vendredi 30 septembre 2016

Deutsche Bank

On entend des appels au gouvernement allemand pour sauver la Deutsche Bank.
 
Mais sachant que le dernier effondrement de son cours a été provoqué par l'exigence d'un "arrangement pré-judiciaire" (sous la menace d'une amende judiciaire supérieure) de quatorze milliards de dollars par les Etats-Unis d'Amérique alors que la banque valait déjà moins de dix-sept milliards (la dépréciation de ces deux derniers jours a ramené sa valeur au-dessous de quatorze milliards), et afin d'éviter les frais d'intermédiaires bancaires et administratifs, les contribuables allemands préfèreraient peut-être envoyer la rançon directement à l'oncle Samuel. Certes cela représenterait peu par rapport aux pertes qu'entraîneraient des sanctions séoudites contre les Etats-Unis, à savoir la mise brutale sur le marché de toutes les obligations états-uniennes détenues par l'Arabie afin de faire s'écrouler le dollar. Et quel que soit le sacrifice que cela représenterait pour les Allemands, quatorze milliards de dollars ne représenteraient jamais que quatre jours d'impression monétaire (et d'émission de dette) pour les Etats-Unis. Si donc ces derniers n'étaient pas vraiment intéressés par cette somme dérisoire pour eux (1% de leur émission monétaire annuelle) mais par la nécessité de détourner l'attention de la menace séoudite, et surtout de saper tout refuge alternatif au dollar pour le grand capital apatride, l'agression viserait en réalité, au-delà de la Deutsche Bank, la monnaie commune européenne, et la saignée des Allemands ne serait que le prélude à une curée plus large des Européens.
 
Dans ce cas le gouvernement allemand et ses partenaires auraient mieux à faire que de régler des rançons, à commencer par un petit déballage médiatique coordonné de vérités économiques, monétaires et arithmétiques.
 
On peut souhaiter une bonne fête de l'Unité aux Allemands, en leur recommandant de retirer un peu de liquide aujourd'hui en prévision de la gueule de bois de mardi matin. Et garder une pensée compatissante pour les Suisses dont le gouvernement a capitulé juste après le Jeûne Genevois, avant l'échéance de l'ultimatum d'une semaine reçu le 31 août 2011.

mardi 27 septembre 2016

escalade au Levant

La coalition islamo-atlantiste contre la Syrie a donc décidé l'escalade et l'a clairement exprimé ce dimanche 25 septembre 2016 à l'ONU.
 
Au niveau des détails tactiques, il faut rappeler que l'armée turque n'a pas avancé aussi vite que prévu. Son objectif prioritaire, de couper en deux les territoires kurdes, n'a pas encore été atteint en dépit de sa parfaite coordination avec l'Etat Islamique qui, contredisant la propagande turque, se retire sans combat de chaque village (depuis Jarablus) au moment même de l'arrivée des forces turques, afin d'éviter de laisser un intervalle où pourraient s'infiltrer les milices kurdes. Or les Kurdes ne tentent pas de s'opposer follement à l'armée turque mais ils continuent de reprendre certains territoires à l'Etat Islamique, qui pour sa part ne peut plus compter que sur les parachutages "erronés" hebdomadaires états-uniens de munitions, leur cordon logistique avec la Turquie ayant été coupé par l'aviation russe (autre raison de l'entrée de l'armée turque en Syrie). Mais l'objectif de la Turquie n'a pas changé, et elle a encore annoncé ce 26 septembre qu'elle progressera vers le sud au moins jusqu'à la ville de Manbij pour y établir une "zone de sécurité" (c'est-à-dire une zone occupée) de cinq mille kilomètres carrés, permettant d'une part de rétablir le cordon logistique nord-sud de l'Etat Islamique et d'autre part de couper les territoires kurdes entre une portion est et une portion ouest.
 
Cependant la grosse préoccupation de la coalition occidentale et sunnite est la libération en cours d'Alep, première ville et capitale économique du pays, par l'armée syrienne. D'assiégée dans les quartiers ouest et sud où s'étaient réfugiées les trois quarts de la population des quartiers nord-est, l'armée est maintenant en passe de libérer ces derniers du terrorisme islamiste, ce qui explique la fiévreuse activité occidentale depuis un mois pour "faire cesser les violences", c'est-à-dire arrêter la contre-offensive gouvernementale. Cela s'est traduit par une campagne de propagande médiatique (dont les faux Casques Blancs metteurs en scène du garçonnet sur le siège orange) accusant le gouvernement syrien de bombardements de sa propre population civile avec l'aide de l'aviation russe, afin de faire monter une pression "humanitaire" de nature à préparer des initiatives auprès de l'ONU en faveur de l'établissement de zones de sécurité ou de non survol par les aviations syrienne et russe, en clair la confiscation de l'espace aérien syrien. Toute présentation d'une telle demande au Conseil de Sécurité est assurée d'être rejetée par au moins la Russie, seul pays dont l'armée de l'air est présente en Syrie non en violation de son intégrité territoriale mais à son invitation en vertu d'un accord de défense (contrairement aux armées de la coalition anti-syrienne). Un tel projet de résolution ne peut donc pas être présenté de bonne foi mais uniquement dans l'objectif de blâmer la Russie : les ennemis de la Syrie formulent leurs projets de résolutions non pour faciliter leur acceptation mais pour assurer leur rejet.
 
