lundi 22 février 2016

Riposte Laïque interroge Stratediplo

Riposte Laïque, dans le cadre d'un cycle d'entretiens avec des acteurs connus ou inconnus de l'actualité française ou internationale, a interrogé Stratediplo au sujet de la Huitième Plaie…

Riposte Laïque : Vous venez d'écrire un ouvrage, intitulé « la 8e plaie, Migrants 2015, l'avant-garde », que vous signez du curieux nom de « Stratediplo ». Sans chercher à vous faire révéler votre véritable identité, pourriez-vous expliquer en quelques mots à nos lecteurs qui vous êtes ?

Stratediplo : Avant de répondre concrètement à la curiosité des lecteurs, je dirais d'abord que peu importe car il ne s'agit pas d'opinions dont le poids dépend de la notoriété de celui qui les exprime ès qualité, mais essentiellement de faits que n'importe quel étudiant en journalisme aurait pu mettre en forme. Faute de nom et de titre, on n'a que le texte, et ce sont les arguments qui font autorité ou pas.

Maintenant, pourquoi Stratediplo ? La stratégie d'un sujet de droit international et sa diplomatie vis-à-vis de ses pairs sont les deux outils extérieurs de la souveraineté, et c'est tout naturellement que j'ai signé ainsi mes premiers commentaires de politique internationale à la fin du siècle dernier. Car contrairement à ce qu'ont cru déceler certains critiques à la lecture du Septième Scénario, il ne s'agit pas d'un collectif d'auteurs mais d'une seule personne comme le dénote mon blogue rachitique. De formation gestionnaire, militaire, et diplomatique, j'ai une expérience de durée et profondeur distincte dans ces divers domaines, mais surtout, je crois, l'engagement d'étudier à fond les questions qui m'intéressent, et dont certaines commencent à préoccuper sérieusement nos contemporains qui voient des menaces autrefois floues et lointaines se préciser et se concrétiser.

Depuis un tiers de siècle et dans des milieux différents, l'une de mes compétences et fonctions principales aura consisté à rassembler, qualifier, synthétiser et interpréter des données parcellaires et éparses pour les présenter en une information intelligible et utile, ce qui n'interdit d'ailleurs pas l'expression d'une opinion subjective (voire d'une recommandation) tant qu'elle reste bien séparée de la synthèse objective.

Riposte Laïque : La grande thèse de votre ouvrage est que les deux millions de clandestins, qu'on appelle des migrants, sont une avant-garde qui, s'ils demeurent sur le Vieux-Continent, amèneront forcément des ayant-droits, que vous chiffrez de dix à douze millions d'intrus. Sur quoi vous appuyez-vous pour affirmer cela ?

Stratediplo : En ce qui concerne le chiffre de deux millions d'intrus entrés par voie de fait en 2015, il suffit d'une part de compiler et recouper les recensements diffusés officiellement par diverses instances, en particulier grecques, autrichiennes, allemandes et internationales puisque le gouvernement français, ne démordant pas de ses 12.000 en 2015 et 12.031 en 2016, est muet sur la question du total européen.

La presse minimisante, pour sa part, a retenu, enregistré, scellé et congelé les 1,1 million de demandes officielles du statut de réfugié déposées en Allemagne durant l'année 2015. Or, si effectivement les trois-quarts de cette vague sont arrivés en Allemagne, une bonne partie n'a ni déposé de demande ni n'a l'intention de le faire. Les autorités bavaroises et allemandes ont d'ailleurs publié des pourcentages d'évaporation dans la nature (pas exclusivement allemande), après intrusion en Allemagne et avant dépôt de demande, que l'on cite dans la Huitième Plaie, et qui laissent entendre que ce chiffre est une estimation minimaliste : il est certain que deux millions d'intrus sont entrés illégalement dans l'espace Schengen en 2015, il n'est pas impossible qu'il en soit entré trois millions ou plus.

Les douze millions d'ayants-droit, calculés en multipliant simplement deux millions par six (un conjoint et cinq enfants) selon le coefficient moyen déterminé par les autorités allemandes (tandis qu'en Uruguay chaque couple syrien a amené onze enfants en moyenne si mes souvenirs sont exacts), ne seront par contre pas des intrus, et personne n'a l'intention de les obliger à ramper sous des barbelés. Dès que les régularisations des intrus de 2015 seront effectuées, et même si c'est fait en violation des lois nationales et des conventions européenne et internationale définissant le statut de réfugié, c'est en toute légalité que les gouvernements des pays d'accueil demanderont alors à leurs contribuables de bien vouloir affréter le plus gigantesque pont aérien que l'Histoire ait vu : il y a peu de ports en Afghanistan et nourrir quelqu'un pour un mois de croisière depuis le Bengale a son coût. Certes, s'agissant de douze millions de passagers (dans le cas où les intrus de 2015 n'aient été que deux millions) l'opération se déroulera sur de longs mois. Et évidemment ce n'est pas tout puisque les intrusions n'ont pas cessé et qu'on nous annonce, selon les sources (les plus hautes autorités de l'Union Européenne), entre six et douze millions de nouveaux illégaux en 2016 par la voie turque et un million par la voie ex-libyenne.

