samedi 24 octobre 2015

projet d'admission de Kossovo et Métochie à l'UNESCO

Le projet d'admission à l'UNESCO de la province de Kossovo et Métochie, que l'ONU appelle simplement Kosovo, est un non-événement.
 
Peu importe quel membre du conseil exécutif a suggéré d'inscrire cette question à l'ordre du jour de l'assemblée générale qui s'ouvrira le 3 novembre, ce n'est de toute évidence pas la Serbie puisqu'elle n'est pas membre du conseil en 2015.
 
L'acte constitutif de l'UNESCO prévoit la catégorie de membre et celle de membre associé. Etrangement, le conseil exécutif recommande expressément d'accueillir ce territoire "en tant que membre", statut qui est réservé aux Etats, qu'ils soient membres de l'ONU ou pas. Bien qu'il appelle son protégé "République du Kossovo", le conseil n'omet pas de rappeler que cette admission se ferait "dans le cadre de la Résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies". Or la résolution 1244, prise le 10 juin 1999, rappelle l'appartenance du "Kosovo" (en réalité la province de Kossovo et Métochie) à la République fédérale de Yougoslavie et insiste à plusieurs reprises sur l'importance de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de ce pays (la Yougoslavie). Le seul point où cette résolution mentionne une autre république que la RFY fait manifestement référence à la Serbie ("forces... fédérales et de la République"). L'UNESCO a reconnu la Serbie comme Etat membre successeur de la RFY (rebaptisée en 2003 Serbie et Monténégro) après la sécession de ce dernier, en 2006.
 
Ainsi le Kossovo ne pourrait pas être admis comme Etat membre de l'UNESCO puisqu'il n'est pas un Etat reconnu par l'ONU, alors que celle-ci peut reconnaître la souveraineté d'Etats non membres comme le Vatican, la Palestine et jusqu'en 2002 la Suisse. Tant d'après l'acte constitutif de l'UNESCO que d'après la résolution 1244 du Conseil de Sécurité de l'ONU invoquée par le conseil exécutif, le Kossovo ne pourrait être admis que comme membre associé, statut accordé à des territoires présentant une spécificité culturelle par rapport au reste de leur pays d'appartenance, comme par exemple Macau, les îles néerlandaises de Curaçao, Aruba et Saint-Martin ou les îles britanniques Vierges, Caïmans et Anguilla. L'admission d'un tel territoire comme membre associé est possible, selon le 3° alinéa de l'article II de l'acte constitutif de l'UNESCO, à une majorité des deux tiers des membres, sur demande de l'Etat membre (ou de l'autorité) responsable des relations extérieures dudit territoire. Selon la résolution 1244 à laquelle s'est référé le conseil exécutif de l'UNESCO en recommandant l'admission du Kossovo, la souveraineté de ce territoire jouissant d'une autonomie substantielle appartient sans équivoque à la Serbie. C'est donc à celle-ci qu'il revient de demander, si elle l'estime judicieux, l'admission du Kossovo comme membre associé à l'UNESCO.
 
De toute évidence l'acteur (Etat membre, groupe de pression occulte ?) qui a introduit cette idée irrecevable cherchait à lancer une polémique entre Etats membres ou à donner de faux espoirs à d'autres mouvements séparatistes sanguinaires cherchant l'émancipation de leur Etat d'appartenance, et évidemment les premiers commentateurs ont tourné le regard vers les mercenaires islamistes étrangers qui entendent soustraire une bonne partie de la Syrie et de l'Iraq, en essayant de rivaliser avec leurs homologues qui occupent le sud de la Serbie, sur le terrain de la destruction systématique du patrimoine religieux et historique, rivalité d'ailleurs sans espoir puisqu'en dépit de la richesse archéologique de la Syrie le nombre de sites connus, inscrits au patrimoine de l'humanité ou pas, est bien inférieur.
 
Mais, tant au regard du droit international qu'à la lecture des textes de l'ONU et de son agence l'UNESCO, et à moins de convaincre la Serbie de présenter une demande pour sa province comme membre associé non étatique, l'initiative semble vouée à l'échec.

mercredi 21 octobre 2015

déploiement militaire à Calais

La demande d'un "déploiement de l'armée" française à Calais, sur la façade continentale de la frontière franco-britannique, est une affaire grave.
 