Pour sa part la Russie prend toujours ses partenaires occidentaux au mot quant à leurs intentions pacificatrices. On se rappelle qu'en 2013, tout en soutenant les demandes d'enquête internationale formulées par la Syrie sur les utilisations d'armes chimiques, la Russie avait désamorcé les préparatifs guerriers de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et du Conseil de Coopération du Golfe en soumettant in extremis un projet de désarmement chimique immédiatement accepté par la Syrie (d'ailleurs toujours pas imposé aux factions étrangères dites "opposition syrienne"). De la même manière, et de même qu'elle appelle régulièrement les Etats-Unis à coordonner avec elle leurs opérations prétendument antiterroristes en territoire syrien, la Russie a récemment proposé un deuxième cessez-le-feu pour concrétiser les grandiloquents appels occidentaux à cesser les combats. Le 9 septembre 2016 à Genève, les ministres des Affaires Etrangères respectifs Sergueï Lavrov et John Kerry ont signé un ensemble de cinq accords censés entrer en application le 12 septembre, et effectivement imposés par la Russie au gouvernement syrien, unilatéralement puisque la guérilla islamiste n'y a pas été invitée par les Etats-Unis ou les viole par dizaines de fois tous les jours. Les Etats-Unis se sont alors opposés à la publication de ces accords (qui semblent mal acceptés par le Pentagone) mais ont déclaré qu'un cessez-le-feu avait été signé et ont invité tous les pays, ainsi que l'ONU, à forcer la Syrie à l'appliquer, aussi la Russie a demandé plusieurs fois aux Etats-Unis de consentir à une publication conjointe des accords. Les Etats-Unis ont insisté pour que ces accords restent secrets, mais le 23 septembre ils ont, sans concertation, communiqué l'essentiel de l'un de ces accords bilatéraux (sorti de son contexte) à leur presse pour accuser la Russie de ne pas l'avoir fait appliquer par la Syrie, ce qui obligea la Russie à publier l'intégralité de l'accord (sans pour autant dévoiler les autres sans l'assentiment des Etats-Unis) et souligner le fait que la première clause de ce premier accord, et clef de voûte de l'ensemble, était la distinction et la désignation, par les Etats-Unis, des mouvements de la guérilla qu'ils considèrent comme terroristes à combattre et des mouvements de la guérilla qu'ils considèrent comme "modérés" à épargner, distinction qui leur est demandée par la Russie depuis qu'ils l'accusent de combattre leurs "bons" moudjahidines anti-syriens. Evidemment les Etats-Unis n'ont pas procédé à cette désignation et ont même avoué publiquement, juste après la signature de l'accord, qu'il était impossible de distinguer la guérilla terroriste de la guérilla "modérée".
 
Entretemps a eu lieu samedi 17 septembre l'attaque des positions syriennes de Deir ez-Zor par l'armée de l'air états-unienne, renforcée d'avions de plusieurs pays (pas tous de l'OTAN) vraisemblablement dans un souci de dilution de responsabilité puisque les Etats-Unis avaient les moyens de mener cette attaque seuls. En l'occurrence ils ont attaqué des positions tenues par l'armée syrienne, localement assiégée par la guérilla, depuis plusieurs années. Soucieux d'éviter une confrontation défensive antiaérienne directe, l'état-major russe a immédiatement protesté auprès de l'état-major états-unien, qui a dans un premier temps refusé de prendre l'appel afin de mener l'opération jusqu'à son terme, à savoir quatre vagues successives sur plus d'une heure, consistant d'abord en bombardements puis, selon un témoignage, en mitraillage au canon de 30 mm pour achever les derniers témoins (ce qui serait un crime de guerre de plus). Opération de préparation et d'appui à une offensive terrestre de l'Etat Islamique, elle a été coordonnée avec celui-ci à la minute près, ce qui laisse deviner la présence d'un officier de liaison et de guidage au sol états-unien au sein des forces de l'Etat Islamique. En effet l'exploitation d'une frappe, qu'elle soit aérienne ou d'artillerie, doit être conduite à la minute près : si on donne l'assaut trop tôt on risque d'être bombardé en même temps que l'ennemi, si on donne l'assaut trop tard il risque d'avoir le temps de "relever la tête", il faut donc se lancer dès qu'est passé le dernier avion (ou tombé le dernier obus) et avant que l'ennemi comprenne que c'était le dernier. Si l'intervalle entre les coups était d'une minute il faut lancer l'assaut terrestre moins d'une minute après le dernier coup (lorsque l'ennemi attend encore le suivant), donc être en contact avec l'appui aérien ou d'artillerie qui annonce que le dernier coup est parti. Or l'assaut des moudjahidines de l'Etat Islamique a été parfaitement coordonné, et s'est effectivement soldé par une victoire sur l'armée syrienne. Et ce 26 septembre la présidente du parlement syrien a révélé que le renseignement syrien avait enregistré les communications de coordination entre l'armée de l'air états-unienne et les forces au sol de l'Etat Islamique. La Russie en a certainement été informée immédiatement mais a dû conseiller, comme d'habitude, de laisser les Etats-Unis s'enferrer dans leurs mensonges avant de publier des preuves contraires. Les Etats-Unis n'ont d'ailleurs pas manqué de prétexter l'erreur d'identification, tout en bredouillant que leur renseignement opérationnel observait ces positions (tenues par l'armée syrienne depuis plusieurs années) depuis plusieurs jours.
 
