lundi 23 janvier 2017

faux casques blancs - la Russie interpelle l'ONU

Le 17 janvier 2017, la Russie s'est résolue à demander à l'ONU de dénoncer les nombreux abus commis par les faux casques blancs.
 
Cette officine de propagande de la coalition islamo-atlantique contre la Syrie est financée à 50% par le gouvernement anglais et à 29% par le gouvernement étatsunien (d'après les déclarations de ces deux gouvernements) ; un autre contributeur est George Soros, dont l'organisation états-unienne Purpose possède le domaine internet whitehelmets.org. Elle a été promue à la célébrité par les agences de presse de l'OTAN (AP, AFP et Reuters) le 30 septembre 2015, lorsque ces faux casques blancs se sont (un peu trop) empressés de publier des témoignages et "preuves" vidéographiques de l'indiscrimination des bombardements que l'aviation russe allait lancer quelques heures plus tard. Outre son usurpation de l'appellation White Helmets, elle a aussi été présentée mensongèrement comme la défense civile syrienne (reconnue par l'ONU, l'OMS, le CICR et l'Organisation Internationale de Protection Civile), puis comme une branche "humanitaire" de la milice prétendue modérée d'Al-Qaïda en Syrie rebaptisée Front Al-Nosra puis Fatah Al-Cham, même si ses membres se filment parfois en flagrant délit de défaut d'humanitarisme, pour ne pas dire de terrorisme, lors d'exécutions arbitraires par exemple, comme l'ont montré les enquêtes approfondies de la journaliste Vanessa Beeley.
 
Recommandée au comité Nobel par l'essentiel des groupes de pression para-gouvernementaux des membres de l'OTAN, sujet d'un film étatsunien diffusé dans le monde entier par Netflix, auteur d'une campagne de communication lacrymale ("le petit garçon sur le siège orange") conçue pour exploiter le sentiment de culpabilité européen engendré par la photographie du petit kurde syrien mort sur la côte turque après avoir été chassé de Kobané par les bombardements turcs, cette officine de propagande a été reçue officiellement par le président de la république français le 9 octobre 2016.
 
Le 20 septembre 2016 cette officine a produit presque en direct des images du convoi humanitaire brûlé, comme annoncé quelques jours plus tôt, par la guérilla islamiste occupant Alep-Est, et a accusé l'aviation russe de l'avoir bombardé (contre toute apparence), cherchant manifestement à détourner l'attention du bombardement de l'armée syrienne par l'aviation étatsunienne le 17 septembre.
 
Plus récemment, le 2 janvier 2017, les faux casques blancs ont revendiqué (par la "déclaration de Ouadi Barada"), avec quatre autres mouvements de la guérilla islamiste, la coupure et l'empoisonnement, depuis le 22 décembre 2016, de l'eau de la Barada qui approvisionnait plus de cinq millions de Damascènes, ce que l'ONU a bien qualifié de crime de guerre même si elle n'en a pas nommé les auteurs.
 
L'obligation pour la Russie d'intervenir elle-même auprès de l'ONU découle du constat selon lequel l'Argentine a délibérément choisi de ne pas dénoncer l'usurpation de sa bannière, sur laquelle on a attiré l'attention de deux ministres successifs des affaires étrangères, le 1er octobre 2015 et le 23 août 2016.
 
Car le 30 septembre 2015 Stéphane Dujarric de la Rivière, porte-parole du Secrétaire Général, abusé par les mensonges des faux casques blancs, avait accusé la Russie d'homicides de civils en Syrie, puis quelques heures plus tard son adjoint Farhan Haq avait démenti l'information et expliqué que l'ONU avait été intoxiquée par les White Helmets. Or depuis la résolution 49/139 du 20 décembre 1994, les Nations Unies appellent ainsi, et exclusivement, la commission Cascos Blancos du gouvernement argentin. Aussi dès le lendemain 1er octobre 2015, faute de réaction officielle argentine, un professeur de politique internationale attira l'attention du ministre des Affaires Etrangères argentin Hector Timerman, autorité de tutelle des véritables Cascos Blancos. On se rappellera qu'en dépit d'un discours qui se voulait "anti-impérialiste" la présidente Cristina Fernandez-Kirchner avait dicté au gouvernement argentin une position pro-étatsunienne et anti-russe, et qu'en deux ans au Conseil de Sécurité l'Argentine vota au moins par deux fois des résolutions majeures contre la Russie, en l'occurrence au sujet du referendum criméen, et sous un prétexte fallacieux. Début octobre on publia des articles dénonçant l'imposture des faux casques blancs, qui n'entraînèrent aucune réaction argentine.
 
