mardi 19 juillet 2016

encore combien de Milk Bar

On ne fera pas long, tout reste à faire mais tout a été dit. Néanmoins la répétition des même réflexions a au moins le mérite de contribuer au volume général de la protestation.
 
On s'interroge sur les prochains stades de l'escalade des opérations de relations publiques gouvernementales, au-delà de la destruction, annoncée par le président de la République à ses 12% d'approbateurs résiduels quelques heures après les sacrifices de Nice, de détruire un peu plus d'infrastructures syriennes après soigneuse évacuation de leurs occupants qataris.
 
Sur le plan intérieur la gesticulation en cours rappelle le printemps 2009, où le gouvernement avait grandiloquemment décrété le plan national de prévention et de lutte contre la pandémie grippale, puis son escalade législative phase après phase pour cacher sa décision non seulement de n'en appliquer aucune, mais aussi de laisser volontairement entrer la grippe Smithfield. Il en est de même, on l'a expliqué dès le début, de l'état d'urgence. Aujourd'hui certains appellent l'instauration du couvre-feu. Dans l'étude d'août dernier sur le Septième Scénario, qui annonçait la proclamation de l'état d'urgence un 14 novembre (involontaire prophétie), c'était justement pour pouvoir instaurer le couvre-feu en certains lieux que le gouvernement décidait de déclarer l'état d'urgence (comme en 2005). Or l'état d'urgence a bien été déclaré le 14 novembre mais le gouvernement n'a pas jugé opportun d'instaurer un couvre-feu dans les parties du territoire où son autorité est encore respectée. En soi d'ailleurs un couvre-feu nocturne ne changerait pas grand-chose puisque les sacrifices humains bismillah sont préférentiellement exécutés de jour, nonobstant quelques exceptions dans la pratique. De toute façon les quinze millions de partisans de cette pratique, et les quelques exécutants passés à l''acte jusqu'à présent, accordent à la loi coranique une autorité supérieure aux lois et décrets étatiques. La circulation d'un gros camion frigorifique en infraction des interdictions de centre ville, d'horaires vespéraux et de livraison les jours fériés n'est pas plus exceptionnelle que la tolérance des arsenaux des enclaves suburbaines de droit extraterritorial ou le laissez-passer sans contrôle accordé à toutes les encagoulées intégrales dans les aéroports de France et de Mayotte, sous état d'urgence comme sous état de patience : même en dehors des zones de droit coranique, l'exécutif ne fait plus appliquer les lois votées par le législatif, ou du moins il en exempte certaines populations et prend bien soin de leur faire savoir que ce n'est pas de la négligence aléatoire mais une exemption ciblée, au sens propre un privilège, accordé non pas à un individu selon son mérite mais à une communauté selon sa croyance… discours promotionnel dont l'effet, voire l'objectif, ne peut être que la propagation de ladite croyance qui accorde ainsi un statut supra-citoyen en France.
 
Quant à l'état de siège au sens de l'article 36 de la constitution, on a également déjà répondu à ceux qui en rêvent aujourd'hui. Comme en matière de pandémie, il est ridicule, donc contre-productif pour l'autorité de l'Etat, de décréter un nouvel état institutionnel avant d'avant appliqué les mesures prévues au stade précédent. Or il y en a beaucoup, et bien plus efficaces que l'instauration d'un couvre-feu dans les zones d'obéissance civique. Sur le territoire national, le transfert de l'autorité civile à une autorité militaire n'a plus aucun sens aujourd'hui en France. Il s'agirait de faire passer les centaines de milliers d'effectifs de police professionnelle sous le commandement de quelques officiers généraux exclusivement issus du corps expéditionnaire de manœuvre, puisque la restauration précipitée d'un symbolique commandement territorial ne peut pallier ni la dissolution des forces de défense du territoire, ni la déqualification méthodique, à leur corps défendant, des cadres de réserve, deux chantiers de désarmement menés depuis vingt ans par l'état-major conjoint Bercy-saint-Dominique. Qu'il s'agisse d'un simple couvre-feu à vocation publicitaire ou d'une véritable opération de perquisition et désarmement des enclaves extra-étatiques en France, il faudrait s'attendre non pas à une collaboration civique généralisée mais à l'insurrection, spontanée ou intimée, de l'ensemble des zones concernées, alors que l'effectif militaire maximal déployable ne permettrait même pas de sécuriser une seule métropole régionale, comme on l'a démontré, par les chiffres et selon les méthodes du Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité, dans le Septième Scénario.
 