Il est opportun de remarquer que les Etats-Unis, plus familiers des actions stratégiques que tactiques, pratiquent peu l'attaque au sol de cibles militaires éventuellement réactives, et préfèrent le bombardement de populations civiles à haute altitude. Quant à leurs attaques factices contre l'Etat Islamique, elles sont rarement meurtrières. Cette remarque sur leur mode d'action, ajoutée au fait qu'il s'agissait de leur première attaque frontale directe contre l'armée syrienne depuis leur intrusion dans le pays, montre bien d'une part qu'il s'agissait d'une action mûrement décidée, et d'autre part que l'enjeu était important. De toute évidence leurs supplétifs islamistes au sol ne sont plus en mesure de marquer des points sans appui aérien direct et allaient définitivement perdre Alep, de même que l'armée loyaliste n'est plus en mesure de libérer le triangle oriental syrien sans soutien russe... malheureusement réduit à la portion occidentale "vive" du pays, la Russie évitant d'intervenir dans l'est dont l'armée syrienne a été chassée et où les Etats-Unis ont installé leur chape aérienne. Sur le plan tactique Deir ez-Zor qui abrite, sauf erreur, l'aérodrome le plus oriental encore tenu par le gouvernement syrien, est encore plus cruciale pour celui-ci que Hassaké car elle contrôle la route vers l'Irak. Sur le plan opératif il semble que les Etats-Unis aient décidé, afin de refouler la Syrie à l'est de l'Euphrate et compte tenu de la réticence des milices kurdes à sortir de leurs territoires pour pousser vers le sud (et de la lenteur inattendue de l'armée turque pour sa part réticente à une confrontation avec la Russie), de pousser Al Nosra vers le nord pour opérer la jonction avec l'armée turque, permettant à l'Etat Islamique de se retirer vers l'est pour se redéployer dans le triangle oriental, hors d'atteinte de l'armée syrienne ainsi bloquée à l'ouest de l'Euphrate, et continuant de fournir ainsi un prétexte à l'intervention états-unienne entre celui-ci et la frontière irakienne. On rappellera ici entre parenthèses que si les forces armées états-unienne et turque relèvent d'acteurs bien distincts au sein de l'OTAN, et si les milices kurdes originellement loyales à l'Etat syrien poursuivent des intérêts strictement régionaux (parfois transfrontaliers), l'Etat Islamique et le front Al Nosra, récemment rebaptisé Al Cham pour l'esthétique, ne sont que deux corps d'armée relevant d'un même commandement atlanto-sunnite, dont les combattants voire des unités entières passent facilement de l'un à l'autre en fonction des nécessités de la communication occidentale ou des livraisons d'armes par leur centrale de réception commune l'Armée Syrienne Libre ouverte en Turquie. En tout cas sur le plan stratégique, l'opération états-unienne à Der ez-Zor était l'occasion d'annoncer une entrée en guerre directe contre la Syrie et éventuellement contre la Russie.
 
Peu gênés d'avoir été pris en flagrant délit d'appui feu aérien au profit de l'Etat Islamique, les Etats-Unis ont lancé trois jours plus tard une campagne visant non seulement à faire oublier cette opération mais de plus à accuser la Syrie et la Russie, tout en faisant avancer leur objectif maintes fois répété de confisquer l'espace aérien de la Syrie. L'attaque contre un convoi humanitaire para-gouvernemental et international (Croissant Rouge et ONU), détruit par le feu le 19 septembre à Urum al Kubra (nord-ouest d'Alep) suite à une ou plusieurs explosions sans cratères d'origine aérienne, leur en a fourni l'occasion. Pour mémoire, le gouvernement syrien a longtemps demandé qu'on assure le passage des convois humanitaires en direction d'Alep assiégée par la guérilla islamiste, et on ne compte plus les appels publics de la Russie dans le même sens (encore ce 26 septembre), alors qu'au contraire les Etats-Unis ont formellement interdit à la Grèce et à la Bulgarie de laisser passer l'aide humanitaire envers la Syrie par voie aérienne, de la même manière que ses alliés de l'OTAN dans l'Union Européenne ont tout fait, on s'en souvient, pour interdire la livraison d'aide humanitaire aux populations du sud-est de l'ex-Ukraine attaquées par l'armée du pouvoir issu du coup d'Etat du 22 février 2014. Et de la même manière le front Al Nosra, systématiquement opposé au passage de toute aide humanitaire pour Alep (où il tient une portion de population en otage comme boucliers humains), avait précisément annoncé que ce convoi-là ne passerait pas si l'armée régulière ne se retirait pas préalablement de la région. Accompagné par le Croissant Rouge qui travaille en partenariat avec le gouvernement, et venant de passer un point de contrôle gouvernemental de son contenu, ce convoi avait donc été demandé, approuvé et parrainé par le gouvernement syrien. La vidéo d'observation russe, publiée en réponse aux nombreuses accusations proférées par le gouvernement états-unien contre la Russie, montre un véhicule de moudjahidines remorquant un mortier lourd suivant le convoi après le dernier point de contrôle gouvernemental, mais les premières images diffusées notamment par les faux Casques Blancs (qui passaient par là aussi opportunément que la télévision bosno-turque au marché de Markale) montraient un nuage de poussière métallique caractéristique des attaques par avion télécommandé états-unien Predator, dont le survol révélé par la Russie a été reconnu par les Etats-Unis qui déclarent que leur drone a tout filmé mais qu'ils ne diffuseraient pas l'enregistrement... tandis que les médias occidentaux, eux, en épurant leurs films après avoir appris qu'ils diffusaient les images indiscutables d'un nuage d'aluminium, avouent de ce fait leur partialité et leur mépris de l'information. Les Etats-Unis vont jusqu'à assurer que deux Sukhoï-24 ont attaqué le convoi pendant plus de deux heures, ce qui est non seulement incompatible avec les dégâts occasionnés mais aussi avec l'emploi possible de tels avions.
 