Cependant l'Assemblée Générale de l'ONU, par sa résolution 70/105 du 10 décembre 2015, renouvela, comme chaque année depuis vingt ans, sa reconnaissance et son soutien aux vrais Cascos Blancos argentins, nommés White Helmets dans les résolutions en anglais.
 
Le 23 août 2016, en raison de l'inflation de la propagande atlantique en faveur de l'attribution du prix Nobel de la paix aux faux casques blancs, le même expert attira l'attention de la ministre des Affaires Etrangères argentine Susana Malcorra, peut-être moins incompétente que son prédécesseur (et plus au courant du fonctionnement de l'ONU) mais alors activement engagée dans sa candidature à la succession à Ban Ki-Moon au poste de Secrétaire Général. Le résultat fut le même, le gouvernement argentin de Mauricio Macri ayant donc décidé, comme son prédécesseur, de prêter la crédibilité des véritables Casques Blancs (pourtant à ce moment-là engagés au Liban pour alléger les souffrances des Syriens) aux faux, contribuant ainsi à la propagande de la coallition islamo-atlantique anti-syrienne.
 
C'est en raison de la couverture argentine de cette imposture des faux casques blancs, et de la gravité des calomnies proférées par ceux-ci (en usurpant la crédibilité des vrais) contre le gouvernement russe, que le ministre des Affaires Etrangères Sergueï Lavrov a été contraint de demander à l'ONU de dénoncer ces mensonges.

dimanche 15 janvier 2017

utilité de 12000 armes de guerre

Que peut-on faire avec 12000 armes de guerre ?
 
Avec 10000 fusils d'assaut on peut équiper intégralement la moitié de l'infanterie française actuelle, ou la moitié de l'infanterie espagnole qui, en comptant les Canaries, Ceuta, Melilla, les Baléares et les forces spéciales aligne 33 bataillons soit moins de 20000 fantassins sur les 50000 soldats (encadrement non inclus) de l'armée espagnole. Car les pilotes de chars, d'hélicoptères et d'engins polyvalents du génie, de même que les servants de canons d'artillerie, les opérateurs de transmissions et les chauffeurs de camions portent plutôt un pistolet d'auto-défense qu'un fusil d'assaut, comme les officiers et la plupart des sous-officiers.
 
Ce petit aperçu devrait donner une certaine importance à la saisie par la police espagnole, le 12 janvier, d'un nombre estimé initialement à 8000 puis révisé le 15 à 12000 armes de guerre, sur quatre sites à Olot, Liendo, Galdácano et Guecho. Il s'agissait essentiellement d'armes achetées à des armées régulières (pas uniquement espagnole) après neutralisation officielle, puis remises en état de fonctionnement, comme les armes qui ont servi à l'attaque contre Charlie Hebdo. S'agissant de milliers d'armes on ne peut pas parler d'ateliers clandestins artisanaux mais de petites usines d'armement. Les stocks saisis ayant été estimés, hors armes antiaériennes, à plus de seize millions d'euros, il ne s'agit évidemment pas de pistolets, et les armées européennes ayant cessé de déclasser des fusils semi-automatiques depuis plusieurs décennies il s'agit certainement de fusils d'assaut, dont les marques citées ne concernent pas seulement l'Espagne.
 
Les premiers commentaires des autorités ayant supervisé la saisie, émanant donc de professionnels du maintien de l'ordre, relèvent du registre anti-terroriste. Sous cet angle de vue on pourrait effectivement conclure que si une dizaine d'armes de guerre suffisent à immobiliser plusieurs centaines de personnes dans une salle comme le Bataclan afin d'y passer trois cents personnes au canif à égorger, l'arsenal saisi aurait pu contribuer au sacrifice rituel d'un tiers de million de personnes, en Espagne ou ailleurs. Traitée comme une affaire de droit commun, cette saisie a été l'occasion de la plus sévère admonestation judiciaire envers deux des personnes arrêtées, qui ont reçu l'interdiction formelle de quitter le territoire espagnol, et auxquelles on a même confisqué le passeport au cas où elles tenteraient de le faire autrement que par les frontières française ou portugaise ou les côtes marocaines ; faute sans doute d'un domicile déclaré où leur adresser une future convocation, trois autres personnes ont été provisoirement placées en hébergement carcéral non punitif.
 