Cependant, quand bien même ces nouveaux-là ne viendraient pas, par exemple en raison d'une complication d'ordre, dira-t-on, géopolitique, en Grèce ou entre la Grèce et la Turquie, si de leur côté les peuples d'Europe n'exigent pas le renvoi des deux millions de faux réfugiés de 2015, leurs gouvernements les régulariseront (c'est déjà en cours par procédure accélérée) et imposeront l'invitation de leurs douze millions d'ayants-droit, qui sera légale si les parlements ne modifient pas les lois régissant le regroupement familial.

Riposte Laïque : Beaucoup de Français, incrédules, s'interrogent. Pourquoi nos dirigeants, et les dirigeants européens, laissent-ils faire cette invasion ? Sont-ils payés par le Qatar et l'Arabie saoudite, comme le dit Philippe de Villiers ? Sont-ils inféodés aux Américains, qui tireraient tout bénéfice de l'effondrement de l'Europe ? S'agit-il du renforcement, programmé par les islamistes, de la cinquième colonne musulmane en Europe, dans le but d'accélérer ce que Renaud Camus appelle le Grand Remplacement ? Est-ce un coup monté judéo-maçonnique, comme l'affirment d'autres adeptes de la théorie du complot ? S'agit-il seulement de fournir au patronat une main d'œuvre moins chère que le salariat organisé d'Europe de l'Ouest ? Quelle est votre explication ?

Stratediplo : Je répondrai dans l'ordre inverse, sans être certain de mes explications puisque je n'ai pas demandé à nos dirigeants pourquoi ils ont déclenché et continuent de faciliter cette invasion. On évoque en effet un intérêt du grand patronat, mais d'une part, ce n'est pas lui qui gouverne, d'autre part, le grand capital a plutôt, ces dernières décennies, cherché à envoyer les postes de travail là où les normes sont moins exigeantes et où le contrôle peut être corrompu (loin du monde développé) plutôt qu'à faire venir des masses inemployables là où elles ont des droits avant même de comprendre la langue. Et pour le peu de travail moyennement qualifié qui reste en Europe, après l'appel, pour la France, aux Portugais et Marocains (et pour l'Allemagne aux Turcs), puis pour toute l'Europe aux Polonais et Slovènes, puis maintenant l'appel aux Roumains, dont la majeure partie de la population active masculine a quitté le pays, aux Bulgares et bientôt aux Ukrainiens, n'oublions pas que, dans quelques mois, ce sont tous les porteurs de passeport turc qui lisent l'alphabet latin et dont un tiers rêvent de travailler en Europe, qui auront accès au marché de la recherche d'emploi européen (et pas seulement allemand).

Pour le « coup monté judéo-maçonnique », je ne suis pas un adepte de la théorie du complot, mais j'ai effectivement lu certaines déclarations très claires de l'oligarchie mondialiste qui arrive à faire contribuer les dirigeants politiques, européens notamment, aux grands intérêts économiques et aux idéologies les plus matérialistes, aussi je cite certaines de ces déclarations qui font froid dans le dos.

J'écarte les islamistes européens car la cinquième colonne que vous mentionnez reste encore assez loin (bien que ça soit appelé à changer au rythme de la démographie) du pouvoir politique dans les pays envahis. Une invasion algérienne ou portugaise pourrait certes être facilitée par les diasporas présentes en France, par contre un envahissement asiatique (et de la Corne de l'Afrique) n'a aucune communauté sur laquelle s'appuyer ici, et peu de musulmans français parlent l'hindoustani (« ourdou »), le turc ou même l'arabe proche-oriental, sans parler de l'amharique. Les islamisateurs qui opèrent la radicalisation pendant le voyage ont la même origine que leurs ouailles, et les facilitateurs qui enseignent à enfreindre la loi (grâce à des subventions d'origine occulte mais aussi gouvernementales), comme toute la nébuleuse No Border et assimilés, sont des Européens qui travaillent en anglais. Non, les islamistes ne pourraient pas organiser tout cela sans aide et complicités, d'ailleurs je suis persuadé que si cent mille Grecs ruinés et affamés (et il y en a plus que ça) se mettaient en route vers l'Allemagne, on saurait les arrêter de force, pourtant eux n'ont pas la mer Egée à traverser. Ce ne sont pas les islamistes du Moyen-Orient ou des banlieues françaises qui ont la capacité de dicter à l'exécutif français la violation ou la non-application de lois existantes ou de dicter au législatif l'adoption de nouvelles lois de facilitation.

Par ailleurs, je rappelle que si l'expression Grand Remplacement a été popularisée par les conférences de Renaud Camus, le terme de Migrations de Remplacement (Replacement Migration en anglais) vient du titre officiel d'un rapport du 21 mars 2000 que l'on peut toujours consulter sur le site de l'ONU.