Dès le 20 septembre les Etats-Unis ont multiplié leurs intimations à la Syrie et à la Russie de ne plus survoler le nord de la Syrie. La presse des pays de l'OTAN appelait de nouveau depuis plusieurs mois, sous prétexte d'humanitarisme et avec le renfort des images des faux Casques Blancs, à ouvrir des "couloirs humanitaires" non contrôlés entre le réduit islamiste d'Alep et la frontière turque, vraisemblablement pour y acheminer le même genre d'aide que transportaient en Bosnie et Herzégovine les convois des organisations para-gouvernementales des pays de la Conférence Islamique et parfois même certains convois de l'ONU parasités, puisque dans le même temps les islamistes eux-mêmes refusent le passage de la véritable aide humanitaire conjointe de l'ONU et du Croissant Rouge contrôlée par le gouvernement syrien. Les Etats-Unis ont même demandé au Conseil de Sécurité, le 21 septembre (quatre jours après leur attaque aérienne contre l'armée syrienne), l'établissement de "zones d'exclusion aérienne" de l'aviation gouvernementale et de son alliée russe au-dessus des territoires contrôlés par la guérilla islamiste, c'est-à-dire la confiscation de l'espace aérien syrien par les Etats-Unis au profit de leurs troupes supplétives au sol.
 
L'annonce de la signature d'un accord de cessez-le-feu avec la Russie, le refus d'en dévoiler le contenu complet et donc de reconnaître que ce sont les Etats-Unis qui n'ont pas rempli leurs obligations (la distinction entre factions armées "terroristes" et factions armées "modérées" et le classement du front Al Nosra), puis l'escalade militaire contre les forces gouvernementales habilement suivie d'accusations d'attaque du convoi humanitaire par la Russie, permettent évidemment aux Etats-Unis de tenter de se présenter comme un facteur de paix et de présenter la Russie comme violatrice d'accords de cessez-le-feu (que la Russie finira probablement par divulguer au complet pour confondre les Etats-Unis), alors qu'il avait été respecté depuis le 12 septembre par l'armée syrienne et violé ou ignoré par toutes les factions islamistes qui étaient justement censés, par son respect, se ranger sous la bannière "modérée" que les Etats-Unis entendent distinguer de l'Etat Islamique. Accessoirement cela permet aussi aux Etats-Unis de ne pas entrer dans l'application des détails concrets des accords, notamment l'établissement d'une coordination opérationnelle avec la Russie matérialisée par un état-major commun de renseignement et de coordination, ce que demande la Russie depuis le début de son intervention en Syrie et que les Etats-Unis rejettent catégoriquement tout en accusant la Russie d'attaquer les "bons" moudjahidines et en refusant d'indiquer qui et où sont ces derniers.
 
Certains centres de pouvoir aux Etats-Unis tenaient à mettre déjà le pied dans l'une des cinq portes possibles d'escalade contre la Russie (les autres étant la Baltique, l'ex-Ukraine, la Mer Noire et le Caucase) avant l'hypothétique élection d'un gouvernement états-unien plus isolationniste, pour les impérieuses raisons que l'on approfondira prochainement.
 
Le 22 septembre le ministre syrien des affaires étrangères Walid Mouellem (dernier ministre chrétien pas encore assassiné) a encore appelé, devant l'Assemblée Générale de l'ONU, à une résolution politique par le biais d'un gouvernement de réconciliation nationale puis d'un referendum constitutionnel, tout en exigeant le retrait des forces étrangères, tant les mercenaires islamistes introduits par la frontière turque (il en resterait près de 150000 sur les 360000 entrés depuis 2011) que l'armée turque elle-même.
 