Evidemment le maire de Calais ne fait que répéter la demande d'un maire d'arrondissement de Marseille il y a quelques années (et les appels de la presse anglaise dernièrement), dans le même but d'attirer l'attention des médias sur un grave problème d'ordre public. Mais le fait que le gouvernement envoie sur-le-champ un ministre pour étudier avec le maire les possibilités et modalités d'une telle mesure est très préoccupant.
 
Le premier message (politique) que convoie la réaction gouvernementale est que non seulement Calais est dépassée, mais le département aussi, puisqu'il est le siège de l'autorité et des moyens affectés à ce type de problématiques.
 
Le deuxième (sécuritaire) est que les services de police de proximité du temps normal, vraisemblablement la police nationale en charge de la ville de Calais ou la gendarmerie en charge des zones rurales, est dépassée, tellement dépassée qu'une demande de renforcement temporaire de ces services du temps normal ne permettrait pas de redresser la situation et de rétablir l'ordre.
 
Le troisième message est que l'envoi de forces de maintien de l'ordre de deuxième catégorie (qu'on appelle dans d'autres pays "anti-émeutes"), à savoir compagnies républicaines de sécurité ou escadrons de gendarmerie mobile, ne suffirait pas non plus. Elles ont pourtant été créées pour cela, et pour raisonner des foules largement supérieures à 5000 personnes. Et en théorie, pour sécuriser un village de 5000 habitants il suffirait d'un effectif de 100 uniformes, c'est-à-dire une CRS ou un escadron de gendarmerie, professionnels du maintien de l'ordre musclé.
 
Le quatrième message (démagogique et mensonger) est que le gouvernement "est saisi de la gravité et contrôle la situation", comme d'habitude, alors qu'il multiplie les invitations au déferlement illégal et les attaques contre les gouvernements périphériques qui essaient d'appliquer les accords de Schengen.
 
Mais si on fait appel à l'armée, dont en cherchant bien on pourra certainement trouver une unité en cours de remise en condition entre deux opérations extérieures, ou à défaut mobiliser une compagnie proterriforme de réservistes, il en faudra plus. D'abord parce qu'on se doute bien qu'on ne confiera pas ça à un jeune capitaine commandant de compagnie, il faudra au moins un chef de bataillon breveté de l'Ecole de Guerre (un ministre ne fait pas dans le menu fretin), qu'on fera surveiller par un colonel chef de corps pour composer avec les associations humanitaires, lui-même encadré au minimum par un officier général (et un état-major d'action civilo-militaire) pour communiquer avec les médias. Il n'est que de se rappeler le déploiement d'étoiles sous casque lourd (finis les bérets, fussent-ils rouge, vert ou ancré) au début de l'opération Esbrouffe en Centrafrique. Quand bien même on trouverait les ressources militaires pour satisfaire cette demande, quitte à amputer la capacité de relève et donc de durée de l'inutile mais très médiatique opération Sentinelle, elles devraient pouvoir être elles-mêmes relevées, et peut-être rapidement renforcées.
 
Car il ne faut pas perdre de vue que, même en vert bariolé, ces malheureux soldats diversitaires (JFOM pour beaucoup) patrouilleront certainement les allées de tentes, deux par deux, le fusil d'assaut à la main et le chargeur plombé (scellé) à la bretelle. Le FAMAS pour faire sérieux, sinon la presse demanderait quelle armée on a envoyée au maire de Calais, et le sceau de plomb pour rappeler qu'ils sont en France, en temps de paix, et qu'ils ne peuvent faire usage de quelque type de force que ce soit (poings, baïonnette, ou balles réelles de 5,56) que dans le strict cas de légitime défense, dans les mêmes conditions que l'humanitaire qui distribue des rations et tente de préserver sa vertu ou que le journaliste qui interviouve ledit soldat en ce moment même : si on attente à son intégrité physique ou à celle d'un tiers, il a le droit et le devoir de réagir, en prenant bien soin de proportionner la riposte à l'attaque. C'est évidemment un savoir-faire devenu automatique chez le policier ou le gendarme entraîné (et équipé en conséquence), qu'on n'osera pas remettre en question dans le cas des professionnels de la sauvegarde du régime que sont les CRS et gendarmes mobiles, mais pour le guerrier soudain requis pour cette mission, alors que l'instruction en a été abandonnée depuis très longtemps et que la presse guettera la moindre bavure, ce sera un défi très difficile. D'autant plus difficile qu'il ne sera pas confronté à un excité cherchant à lui trancher la gorge avec un coupe-papier mais à des bandes (escorteurs et islamisateurs qui font régner la loi de cette jungle) pour l'instant limitées aux armes blanches et qui seraient très intéressées par mettre la main sur un FAMAS ou deux.
 