Alors, que les dirigeants européens soient inféodés aux Etats-Unis d'Amérique, c'est d'abord une évidence institutionnelle depuis les traités de Maastricht, Nice et Lisbonne, la dissolution de l'Union de l'Europe Occidentale et l'inscription dans le traité constitutionnel uniopéen de la priorité des décisions de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord. En réalité cette inféodation était déjà évidente lors de la constitution de la monnaie unique européenne, comme on l'avait montré à l'époque. Au-delà de l'évidence institutionnelle, les clauses de l'Accord de Partenariat Transatlantique, qui cesseront d'être secrètes dès qu'il sera signé, semblent en effet montrer une inféodation totale des dirigeants européens, des échelons national et supranational, aux Etats-Unis, en totale conscience du fait qu'ils travaillent contre les peuples d'Europe qui les ont directement élus ou indirectement investis. Les Etats-Unis n'ont jamais caché leur très impudique insistance auprès de l'Union Européenne pour qu'elle admette la Turquie en son sein, et comme vous le dites, ils seront les premiers bénéficiaires de la disparition de la principale alternative au dollar dans les échanges internationaux, ce dollar qui leur garantit leur « free lunch » et pour la sauvegarde duquel j'écrivais en août 2013 qu'ils n'hésiteraient pas à lancer une guerre au Moyen-Orient (c'est pour cela qu'ils ont fait bouillir la confrontation sunnisme-chiisme), une guerre civile en Europe occidentale (printemps islamiste + révolution de couleur = printemps vert), une guerre mondiale (occasion de remettre à zéro tous les compteurs de dette) voire un bombardement nucléaire (à l'époque ils visaient l'Iran) pour réaffirmer leur exceptionnalité et leur primauté.

Enfin oui, comme l'a méticuleusement démontré Joachim Veliocas, et plus récemment répété Philippe de Villiers, nos dirigeants sont, on peut dire le mot, corrompus. Les plus vertueux refuseraient certainement un yacht ou une valise de dollars mais plus difficilement le sauvetage du prestigieux club de football de la ville ou des mille emplois d'un port en faillite. Certains croient peut-être garder leur indépendance, comme un Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa qui n'a pas hésité à attaquer un pays pour faire empaler le chef d'Etat qui lui avait payé sa campagne électorale. Mais la plupart acceptent l'installation dans leur circonscription de centres de diffusion d'une idéologie prônant la haine et la violence, la fin de (ce qui reste de) la souveraineté et le renversement du régime laïque, l'abolition de l'égalité entre hommes et femmes, libres et esclaves, tenants de cette idéologie et « non-croyants »…, et prônant aussi le viol desdites « non-croyantes ». Comme le savent les lecteurs de mon blogue, je ne me sens pas concerné par les querelles entre partis politiques, ou entre candidats au pouvoir sans devoir, car c'est le régime que je blâme de toutes les déviances qui lui sont intrinsèques.

Riposte Laïque : Vous parlez beaucoup de la Turquie, comme jouant un rôle essentiel, bien que funeste, dans cette opération…

Stratediplo : Eh bien oui, si de mémoire en 2015 de l'ordre de 150.000 personnes sont passées par l'ex-Libye et de l'ordre de deux millions (ou trois) par la Turquie, un pays souverain, ordonné, maître de ses frontières, qui a reconverti l'économie de toute une région dans cette activité-là, qui n'hésite pas à faire escorter les esquifs de migrants illégaux par sa marine jusque dans les eaux territoriales de la Grèce et à menacer celle-ci lorsqu'elle attire (candidement) l'attention de l'Union Européenne, qui viole tous les jours l'espace aérien de la Grèce, et qui, de plus, se voit tout autorisé (y compris l'occupation militaire d'un membre de l'Union Européenne dont elle a déporté une partie de la population), oui, la Turquie est l'acteur principal sur lequel s'appuient ceux qui ont décidé cet envahissement, et on aurait pu lui dédier trois chapitres, sans compter ceux qui ne peuvent être écrits, car la pièce se joue encore et cet acteur principal n'en est pas encore à son apothéose.

Riposte Laïque : Pensez-vous, à l'image de l'Angleterre, l'Allemagne et la France, que les dirigeants de ces pays puissent continuer à réprimer leur peuple, quand il veut résister, et accélérer, en 2016, l'invasion migratoire ?

Stratediplo : L'accélération de l'invasion aura lieu, comme on le disait à l'instant, tout d'abord par l'apport des ayants-droit au regroupement familial avec les intrus de 2015, dès que ceux-ci auront été régularisés. Cette accélération sera doublée par l'invitation, peut-être désormais plus discrète (en Europe, mais visible chez ceux à qui elle s'adresse) que celle du 24 août, d'autres intrus supplémentaires qui ont déjà été annoncés. Plus les peuples commenceront à prendre conscience de ce qui se passe et à envisager de s'y opposer, plus les dirigeants joueront l'accélération avant d'être destitués, et plus ils dévoileront leurs intentions véritables. Ils ont d'abord inventé la « crise », c'est-à-dire la surprise et l'impotence face au phénomène qu'ils avaient préparé et déclenché. Puis ils ont joué la lente concertation supranationale où personne n'est responsable et tous attendent la création d'une commission d'étude. Ensuite, et ça nous amène aux découvertes scandaleuses après la razzia sexuelle la plus visible du 31 décembre, ils ont joué à la fois sur le mensonge, en donnant des instructions expresses aux polices et à la presse de cacher les méfaits des envahisseurs et les dégâts de l'envahissement, et sur l'appel à la soumission, en demandant aux populations d'accueil de s'adapter, c'est-à-dire d'accepter les pratiques des nouveaux arrivants à leur encontre. Et maintenant la répression ou plutôt l'oppression est effectivement manifeste, les derniers doutes sont levés au vu de la discrimination judiciaire, ce « deux poids deux mesures » systématique.