Au niveau du Conseil de Sécurité, et en riposte à la convocation d'urgence des Etats-Unis devant celui-ci le lendemain de leur attaque contre la Syrie (dimanche 18), les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont convoqué la Syrie devant le Conseil de Sécurité ce dimanche 25 pour lui proférer devant les autres membres du Conseil leurs accusations incohérentes au sujet de l'attaque du convoi humanitaire, puis lorsque la parole a été donnée à la Syrie ces trois membres de l'OTAN, et membres permanents du Conseil de Sécurité, ont ostensiblement, d'un seul mouvement silencieux coordonné à l'avance, quitté la salle. Pour mémoire le Conseil de Sécurité n'est ni un prétoire médiatique ni une cour d'accusation, mais une instance de concertation entre pays souverains soucieux de préserver la paix internationale. La Russie proteste contre ce dévoiement de l'instance internationale suprême et ce mépris de la communauté internationale, mais en fait ce mouvement fort peu diplomatique de refus d'entendre la réponse d'un pays souverain qui vient patiemment d'écouter son acte d'accusation infondée signifie clairement le choix de la confrontation, et sur un autre terrain.
 
Les trois puissances nucléaires de l'OTAN viennent de déclarer publiquement la guerre à la Syrie du haut de leur chaire au Conseil de Sécurité de l'ONU. On devine la suite, elles préparent déjà un projet de résolution destiné non pas à l'approbation des douze autres membres du Conseil mais aux trois agences de presse de l'OTAN qui dictent l'information occidentale et le présenteront comme une "résolution du Conseil de Sécurité bloquée par la Russie", ce qui justifiera de passer outre le Conseil.
 
Le 3 septembre 2013, lorsque les Etats-Unis ont tiré (depuis l'ouest de la Méditerranée) deux missiles balistiques contre la Syrie pour tester la défense antimissile russe récemment déployée, la Russie les a détruits mais a aussi vraisemblablement averti les Etats-Unis de ne pas recommencer, tout en sauvant leur face en leur proposant d'accepter, à titre de victoire alternative, le démantèlement des armes chimiques de la Syrie. Pour sa part la France, toujours frustrée de l'annulation au dernier moment (et sans concertation) de l'agression directe contre la Syrie début septembre 2013), vient d'annoncer l'envoi, le 19 septembre (mais vraisemblablement décidé depuis mai ce qui indiquerait une préméditation de l'OTAN), du porte-avions français l'ex Richelieu rebaptisé de Gaulle. Aujourd'hui 27 septembre, l'OTAN annonce l'envoi d'avions de détection aérienne AWACS, plus adaptés à la poursuite d'avions (dont les islamistes sont dépourvus) qu'à la chasse aux Toyota d'Al Nosra et aux Humvee de l'Etat Islamique
 
Il est à noter que l'annonce n'émane pas des Etats-Unis ou d'un autre membre de la coalition anti-syrienne mais bien directement du Secrétaire Général de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, Jens Stoltenberg, en marge d'une réunion de ministres de la défense de l'Union Européenne.
 
On a décidé l'escalade.

mercredi 21 septembre 2016

plus c'est gros plus ça repasse

On l'a compris depuis Markale II, réédition de Markale I qui avait si bien marché, la répétition paie mieux que l'imagination car elle assure qu'une opinion bien matraquée la première fois reconnaîtra facilement l'événement la deuxième fois. La vérité importe peu si le mensonge est crié plus fort par tous les médias, et si de plus un membre permanent du Conseil de Sécurité est en mesure d'interdire la publication des gênants résultats de l'enquête quelques années plus tard.
 
On se rappelle que lorsque le gouvernement syrien a fini par obtenir l'envoi d'une mission internationale d'enquête sur le bombardement chimique du 19 mars 2013 près d'Alep dont l'accusait unanimement la presse islamo-atlantiste nourrie par les agences de presse des pays de l'OTAN, et que l'arrivée de la commission d'enquête a été annoncée pour le 25 août 2013, de nouvelles attaques chimiques ont été perpétrées le 21 et le 24 août près de Damas et la commission a alors été déroutée là (où elle fut immédiatement attaquée par les islamistes), avec d'ailleurs le pas très curieux mandat de confirmer si une attaque chimique avait eu lieu mais l'interdiction de chercher à en déterminer les responsables.
 
Ce samedi 17 septembre 2016 les Etats-Unis d'Amérique, et certains de leurs alliés, ont été pris en flagrant délit de fourniture d'un appui feu aérien à une attaque cruciale de l'Etat Islamique contre l'armée régulière syrienne qui tentait de reprendre le contrôle de la frontière syro-irakienne, menaçant sérieusement la continuité des lignes logistiques de la guérilla islamiste, laquelle a immédiatement exploité l'appui aérien avec une parfaite coordination temporelle. D'après les témoignages, cet acte de guerre contre un Etat souverain a été doublé d'un crime de guerre puisque les avions ennemis, après avoir détruit l'unité syrienne, sont revenus en achever les blessés en les mitraillant, vraisemblablement au canon de 30 mm.
 
