mardi 29 avril 2014

imminente bataille de Slaviansk

La junte au pouvoir en Ukraine a-t-elle vraiment déployé, comme le dénonce depuis quelques jours le ministère russe de la défense (photos satellitaires à l'appui), 15000 militaires, 160 chars, 230 véhicules blindés et 150 pièces d'artillerie autour de Slaviansk ?
 
Si c'est vrai cela correspond à plus d'une division d'infanterie de type soviétique, et ça représente aussi probablement tout ce qui reste d'une armée ukrainienne dont l'état-major a clairement annoncé qu'elle ne tirerait pas sur la population civile de l'est. Mais ça pourrait aussi indiquer l'intention des putschistes au pouvoir de détruire complètement, pour l'exemple, la ville de Slaviansk (ou de le prétendre pour forcer une intervention russe).
 
La cotation du renseignement suppose de rapporter la plausibilité de l'information à la crédibilité de la source. Cette information paraît certes peu vraisemblable, non pas quant aux intentions des activistes qui occupent le gouvernement à Kiev, mais quant à leur capacité à avoir rassemblé de tels moyens et surtout un tel effectif. Cependant la source de cette information est habituellement fiable, puisque contrairement au gouvernement états-unien par exemple qui est pris régulièrement en délit de mensonge (jusque devant le Conseil de Sécurité de l'ONU), le gouvernement russe est jusqu'à présent irréprochable. Ce renseignement doit donc être pris hautement au sérieux.
 
Et si ce renseignement est vrai, si la junte de Kiev a réellement déployé une division renforcée de 15000 combattants autour d'une ville de 100000 habitants, et à défaut d'une pression pacificatrice uniopéenne sur la junte de Kiev, l'intervention pacificatrice russe sur le terrain est désormais urgente.

vendredi 25 avril 2014

"l'armée" de Bandera franchit le Dniepr

"L'armée de Bandera a enfin franchi le Dniepr", a déclaré fièrement ce 25 avril Dmitri Iaroch, chef de la milice ukrainienne national-socialiste Pravy Sektor.
 
Et au cas où ses actes n'expliciteraient pas suffisamment son opinion sur l'accord du 17 avril par lequel la junte Maïdan s'était engagée à désarmer les milices et suspendre la conquête de l'est, quelques heures plus tard il demande à la junte issue du coup d'état du 22 février de distribuer des armes à la population d'Ukraine occidentale. Ladite junte ne se gêne d'ailleurs pas pour proclamer elle-même que le nouveau bataillon Pravy Sektor de la nouvellement créée "garde nationale" vient de boucler le périmètre et les accès à Slaviansk. Quelles que soient la nationalité et la formation du brillant tacticien qui a recommandé d'envoyer un service de désordre populaire de 800 hommes (ou peut-être 1100 avant attrition par désertion ?) mettre le siège à une ville de 100000 habitants, ses clients de Kiev ont compris que cela servirait l'objectif principal auquel ils travaillent tous les matins en annonçant le score de manifestants pacifiques "russophones" tués sur leur ordre chaque nuit, à savoir amplifier l'hémorragie et donc provoquer l'intervention pacificatrice russe... dont quelqu'un a dû les assurer qu'elle serait suivie d'une offensive de l'OTAN contre la Russie.
 
Cet après-midi d'ailleurs le prix Nobel de la paix Obama a téléphoné à ses alliés européens Hollande, Merkel, Cameron et Renzi pour coordonner de nouvelles "sanctions" contre la Russie au cas où elle s'obstinerait à préconiser l'application de l'accord de sortie de crise signé par le Maïdan le 21 février et cosigné par la France, l'Allemagne et la Pologne, ou même simplement l'accord d'apaisement accepté à Genève par la junte Maïdan le 17 avril et parrainé par les Etats-Unis, l'Union Européenne et la Russie.
 

vendredi 18 avril 2014

auto-reconduction du FLN

On peut retenir quatre choses de l'élection présidentielle algérienne :
- si le taux de participation a bondi de 37,04% à 17h00 à 51,7% au final, c'est que 28% des votants sont passés après 17h00 ;
- quand le peuple ne croit plus en la démocratie il reste la solution unitariste argentine, le vote obligatoire ;
- Bouteflika est vivant, il s'est laissé photographier et n'a pas manifesté de surprise en voyant des bulletins à son nom ;
- le père de l'indépendance, à Colombey, serait content car ça correspond à sa conception de l'usage des urnes.