On ne peut plus croire à des erreurs, des faiblesses ou des hésitations, il apparaît clairement que les dirigeants ont décidé l'impunité pour les hors-la-loi, dont non seulement les délits mais également les crimes sont tolérés, et la répression pour les légalistes, même quand leur seule faute est d'habiter au « mauvais » endroit, par exemple là où ils sont nés. Les politologues appellent cela la tyrannie, qui ne définit pas un régime mais une pratique à laquelle peut s'adonner n'importe quel régime, contrairement à la dictature qui est un régime spécifique (les pleins pouvoirs temporaires dans le cadre d'un Etat de droit). L'oppression se fera de plus en plus lourde et violente, il y aura des rues d'Isly et des Bab-el-Oued (encouragements à des génocides d'Oran) comme dans les premières années de cette V° République qui régit toujours le pays.

Riposte Laïque : Que pensez-vous des chiffres, qui se veulent rassurants, des dirigeants français, qui disent avoir négocié 20 % des effectifs européens, et assurent nos compatriotes que le nombre de nouveaux venus ne dépassera pas 24.000… qui s'ajoutent aux 250.000 immigrés supplémentaires annuels ?

Stratediplo : Il n'y a qu'à l'ENA qu'on enseigne que 20% de deux millions puissent faire 24.000. Sauf erreur, la France s'était vue attribuer initialement, en mai, 14% des réinstallations durables et des relocalisations temporaires (on explique dans la Huitième Plaie la différence des termes et l'artifice de leur amalgame intentionnel), mais les talents d'âpre négociation de son gouvernement lui en ont finalement obtenu, en septembre, 20%. C'est donc effectivement cette proportion que recevra la France, qui s'est donnée à des dirigeants capables non seulement du révisionnisme arithmétique que vous venez d'évoquer, mais aussi de réserver 77.000 logements sociaux pour 12.000 personnes (pas familles), de violer la loi (voire la constitution), d'autoriser l'empoisonnement de la population, de minorer très largement le nombre de morts d'une canicule, de détourner un nuage radioactif… et de mentir, mentir et mentir.

On ment sur ce qui se passe dans le monde, on ment sur ce qui se passe dans le pays, on ment sur ce qu'on demande ou promet à la Commission Européenne, et, régulièrement, on se fait prendre la langue dans le sac de mensonges. Aussi, j'ose croire que les peuples de France ne sont plus dupes. Ils finiront bien par réaliser la signification de ce que le gouvernement n'a d'ailleurs pas caché, à savoir qu'il a demandé 20% de tous les intrus de l'année dernière et 20% de tout ce qui va suivre, même s'il ne dit pas au jour le jour quel est le pourcentage de réalisation de cet objectif.

Riposte Laïque : Vous évoquez, au niveau des échéances, les deux ou trois prochaines années, et estimez, si les choses devaient continuer ainsi, que d'ici une génération, les Français et Européens ne seraient plus majoritaires. Vous ne pensez pas être alarmiste ?

Stratediplo : Je préfèrerais être taxé d'alarmant que d'alarmiste. En ce qui concerne les deux (pas les trois) prochaines années, le panorama européen est le suivant : pour 2016, 12 millions de regroupés familiaux avec les 2 millions d'intrus de 2015, plus, fourchette basse de ce qu'on nous annonce, 8 millions de nouveaux intrus, et pour 2017, les 48 millions de regroupés familiaux avec ces 8 millions d'intrus de 2016. Cela fait 70 millions entre 2015 et 2017, en admettant d'une part qu'il n'y aura pas de nouveaux intrus en 2017 (certains redoutent l'arrivée d'une partie du Bengale), et d'autre part que ceux de 2016 ne seront que 8 millions. Car, si les intrus de 2016 sont 13 millions (les 12 millions venant par la Turquie, annoncés notamment par Federica Mogherini, plus le million en attente en ex-Libye), leurs ayants-droit en 2017 seront 78 millions, ce qui fera un total de 105 millions entre 2015 et 2017.

Donc, il y a urgence, cela ne laisse pas le temps d'imprimer des programmes politiques et d'attendre les échéances électorales : il peut y avoir en France à la fin de l'année prochaine entre deux et quatre fois plus de non-francophones qu'il y a aujourd'hui de chômeurs. Encore une fois, je n'invente pas les chiffres, je note le nombre d'illégaux que nos dirigeants annoncent et j'applique le coefficient multiplicateur du regroupement familial qu'ils estiment sur la base de l'expérience antérieure. Même l'Amérique n'a pas vu ça, puisque les grandes vagues migratoires y sont arrivées essentiellement sur la durée d'un siècle, mais il avait suffi de quelques dizaines de milliers d'Espagnols pour altérer totalement le continent au début du XVI° siècle. Par ailleurs, je ne me rappelle plus où j'ai écrit que les Européens pourraient ne plus être majoritaires en Europe d'ici une génération, mais il y a assez de statistiques là-dessus, en Belgique par exemple mais aussi en France grâce aux travaux de démographes comme Michèle Tribalat.