Les Etats-Unis ont été convoqués en urgence devant le Conseil de Sécurité de l'ONU pour s'en expliquer, la presse des pays membres de l'OTAN n'a pas fait état des débats et la Russie, à l'origine de la convocation, a joué de sa discrétion habituelle pour sauver l'image du pays qu'elle s'obstine à qualifier de partenaire. Sur un autre sujet, le vol MH-17 abattu par l'Ukraine, commence à apparaître l'ampleur de la pression exercée pour produire des fausses preuves contre la Russie.
 
Si on se rappelle les affaires de bombardements d'hôpitaux par les Etats-Unis généralement suivis d'accusations contre la Russie, il n'est au fond pas très surprenant qu'à peine trois jours après ces exactions étatsuniennes en Syrie, la Russie soit accusée nommément, par les Etats-Unis, d'avoir attaqué un convoi humanitaire de l'ONU, qui a d'ailleurs effectivement brûlé et vraisemblablement été attaqué par quelqu'un.
 
Opportunément, comme les équipes de télévision bosno-turques qui passaient toujours par là au moment où le marché de Markale (par exemple) allait être "pilonné", il y a des vidéogrammes déchirants réalisés presque par hasard par les faux Casques Blancs de la guérilla islamiste, rendus célèbres par leurs calomnies contre la Russie juste après le début de son intervention d'appui à la Syrie, et encore plus célèbres depuis leur récente réussite du garçonnet sur le siège orange, seule photographie publiée par les médias occidentaux parmi les dizaines d'autres qu'a réalisées le même photographe, pas toujours en casque blanc, pas toujours sans armes, pas toujours très neutre, et pas toujours compatissant envers les victimes, comme en témoignent notamment les enquêtes fournies de Vanessa Beeley.
 
On reviendra très prochainement sur l'imposture de ces faux Casques Blancs auxquels la presse atlantiste permet de continuer d'usurper l'appellation des seuls White Helmets reconnus par l'ONU depuis 1994.

lundi 12 septembre 2016

opération Ronces - méthode tactique

L'estimation basse des effectifs nécessaires à l'opération Ronces a suscité de nombreuses réactions. Sur la question non de l'opportunité mais des moyens, une réaction typique consiste à dire "il suffit de donner carte blanche à l'armée et elle se débrouillera", comme s'il suffisait d'ordonner au ministre de l'aménagement du territoire de coloniser la Lune pour que ça se fasse. Il faut se rendre à l'évidence, et on ne va pas paraphraser ici l'étude exposée dans le Septième Scénario, il n'existe plus d'armée française puisque le gouvernement n'a conservé que quelques brigades. D'ailleurs pour manier la matraque et les menottes ou apaiser un auto-explosif fanatisé, l'Education Nationale a des effectifs plus conséquents et des savoir-faire plus appropriés que l'informaticien pointeur ou le camionneur livreur d'obus d'un canon de 155 mm.
 
Il faut donc procéder avec méthode. Selon M. Zemmour l'objectif de cette opération serait de "reconquérir ces terres devenues étrangères". Le pourquoi, pour combien de temps et pour quoi y faire ensuite appartient à l'échelon politique. Pour sa part l'état-major, cité dans le "quinquennat pour rien", traduirait cela en un nouvel état de choses à l'issue de l'opération, en l'occurrence le rétablissement de la souveraineté de la France (matérialisée par l'autorité de l'Etat) sur l'ensemble de son territoire. L'analyse de cette mission ferait apparaître la nécessité d'obtenir un effet majeur, la neutralisation de l'adversaire intérieur, dont le centre de gravité se situe dans les enclaves de droit non français. Tous les modes d'action possibles comprendraient au moins le bouclage et la perquisition de cinq mille enclaves (le centre de gravité), dont aucune ne peut être l'affaire de moins d'une compagnie (cent hommes) et une dizaine nécessiteraient une division (dix mille hommes), ainsi que le contrôle de quinze millions de personnes (l'effet majeur), soit, pour reprendre la référence citée par M. Zemmour, trente fois la population d'Alger en 1957. Tout cela devrait être mené simultanément. Enfin l'échelon politique imposerait certainement un impératif, la localisation et la neutralisation sur l'ensemble du territoire de quelques milliers de binômes auto-explosifs. Il n'y a besoin ni d'être un expert en gendarmerie ou en défense territoriale, ni d'avoir fait l'Ecole de Guerre, pour comprendre qu'il y faudrait des effectifs d'un autre ordre de grandeur que la Gendarmerie Nationale actuelle.
 
Tout tacticien reconnaîtra que la vague estimation minimale annoncée pour la première phase n'est pas exagérée. L'opération Ronces pourrait rester "dans les cartons" pour encore un certain temps.

vendredi 9 septembre 2016

opération ronces - première et deuxième phases

Les commentaires de Stratediplo sur l'opération Ronces annoncée par Eric Zemmour, et sa confirmation répétée que "évidemment ce plan existe", ont été pris suffisamment au sérieux pour obliger à dévoiler maintenant les deux premières phases de ce plan.
 