mercredi 16 avril 2014

sécession et entrée en guerre de l'Ukraine occidentale

Ce mardi 15 avril, en lançant une partie de l'armée "régulière" ukrainienne à l'assaut de la partie orientale de l'Ukraine, la junte issue du coup d'état du 22 février à Kiev n'a pas seulement séparé la partie nord-ouest de l'Ukraine du reste du pays, elle a aussi voulu montrer qu'elle considérait la partie orientale comme un pays étranger, et de plus comme un ennemi. Elle annonce fièrement que les blindés utilisés sont ceux rapportés grâcieusement (et peut-être trop rapidement) de Crimée par la Russie, qui n'avait pas exigé pour ce faire la signature d'un traité de paix (alors que l'Ukraine avait déclaré la guerre à la Russie le 18 mars) reconnaissant la nouvelle frontière, et refusait de croire que le nouveau "gouvernement" ukrainien les utiliserait contre son propre peuple. C'est donc en vain que, depuis la proclamation de guerre intérieure par la junte de Kiev, la Russie a alerté depuis dimanche 13 l'OSCE, le Conseil de l'Europe, et surtout le conseil de sécurité de l'ONU (trois fois sauf erreur)... où elle s'est heurtée au refus des Etats-Unis de laisser adopter la moindre résolution ou recommandation à l'encontre des préparatifs guerriers de l'exécutif provisoire ukrainien.
 
Ce soir la junte ukrainienne se vante d'avoir réussi à prendre l'aérodrome de Kramatorsk sans avoir essuyé la moindre perte, tué ou blessé, ce qui confirme qu'elle ne considère pas les dizaines de civils (désarmés) tués aujourd'hui par ses forces armées (renforcées par les "coopérants privés" états-uniens) comme ses citoyens. S'il s'agissait d'un massacre de population civile (même manifestante) par la force militaire du même pays ce serait un crime contre l'humanité, s'il s'agit d'un massacre de population civile ennemie par la force militaire de l'Ukraine occidentale sécessionniste ce n'est qu'un crime de guerre. Mais dans les deux cas les pays qui ont encouragé le coup d'état puis reconnu le nouveau régime doivent condamner ces graves crimes s'ils ne veulent pas d'une part s'en rendre directement complices, et d'autre part encourager leur continuation.
 
En ce qui concerne les criminels en question, à savoir les quelques militaires non déserteurs ukrainiens, les miliciens ukrainiens de Pravy Sektor et les militaires états-uniens de Greystone il conviendra, afin que ces crimes ne soient pas imités et amplifiés, de leur appliquer immédiatement une peine exemplaire et juste. Cependant lorsqu'une puissance voisine lancera une opération humanitaire (qui est maintenant urgente) pour faire cesser les massacres, elle ne pourra évidemment pas livrer ces criminels à leurs gouvernements respectifs pour jugement, puisque ce sont ces gouvernements qui les ont envoyés commettre ces actions : la junte ukrainienne qui a commandé l'assaut blindé contre les manifestants pacifiques, et le gouvernement états-unien qui avait détaché ce bataillon et ne l'a pas rappelé en apprenant le déclenchement de l'opération scélérate. Et qu'on n'objecte pas que Greystone est une entreprise privée immatriculée à la Barbade (îlot qui ne dispose que d'une fausse indépendance de convenance), car non seulement son personnel et ses capitaux sont états-uniens (et ses dirigeants des officiers états-uniens en activité), non seulement aussi elle combat toujours contre les ennemis désignés par les Etats-Unis, mais de toute façon cette distinction interne artificielle entre armée publique et armées privées (comme le discours selon lequel le gouvernement n'imprime pas car c'est la banque nationale qui imprime pour lui prêter) n'est pas opposable en droit international : tout état a le monopole de la force armée, et toute unité états-unienne qui combat à l'étranger avec l'accord de son gouvernement est réputé lui obéir et le représenter (on ne considère pas non plus différemment le soldat ennemi selon qu'il est fonctionnaire de carrière, contractuel, corsaire, conscrit, réserviste, mercenaire soldé ou volontaire étranger bénévole...). Face à un "rogue state" ou état paria qui ne respecte ni les lois et coutumes de la guerre ni les conventions internationales et qui serait évidemment peu susceptible de traduire ses propres servants en justice militaire, la Russie, ou tout autre état civilisé qui interviendrait pour faire cesser le massacre commencé aujourd'hui, devra appliquer sévèrement les peines généralement acceptées, dans les armées disciplinées, en cas d'exactions contre la population civile.
 
