mardi 26 août 2008

L'agressivité inscrite dans la constitution française

La politique du roquet consiste à compenser la faiblesse par l'agressivité.

Suivant le même principe, Nicolas Sarkozy a entrepris de remplacer la posture de défense de la France par une posture agressive. En parallèle au chantier de dépeçage des derniers restes des armées françaises il a lancé un chantier de construction institutionnelle visant à faciliter le recours à la force par le gouvernement.

Alors que la loi dite de "modernisation des institutions" avait été annoncée comme une obligation pour la mise en conformité avec le traité européen dit "constitutionnel", elle n'a pas souffert de la deuxième mort juridique de celui-ci le 13 juin mais a bien été présentée et votée le 21 juillet, sous le prétexte notamment de "renforcer le rôle du parlement" et de "rénover le mode d'exercice du pouvoir exécutif", en clair de donner de nouveaux moyens d'action au gouvernement et de nouveaux motifs de discussion au parlement.

Entre autres modifications, désormais le gouvernement "informe le parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention" et "précise les objectifs poursuivis". Puis "lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du parlement".

Ainsi, un président français qui souhaiterait attaquer un pays étranger n'aura plus à choisir entre demander l'autorisation préalable au parlement (comme le prévoyait l'ancien article 35 de la constitution) ou violer la constitution comme l'avait fait Jacques Chirac en 1999. Il peut passer à l'attaque, en informer le parlement dans les trois jours, et n'a rien à demander tant que l'agression ne dépasse pas quatre mois.

Ainsi, au moment même de rentrer dans l'OTAN selon le souhait du président actuel, et au nom de l'Union Européenne (que le traité de Lisbonne inféode d'ailleurs à l'OTAN), la France devient constitutionnellement une puissance agressive.

Pour mémoire, déjà le 19 janvier 2006 Jacques Chirac avait modifié la doctrine stratégique française, remplaçant la doctrine de dissuasion dite de "non-emploi" par une doctrine d'emploi du nucléaire, ne s'interdisant plus de frapper des pays non-nucléaires (en violation du traité de non-prolifération), ajoutant entre autres à ses intérêts vitaux la garantie de ses approvisionnements, et s'autorisant désormais à recourir à des frappes nucléaires contre tout Etat qui aurait recours au terrorisme, à la menace ou au chantage.

Auparavant il avait détourné le peuple de l'armée, par la suppression du service national qui imposait l'autorisation du parlement pour engager des conscrits sur un théâtre d'opérations en temps de paix (tant que cette notion n'est pas effacée). Cette décision ne pouvait qu'entraîner les difficultés de recrutement dont l'armée n'a pas le droit de parler, et qui permettront à un prochain gouvernement de créer des armées privées, comme aux Etats-Unis d'Amérique...

Ainsi la 5° République, après avoir banalisé l'utilisation du nucléaire et alors qu'elle termine son désarmement conventionnel, devient officiellement un régime agressif.

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