Mais d'un point de vue militaire il faut considérer que 10000 fusils d'assaut, si c'est de ça qu'il s'agit, étaient destinés à 10000 combattants de base (hors encadrement). La guérilla en cours de montée en puissance en Europe n'a que faire de bataillons de génie, d'escadrons de chars lourds et de convois d'approvisionnement en carburant et vivres. Quand bien même ses parrains étrangers lui proposeraient le même équipement en blindés légers de fabrication étatsunienne qu'ils ont fourni à l'Etat Islamique, la nébuleuse directrice actuelle de la guérilla ne saurait qu'en faire à ce stade, ni aux premières heures de son déploiement dans de grandes agglomérations. Quant aux armes antiaériennes, dont la presse espagnole n'a pas précisé s'il s'agissait de mitrailleuses de 12,7 ou de canons de 30 mm, elles ne peuvent pas abattre un avion de ligne (n'en déplaise aux tenants de la finalité terroriste) mais elles pourraient permettre à un mouvement ne disposant ni d'armes modernes ni d'aéronefs de se protéger face à un assaut héliporté.
 
Pour mémoire, 200 fusils d'assaut suffisent aux quatre premières compagnies levées par la minorité adepte d'une idéologie distincte, qui fait sécession dans le Septième Scénario (www.lulu.com/fr/shop/stratediplo/le-septième-scénario/paperback/product-22330739.html) et dont cette étude d'état-major expose les possibilités au niveau d'une ville d'un million d'habitants puis au niveau d'un pays. Déployé et employé de manière décentralisée en zone urbaine sur un pays comme l'Espagne ou la France, l'équivalent (en volume) de 100 compagnies, ou de 200 compagnies incomplètement armées, peut fixer et incapaciter l'armée régulière immédiatement.
 
La police espagnole n'a pas diffusé d'estimation de la cadence des usines de remilitarisation, ni de l'ancienneté de leur activité. Il est donc difficile de savoir ce que le stock saisi représentait par rapport à la production annuelle, et il n'est pas certain que les responsables laissés en liberté fourniront une comptabilité très précise des éventuelles commandes antérieures déjà livrées, ni un fichier de clientèle avec adresses à jour, ni une étude sectorielle détaillant la capacité de production des usines de la concurrence encore debout.
 
D'une manière générale, les implications de cette saisie seront peu commentées dans la presse même espagnole.

lundi 9 janvier 2017

il faut cesser de diviser Chypre

Pour une fois la réinformation peut précéder une désinformation imminente, et la correction peut anticiper un mensonge prévisible.
 
Dans quelques jours l'OTAN fera diffuser largement aux journaux du monde entier, par l'intermédiaire de ses trois agences de presse AP, AFP et Reuters, un conte écrit en Turquie, membre majeur de ladite OTAN, pour défigurer la réalité et, accessoirement, miner les décisions de l'ONU.
 
Une fois de plus de hauts fonctionnaires de l'ONU vont travailler à l'encontre de décisions et résolutions de l'Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité. Ils ne feront là que suivre le fameux exemple (et précédent non sanctionné) de Bernard Kouchner, qui en tant chef de la Mission d'Administration Intérimaire des Nations Unies au Kossovo fit exactement le contraire de son mandat détaillé dans la résolution 1244 votée le 10 juin 1999 : il viola la souveraineté nationale et détruisit l'intégrité territoriale de la République Fédérale de Yougoslavie en l'amputant de la province de Kossovo et Métochie, ne désarma pas les groupes armés d'Albanais, ne tenta pas de restaurer l'ordre public, empêcha le retour des déplacés et interdit le retour du personnel yougoslave aux postes frontières et sur les lieux de patrimoine... et alla même jusqu'à institutionnaliser et réarmer l'Armée de Libération du Kossovo (qu'il était chargé de débander) et lui accorder une solde mensuelle sur le budget de l'ONU, en détournant avec l'aide de fonctionnaires new-yorkais une partie du budget voté par l'Assemblée Générale. Il fit tout cela en tant que Représentant Spécial du Secrétaire Général, mission temporaire confiée par un autre fonctionnaire, le Secrétaire Général Kofi Annan, imposé par les Etats-Unis d'Amérique après qu'ils se soient opposés par veto au renouvellement du mandat de Boutros Boutros-Ghali, seul cas de non-renouvellement dans l'histoire de l'ONU, et menace leur ayant permis d'obtenir la collaboration sans réserve de Kofi Annan puis de son successeur Ban Ki-Moon. Ainsi lorsque les Etats-Unis dérobèrent au siège new-yorkais de l'ONU, dimanche 8 décembre 2002, la déclaration de douze mille pages sur l'état du désarmement de l'Irak, le Secrétaire Général Kofi Annan s'abstint de protester contre ce vol, puis tenta de le justifier devant les quatorze autres membres du Conseil de Sécurité, et enfin refusa, sur ordre express des Etats-Unis, de distribuer aux dix membres non permanents ce rapport qui leur était destiné, après sa restitution (probablement altéré) à l'ONU par les Etats-Unis. Ce rappel entre parenthèses n'est pas inutile à la compréhension du mode de fonctionnement actuel de l'ONU, ou de la dichotomie entre ses instances internationales de désision et son administration d'exécution manipulée.
 