Si l'on fait l'assimilation entre allogènes et mahométans, qui n'est pas rigoureusement exacte au niveau du détail de répartition individuelle mais qui l'est plus au niveau général des grands chiffres, on peut considérer qu'ils représentent actuellement un quart de la population française, mais plus d'un tiers des moins de vingt-cinq ans (et plus de la moitié des moins de douze ans). Dans une génération, c'est-à-dire dans vingt-cinq ans, le quart le plus vieux de la population actuelle (en quasi-totalité non mahométan) broutera les pissenlits par la racine et aura été remplacé par une génération aux deux tiers mahométane, d'après le différentiel de fécondité selon l'appartenance religieuse.

Selon le schéma actuel de transmission de leur religion par filiation, qui n'est pas une fatalité génétique humaine mais qui est une règle culturelle (sous peine de mort pour apostasie) dans cette communauté, les mahométans seront ainsi majoritaires dans une génération. L'immigration nouvelle ne fait que s'ajouter à la dynamique démographique en cours. On pourrait certes entreprendre la conversion des allogènes à notre civilisation pour qu'ils s'intègrent aux peuples indigènes au lieu de les inciter à maintenir et développer leur communauté distincte, cela peut être fait (d'autres Etats l'ont fait) en une ou deux générations par le biais de l'école, mais ce n'est pas possible sous le régime actuel (autre question, éminemment politologique).

Riposte Laïque : Une fois qu'on a dit tout cela, demeure-t-il une chance, et si oui, on s'en sort comment ?

Stratediplo : Je reprendrais le mot de l'un de vos orateurs de Rungis, Renaud Camus, justement, qui disait pour rassurer l'auditoire « nous sommes encore les plus forts », et j'ajouterais qu'il ne faut pas attendre de ne plus l'être. Or le temps et le gouvernement jouent contre nous donc l'adversaire a tout intérêt à différer la confrontation. Ces jeunes hommes arrivés l'année dernière représentent certes sur l'ensemble de l'Europe l'effectif de deux cents divisions, mais pour l'instant, et sous réserve de la distribution du contenu inconnu des cargos qui arrivent clandestinement en ce moment même de ports sous contrôle mahométan en ex-Libye ou ailleurs, ils n'ont que des armes blanches. Il y a un peu plus de vingt ans, la Croatie a su expulser manu militari 10% de sa population, et il y a peu l'Arabie Séoudite a fait encore mieux manu judiciari, or nos intrus représentent bien moins en proportion (pour l'instant).

Dans un premier temps, l'abolition immédiate du regroupement familial en ferait repartir beaucoup, qui sont déjà déçus de ne pas avoir reçu le logement et la voiture qu'on leur avait promis (je suis sûr qu'avec une telle promesse vous n'hésiteriez pas longtemps à vous embarquer pour le bout du monde même si on ne vous promettait pas aussi de jeunes femmes assoiffées de fertilisation). Les autres illégaux devront être renvoyés. C'est à faire maintenant, pas dans six mois quand ils auront été illégalement régularisés ou dans deux ans quand leurs familles auront été amenées.

Si le régime actuel ne veut pas se résoudre à l'obéissance civile (or ses actes ne sont guère prometteurs jusqu'à présent), le peuple souverain devra en changer, et vite. De toute façon, un régime qui accule sa population à être obligée de commettre dans quelques années une déportation ou un massacre massif, ou d'être elle-même massacrée ou asservie, non seulement perd toute légitimité quel qu'ait été son mode d'accession au pouvoir, mais de plus se rend coupable de crime contre l'humanité : la morale civilisée coutumière, et plus récemment les conventions internationales écrites, interdisent d'en être complice.

http://ripostelaique.com/dici-2017-70-millions-dintrus-en-europe-soit-14-millions-en-france.html

samedi 20 février 2016

on a fixé la date de résolution du cas Calais

On connaît maintenant la date de la "résolution" du cas Calais.
 
A l'issue de deux jours de consultation avec les autres membres de l'Union Européenne, et avec la Commission du même adjectif, le gouvernement britannique vient d'annoncer que le referendum sur la sortie du Royaume-Uni se tiendra le 23 juin. Peu importe le résultat, les Compagnons Républicains de Sécurité n'ont donc plus que quatre mois à (prétendre) tenir, avant les vacances auxquelles eux du moins, n'étant pas Calaisiens, peuvent aspirer. On peut parier que le 24 juin le chancre percera inéluctablement, que ce soit après retrait du pansement de contention ou "fortuitement" à travers celui-ci. L'écoulement ou l'éruption se produira naturellement en direction de la Manche, puis par-delà.
 
Puisqu'il n'y a plus de frontières extérieures rien ne justifie la division d'une municipalité par des rubans rouge et blanc de chantier, le maintien d'un cordon de CRS en périphérie de certaines zones, ou le hachurage en rouge d'une partie d'une carte murale : la réalité est faite de nuances imperceptibles, la carte montrera une transition du blanc au rosé, au rose plus intense puis au rouge, et les habitants de Calais feront comme ceux de toutes les grandes villes, il éviteront absolument certains quartiers et autant que possible certains autres, quitte à déménager. Les journalistes ne s'intéresseront plus à une zone pas franchement définie où il n'y a plus ni police ni ligne d'affrontement ni point d'observation en sécurité ; les navigateurs photographient les côtes, les gens de la côte photographient la mer mais personne ne s'intéresse aux marécages saumâtres indéfinis où on ne peut ni marcher ni nager. Les médecins traitent les chancres, pas les gangrènes.
 