Si ce n'est pas un piège, ça a tout l'air d'un guet-apens, à croire que l'accrochage frontalier de Sredets a donné des idées. Le risque est celui d'un emballement rapide, auquel il sera donné l'écho facilitant l'extension vers tous les points de regroupement informels.
 
Car, question subsidaire, quel que soit l'effectif militaire que le gouvernement déciderait de déployer à Calais pour encadrer 5000 illégaux, il faudrait qu'il en prévoie dix fois plus pour accueillir les 50000 qui se présenteront d'ici dix jours à Nice (en avant-garde du quart de million d'ici Noël), selon le temps qu'il leur faudra pour aller de la frontière slovéno-italienne à la frontière italo-française, les frontières autrichienne et suisse ayant vocation à être les prochaines à se fermer maintenant que la hongroise est close.
 
Or l'effectif résiduel de l'armée française n'est pas illimité, c'est le moins qu'on puisse dire, même si son terrain de recrutement (les banlieues) se prête à une augmentation des engagements maintenant que l'autre alternative (le recrutement barbu pour la Syrie) est fermée et que certains moudjahidines français reviennent d'ailleurs en courant devant les popofs : car quel que soit le zèle des sergents recruteurs de l'armée française, ils ne peuvent pas distribuer plus de contrats que Bercy ne rétablit de postes budgétaires.
 
Il faut espérer que le ministre dépêché à Calais saura raison garder, rappeler les échelons politique municipal et départemental à leurs responsabilités, et trouver quelques matraques supplémentaires pour les vraies forces de l'ordre.
 
Car c'est l'ordre qu'on doit souhaiter, puisque la France s'est refusé les moyens de gagner l'escalade qui menace.

vendredi 16 octobre 2015

casus belli à Sredets

L'accrochage meurtrier intervenu à la frontière turco-bulgare est une affaire sérieuse.
 
Qu'une demi-compagnie d'hommes (54), même si la majorité ne portait que des armes blanches, se soit infiltrée illégalement, nuitamment et par effraction (en perçant une clôture frontalière) dans le pays voisin pour y attaquer un simple trinôme de garde-frontières ne pouvait que tourner au drame, et ressemble d'ailleurs plus à une provocation qu'à un accident. En tout cas, à en juger par la vigueur des condamnations uniopéennes et atlantistes d'un écart de quarante-cinq secondes, par temps d'orage et apparemment involontaire, d'un avion russe dans l'espace aérien turc, cette incursion paramilitaire turque caractérisée en Bulgarie est un cas de guerre.
 
La Turquie peut prétendre que ces Afghans ne sont pas des mercenaires mais des touristes, elle est responsable du maintien de l'ordre sur son territoire, du respect des frontières avec ses voisins et des agissements des formations paramilitaires et des bandes armées ou non qui lancent de son territoire des agressions ou incursions vers les pays voisins. Parmi ses voisins immédiats elle a justement l'exemple d'un pays dans lequel plusieurs dizaines de puissances étrangères mènent ouvertement des opérations militaires sous le prétexte que le gouvernement dudit pays ne contrôle pas l'intégralité de son territoire et que des bandes armées s'y seraient réfugiées... bien que, petite nuance, elle n'en profitent pas pour lancer des incursions vers les voisins. Or, contrairement à la Syrie, la Turquie n'est pas le théâtre d'une guerre prétendument civile imposée de l'extérieur, et elle a l'entier contrôle de son territoire et de ses frontières.
 
Il semblerait que le coup de main ait été mené sans couverture arrière... justement parce que ces infiltrés considéraient le territoire d'où ils venaient comme sûr. Mais la Bulgarie l'ignorait et aurait pu, au titre du droit de poursuite, envoyer un bataillon ratisser la portion de territoire turc d'où avait été lancé ce raid d'une demi-compagnie.
 
Sans attendre que l'Union Européenne leur impose un déploiement de portiers pacificateurs allemands ou hollandais, il est temps que les pays  libérés il y a un siècle (Bulgarie) ou deux (Grèce) de l'occupation turque déploient de vraies forces le long de cette frontière désormais systématiquement violée par leur voisin oriental : barbelés et pancartes ne suffisent pas.
 
