnel et parlementaire, idée particulièrement inéquitable compte tenu de la répartition de la population. En effet la partie libre, à laquelle serait réduite la République de Chypre actuelle, compte de l'ordre de 800000 habitants, dont un quart de déportés de la partie occupée, tandis que cette dernière, qui serait érigée en co-république de même poids fédéral, ne compte que de l'ordre de 200000 habitants (hors contingent d'occupation estimé à 40000 militaires), pour moitié indigènes chypriotes et pour moitié colons turcs. Le projet adémocratique étatsuno-onusien consiste donc à accorder à chaque citoyen de la Chypre souveraine actuelle un vote affecté d'un coefficient huit fois inférieur à celui du vote d'un ressortissant des territoires actuellement occupés. A titre anecdotique on peut aussi relever que lors du referendum la population (turcophone) de la partie occupée de l'île s'est massivement autodéterminée en faveur d'une réintégration inconditionnelle à la République de Chypre, poussant son "dirigeant" à la démission ; ces manifestations spontanées ont réuni de l'ordre de 50000 personnes, soit à peu près toute la population active de la partie occupée, ou la moitié si les colons amenés de Turquie y ont participé aussi, de toute façon un record mondial de taux de participation à des manifestations spontanées, qui plus est interdites et de surcroît sous occupation militaire. Néanmoins, la manœuvre du secrétaire général de l'ONU visant à amener les "chypriotes grecs" à refuser une "solution pacifique" acceptée par les "chypriotes turcs" fut publiquement considérée par le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan comme la plus grande victoire de la diplomatie turque en un demi-siècle.
 
Le terme de réunification a acquis une connotation positive notamment lorsque les cinq états issus de la division de la République Démocratique Allemande le 3 octobre 1990 adhérèrent (le lendemain) à la République Fédérale d'Allemagne. Il a aussi été utilisé au sujet du Yémen du Sud et du Yémen du Nord, notamment, mais ne s'applique pas lorsqu'un pays restaure sa souveraineté sur une province libérée d'une occupation étrangère. Enfin, et en particulier dans le cas du projet élaboré par le secrétariat général de l'ONU pour les Etats-Unis (ou l'inverse) au sujet de Chypre, cette réunification suppose la considération de deux (ou plusieurs) états distincts, éventuellement de tailles différentes, mais tous sujets reconnus de droit international avant ladite réunification. En clair, l'étude même d'un projet de réunification présuppose et emporte reconnaissance des différentes entités concernées.
 
Justement la presse qui relancera à la fin de cette semaine sa campagne habituelle n'omettra pas de nommer comme sujet concerné une "République Turque de Chypre du Nord", et de préciser qu'elle est reconnue par la Turquie. Aux yeux du monde, ou du moins de 192 des 193 membres de l'ONU, il ne s'agit que de la dénomination interne turque de l'autorité d'occupation d'un territoire sur lequel tous les membres de l'ONU, hormis l'occupant, ne reconnaissent que la souveraineté de la République de Chypre, elle-même d'ailleurs membre de l'ONU. La même presse qualifie pourtant systématiquement d'autoproclamés des états pourtant reconnus par plus d'un état de droit ou de fait, comme l'Ossétie du Sud, l'Abkhazie, la Transnistrie, Donetsk, Lougansk... eux certes réellement autoproclamés par leurs populations indigènes, contrairement à la partie occupée de Chypre dont la prétention étatique a été proclamée par la puissance d'occupation après déportation de la population indigène.
 
En termes de droit international Chypre n'est pas divisée et l'île n'abrite pas deux états. Il n'y a qu'un sujet de droit international sur l'île de Chypre, c'est la République de Chypre universellement reconnue et dont toute la communauté internationale exige plusieurs fois par an depuis 1974, tant à l'Assemblée Générale qu'au Conseil de Sécurité de l'ONU, la restauration de l'exercice de sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire (toute l'île) après retrait de la force d'occupation militaire turque.
 