En effet on a consacré, l'année dernière, plusieurs mois à l'étude méthodique des réactions gouvernementales possibles à la sécession locale d'une minorité adepte d'une idéologie distincte, étude qui a débouché sur la rédaction du Septième Scénario.
 
On évacuera rapidement la question de l'adaptation nécessaire des méthodes israéliennes. D'une part le régime français actuel n'envisage ni peuple en armes ou armes chez le peuple, ni égalité des sexes pour trois ans de service militaire obligatoire. D'autre part les territoires métropolitains où s'exerce un droit non français sont constitués pour l'essentiel de grands ensembles d'immeubles collectifs, et non pas de petites maisons comme en Palestine, aussi la pratique israélienne de destruction systématique de toute habitation ayant hébergé un combattant adverse changerait drastiquement l'apparence du paysage suburbain français et engendrerait très vite des millions de sans-abris n'ayant plus rien à perdre.
 
Un expert aux sources sûres a assuré ce 8 septembre qu'il y a un quart de siècle, avant même la guerre de religion en Bosnie et Herzégovine, une division d'infanterie avait été préparée à la "reprise de la ville de Roubaix sous contrôle de milices islamiques", tâche qui n'a laissé ni trace ni souvenir (à un moment où les états-majors disséquaient l'improvisation Daguet) mais correspondrait effectivement aux capacités d'une telle division de l'époque, ou, il n'est pas inutile de le préciser, à l'effectif maximum prévu aujourd'hui pour l'ensemble de l'armée française en cas de "projection" (intervention) intérieure, sachant que son corps expéditionnaire représente, lui, l'équivalent d'une division d'infanterie et demi de l'époque. Certes, des Roubaix il en existe plusieurs, et des territoires qui ont échappé à la souveraineté du pays, en métropole, il y en a aujourd'hui plusieurs milliers, pas tous d'une taille justifiant l'intervention d'une division mais aucun pouvant être "repris" par moins d'une compagnie.
 
Quelques années plus tôt la défense territoriale (distincte du corps de manœuvre blindé mécanisé) alignait plusieurs centaines de milliers d'hommes pour chasser et détruire de manière décentralisée, sur l'ensemble du territoire, les petites équipes de Spetsnaz vouées aux sabotages et exécutions ciblées, et dont le volume maximum affecté par l'Union Soviétique au théâtre français était bien inférieur au nombre de "radicalisés" expérimentés présents aujourd'hui en France, et qui de plus n'évoluaient pas dans une communauté sympathisante d'un cinquième de la population française.
 
Et puisqu'Eric Zemmour a fait référence à la "bataille d'Alger", il n'est pas inopportun de rappeler que l'opération de pacification après la vague d'attentats, qui n'était pas une mission militaire, a nécessité en 1957 le déploiement pendant neuf mois, dans une ville moins peuplée que Strasbourg ou Bordeaux aujourd'hui, d'un effectif représentant une fois et demi le maximum que l'armée de terre est capable de déployer en métropole en 2016. Le gouvernement actuel (et ses prédécesseurs) s'est doté d'une capacité de traiter un "roncier" unique, bien délimité et très restreint en regard de l'ensemble du territoire national. Le Septième Scénario établit cependant en conclusion que, en s'affranchissant (en cas de péril) de sa planification officielle et à condition de pouvoir rapatrier à temps tous ses corps expéditionnaires, le gouvernement pourrait disposer d'effectifs permettant de traiter en même temps... trois autres "ronciers" équivalents.
 
Tout cela posé, on peut sans violer le moindre secret d'Etat avancer que la deuxième phase de l'opération Ronces sera l'instruction intensive, et orientée sur cette mission particulière, pendant six mois pour chaque unité devant être impliquée. Puisqu'un expert expliquait aujourd'hui que ce serait le rôle du Centre d'Entraînement aux Actions en Zone Urbaine, plus proche que la Palestine, on peut donc estimer la durée de cette deuxième phase en multipliant six mois par le nombre de sessions nécessaires pour former, par contingents de 250 stagiaires, les divisions ou les forces territoriales sélectionnées pour l'opération.
 
Avant d'aller plus loin on rappellera que, sans préjudice des valeurs absolues, la proportion des citoyens d'obédience étrangère parmi la population française est bien inférieure à ce qu'elle est en Palestine. On peut aussi raisonnablement supposer que le soldat qui défend sa patrie est plus motivé que celui qui soumet un territoire occupé, et on prendra pour hypothèse simplificatrice que six mois de formation intensive en France valent trois ans de service militaire en Israël.
 
La première phase de l'opération Ronces, et on laissera chacun calculer la durée de cette phase selon ses propres critères d'estimation, consistera donc nécessairement à recruter, en fonction des chances de succès que l'on souhaite donner à l'opération et de la durée que l'on souhaite lui consacrer, entre un et trois millions de militaires.
 
Avis aux volontaires.

jeudi 8 septembre 2016

opération ronces-voeux

L'expression qui sera rapidement sur toutes les premières pages, c'est "opération Ronces".
 