En plus de l'indispensable interpellation du Conseil de Sécurité de l'ONU par la Bulgarie pour menace à la paix internationale, on attend la plus ferme condamnation de la Turquie par l'Union Européenne, ou le préavis de départ et le rétablissement de la souveraineté des pays en cours d'envahissement.

sommet de dupes

Le sommet européen d'hier 15 octobre a été écourté car ses objectifs ont été atteints plus vite que prévu.
 
L'ordre du jour était la migration historique, mais aucun point n'y était ouvert à discussion puisqu'aucune entente n'était possible entre les grandes puissances submergistes et les pays frontaliers submergés.
 
De toute façon la proposition d'accord avec la Turquie, nécessaire pour rassurer les populations de toute l'Union européenne et les gouvernements de sa façade orientale, avait déjà été remise le 5 octobre au président turc Recep Tayyip Erdoğan par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, en présence du président du Parlement européen Martin Schultz et du président du Conseil européen Donald Tusk. Il s'agit du "mémo" 15-5777, communiqué aux chefs d'Etat et de gouvernement avant le sommet d'hier et ne présentant par écrit que des idées générales, les membres du Conseil étant priés de donner carte blanche au président Juncker pour affiner ensuite les "détails" avec la Turquie. La seule nouveauté du sommet d'hier, c'est que ce sera finalement Angela Merkel qui ira à Ankara dimanche 18 cueillir les lauriers de l'accord, raffermir ainsi la traditionnelle alliance turco-allemande, et confirmer son image de conductrice de l'Union européenne.
 
Les points essentiels de l'accord sont noyés dans une rhétorique conciliatoire mais il n'y a rien de nouveau par rapport au projet du mois dernier.
 
Contrairement à ce qui semblait promis fin septembre, l'Union européenne ne peut plus offrir à la Turquie une bande de territoire syrien "démilitarisé" (pas pour tout le monde) le long de la frontière, puisque dès que la Russie l'a appris elle s'en est mêlée.
 
Comme prévu, l'Union européenne paie la Turquie pour avoir accueilli malgré elle 2,2 millions de migrants, dont 1,9 millions de Syriens. Elle disait avoir prévu 1 milliard d'euros, mais compte tenu de sa défaillance sur le point précédent la Turquie demande 3 milliards. On a fait semblant de découvrir hier cette exigence datant d'il y a dix jours, mais elle sera satisfaite.
 
On ne parle pas de l'accueil immédiat de 500000 (un demi-million) réfugiés garantis syriens sélectionnés par la Turquie. Il serait surprenant que l'idée soit abandonnée.
 
La Turquie sera admise dans l'espace Schengen à partir du 1er janvier 2016. Pour rassurer les pays de l'Union européenne au contact, on avait prévu en contrepartie d'obliger la Turquie à reprendre tous les migrants refoulés à la frontière de l'Union, mais elle a demandé (et obtiendra) une petite nuance sémantique, à savoir que Frontex sera autorisée à les "renvoyer dans leurs pays d'origine". Vu qu'on ne peut concrètement que les refouler à la frontière, que la Turquie n'est pas leur pays d'origine, et que seul le pays de transit peut les y renvoyer, la clause sera nulle et non avenue.
 
Les "négociations" pour l'admission de la Turquie dans l'Union européenne sont relancées, sans condition préalable de reconnaissance de tous les membres actuels, et entretemps la Turquie sera invitée aux sommets importants.
 
Au niveau des détails, pour soigner l'image humanitaire de tout le monde l'Union européenne ouvrira six camps d'accueil pour réfugiés dans le sud de la Turquie.
 
Détail encore, pour rassurer la Grèce et la Bulgarie il est prévu une fois de plus un renforcement de la coopération entre Frontex, les garde-côtes grecs et les garde-côtes turcs. La Turquie y gagnera peut-être les fonds pour une modernisation de sa flotte côtière, elle y gagnera surtout les éléments pour éviter les navires et hélicoptères grecs lorsque les siens escortent des illégaux, comme elle a déjà été prise en flagrant délit de le faire.
 
Additionnellement, l'Union européenne s'est brillamment abstenue de demander à la Turquie d'appliquer la Convention de 1951 sur les réfugiés, qu'elle a signée et ratifiée mais dont elle refuse de faire bénéficier les réfugiés. C'est le point le plus crucial et le plus impardonnable alors que toute cette gesticulation se réclame d'un souci humanitaire. La Turquie viole la Convention en n'accordant pas le statut de réfugié et donc pas de titre de séjour, en n'autorisant pas les réfugiés à travailler, en ne scolarisant pas les enfants (seuls ceux qui se trouvent dans les camps gérés et photographiés par des organisations étrangères sont scolarisés), et en obligeant de ce fait les familles à vendre leurs filles pour nourrir les garçons, et les mères de famille syriennes à se prostituer par dizaines de milliers. L'Union européenne s'en accommode.
 