Depuis 2002 au moins (tant sous Kofi Annan que sous Ban Ki-Moon) le secrétariat général de l'ONU travaille activement, par le biais de missi dominici non mandatés par les instances internationales de décision, à un autre projet états-unien contraire aux décisions et résolutions de l'Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité, en l'occurrence d'abord l'octroi d'un statut étatique à la partie occupée de Chypre, puis sa fusion avec la République de Chypre, c'est-à-dire l'incorporation de la partie encore libre à la partie occupée par la Turquie, ou en termes plus pragmatiques l'extension de l'occupation turque à l'ensemble de l'île et la disparition de l'état souverain membre de l'ONU, la République de Chypre. Ce projet turco-étatsunien a été particulièrement accéléré début 2004 avec l'aide de l'Union Européenne, elle-même inféodée à l'OTAN par le traité de Rome, laquelle avait posé comme préliminaire à l'admission de Chypre l'ouverture de négociations sur ladite fusion, et renouvelle régulièrement depuis lors l'exigence de la poursuite de ces "négociations" imposées.
 
La propagande en cours de rédaction commencera ou terminera tous ses articles, comme d'habitude, en expliquant l'intervention turque de 1974 à 2017 par un projet de coup d'état chypriote le 15 juillet 1974. Evidemment le coup d'état chypriote aurait été une question interne tandis que l'intervention turque est une immiscion étrangère. On ignore combien de temps aurait duré le régime issu d'un coup d'état si celui-ci avait été couronné de succès (la dictature militaire en Grèce n'a pas tenu longtemps), mais ce qui est certain c'est que l'invasion turque se poursuit et a donné lieu à une colonisation qui, elle, entre dans sa troisième génération. Surtout, ce matraquage, qu'on va de nouveau lire dans toute la presse alimentée par les trois agences sus-mentionnées, justifie un fait avéré (l'invasion) par une hypothèse (le projet de coup d'état), utilisant là le concept étatsunien de "preemption" (attaque préventive) formellement condamné par le droit international puisqu'il tend à justifier une agression par un prétendu projet d'agression adverse future... sans considération d'ailleurs de la menace réelle qu'un pays d'un million d'habitants, même en cas de changement de régime, aurait pu représenter pour une grande puissance comme la Turquie, membre qui plus est de l'Alliance (alors défensive) Atlantique. Quant à l'hypothèse, avancée par la Turquie, d'un projet d'unification de Chypre avec la Grèce dans l'esprit des auteurs de la tentative de coup d'état, même cette perspective n'était pas très menaçante pour une Turquie qui, doit-on le rappeler, a par contre commis un génocide avéré contre les peuples grecs (mais aussi assyrien et arménien) parachevé à Smyrne et Phocée en 1922, et occupe toujours de l'Ionie au Pont et jusqu'à Constantinople et la Thrace orientale. De leur côté les Etats-Unis d'Amérique ont encouragé la tentative de coup d'état chypriote (qui allait servir de prétexte à l'invasion turque) en refusant de le condamner puis en interdisant une réunion d'urgence du Conseil de Sécurité, et ont ensuite soutenu l'invasion turque en refusant d'interrompre leurs livraisons d'armement à la Turquie comme le prévoient tant le droit international que le droit interne étatsunien.
 
Cette propagande prendra pour thème la "réunification" de Chypre, un terme que beaucoup de Français considèreraient inapproprié pour la restauration de l'exercice de la souveraineté française sur l'Alsace et la Lorraine en 1918 ou en 1944 : la plupart des journalistes de l'époque et des historiens d'aujourd'hui considéraient et considèrent que l'Alsace et la Lorraine étaient occupées par une puissance étrangère, pas que la France était divisée et nécessitait une réunification avec une autorité locale installée par l'ancien occupant. Occupation (présence de torupes étrangères non invitées), c'est ce qui ressort de quatre-vingt-cinq résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, la 353 et la 2300 comprises, sans compter celles de l'Assemblée Générale. Ce qui n'a pas empêché le secrétariat général de l'ONU d'altérer progressivement le langage de ses rapports, renvoyant maintenant dos-à-dos des prétendues communautés de "Chypriotes grecs" et "Chypriotes turcs" ou convoquant simultanément et sur pied d'égalité les "dirigeants" desdites deux communautés de l'île dite "divisée". Encore une fois on relève que le langage du Secrétaire Général imposé par les Etats-Unis est très différent de celui des résolutions de l'Assemblée Générale des pays membres de l'ONU, qui exigent régulièrement le retrait des forces d'occupation de Chypre.
 