Surtout, aucune mesure de restauration de l'ordre pré-mahométan ne peut avoir la moindre efficacité dans l'actuel état d'esprit gouvernemental de soumission (islam en langue arabe) régulièrement exprimé par le régime, qui demande expressément à la population française de s'habituer à la généralisation des sacrifices collectifs pour au moins dix à vingt ans, sans oser lui préciser quelle issue la population survivante devrait attendre de cette tolérance vicennale. Le ministre de l'Intérieur a certes menti en disant le 5 août 2014 qu'il n'était pas illégal de prôner le djihad en France, puisque toute incitation à la violence est interdite qu'elle qu'en soit le motif ou la finalité. Mais son propos était cependant suffisamment grave pour devoir être pris au sérieux, tant comme intimation d'accepter, pour les uns, que comme encouragement à continuer, pour les autres ; le maintien à son poste après ce type de déclaration est un endossement gouvernemental sans ambiguïté. De son côté, le Directeur Général de la Sécurité Intérieure a déclaré le 24 mai 2016 devant l'Assemblée que ce qui le préoccupait beaucoup plus que le djihad est le risque de radicalisation d'une ultra-droite
 
Pour les peuples de France, lorsqu'après avoir compris qu'ils ne pourraient pas contraindre le régime à l'obéissance civique ils auront repris leur destin en main, les méthodes de leur salut seront à chercher de l'autre côté de la Méditerranée : comme en Algérie l'interdiction de toute manifestation publique d'allégeance à l'idéologie mahométane (prières de rue par exemple), comme en Tunisie la fermeture des officines de propagation de ladite idéologie (mosquées par exemple). Seul le gouvernement français, dont aucun membre n'a sérieusement étudié le Coran (certaines ministres l'ont juste appris par cœur), prétend distinguer entre mosquées takfiristes, salafistes ou wahabbites comme il entend distinguer les bons terroristes qui massacrent des Syriens déclarés ennemis de l'Islam des mauvais terroristes qui massacrent des Syriens engagés eux aussi dans la lutte contre l'Etat laïc syrien. De même que tout chrétien confirmé, ou baptisé à l'âge adulte, a vocation (sinon empressement) à devenir un pratiquant de la confession, de la communion, de la messe, du pardon et de l'extrême-onction, tout musulman a vocation à prier cinq fois par jour pour l'extermination des non-musulmans, à faire l'aumône envers ses coreligionnaires, à faire le pélerinage à La Mecque si ses moyens le lui permettent, à se préparer pendant un mois au sacrifice par égorgement (d'abord à finalité alimentaire), et à faire le djihad. Cette vocation-là, aucune confiscation d'armes n'en viendra à bout, quand bien même une dictature musclée aurait la volonté et les moyens d'entreprendre la confiscation de toutes les Kalachnikov, tous les camions frigorifiques et tous les Opinel de France et de Mayotte. Regarder vers le pays fondé par le colonel de Gaulle, c'est se rappeler qu'après la confiscation irréfléchie des fusils de chasse aux fermiers isolés en 1992, le gouvernement a été obligé de distribuer des Kalachnikov aux villageois regroupés en 1995, à peine trois ans plus tard. Les événements vont parfois plus vite que la réflexion politique.
 
En quelques mois la France a déjà subi vingt fois le Milk Bar, la Cafétéria, le Coq Hardi et l'Otomatic réunis. La seule riposte qui ait fonctionné, en 1995 comme en 1957, c'est le Dispositif de Protection Urbaine. Si les Français veulent éviter de devoir choisir entre la chahada et le cercueil, c'est désormais à l'échelle du pays qu'ils devront mettre ce dispositif en œuvre.

lundi 4 juillet 2016

du besoin d'en connaître

La parole est d'argent, le silence est d'or.
 