Enfin bien sûr, comme dans toutes ses réunions avec la Turquie, l'Union européenne s'est spectaculairement abstenue d'exiger la fin de l'occupation et le retrait des forces turques du membre de l'Union occupé par la Turquie, Chypre.
 
Il est vraisemblable que tous ces points n'ont pas fait l'unanimité, aussi les participants au sommet ont été renvoyés dans leurs pays respectifs plus tôt que prévu. Les "détails" de l'accord avec la Turquie seront donc finalisés par la Commission européenne et présentés par l'Allemagne.

mercredi 14 octobre 2015

le Grand Turc à Strasbourg

La venue d'Erdogan à Strasbourg le 4 octobre aurait pu n'être qu'un raccolage électoral destiné à une diaspora de quatre millions d'expatriés représentant 8% de son électorat, qu'il pousse d'ailleurs à participer aussi à la vie politique des pays d'accueil.
 
Il a fallu qu'il rappelle qu'en 1915 l'Empire Ottoman luttait "héroïquement" contre toute l'Europe. C'est vrai, il s'était allié à l'Allemagne (axe "B-B-B") à laquelle appartenait alors Strasbourg, et l'axe a été reconstitué après la réunification de l'Allemagne, pour le partage avec la Turquie des territoires des Slaves du Sud dans les années 90.
 
Il a fallu qu'il prétende que la Turquie défendait, aujourd'hui comme il y a un siècle, la "véritable civilisation" face à "l'islamophobie". C'est vrai, en 1915 elle se livrait au génocide des chrétiens assyriens, arméniens et grecs.
 
Il a fallu qu'il appelle tous les Turcs à l'unité contre les Kurdes, qu'il considère comme tous terroristes et promet d'écraser, ce qu'il entreprendrait même s'ils n'avaient pas été, jusqu'au début de l'appui aérien russe à la Syrie, le seul peuple à résister à l'Etat Islamique. C'est vrai qu'il a reçu l'autorisation de l'Alliance Atlantique de bombarder depuis fin juillet les villes kurdes de Syrie, dont Kobané d'où était originaire le petit Aylan Kurdi noyé un mois et demi plus tard en fuyant ces bombardements. C'est vrai aussi qu'aucune autorité européenne n'a réagi quand, se référant à cet enfant mort en Turquie en fuyant les exactions de l'armée turque, il a cyniquement accusé l'Europe d'avoir "transformé la Méditerranée en cimetière".
 
Il a fallu qu''il déclare qu'il y a en Turquie deux millions de réfugiés de Syrie. C'est vrai que deux millions s'y sont réfugiés, le petit Liban étant totalement saturé et la frontière syro-turque étant la plus longue pour les deux pays, mais la Turquie ne leur reconnaît pas le statut de réfugié garanti par les conventions internationales et ne leur accorde ni titre de séjour temporaire ni autorisation de travail, les forçant au travail clandestin exploité ou à l'achat à prix fort des viatiques pour la Grèce.
 
Il a fallu qu'il prétende que partout d'où l'Empire Ottoman s'était retiré régnait aujourd'hui le chaos, et qu'il ajoute que l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et le Caucase appartiennent encore à la mémoire turque. C'est vrai qu'aujourd'hui la Turquie soutient activement l'Etat Islamique, qui vient d'appeler au déclenchement d'une guerre de religion contre la Russie dans tout le Caucase en représailles à l'appui apporté par la Russie à la Syrie au grand dam de l'Alliance Atlantique, de la Turquie et des pays arabes.
 
Il a fallu qu'il amène avec lui un moufti turc, pour présider à la prière et lancer les nombreuses ovations "Allahu Akhbar". C'est vrai qu'il ne connaît peut-être pas l'arabe, la conquête turque de l'empire arabe s'étant illustrée par le massacre de villes entières (dont Jérusalem, alors arabe et où coexistaient trois religions), raison pour laquelle les premiers croisés de 1096 ont été accueillis en libérateurs par la population arabe côtière soumise au joug turc depuis déjà (ou seulement) une génération.
 