Les Chypriotes sont les indigènes de Chypre. Dans la partie de l'île où le gouvernement légitime et reconnu par tous les membres de l'ONU (sauf un, la Turquie) peut exercer sa souveraineté, la culture grecque est très majoritaire, comme dans l'ensemble du pays avant l'invasion turque, mais la culture turque est présente également, les deux langues ayant statut officiel même si toute la population est hellénophone. Dans la partie occupée de l'île il devient de plus en plus difficile de distinguer les indigènes, dont seuls ceux nés avant l'invasion comprennent le grec, des membres de la colonie de peuplement amenée de Turquie par le gouvernement turc, qui eux ne comprennent pas un mot de grec, et dont certains ont eu sur place des enfants et même des petits-enfants.
 
Les envoyés spéciaux du Secrétaire Général de l'ONU ont réussi, sous la menace d'un refus d'adhésion à l'Union Européenne, à imposer début 2004 la tenue de deux referenda locaux. Un referendum unique dans toute l'île, comme l'ONU sait en organiser ailleurs dans des pays divisés, aurait eu l'inconvénient de montrer une victoire globale massive du "non" à la fusion de la partie libre et de la partie occupée de l'île. Il fut donc organisé deux referenda distincts, permettant de brandir deux résultats séparés, en l'occurrence oui à la fusion dans la partie occupée et non à la fusion dans la partie libre, et donc de blâmer les intransigeants "chypriotes grecs" (selon la terminologie des rapports du secrétariat général) de l'échec d'une réunification acceptée par les bienveillants "chypriotes turcs". Evidemment les votes des déportés de la partie occupée ont été comptabilisés dans la partie libre où ils ont trouvé refuge, sans quoi le referendum se serait aussi soldé par une réponse négative dans la partie occupée, bien que les envoyés du Secrétaire Général y aient par contre fait voter les colons turcs, y compris les familles de l'armée turque d'occupation. Les termes du projet de fusion préparé par le secrétariat général étaient aussi inacceptables pour les Chypriotes qu'au regard du droit international, et violaient d'ailleurs toutes les résolutions de l'ONU exigeant le retour des déportés dans la partie occupée et la restitution de leurs biens confisqués par l'armée turque. Non seulement le nombre de déportés (et descendants) autorisés à rentrer chez eux était limité, et très sévèrement, mais de plus ce projet prévoyait à titre de réciprocité l'installation de "chypriotes turcs" (non distingués des colons amenés de Turquie) dans le territoire "chypriote grec", c'est-à-dire l'extension de la colonisation turque dans la partie jusque-là pas encore occupée. Il prévoyait la construction d'une fédération composée de deux états fédérés de même poids constitutionnel et parlementaire, idée particulièrement inéquitable compte tenu de la répartition de la population. En effet la partie libre, à laquelle serait réduite la République de Chypre actuelle, compte de l'ordre de 800000 habitants, dont un quart de déportés de la partie occupée, tandis que cette dernière, qui serait érigée en co-république de même poids fédéral, ne compte que de l'ordre de 200000 habitants (hors contingent d'occupation estimé à 40000 militaires), pour moitié indigènes chypriotes et pour moitié colons turcs. Le projet adémocratique étatsuno-onusien consiste donc à accorder à chaque citoyen de la Chypre souveraine actuelle un vote affecté d'un coefficient huit fois inférieur à celui du vote d'un ressortissant des territoires actuellement occupés. A titre anecdotique on peut aussi relever que lors du referendum la population (turcophone) de la partie occupée de l'île s'est massivement autodéterminée en faveur d'une réintégration inconditionnelle à la République de Chypre, poussant son "dirigeant" à la démission ; ces manifestations spontanées ont réuni de l'ordre de 50000 personnes, soit à peu près toute la population active de la partie occupée, ou la moitié si les colons amenés de Turquie y ont participé aussi, de toute façon un record mondial de taux de participation à des manifestations spontanées, qui plus est interdites et de surcroît sous occupation militaire. Néanmoins, la manœuvre du secrétaire général de l'ONU visant à amener les "chypriotes grecs" à refuser une "solution pacifique" acceptée par les "chypriotes turcs" fut publiquement considérée par le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan comme la plus grande victoire de la diplomatie turque en un demi-siècle.
 
Le terme de réunification a acquis une connotation positive notamment lorsque les cinq états issus de la division de la République Démocratique Allemande le 3 octobre 1990 adhérèrent (le lendemain) à la République Fédérale d'Allemagne. Il a aussi été utilisé au sujet du Yémen du Sud et du Yémen du Nord, notamment, mais ne s'applique pas lorsqu'un pays restaure sa souveraineté sur une province libérée d'une occupation étrangère. Enfin, et en particulier dans le cas du projet élaboré par le secrétariat général de l'ONU pour les Etats-Unis (ou l'inverse) au sujet de Chypre, cette réunification suppose la considération de deux (ou plusieurs) états distincts, éventuellement de tailles différentes, mais tous sujets reconnus de droit international avant ladite réunification. En clair, l'étude même d'un projet de réunification présuppose et emporte reconnaissance des différentes entités concernées.
 