Comme d'habitude la date est bien choisie. La dernière semaine de juin la presse sera très occupée à rivaliser de commentaires sur l'issue du referendum. Puis début septembre comme chaque année, en rentrant de congés chacun sera assailli de préoccupations matérielles immédiates très importantes, le retour au travail, la rentrée scolaire des enfants, le déballage des chandails et le nettoyage de la chaudière, et côté français le début de la campagne électorale. Vers la fin du journal télévisé vespéral, les Français et les Anglais découvriront peut-être alors la situation à Calais et à Douvres respectivement, qui sera déjà un fait accompli depuis deux mois.
 
La messe sera dite (si quelqu'un voit une autre issue qu'il se manifeste).

mardi 16 février 2016

le prétendu accord secret germano-turc pourrait porter sur 1,5 millions de migrants

Il y a quelques jours la presse dissidente française s'est émue de la "révélation" aux députés hongrois le 10 février, par le premier ministre Viktor Orbán, d'un prétendu accord secret germano-turc prévoyant le transfert de Turquie, pour répartition au sein de l'Union Européenne, de 400000 à 500000 Syriens supplémentaires.
 
Ce n'est pas un scoop puisque le même Viktor Orbán avait déjà déclaré le 2 décembre qu'il attendait l'annonce de cet accord sous quelques jours, tout en sachant que comme l'avait montré l'évocation de cette question encore le 11 novembre au sommet de La Valette (et déjà au houleux Conseil Européen du 15 octobre), elle serait très mal acceptée.
 
Ce n'est pas non plus une nouveauté. Par son mémo 15-5777, soumis par le président Jean-Claude Juncker au président Recep Tayyip Erdoğan le 5 octobre et diffusé le 6, la Commission Européenne avait résumé le Plan d'Action élaboré par une commission mixte turco-européenne après le Conseil Européen informel du 23 septembre (et peut-être imaginé dès le dîner du 17 mai), et sauf erreur pas divulgué à ce jour hormis les dispositions qui en ont été incluses dans l'accord du 29 novembre. Ce mémo, remis aux chefs d'Etat comme succinct ordre du jour du Conseil Européen des 15 et 16 octobre (qui serait écourté le 15 au soir suite aux dissensions), mentionne des "programmes et schémas de réinstallation de l'Union Européenne permettant aux réfugiés en Turquie d'entrer dans l'Union Européenne d'une manière ordonnée".
 
Ce n'est en effet pas un accord germano-turc, même si, envoyée en Turquie le 18 octobre pour négocier au nom de l'Union Européenne, la chancelière allemande Angela Merkel a bien pu laisser entendre au président Erdoğan qu'il s'agissait encore d'une initiative allemande, comme l'appel du 24 août à l'intrusion illégale massive, que le président français François Hollande était allé soutenir précisément à Berlin (plutôt qu'à Bruxelles). L'accord dont on parle en ce moment n'a malheureusement rien d'allemand, c'est une clause d'un accord turco-uniopéen et la destination des colons (il ne s'agit légalement pas de réfugiés) que la Turquie doit mettre à disposition n'est pas l'Allemagne mais l'ensemble de l'Union Européenne, selon la clef de répartition négociée en mai, ces fameux quotas qui n'attribuaient initialement que 14,17% d'intrus illégaux à la France qui a donc insisté pour en obtenir finalement 20%.
 
Cet accord n'est pas non plus un véritable secret. Lauriane Lizé-Galabbé l'avait dénoncé publiquement dès le 8 octobre, donc trois jours après que les présidents européens Jean-Claude Juncker (Commission), Donald Tusk (Conseil) et Martin Schultz (Parlement) aient en personne signifié au président ottoman Recep Tayyip Erdoğan leur acceptation. Stratediplo, qui ne commente que des informations de source ouverte, l'a mentionné le 16 octobre (sommet de dupes), et a indiqué le 29 novembre, après la signature officielle de l'accord qui ne mentionnait pas de chiffres, qu'on ignorait "de combien a été relevée la promesse d'installation dans l'Union européenne du demi-million de colons à envoyer par la Turquie" (victoire turque ou capitulation uniopéenne ?).
 
Car le chiffre dévoilé par le premier ministre Orbán est vraisemblablement périmé. Les détails de cette proposition dataient d'avant l'intervention russe en Syrie et incluaient la remise à la Turquie d'une frange territoriale du nord de la Syrie, comme promis déjà par les Etats-Unis le 27 juillet, or suite à l'intervention russe l'Union Européenne ne pouvait plus donner cette bande de territoire syrien et la Turquie a donc exigé plus en compensation. Alors que jusqu'à la fin septembre l'Union Européenne ne prévoyait d'offrir à la Turquie qu'un milliard d'euros, la proposition orale des trois présidents européens le 5 octobre s'élevait déjà à trois milliards (pour compenser l'impossibilité d'offrir un morceau de Syrie) même si le président Juncker a laissé croire jusqu'au Conseil Européen du 15 qu'il n'avait proposé qu'un milliard, et d'ailleurs le 18 sa négociatrice Merkel a été obligée, à Ankara, d'accepter le principe d'un renouvellement annuel de ces trois milliards (l'accord signé le 29 novembre mentionnera un montant initial de trois milliards "sujet à réexamen").
 
