mardi 1 décembre 2009

Ruanda au Commonwealth

Le Ruanda (écrit Rwanda en anglais) a été admis hier 29 novembre au Commonwealth.

Cette ancienne colonie allemande puis belge, encore officiellement francophone, a été soumise depuis 1994 à une anglicisation forcée et accélérée par le "président" sanguinaire Paul Kagamé (celui qui a fait assassiner impunément deux chefs d'état en exercice, et provoqué un génocide sélectif pour faire oublier son "anthropocide" indiscriminé), ancien chef du renseignement militaire de l'Ouganda anglophone voisin. Depuis donc quinze ans même si les intitulés des ministères sont toujours français, les ministres venus de l'étranger dans les fourgons ougandais s'expriment en anglais non seulement au gouvernement mais aussi dans leurs rapports avec la population.

L'Afrique est, comme on le sait, le théâtre de plusieurs confrontations :
- la conquête de la Chrétienté par l'Islam,
- la conquête de l'Afrique francophone par l'Afrique anglophone,
- la conquête de l'aire francophile par les Etats-Unis d'Amérique,
- l'achat de l'Afrique subsaharienne par la Chine ;
certaines lignes de ces confrontations se superposent parfois sur une seule ligne de front, comme dans le cas de la Côte d'Ivoire.

Encouragée par la République Sud-Africaine et le Kénya et armée par les Etats-Unis, l'anglicisation de l'Afrique centrale francophone est conduite par l'ougandais Yoweri Museveni et son adjoint le ruandais Kagamé (officier de l'armée ougandaise formé aux Etats-Unis), et concerne aussi le petit Burundi et le grand Congo ex-Zaïre.

Hier, le Commonwealth a récompensé la réussite de Kagamé au Ruanda.

La Suisse et les minarets

Dès dimanche 29 au soir soir le ton était donné par le titre de l'article en première page du Monde : "les Suisses votent massivement l'interdiction des minarets". Il fallait dépasser ce titre mensonger et lire l'article pour comprendre qu'en réalité les Suisses avaient seulement voté l'interdiction de la construction de nouveaux minarets. Le Monde sous-entend même habilement que ce vote remet en question l'esprit "de solidarité et d'ouverture au monde" proclamé dans la constitution helvétique.

En soi la nouvelle n'est pas extrêmement surprenante, ce pays symbole de la démocratie en exercice et pas seulement en discours étant particulièrement enclin aux "votations" populaires sur tous les sujets touchant à la vie commune des Suisses, et leur traditionnelle tolérance ayant été ces derniers temps malmenée par l'avancée récente du prosélytisme actif d'une minorité à la philosophie intolérante.

Par leur vote les Suisses ont désobéi tant aux consignes d'à peu près l'ensemble de leur corps politique qu'à la campagne d'intimidation menée par les instituts de sondage. Ce qui n'est pas sans rappeler la polémique française de 1981 sur l'échec de tous les instituts à prévoir l'élection de François Mitterrand, lorsque le premier groupe de sondages avait confessé qu'il ne s'était pas trompé dans ses prévisions mais qu'il avait simplement publié un résultat contraire car "on n'y croyait pas". Le sondage, instrument d'influence préélectorale quand il est utilisé en modalité "intentions de vote" mais aussi depuis quelques années instrument de déstabilisation postélectorale quand il est utilisé en modalité "sortie des urnes", est un outil redoutable au service des intérêts qui se devinent ou se savent démocratiquement minoritaires. Une illustration récente s'en trouve au Honduras, qui vient de procéder hier aux élections présidentielles prévues depuis avant le conflit entre l'ex-président Zelaya et les institutions politiques restées légitimes de son pays. Pour mémoire, les pouvoirs législatif et judiciaire ayant établi l'anticonstitutionnalité du referendum voulu par l'exécutif pour modifier la constitution et autoriser la réélection illimitée du président sortant, celui-ci a alors déclaré vouloir procéder à un simple "sondage" de la volonté du peuple en la matière, et c'est l'interdiction de ce sondage tant par le parlement que par l'appareil judiciaire qui a amené le président à l'ordonner au chef des armées, puis à démettre celui-ci lorsqu'il a refusé de désobéir au parlement, puis enfin à organiser son sondage privé en voitures particulières dans les quartiers qui lui étaient favorables, ce qui a amené le parlement à d'abord l'enjoindre de réintégrer le chef des armées, puis sur son refus à voter sa destitution et demander à l'armée de l'extraire de la présidence afin qu'un intérimaire puisse être nommé dans les règles jusqu'à la tenue des élections présidentielles déjà programmées... celles qui ont donc eu lieu hier et ont confirmé l'inutilité (en plus de l'anticonstitutionnalité) dudit "sondage" litigieux.

Si les sondages aujourd'hui invalidés par le vote des électeurs de Suisse étaient manifestement en faveur de la minorité que tous les media interrogent aujourd'hui pour connaître leur "ressenti" face à la décision de la majorité du corps électoral, il convient de rappeler que la Suisse est une véritable démocratie et que le rejet de la construction de nouveaux minarets a été décidé avec une forte majorité par un électorat composé de protestants, de catholiques, d'athées, de droits-de-l'hommistes, de musulmans et d'israélites, Suisses d'origine ou votants immigrés.

On pourrait rêver que tous les faiseurs d'opinion "occidentale" qui, aujourd'hui, diffusent celle d'autorités diverses (religieuses ou politiques) du monde musulman, en profitent pour leur demander si leurs pays respectifs pourraient envisager la tenue d'un referendum sur l'autorisation de la construction de clochers d'église, voire simplement sur l'autorisation de la célébration d'un rite non-musulman dans leurs pays, d'où l'islam a chassé la chrétienté antérieure. Mais, tout affairés qu'ils sont à s'immiscer (et inviter des étrangers à le faire) dans les affaires intérieures d'un pays souverain (et démocratique), ces faiseurs d'opinion ne poseront pas cette question à leurs interviewés.

Sur le fond, il faut garder à l'esprit que ce dont les Suisses veulent interrompre l'extension, ce n'est ni la religion musulmane, ni la construction de nouvelles mosquées, mais seulement la construction de nouveaux minarets, ces édifices voués à l'agression vocale de la majorité non musulmane. Un minaret n'est pas seulement une tour de diffusion comme celle qui, face au site de la Nativité à Bethléem, crache des centaines de décibels d'injures dès qu'un groupe de chrétiens arrive, et plus particulièrement pendant les offices qui s'en trouvent difficilement audibles même à l'intérieur de l'église. Un minaret est un instrument d'intimidation et d'usure autant que d'insulte ; on sait que la soumission au bruit extrême, autant que la privation de sommeil, est la technique de torture "qui ne laisse pas de traces" recommandée par les spécialistes des pays dont la recherche est la plus avancée en la matière, comme les Etats-Unis ou la Turquie. Mais pour les 96% de Suisses qui ne sont pas musulmans et qui ne souhaitent pas être réveillés à 5h le vendredi matin, et peut-être aussi pour une part des 4% de musulmans, la pollution sonore, contre laquelle on lutte dans les villes comme à la campagne, est nuisible à la santé et légalement répréhensible.

Les leçons de démocratie devraient être retournées à leurs auteurs, qui prétendent élèver leur courroux contre une décision prise démocratiquement envers l'outil de prosélytisme actif d'une minorité infime mais adepte d'une idéologie totalitaire et agressive.