Justement la presse qui relancera à la fin de cette semaine sa campagne habituelle n'omettra pas de nommer comme sujet concerné une "République Turque de Chypre du Nord", et de préciser qu'elle est reconnue par la Turquie. Aux yeux du monde, ou du moins de 192 des 193 membres de l'ONU, il ne s'agit que de la dénomination interne turque de l'autorité d'occupation d'un territoire sur lequel tous les membres de l'ONU, hormis l'occupant, ne reconnaissent que la souveraineté de la République de Chypre, elle-même d'ailleurs membre de l'ONU. La même presse qualifie pourtant systématiquement d'autoproclamés des états pourtant reconnus par plus d'un état de droit ou de fait, comme l'Ossétie du Sud, l'Abkhazie, la Transnistrie, Donetsk, Lougansk... eux certes réellement autoproclamés par leurs populations indigènes, contrairement à la partie occupée de Chypre dont la prétention étatique a été proclamée par la puissance d'occupation après déportation de la population indigène.
 
En termes de droit international Chypre n'est pas divisée et l'île n'abrite pas deux états. Il n'y a qu'un sujet de droit international sur l'île de Chypre, c'est la République de Chypre universellement reconnue et dont toute la communauté internationale exige plusieurs fois par an depuis 1974, tant à l'Assemblée Générale qu'au Conseil de Sécurité de l'ONU, la restauration de l'exercice de sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire (toute l'île) après retrait de la force d'occupation militaire turque.
 
Le discours que vont incessamment diffuser les agences des pays de l'OTAN, contraire à la volonté de leurs propres peuples exprimée à l'ONU par l'intermédiaire des ambassadeurs de leurs gouvernements élus, n'est qu'un conte turc.

mardi 3 janvier 2017

l'homme qui doit être tsar

Quand il signa "the boy who would be tsar" (le garçon qui serait tsar), le vieil artiste Andreï Andreïevitch Romanov (aussi connu comme Andrew Andreyevich Romanoff) était, aussi surprenant soit-il, troisième sur la dernièrement chaotique ligne de succession de Russie, bien que plus jeune il n'aurait jamais deviné que ses cousins Nicolas et Dimitri, de la même génération, resteraient sans enfants. Celui qui fut le chef de la maison Romanov pendant vingt ans, Nicolas, mourut en septembre 2014, suivi par son frère Dimitri ce 31 décembre 2016. De fait Dimitri n'a été chef de la maison impériale que le temps de recevoir l'invitation d'Etat à rentrer en Russie, et mourut exactement la veille de cette cruciale année 2017.
 
L'invitation officielle lancée en juin 2015, pour le millénaire de la mort de Saint Vladimir le baptiseur de la Russie, fut aussi envoyée à Maria Vladimirovna, la soi-disant "grande duchesse" (un titre exclusivement réservé aux enfants et petits-enfants d'un empereur régnant) qui clame la tsarité de Cyrille, le "tsar" autoproclamé en 1924 jamais reconnu par le Zemski Sobor (sorte d'Etats Généraux) ni la maison impériale (et qui n'a jamais régné). Comme on le comprend aisément, le gouvernement actuel ne peut pas se mêler des disputes dynastiques, mais doit ramener et donner à la Russie ce dont le pays orphelin a besoin. Puisque, selon les vieilles et imparfaites règles de succession de Paul 1er (que seul un empereur en fonction peut amender) personne n'est formellement éligible, la première (prochaine) personne à représenter l'héritage impérial au sein de l'Etat ne peut être installée que par exception. La Providence règlera alors l'affaire et scellera la transition. Mais il est impossible de faire incarner quoi que ce soit en un fantôme, ou un aspirant in absentia (à l'étranger). La Russie a besoin d'un Romanov en Russie.
 
Parmi les avantages les plus évidents de tout système de succession héréditaire figure le fait que, puisque personne ne choisit l'élu (qui dans l'idéal ne peut pas refuser son devoir), il est totalement indépendant de tout pouvoir de pression. Mais la fortune fait parfois très bien les choses. L'intronisation d'un vieux Nicolas ou Dimitri sans enfants n'aurait pas empêché l'apparition d'une contestation successorale, de la part de la branche de Cyrille, à la mort de Dimitri. L'intronisation d'Andreï Andreïevitch signifie la succession automatique de son fils Alexis Andreïevitch, né en 1953, apportant par là une espérance de stabilité (d'après les trois précédents) d'une trentaine d'années, largement suffisante pour assurer et normaliser la fonction avant la question de sa propre succession. La Providence a pourvu. Maintenant les hommes (Andreï et Alexis) doivent répondre à l'appel de leur devoir. Ils y seront nourris.
 