Une guerre de conquête de la Transylvanie par la Hongrie ou de la Moldavie par la Roumanie serait une question régionale (pour ne pas dire provinciale) bilatérale et probablement brève. Une guerre de conquête de l'Ukraine orientale et méridionale par l'Ukraine occidentale est une question internationale et européenne, qui ne peut être que longue et cruelle. Il est urgent qu'une puissance responsable intervienne pour l'interdire.
 

dimanche 13 avril 2014

assaut imminent contre l'Ukraine orientale

Le régime Maïdan pensait peut-être, en lançant son ultimatum mercredi 9 avril à la résistance civile au coup d'état du 22 février, que celle-ci abandonnerait sous 48h les quelques bâtiments administratifs qu'elle occupe depuis dimanche dernier à Donetsk, Kharkov et Lougansk en imitant d'ailleurs le mouvement Maïdan qui lui-même avait pris possession de bâtiments publics à Kiev avant de prendre le pouvoir le lendemain de la signature de l'accord de sortie de crise du 21 février, à la différence que dans l'est ces occupations se passaient pacifiquement et sans effusion de sang (jusqu'à l'assaut de ce matin).
 
Pourtant les chefs de l'unité spéciale Alpha des services de sécurité ukrainiens avaient fermement décliné l'ordre de donner l'assaut vendredi, déclarant n'être compétents que pour les cas de terrorisme et de prise d'otage. Pourtant aussi, la police anti-émeute de Donetsk envoyée samedi a fraternisé et rejoint les manifestants anti-coup d'état en arborant immédiatement leurs brassards, à peine arrivée sur place.
 
Mais l'absence manifeste de moyens n'a pas fait reculer la faction au pouvoir à Kiev, qui annonce ouvertement depuis mercredi que si les manifestants ne se retirent pas leur sang coulera, menace évidemment confortée par le palmarès de cette faction lorsqu'elle était elle-même dans les rues à Kiev et que ses chefs payaient des tueurs à gage pour abattre au fusil à lunette à la fois des manifestants et des policiers. Le Maïdan avait certes annoncé en début de semaine l'envoi de trois unités, l'une de police, l'autre de la milice néo-nazi Pravy Sektor et la troisième de la société militaire "privée" Greystone, filiale d'Academi, ex-Xe, ex-Blackwater (entreprise corsaire états-unienne connue pour ne pas respecter les lois de la guerre et bénéficier d'une totale impunité de la part du gouvernement qui lui renouvelle ses lettres de course et lui fournit ses dirigeants). A ce sujet il peut être amusant de noter que si les états-uniens de Greystone (non, ce ne sont pas des mercenaires puisqu'ils travaillent pour leur gouvernement qui les détache auprès de la junte ukrainienne) portent l'uniforme de l'unité ukrainienne Sokol, les miliciens de Pravy Sektor arborent toujours ce qu'ils ont volé dans les arsenaux militaires puisque les équipements que leur envoient les pays de l'Union Européenne sont interceptés et confisqués à l'aéroport par l'armée ukrainienne... qui, aussi débandée qu'elle soit, se méfie manifestement du zèle amateuriste de ladite milice officialisée par la junte au pouvoir.
 
Ce matin donc, dimanche 13 avril, le nouveau régime a lancé un amalgame de police anti-émeute venue de Kiev et de miliciens pro-uniopéistes de Pravy Sektor à l'assaut des manifestants pacifiques de Slaviansk et a rapidement annoncé qu'il y avait des morts : comme à Kiev, la stratégie du Maïdan est donc de commettre l'irréparable pour crisper les positions et interdire le dialogue. Nonobstant, ces gens-là formés par l'Union Européenne (en Pologne) à l'insurrection de rue savent parfaitement qu'une troupe de maintien de l'ordre ne peut pas l'emporter face à une population soudée et nombreuse. Et en l'occurrence, les résistants dits russophones au coup d'état représentent de l'ordre de huit millions de personnes dans l'est et le sud de l'Ukraine, et s'ils ne sont que quelques centaines sur les barricades c'est qu'ils pensaient n'y avoir rien à craindre ayant la population derrière eux (et pas seulement la population de l'est, comme l'a démontré la dernière élection présidentielle).
 