Le discours que vont incessamment diffuser les agences des pays de l'OTAN, contraire à la volonté de leurs propres peuples exprimée à l'ONU par l'intermédiaire des ambassadeurs de leurs gouvernements élus, n'est qu'un conte turc.

mardi 3 janvier 2017

l'homme qui doit être tsar

Quand il signa "the boy who would be tsar" (le garçon qui serait tsar), le vieil artiste Andreï Andreïevitch Romanov (aussi connu comme Andrew Andreyevich Romanoff) était, aussi surprenant soit-il, troisième sur la dernièrement chaotique ligne de succession de Russie, bien que plus jeune il n'aurait jamais deviné que ses cousins Nicolas et Dimitri, de la même génération, resteraient sans enfants. Celui qui fut le chef de la maison Romanov pendant vingt ans, Nicolas, mourut en septembre 2014, suivi par son frère Dimitri ce 31 décembre 2016. De fait Dimitri n'a été chef de la maison impériale que le temps de recevoir l'invitation d'Etat à rentrer en Russie, et mourut exactement la veille de cette cruciale année 2017.
 
L'invitation officielle lancée en juin 2015, pour le millénaire de la mort de Saint Vladimir le baptiseur de la Russie, fut aussi envoyée à Maria Vladimirovna, la soi-disant "grande duchesse" (un titre exclusivement réservé aux enfants et petits-enfants d'un empereur régnant) qui clame la tsarité de Cyrille, le "tsar" autoproclamé en 1924 jamais reconnu par le Zemski Sobor (sorte d'Etats Généraux) ni la maison impériale (et qui n'a jamais régné). Comme on le comprend aisément, le gouvernement actuel ne peut pas se mêler des disputes dynastiques, mais doit ramener et donner à la Russie ce dont le pays orphelin a besoin. Puisque, selon les vieilles et imparfaites règles de succession de Paul 1er (que seul un empereur en fonction peut amender) personne n'est formellement éligible, la première (prochaine) personne à représenter l'héritage impérial au sein de l'Etat ne peut être installée que par exception. La Providence règlera alors l'affaire et scellera la transition. Mais il est impossible de faire incarner quoi que ce soit en un fantôme, ou un aspirant in absentia (à l'étranger). La Russie a besoin d'un Romanov en Russie.
 
Parmi les avantages les plus évidents de tout système de succession héréditaire figure le fait que, puisque personne ne choisit l'élu (qui dans l'idéal ne peut pas refuser son devoir), il est totalement indépendant de tout pouvoir de pression. Mais la fortune fait parfois très bien les choses. L'intronisation d'un vieux Nicolas ou Dimitri sans enfants n'aurait pas empêché l'apparition d'une contestation successorale, de la part de la branche de Cyrille, à la mort de Dimitri. L'intronisation d'Andreï Andreïevitch signifie la succession automatique de son fils Alexis Andreïevitch, né en 1953, apportant par là une espérance de stabilité (d'après les trois précédents) d'une trentaine d'années, largement suffisante pour assurer et normaliser la fonction avant la question de sa propre succession. La Providence a pourvu. Maintenant les hommes (Andreï et Alexis) doivent répondre à l'appel de leur devoir. Ils y seront nourris.
 
En juin 2015, lorsque la Région de Léningrad a proposé d'héberger officiellement les rapatriés dans une résidence impériale de Saint Pétersbourg, Vladimir Petrov proposa aussi le palais Livadia en Crimée, s'exprimant donc manifestement au nom de la présidence de la Fédération. La fonction protocolaire serait de représenter et personnifier la dynastie et la nation, et fut alors comparée à la fonction du roi ou de la reine au Royaume-Uni et aux Pays-Bas d'aujourd'hui. Bien sûr le gouvernement ne pourrait passer que l'autorité dont il dispose, constitutionnelle. Du point de vue du droit constitutionnel, et comme pour un empereur, une personnification institutionnellement reconnue de l'histoire impériale (qui est la fonction actuellement proposée par le gouvernement russe) ne peut pas être élevée plus haut par un corps de hiérarchie subalterne, aussi pour aller plus loin la Russie devra recourir aux seuls corps sociaux qui ont une plus grande légitimité historique et sociale que l'Etat constitutionnel actuel, en l'occurrence l'Eglise et la société civile. Cela viendrait plus tard, les peuples russes réalisant de nouveau qu'un grand pays ne peut pas dépendre de la bonne volonté de volontaires intérimaires élus à titre temporaire, mais a au contraire besoin d'une institution stable offrant une direction à long terme quels que soient les mérites, les compétences et la longévité des individus.
 