Il est vrai qu'Eric Zemmour ne laisse pas indifférent, il ne mâche pas ses mots, il sait jouer de l'audience qu'on lui offre (bizarrement ?) facilement, et ses fidèles assurent qu'on ne l'a jamais pris en défaut d'information, jusqu'à présent. Toute occasion de diversion étant bonne à prendre, une partie de la presse, peu gênée de commenter un livre qu'elle n'a pas lu, annonce que M. Zemmour vient de révéler le plan de l'armée française pour reconquérir les terres perdues par la France en métropole. Une autre partie de la presse, qui a lu les trois lignes en question, annonce qu'il a révélé, du moins, l'existence et le nom de ce plan.
 
Car évidemment ce plan existe.
 
Il existe aussi sûrement que le fantasme de coup d'Etat militaire éventé il y a trois ans par le Lys Noir et son fidèle lecteur tombé tout petit dans les questions de démilitarisation, qui assurait que le ministère prenait l'affaire très au sérieux et qui activait ses sources bien informées. Il existe, et tous les officiers d'état-major de l'armée de terre et de la gendarmerie savent qu'un tel plan ne tient pas "dans les cartons".
 
La planification de l'opération Ronces a certes bénéficié, c'est M. Zemmour qui le dit, du retour d'expérience de l'armée israélienne, que le gouvernement français a certainement choisie en raison de ses résultats (comme chacun sait) décisifs, positifs et exemplaires à Gaza, et qu'un certain nombre d'officiers français ont donc été chargés de noter, analyser, conceptualiser et formaliser. Cela ne saurait évidemment suffire, et l'état-major de l'armée de terre, riche en spécialistes de la coordination multinationale de patrouilles sur axe routier dans les vallées afghanes, a dû amener ses officiers traitants, diplômés et brevetés d'état-major, à dérouler leur fameuse méthode de définition du contexte physique et humain, détermination des effets majeurs à obtenir, identification des points décisifs, choix des modes d'action etc., en vue de l'élaboration d'une conception de manœuvre, en amont de l'entrée en scène des spécialistes chargés, pour leur part, de la déclinaison spécifique en termes techniques et tactiques des composantes appuis, renseignement, mobilité, transmissions, logistique... la planification d'une telle opération n'étant pas l'affaire d'un général et de deux colonels. Comme on le lisait aujourd'hui sur certains media, l'élaboration de ce plan a nécessairement impliqué aussi les bureaux opérations des régiments d'infanterie (susceptibles d'être) concernés, à la grande joie certainement des commandants et lieutenants-colonels sortis d'école après la guerre de Bosnie et Herzégovine et instruits par des anciens de la tempête du désert irakien.
 
Il est vrai aussi qu'après avoir rigolé de l'emballement étatsunien à citer abondamment le colonel Galula à contresens et à contre-emploi, les officiers français d'après le Pacte de Varsovie et le service mononational à menu unique n'ont plus eu honte de consulter en librairie les réflexions du colonel Trinquier. Cela n'a pu que faciliter les études du commandement de la doctrine, chargé de rédiger les manuels d'emploi des forces et les traités d'instruction (toutes armes ou spécifiques), sachant qu'un nouveau concept d'emploi des armées françaises, ou la résurrection d'un concept oublié depuis plus de deux générations, n'est pas aussi simple à adopter et mettre en œuvre qu'un vulgaire logiciel de paye.
 
Donc évidemment puisque ce plan existe, on peut avouer maintenant que pratiquement tous les officiers supérieurs sont au courant.
 
L'année dernière, aux six scenarii (scénarios selon la terminologie gouvernementale) de recours aux moyens de la défense, définis par le Livre Blanc de 2008, a été discrètement ajouté un septième scénario. On a étudié le volume des forces utilisées à Alger en 1957, à Bab el Oued en 1962, et jusqu'à Baltimore en 2015. On a déterminé les capacités réelles de ce qui reste d'armée de terre française pour divers types de missions, dont la stabilisation d'une agglomération et la sécurisation de la population. On a étudié un enchaînement type (à titre d'exemple possible) de circonstances pouvant conduire à ce scénario, et pris en compte le rôle possible des forces de maintien de l'ordre de deuxième catégorie. On a même envisagé la proclamation (un 14 novembre, coïncidence plus que prophétie) de l'état d'urgence défini en 1955, et on a déterminé que par contre l'état de siège ne serait pas proclamé car il n'apporterait rien. On a, évidemment, tiré toutes les conclusions sur l'issue possible, en l'état actuel et surtout dans le volume actuel des moyens militaires français, en d'autres termes on a déterminé quel volume maximal de population il serait possible de sécuriser. Et oui, cette étude d'état-major a été présentée aux plus hautes autorités militaires, tout en étant accessible au public (www.lulu.com/fr/shop/stratediplo/le-septième-scénario/paperback/product-22330739.html).
 
Mais pour ce qui est du plan mis au point, "déjà dans les cartons" et baptisé Opération Ronces, la fuite ne peut provenir que du fameux Dugommier, qui vient d'obtenir un temps de commandement de deux ans aux Kerguelen.

ces mercenaires français rappelés du Levant

La presse française diffuse depuis quelques semaines une campagne de communication criminelle. La profusion et la simultanéité de la paru...