A l'heure où ces lignes sont écrites il est vraisemblable que les bâtiments publics de Slaviansk ont été dégagés et que le nouveau régime prépare un assaut contre les manifestants de Donetsk, Kharkov et Lougansk, tandis que les manifestants qui avaient pris ces bâtiments publics sans violences sont vraisemblablement en train de se préparer à contenir un assaut. En tout cas le "président" autoproclamé Alexandre Tourtchinov, qui vient de donner un ultimatum  aux légalistes pour demain lundi matin, confirme qu'il envoie des unités militaires (s'il en trouve), ce qu'il avait déjà annoncé plusieurs fois, et n'étant pas assez satisfait d'envoyer l'armée faire du rétablissement de l'ordre (ce qui ne correspond ni à sa mission ni à sa préparation) il annonce envoyer plusieurs centaines de réservistes fraîchement rappelés, comme s'il voulait absolument d'une part provoquer un bain de sang (quand il s'agit de police on dit "bavure" mais un bataillon d'infanterie motorisée de type soviétique ne connaît ni la matraque ni le pistolet) et d'autre part impliquer la population de l'ouest dans la répression de la population de l'est. De son côté le "ministre de l'intérieur" Arsène Avakov annonce la création d'une nouvelle milice populaire "anti-séparatiste" à laquelle il invite 12000 citoyens de l'ouest.
 
Que cherche le nouveau régime ? De toute évidence il cherche la violence. Si son comportement rappelle un peu celui du gouvernement géorgien en août 2008, qui avait lancé son armée contre sa province autonome d'Ossétie du sud pour y opérer un nettoyage ethnique, le rapport démographique ne le permettrait pas en Ukraine mais le régime peut avoir l'espoir d'obliger des pays dits occidentaux à l'aider, ce qui explique par exemple l'envoi en première ligne de soldats états-uniens (prétendus privés mais l'actuel gouvernement ukrainien n'a pas les moyens de payer leurs honoraires et l'entreprise le sait - à moins évidemment que ça ait été payé d'avance par les contribuables de pays plus riches que l'Ukraine) afin que leur pays soit concerné s'ils sont tués. Et ce mouvement est encouragé par les menaces des Etats-Unis envers la Russie, John Kerry ayant personnellement téléphoné à Sergueï Lavrov hier samedi pour exiger la création d'une zone non-militarisée dans l'ouest de la Russie et demander que la Russie retire ses troupes des régions russes voisines de l'Ukraine. En réalité le nouveau régime ukrainien a aussi une autre bonne raison pour déclencher une guerre civile qui justifierait un état d'exception : il ne veut pas que l'élection présidentielle promise pour le 25 mai puisse se tenir puisqu'il sait qu'il la perdrait. Pour mémoire, ce mouvement s'était déjà vu confier le gouvernement de l'Ukraine par les Etats-Unis au moyen de la "révolution orange" de 2004 lancée dès la première élection démocratique de Viktor Yanoukovitch, mais il l'a ensuite perdu dès l'élection démocratique suivante en 2010 (de nouveau remportée par Yanoukovitch). La junte Maïdan a annoncé une élection présidentielle le 25 mai pour satisfaire les prétendus démocrates uniopéens qui lui ont confié le pouvoir cette fois, mais elle sait parfaitement, comme eux, que si cette élection a lieu elle la perdra. Enfin, troisième objectif, il est vraisemblable qu'en lançant une opération militaire contre la population russe d'Ukraine orientale le régime ukrainien, poussé par les Etats-Unis (mais peut-être moins là par l'Union Européenne), cherche à provoquer une intervention de la Russie comme ce fut le cas en 2008 pour sauver la population d'Ossétie du sud.
 
Vu comment la France réagit dès que mille Français sont menacés quelque part en Afrique, on comprendrait que la Russie réagisse si huit millions de Russes sont menacés en Ukraine.

rappel pour la sécurisation des églises

En abrogeant l'urgence plutôt que l'état, le gouvernement a signifié qu'il s'accommodait de la menace (il a d'ailleu...