Après la réception frileuse réservée à cette idée au Conseil Européen du 15 octobre, de la part notamment du carré de Višegrad, les réfractaires comme Viktor Orbán n'ont certainement pas été tenus au courant de la poursuite des négociations avec la Sublime Porte, et aucun chiffre n'a été mentionné dans l'accord signé le 29 novembre. Mais il est donc très vraisemblable que le demi-million de "réfugiés de Syrie" que l'Union Européenne comptait proposer le 5 octobre d'aller chercher en Turquie n'ait pas suffi non plus à compenser l'impossibilité de donner à la Turquie une portion de Syrie. Puisque le milliard d'euros proposé s'est transformé en trois milliards (annuels), il ne serait pas surprenant que le demi-million de réfugiés se soit transformé en un million et demi, soit à peu près le nombre de vrais Syriens présents en Turquie (qui d'ailleurs cesseront d'être réfugiés dès qu'ils passeront dans un pays tiers). La certification de syrianité revient bien sûr à la Turquie, les pays européens ayant rompu tout contact diplomatique avec la Syrie étant incapables de distinguer un vrai passeport émis en Syrie d'un faux imprimé en Turquie.
 
Cette affaire n'est malheureusement que l'une des multiples forfaitures exposées dans la Huitième Plaie dans l'espoir de prévenir l'imminent changement d'échelle de l'envahissement de l'Europe par l'Asie.

samedi 13 février 2016

le capitalisme ne s'écroulera pas un vendredi

Le capitalisme ne s'écroulera pas un vendredi.
 
A ceux qui rétorquent que le capitalisme ne peut pas s'écrouler on répondra plus tard, et pour l'heure on affinera le propos : le monde capitaliste ne constatera pas sa ruine un vendredi.
 
Il y a certes de mauvais lundis, des mardis catastrophiques, des mercredis encore pire et des jeudis fatals. Mais le dernier vendredi noir ne sera pas permis.
 
Un lundi un nouveau pays, significatif au niveau des échanges économiques mondiaux, déclarera à son tour qu'il n'accepte plus de paiements en dollars de Monopoly. Un mardi d'autres pays suivront. Les marchés financiers sur lesquels des leveurs étatiques de capitaux et des revendeurs privés de titres obligataires vendent des dettes d'Etat, c'est-à-dire reçoivent des fonds actuels (dont la valeur est connue) en échange d'une promesse de versement d'intérêt annuel et de remboursement du principal à terme (à une valeur future incertaine) se rendront compte que les grands spéculateurs capitalistes ne veulent plus acheter d'obligations libellées en dollars, même émises par des gouvernements qui n'ont pas la possibilité d'imprimer des dollars à volonté et de dévaluer la devise dans laquelle ils devront rembourser plus tard, et qu'ils cherchent même à vendre les obligations qu'ils détiennent. Cela peut même se produire en une période d'intérêts négatifs comme en ce moment, où l'économie mondiale est tellement mal en point (sauf dans la presse économique qui semble célébrer quelque mystère positif chaque fois que le Baltic Dry Index casse un nouveau record d'immobilisation du fret maritime international) que les spéculateurs préfèrent payer pour prêter aux Etats plutôt qu'acheter des parts de produits financiers voire des actions d'entreprises véritables, ou simplement confier leurs capitaux à une banque, sachant que même si les banques continuent d'émettre des relevés de compte désormais mensongers, légalement on ne dépose plus d'argent sur un compte mais on prête de l'argent à la banque, qui entre donc dans son compte d'exploitation au même titre que les frais bancaires. Dès le mardi la haute finance apatride cherchera coûte que coûte à se débarrasser de tout ce qu'elle appelle "actifs" (souvent des titres de passif ou certificats de dette) libellés en dollars, dont la grande braderie précipitera la chute du cours. Parallèlement elle cherchera à replacer les fonds rescapés dans des titres libellés en d'autres devises, en premier lieu les quelques grandes monnaies acceptées dans le monde (euro, yuan, franc), puis celles de grandes puissances économiques aux monnaies plus instables (real, rouble, livre), enfin d'autres devises car les sommes dépasseront les capacités d'absorption des principaux marchés de devises. Or, si le lundi voire le mardi les indicateurs de change indiquent que le cours du dollar baisse par rapport aux autres monnaies (ou que le cours de celles-ci, exprimé en dollars, grimpe), dès le mercredi un rééquilibrage des monnaies du panier principal aura lieu puisque les économies de tous les grands pays, que leurs gouvernements émettent des obligations en dollars ou pas, sont liées à la plus grande économie débitrice de tous les temps. Même les pays qui n'exportent rien aux Etats-Unis, ce grand acheteur déficitaire mondial, leur ont fait crédit puisque les Etats-Unis absorbent 80% du produit de l'économie mondiale, ce qui signifie par exemple que les excédents financiers du commerce local entre la Malaisie et l'Indonésie sont placés aux Etats-Unis, convertis en dollars. Aussi même si les Etats-Unis ne décident pas à ce moment-là de miner toute alternative au dollar en déclenchant la révolution verte en Europe ou en vitrifiant Shangaï, les faillites bancaires et étatiques précipitées dans le monde entier par le renvoi du dollar à sa vrai valeur priveront les capitaux apatrides de tout refuge. Les opérateurs chargés de sauver ces grands capitaux tenteront de mettre la main sur des matières premières jusqu'alors dédaignées car n'apportant pas la rentabilité d'un produit financier (métaux) ou connaissant un fléchissement de leur demande en raison du ralentissement de toutes les économies (pétrole). Les grands courtiers, qui avaient encouragé leurs clients étatiques, institutionnels et privés à se défaire de leurs métaux précieux d'abord parce qu'ils ne rapportaient rien puis ces dernières années pour satisfaire la Chine et retarder d'autant l'écroulement du dollar et du capitalisme dollarisé, chercheront à la dernière minute quelque lingot. En dépit des accords de manipulation des cours, le cartel qui dicte le faux prix de l'or et de l'argent depuis le 6 septembre 2011 ne pourra empêcher une institution ou deux de dévoiler un soudain appétit pour le peu de métaux précieux qui reste sur les marchés occidentaux dont le volume d'échanges a été peu à peu réduit à peau de chagrin, l'essentiel des ventes entre les pays capitalistes et la Chine (via les fonderies suisses et pour un temps sudafricaines) passant désormais par des accords de gré à gré, hors marché visible de cotation officielle.
 