Finalement, la seule chose que le Grand Turc a omise, pour l'instant, c'est de glorifier le devchirmé et l'empalement.

jeudi 1 octobre 2015

intoxication de l'ONU au nom de l'Argentine - lettre ouverte au ministre des affaires étrangères argentin

L'intoxication des Nations Unies hier 30 septembre, au nom de l'Argentine, est une usurpation grave.
 
Quelques heures avant le déclenchement de l'opération russe, en aide et à la demande du gouvernement syrien, contre les positions de la méga-bande "Etat Islamique", a été lancée une campagne de désinformation et calomnie contre la Russie, manifestement dirigée par les puissances en guerre contre la Syrie. Malheureusement ce n'est pas un fait exceptionnel, mais la particularité cette fois est que les manipulateurs d'opinion qui ont réussi à tromper l'Organisation des Nations Unies l'ont fait en usurpant le drapeau argentin.
 
Le département de l'information des Nations Unies à New York a donné crédit aux mensonges diffusés par des acteurs qui se présentent comme les Casques Blancs. Par chance ces attaques contre la Russie ont été préparées par des personnes peu professionnelles puisqu'elles ont prétendu qu'il y avait des victimes civiles plusieurs heures avant le commencement de l'opération, en diffusant des photographies vieilles de plusieurs jours, mais le fait est qu'elles ont réussi à induire l'ONU en erreur, peut-être grâce à la crédibilité qu'elle ont usurpé.
 
Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric de la Rivière (citoyen d'un pays membre de l'Alliance Atlantique), a lui-même diffusé ces calomnies devant la presse, en précisant le nombre de 33 morts innocents, avant que son adjoint Farhan Haq, quelques heures plus tard, ne démente l'information, au nom du secrétaire général, en disant que les services de l'ONU avaient été intoxiqués par plusieurs sources civiles dont les Casques Blancs, qu'il a appelés en anglais les White Helmets.
 
Depuis le 20 décembre 1994 (résolution 49/139 de l'Assemblée Générale, original en anglais) ce que les Nations Unies reconnaissent officiellement comme White Helmets dans le texte original de la résolution, ou Casques Blancs ou Cascos Blancos dans ses traductions, est exclusivement la commission Cascos Blancos du gouvernement argentin. Cette reconnaissance, renouvelée régulièrement par l'Assemblée Générale, génère une autorité et une crédibilité qui ont été usurpées hier.
 
Le groupement sans statut juridique qui se présente comme White Helmets, et antérieurement "défense civile syrienne", n'a rien à voir avec les autorités légitimes de la Syrie ou le peuple de ce pays (pas plus qu'avec le gouvernement ou le peuple argentins), son nom de domaine internet whitehelmets.org appartient à l'entité états-unienne Purpose (Brooklyn, Etats-Unis) financée par George Soros, et ce groupement de désinformation sous financement états-unien et anglais a été lancé par des Etats-Uniens et des Britanniques, dans la zone contrôlée par la faction Al Nosra de la guérilla islamiste, en coordination avec "l'observatoire syrien des droits de l'homme" unipersonnel de Rami Abdul Rahman (Coventry, Royaume-Uni), comme expliqué par Vanessa Beeley de Global Research.
 
La politique choisie par le gouvernement argentin est discutable, par exemple quand il a voté deux fois contre la Russie en 2014 au Conseil de Sécurité de l'ONU sous un prétexte idéologique erroné (vu que l'autodétermination du peuple de Crimée n'avait rien en commun avec la consultation de la colonie anglaise installée aux Malouines après la déportation de la population franco-argentine). Mais le gouvernement argentin ne peut pas laisser cette imposture impunie ou non dénoncée, et il doit rétablir auprès du service de communication de l'ONU, et auprès des principales agences de presse dans le monde, ce que sont les véritables Casques Blancs ou White Helmets reconnus par plusieurs résolutions des Nations Unies.
 
Le silence, jusqu'à présent, tant du Ministère des affaires étrangères argentin que des véritables Casques Blancs, pourrait être interprété comme un consentement ou une complicité.
 
Au-delà, en cette veillée d'armes de la guerre mondiale qui sera prochainement déclenchée par l'agression militaire de l'Alliance Atlantique contre la Russie, les citoyens argentins ont le droit de savoir de quel côté de la ligne de front ils se trouveront.

ces mercenaires français rappelés du Levant

La presse française diffuse depuis quelques semaines une campagne de communication criminelle. La profusion et la simultanéité de la paru...