D'une manière générale l'information confère du pouvoir. Son excès quantitatif peut certes noyer un esprit incorrectement formé ou insuffisamment synthétique, raison pour laquelle l'honnête homme est un généraliste et le stratège ou le directeur général n'est pas un spécialiste. La société d'exploitation (aujourd'hui essentiellement africaine) est basée sur les ressources extraites, la société de production (aujourd'hui essentiellement asiatique) est basée sur les produits fabriqués, la société d'information (aujourd'hui essentiellement européenne) est basée sur les connaissances, qu'il faut élaborer, protéger, utiliser et échanger, en un mot gérer. D'ailleurs dans cette société les cadres ne peuvent se contenter de recevoir passivement l'information, ils doivent au minimum, comme on l'a expliqué par ailleurs, établir un compte d'exploitation (charges et produits) précisant les informations à obtenir et celles à livrer, de même qu'un officier de renseignement dresse une liste des informations à recueillir avant d'établir son plan de renseignement. Cependant en se partageant sans se réduire cette matière auto-reproductrice, qui est à la fois ressource et produit, est facilement envahissante, et il est nécessaire d'en contrôler même les flux entrants, de la même manière qu'un producteur de pétrole a une vanne de régulation et qu'une usine gère sa chaîne d'approvisionnement pour ne pas crouler sous un stock incontrôlé de matière première. Ce n'est pas par hasard que les concours ou examens pour décideurs comportent une part de sélection d'information, c'est-à-dire qu'on donne aux candidats plus d'informations que ce dont ils peuvent prendre connaissance pendant le temps imparti, y compris des informations strictement inutiles au problème posé. Surtout, l'information est impossible à reprendre ; on peut suivre, retrouver et remettre à sa place un objet volé, mais on ne peut pas reconfiner une information échappée. L'information affecte la cognition et on ne peut pas revenir à l'état antérieur à son acquisition, même si on feint de ne pas la prendre en compte dans un raisonnement. Celui qui a cédé (donné ou vendu) une information cesse certes de la posséder, du moins exclusivement, mais il continue de la détenir, ainsi que tous les intermédiaires qui l'ont relayée vers le dernier récepteur.
 
L'ignorance fait pitié (aux autres, car l'ignorant ignore qu'il ignore) mais le secret fascine. Ignorer qu'un pays entier est manipulé par un acteur unique caché derrière le gouvernement apparent n'empêche pas de dormir, mais apprendre que c'est le cas et ne pas savoir qui est cet acteur inquiète profondément. Au-delà de l'inquiétude, le secret fascine par l'étiquette occulte. On se rappelle qu'il y a quelques années, une information dite sensible est passée à la presse française simultanément sur deux supports identiques, à savoir deux copies d'un même document, dont l'un était frappé d'une mention de classification (réglementairement tamponnée en rouge en haut et en bas de chaque page) et l'autre ne l'était pas, et presque toute la presse choisit de publier celui qui était classifié. Au lieu de publier la version apparemment ouverte, ce qui est un acte irréprochable sauf si l'on sait (ce qui était évidemment le cas) que l'information est classifiée et que le support sans tampon est d'origine frauduleuse, les journaux décidèrent non seulement de commettre une infraction déontologique et civique, mais même de courir le risque légal de la commission d'un véritable délit légalement punissable, pour attirer l'attention de leurs lecteurs, non pas sur le contenu de la note mais sur son caractère secret et donc sur la "qualité" de leurs sources de fuites. De la même manière, après avoir tenté en vain pendant plusieurs semaines d'amener un interlocuteur à sécuriser sa messagerie, afin de lui faire relayer un outil confidentiel (et une information sensible) auprès des circuits fermés et capables de réaction auxquels cet interlocuteur avait accès, Stratediplo finit par lui adresser une fiche de synthèse à vocation pratique qui se terminait par "si elle est divulguée par la presse sa pertinence sera altérée", et cet ancien professionnel de la sécurité sensible à la griserie d'une récente popularité préféra, sans omettre d'ôter la dernière phrase, jouer le sensationnalisme d'une diffusion grand public sur internet.
 