En juin 2015, lorsque la Région de Léningrad a proposé d'héberger officiellement les rapatriés dans une résidence impériale de Saint Pétersbourg, Vladimir Petrov proposa aussi le palais Livadia en Crimée, s'exprimant donc manifestement au nom de la présidence de la Fédération. La fonction protocolaire serait de représenter et personnifier la dynastie et la nation, et fut alors comparée à la fonction du roi ou de la reine au Royaume-Uni et aux Pays-Bas d'aujourd'hui. Bien sûr le gouvernement ne pourrait passer que l'autorité dont il dispose, constitutionnelle. Du point de vue du droit constitutionnel, et comme pour un empereur, une personnification institutionnellement reconnue de l'histoire impériale (qui est la fonction actuellement proposée par le gouvernement russe) ne peut pas être élevée plus haut par un corps de hiérarchie subalterne, aussi pour aller plus loin la Russie devra recourir aux seuls corps sociaux qui ont une plus grande légitimité historique et sociale que l'Etat constitutionnel actuel, en l'occurrence l'Eglise et la société civile. Cela viendrait plus tard, les peuples russes réalisant de nouveau qu'un grand pays ne peut pas dépendre de la bonne volonté de volontaires intérimaires élus à titre temporaire, mais a au contraire besoin d'une institution stable offrant une direction à long terme quels que soient les mérites, les compétences et la longévité des individus.
 
Pour l'heure, le gouvernement russe est prêt à donner, au sein de l'Etat, un statut institutionnel permanent à la famille impériale avant les commémorations de la révolution et des assassinats. La Russie doit d'urgence attribuer la présidence honoraire des célébrations réconciliatoires de 2017. Les développements ultérieurs appartiennent à l'Histoire.
 
Puisse Dimitri reposer en paix. Puissent Andreï et Alexis répondre maintenant.

the man who must be tsar

When he signed "the boy who would be tsar", the old artist Andreï Andreïevich Romanov (also known as Andrew Andreyevich Romanoff) was, surprisingly, third in the lately chaotic succession line of Russia, although earlier in life he would never have guessed that his cousins Nicholas and Dimitri, of the same generation, would both stay childless. The twenty years-long head of the Romanov house Nicholas died in september 2014, followed by his brother Dimitri on december 31, 2016. Actually Dimitri headed the imperial house just long enough to receive the state invitation to come back to Russia, and he died on the exact eve of this milestone year 2017.
 
The official invitation launched in june 2015, for the millenium of the death of Saint Vladimir the baptist of Russia, was also extended to Maria Vladimirovna, the self-calling "grand-duchess" (a title exclusively reserved to children and grandchildren of a reigning emperor) who claims the tsarhood of Kiril, the 1924 self-proclaimed "tsar" never recognised by the Zemski Sobor nor the imperial house (and never reigning). Understandably, the current government cannot interfer in dynastic disputes, but it has to bring and give to Russia what the orphan country needs. Since, according to the antiquated and imperfect "Pauline" succession rules (that only an emperor in function can amend) nobody is formally eligible, the first (next) person to represent the imperial inheritage within the state can only be installed per exception. Providence will then settle the case and seal the transition. But it is impossible to embody a ghost, or a would-be in absentia (abroad). Russia needs a Romanov in Russia.
 
Among the most obvious advantages of any hereditary system of succession is that, since nobody choses the one (who ideally cannot refuse his duty), he is totally independent from pressure powers. But fate does sometimes do really well. An anointment of the old childless Nicholas or Dimitri would not have prevented a succession contest to appear, from the Kiril branch, at the death of Dimitri. An anointment of Andreï Andreïevich means an automatic succession by his son Alexis Andreïevich, born in 1953, bringing therefore a stability expectancy of (according to the three precedents) about thirty years, largely enough to secure and normalise the position before the question of his own succession. Providence did provide. Now men (Andreï and Alexis) must comply with their call to duty. They will be fed there.
 
