dimanche 8 décembre 2013

la France risée de l'Afrique

"Jeudi soir il y avait 600 militaires français, hier soir il y en avait 1000, et ce soir il y en aura 1600" dit François Hollande, avec la grandiloquence d'un Tigre maréchalissime interallié, samedi 7 décembre en sortant d'un sommet franco-africain, au surlendemain d'une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU autorisant, selon toute la presse internationale de jeudi 5 décembre, le déploiement d'une "force africaine de 3600 hommes appuyée par une force française de 1200 hommes" (en réalité la résolution 2127 ne mentionnait aucun effectif). Jeudi 5 décembre le gouvernement français, en commençant par son ambassadeur auprès de l'ONU Gérard Araud, annonçait un engagement de 1200 hommes en comptant les 400 déjà présents en Centrafrique, et samedi 7 le gouvernement français, en commençant par son président François Hollande, annonçait un engagement de 1600 hommes.
 
Après l'envoi largement médiatisé d'un officier général breveté, casqué dans un Véhicule de l'Avant Blindé, pour commander un bataillon (ou un Groupement Tactique Interarmes en langage contemporain) et peut-être à terme un régiment légèrement renforcé, jusqu'où doit-on aller pour ridiculiser l'armée française ? Un accroissement précipité d'un tiers des effectifs en cours de déploiement, deux jours après la décision d'engagement, et avant le moindre accrochage sérieux ? Peut-on imaginer une mission onusienne ou panafricaine pour 1600 hommes qu'un détachement de 1200 Français ne soit pas capable de remplir en Afrique ? Après avoir montré qu'on n'a pas gardé d'officiers supérieurs capables de commander un bataillon, veut-on aussi montrer qu'on n'a pas gardé d'officiers d'état-major capables d'effectuer une balance des potentiels ? Au rythme actuel des décisions de renforcement, et des actions de ridiculisation du corps officier, toute l'armée de terre française sera en Centrafrique dans un mois, et on enverra des officiers de réserve de la gendarmerie départementale pour commander les sections de combat.
 
On pourrait rêver qu'il se soit agi de faire ridiculiser le Conseil de Sécurité des grandes puissances par un sommet franco-africain sur la sécurité, mais ce n'est même pas le cas, le ridicule normal visant uniquement à faire de l'armée française, acclamée par les populations africaines et redoutée par les trancheurs de gorges, la risée de l'Afrique.

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