Pour l'heure, le gouvernement russe est prêt à donner, au sein de l'Etat, un statut institutionnel permanent à la famille impériale avant les commémorations de la révolution et des assassinats. La Russie doit d'urgence attribuer la présidence honoraire des célébrations réconciliatoires de 2017. Les développements ultérieurs appartiennent à l'Histoire.
 
Puisse Dimitri reposer en paix. Puissent Andreï et Alexis répondre maintenant.

the man who must be tsar

When he signed "the boy who would be tsar", the old artist Andreï Andreïevich Romanov (also known as Andrew Andreyevich Romanoff) was, surprisingly, third in the lately chaotic succession line of Russia, although earlier in life he would never have guessed that his cousins Nicholas and Dimitri, of the same generation, would both stay childless. The twenty years-long head of the Romanov house Nicholas died in september 2014, followed by his brother Dimitri on december 31, 2016. Actually Dimitri headed the imperial house just long enough to receive the state invitation to come back to Russia, and he died on the exact eve of this milestone year 2017.
 
The official invitation launched in june 2015, for the millenium of the death of Saint Vladimir the baptist of Russia, was also extended to Maria Vladimirovna, the self-calling "grand-duchess" (a title exclusively reserved to children and grandchildren of a reigning emperor) who claims the tsarhood of Kiril, the 1924 self-proclaimed "tsar" never recognised by the Zemski Sobor nor the imperial house (and never reigning). Understandably, the current government cannot interfer in dynastic disputes, but it has to bring and give to Russia what the orphan country needs. Since, according to the antiquated and imperfect "Pauline" succession rules (that only an emperor in function can amend) nobody is formally eligible, the first (next) person to represent the imperial inheritage within the state can only be installed per exception. Providence will then settle the case and seal the transition. But it is impossible to embody a ghost, or a would-be in absentia (abroad). Russia needs a Romanov in Russia.
 
Among the most obvious advantages of any hereditary system of succession is that, since nobody choses the one (who ideally cannot refuse his duty), he is totally independent from pressure powers. But fate does sometimes do really well. An anointment of the old childless Nicholas or Dimitri would not have prevented a succession contest to appear, from the Kiril branch, at the death of Dimitri. An anointment of Andreï Andreïevich means an automatic succession by his son Alexis Andreïevich, born in 1953, bringing therefore a stability expectancy of (according to the three precedents) about thirty years, largely enough to secure and normalise the position before the question of his own succession. Providence did provide. Now men (Andreï and Alexis) must comply with their call to duty. They will be fed there.
 
In june 2015, while the Leningrad Region proposed to officially host the invited returnees in an imperial residency in Saint Petersburg, Vladimir Petrov proposed also the Livadia palace in Crimea, therefore obviously speaking in behalf of the presidency of the Federation. The protocolar position would be to represent and inbody the dynasty and the nation, and was then compared to the position of the king or queen in nowadays United Kingdom and Netherlands. Of course the government could only pass the authority it has, meaning constitutional. From a constitutional law point of view, and alike an emperor, an institutionally recognised embodyment of the imperial history (which is the position currently proposed by the russian government) cannot be promoted above by any body of lower hierarchy, therefore to go further Russia will need to resort to the only bodies that have more historical and social legitimacy than the current constitutional state, that is the Church and the civil society. This could come later, the russian peoples realising again that a big country cannot rely on the good will of temporary elected fill-in volunteers but needs a stable institution providing a long-term direction regardless of the merits, competencies and longevity of individuals.
 
As for now, the russian government is ready to give, within the state, a permanent institutional status to the imperial family before the commemorations of the revolution and the assassinations. Russia urgently needs to attribute the honourary presidency of the 2017 reconciliatory celebrations. Further events belong to future History.
 
May Dimitri rest in peace. May Andreï and Alexis move on now.