Car évidemment le secret confère une autorité à celui qui le détient, ou dont on croit qu'il le détient, en l'occurrence une autorité légitime si le secret lui a été confié et une autorité illégitime s'il l'a percé par lui-même. Et pour celui en quête d'autorité, déclarer qu'il détient un secret lui confère une certaine aura, mais le prouver en révélant sa teneur accrédite ou certifie cette autorité. Enfin, selon auprès de qui il veut faire autorité, le détenteur du secret peut soit le révéler au public en général comme dans le cas de la presse évoqué ci-dessus (le secret cesse alors d'exister), soit le confier à un interlocuteur particulier, sous le sceau du secret, flattant personnellement le confident ainsi choisi et lui donnant le sentiment d'être sélectivement admis dans un cénacle fermé. En publiant le secret on le rompt, en le "confiant" on le compromet indûment. Or il a une raison d'être.
 
La défense française cultive, indépendamment du niveau de classification de l'information et d'habilitation de la personne, la notion du "besoin d'en connaître". Une instruction générale interministérielle définit ce besoin d'en connaître comme "la nécessité impérieuse de prendre connaissance d'une information dans le cadre d'une fonction déterminée et pour la bonne exécution d'une mission précise". Nonobstant, même si un texte administratif donne aux fonctionnaires des critères pour l'appréciation judiciaire d'une faute professionnelle (ou d'un crime de trahison), il s'agit au fond tout simplement du principe de discrétion, relevant du bon sens, et toute personne responsable au sens étymologique (qui doit répondre de ses actes) et pas seulement hiérarchique doit exercer son propre jugement de citoyen. A la lettre, une information classifiée à un certain niveau de protection du secret n'a pas vocation à être diffusée à toutes les personnes habilitées à ce niveau, une personne habilitée au Secret Défense n'a pas "le droit" de connaître toutes les informations classifiées SD, et le détenteur d'une information SD n'a pas "l'obligation" de la confier à tous ses correspondants habilités à ce niveau. Cette règle est indépendante du niveau de classification et du type d'habilitation, qu'elle soit permanente et statutaire comme le Confidentiel Défense ou temporaire et liée à une fonction comme le Secret Défense. Dans l'esprit, même une information non officiellement classifiée, et même non officiellement en diffusion restreinte, n'a pas vocation à être libéralement diffusée à tout vent. Sans faire d'espionnite (ce qui serait pourtant excusable dans le pays le plus espionné au monde), il ne faut pas oublier que 80% du renseignement utile est collecté à partir de sources ouvertes.
 
Pour l'anecdote, une personne s'est vue proposer, certainement en preuve de confiance, une information qu'à l'époque tous auraient voulu connaître, du lecteur de quotidien (par curiosité) au chef d'état (pour action), un gouvernement corrupteur ayant même promis une forte récompense à tout traître qui lui livrerait cette information. L'intéressé, au sens propre car il l'était effectivement, était flatté qu'on lui proposât cette information, et son interlocuteur s'honorait certainement qu'on sache qu'elle lui avait été confiée. Il ne s'agissait pas d'intoxication (diffuser une fausse information) car l'informateur, lui-même informé par nécessité à l'occasion d'une action précise, connaissait la discrétion de l'informé potentiel et savait qu'il n'aurait pas fait circuler. Bien entendu cette personne a confirmé qu'en cas de nécessité on pourrait compter sur elle, mais en dépit de sa curiosité (savoir si elle avait deviné juste) elle a préféré ne pas connaître l'information en question, et l'a dit immédiatement. Ce faisant elle s'assurait que son interlocuteur (et ceux qui le tortureraient éventuellement) sache qu'elle ne connaissait et ne connaîtrait pas cette information, et au passage elle lui laissait indirectement et poliment entendre qu'il ne fallait pas la communiquer même à des personnes sûres tant qu'il n'y avait aucune nécessité de le faire.
 
Car la seule nécessité d'informer quelqu'un, c'est son besoin d'en connaître.

ces mercenaires français rappelés du Levant

La presse française diffuse depuis quelques semaines une campagne de communication criminelle. La profusion et la simultanéité de la paru...