On a déjà évoqué l'encadrement du marché des métaux précieux aux Etats-Unis (http://stratediplo.blogspot.com/2014/12/les-etats-unis-preparent-la-fin-de-la_22.html), qui a cessé très officiellement d'être un libre marché de l'offre et de la demande le 22 décembre 2014, date depuis laquelle toute appréciation de l'or (il en est de même pour les autres métaux) supérieure à 200 dollars, soit 16% du cours actuel, entraînerait une suspension de séance suivie d'une réouverture au cours de la veille (acheteurs et vendeurs n'ont pas le droit de s'entendre sur un cours supérieur), puis fermeture si cela se produit quatre fois dans la même journée... et réouverture le lendemain au cours de l'avant-veille, ce qui interdit toute envolée subite de l'or (en fait tout écroulement subit du dollar) puisque selon ce système il faudrait au moins quatre jours pour retrouver simplement le cours du 6 septembre 2011.
 
Or, bien évidemment, après quatre jours consécutifs de baisse du dollar, il se relèvera le vendredi. On fera ce qu'il faudra pour ça, on garde toujours une dernière cartouche pour tirer dans la lampe du plafonnier et éteindre la lumière avant d'être totalement défait. Un pays au bord de la banqueroute (Vénézuela par exemple), ou très lié à l'économie étatsunienne (Canada par exemple), ou dont on arrivera à corrompre ou menacer le gouvernement, déclarera soudain qu'il vend ses réserves d'or, soulageant le marché (vu le volume qui reste au Comex pour justifier la fixation du cours, dix petites tonnes changeraient la donne), donnant prétexte à la presse économique d'expliquer que c'était une fausse alerte, qu'il y a eu une "bulle spéculative" injustifiée mais qu'il y aura toujours de quoi satisfaire la Chine, les prix repartiront à la baisse et des particuliers ou de petites banques se laisseront convaincre qu'ils vont encore baisser et vendront précipitamment ce qui leur reste. Ce vendredi-là le cours de l'or et des autres métaux précieux, après quatre jours d'une envolée toute relative (puisque toute hausse supérieure à 200 dollars entraînera suspension de marché et réouverture au prix antérieur) baissera, en dollars. Ce vendredi-là le dollar ne s'appréciera pas seulement face aux métaux précieux mais également à toutes les autres devises.
 
Puis quelque chose se passera dans le monde le samedi ou le dimanche, qui fera la première page des journaux du lundi matin dans le monde entier. Ce même lundi matin, le marché des matières premières ou Commodities Exchange new-yorkais n'ouvrira pas (il suffira de reconnaître qu'il n'y a rien à vendre ou que l'immeuble a brûlé), le marché londonien non plus, et les derniers acheteurs d'or et d'argent recevront une indemnisation en dollars au dernier cours du vendredi. Certes un nouveau défaut aura eu lieu, mais sur un marché très insignifiant en volume et relativement sage (puisque manipulé) les derniers jours. La Commission Européenne ou la Banque Centrale Européenne (sûrement pas les vingt-huit chefs d'Etat) se verra proposer d'accélérer le grand marché transatlantique justifiant la "fusion" des monnaies, celle des douze étoiles et celle du trou noir gigantesque, c'est-à-dire le camouflage (un sauvetage étant impossible) de la dette étatsunienne par l'économie européenne et la compensation des déficits étatsuniens par les excédents européens, les Etats-Unis étant totalement exemptés de toute obligation de conformité aux critères de convergence de l'euro. Si, au nom de ses peuples et citoyens non consultés, l'Union Européenne accepte, le dollar sera définitivement fixé à un euro et tirera la valeur de celui-ci vers le bas.
 
Si l'Europe refuse, le dollar restera définitivement fixé aux alentours d'un mille-cinq-centième ou d'un deux-millième d'once d'or, mais comme il ne sera rapidement plus accepté en paiement de quoi que ce soit dans le reste du monde, ses utilisateurs verront sa valeur fondre rapidement au rythme de l'hyperinflation aux Etats-Unis.
 
Dans les deux cas le dollar aura connu un artificiel soubresaut récupérateur le dernier jour d'existence des marchés occidentaux de métaux précieux. Le capitalisme ne s'écroulera pas un vendredi.
 
Delenda Carthago.