mardi 26 janvier 2010

pour ou contre l'admission de la Turquie... dont l'armée est déjà présente dans l'Union européenne

L'Institut français d'études anatoliennes vient de publier à Istamboul (Constantinople) un sondage de l'opinion de certains Européens sur l'admission de la Turquie dans l'Union européenne :
Toute la grande presse d'Europe reprend le communiqué de l'AFP visant à stigmatiser les esprits chagrins anti-Turcs.
Il est à noter que les auteurs de ce sondage ont choisi comme "représentative" l'opinion de cinq grands pays d'Europe occidentale qui n'ont pas souffert de l'occupation turque (et ont omis le seul grand pays qui l'ait connue, l'Italie), et n'ont interrogé personne en Autriche (voire aujourd'hui Hongrie, Tchéquie, Slovaquie et Slovénie), en Bulgarie, à Chypre, en Grèce, à Malte, en Roumanie...

Parmi les arguments limités suggérés aux opposants, les auteurs du sondage ont omis de proposer l'occupation militaire d'un pays membre de l'Union européenne par la Turquie et son refus de reconnaissance de ce même pays membre.

Quant à la question sur l'honnêteté d'une éventuelle interruption des négociations d'adhésion, elle écarte cyniquement la question de l'honnêteté de l'ouverture et du progrès de ces négociations, par des institutions européennes qui acceptent l'occupation d'un pays membre et n'ont pas imposé comme condition préalable aux négociations le retrait de la force d'occupation turque de Chypre et le retour de la population déportée.

D'ailleurs la question d'un hypothétique referendum sur l'adhésion de la Turquie est périmée dans l'Union depuis l'adoption de l'anti-démocratique Traité de Lisbonne, et en France depuis la réforme constitutionnelle Sarkozy de juillet 2008 : il n'est plus prévu de referendum sur l'admission de nouveaux membres.

De toute évidence ce magnifique travail d'influence de l'opinion a donc un but totalement différent de celui affiché ; en l'occurrence il vise à faire oublier la question primordiale et à déplacer le débat sur le terrain passionnel, de manipulation beaucoup plus aisée que le factuel.

Or l'occupation militaire d'une partie de l'Union européenne par la Turquie est un fait, pas une opinion.