In june 2015, while the Leningrad Region proposed to officially host the invited returnees in an imperial residency in Saint Petersburg, Vladimir Petrov proposed also the Livadia palace in Crimea, therefore obviously speaking in behalf of the presidency of the Federation. The protocolar position would be to represent and inbody the dynasty and the nation, and was then compared to the position of the king or queen in nowadays United Kingdom and Netherlands. Of course the government could only pass the authority it has, meaning constitutional. From a constitutional law point of view, and alike an emperor, an institutionally recognised embodyment of the imperial history (which is the position currently proposed by the russian government) cannot be promoted above by any body of lower hierarchy, therefore to go further Russia will need to resort to the only bodies that have more historical and social legitimacy than the current constitutional state, that is the Church and the civil society. This could come later, the russian peoples realising again that a big country cannot rely on the good will of temporary elected fill-in volunteers but needs a stable institution providing a long-term direction regardless of the merits, competencies and longevity of individuals.
 
As for now, the russian government is ready to give, within the state, a permanent institutional status to the imperial family before the commemorations of the revolution and the assassinations. Russia urgently needs to attribute the honourary presidency of the 2017 reconciliatory celebrations. Further events belong to future History.
 
May Dimitri rest in peace. May Andreï and Alexis move on now.

mardi 20 décembre 2016

victoire coalisée majeure à Alep

La coalition islamo-atlantique vient de remporter une belle victoire à Alep.
 
Après avoir desserré autour de la portion principale d'Alep l'étau des milices islamistes supplétives de l'OTAN et du Conseil de Coopération du Golfe, l'armée syrienne a pu renverser la situation et assiéger le réduit d'Alep-Est, progressivement rétréci à 10% de la population de la ville il y a un an puis à 2% début décembre, puisque des centaines de milliers d'habitants ont fui les quartiers encore occupés par les moudjahidines pour se réfugier dans ceux déjà libérés par l'armée régulière.
 
Mais parallèlement, pendant des mois la progression du front anti-terroriste a été accompagnée en parallèle d'une montée de la propagande visant à préparer les opinions "occidentales" à un bain de sang dès la libération de la deuxième ville de Syrie, à commettre par le contingent contre ses familles, une abomination qui ne pouvait naître que dans les fantasmes de propagandistes occidentaux détribalisés, déracinés et familialement sevrés. Il serait fastidieux de recenser ici tous les articles de presse calomnieux présentant le gouvernement syrien comme un régime tyrannique installé illégalement par la force et envoyant des milices barbares à l'assaut d'une pauvre ville assiégée, et les terroristes islamistes comme une opposition civile démocratique et modérément équipée d'armes lourdes sans lien avec les quelques extrémistes qui postent des courts-métrages de décapitations sur internet et dont la presse occidentale s'acharne à occulter l'usage répété des armes chimiques qui leur ont été fournies ou enseignées. Cette campagne médiatique a été renforcée dernièrement et crédibilisée par les nombreuses déclarations dramatiques de personnalités politiques qui font autorité, à un niveau ou à un autre, et en profitent pour influencer l'opinion sur une question parfois sans rapport avec leur mandat ou leur domaine de compétence. Et évidemment ont été mis à contribution tous les producteurs de témoignages, comme l'observatoire unipersonnel à distance des droits de l'homme en Syrie, ou les faux casques blancs dont la dénonciation par l'ONU quelques heures après qu'ils aient réussi à l'intoxiquer (le 30 septembre 2015) a été totalement ignorée dans les pays de l'OTAN, et qui ont failli être portés par la coalition islamo-atlantique jusqu'au comité Nobel, il y a quelques mois. Pour finir, tous les blogueurs islamistes ont annoncé leur imminent massacre, et pris congé avec grandiloquence en envoyant des "tweets" dithyrambiques ou onomatopiques et posté des vidéos d'excellente qualité, dans des quartiers où les journalistes indépendants arrivés en même temps que l'armée nationale ont constaté qu'il n'y avait pas d'internet, plus de lignes téléphoniques fixes et que même le réseau de téléphonie portable présent dans la partie libre de la ville n'était pas accessible des quartiers occupés et ravagés par les islamistes... au contraire par exemple de l'essentiel de la ville d'Alep, où aucun journaliste occidental n'a souhaité venir interroger le million et demi d'Aleppins (98%) déjà sous la protection de l'armée gouvernementale ou les milliers de réchappés récents d'Alep-Est. Les trois agences de l'OTAN (Associated Press, Agence Française de Presse et Reuters) diffusaient plutôt les déclarations dictées des otages, familles et sympathisants des quelques milliers d'irréductibles moudjahidines auxquels on a interdit d'accepter la reddition et l'amnistie, vraisemblablement parce qu'on préfère les voir mourir que révéler (en anglais) leur origine, et forgeaient le mythe de cent mille personnes piégées lorsque les islamistes ne tenaient plus que 2 km², ce qui établirait certes un nouveau record mondial de densité de population, mais peut aussi préparer la déclaration d'un massacre de grande ampleur lorsque la libération et l'ouverture du dernier réduit permettra de constater qu'il y "manque" cent mille civils.
 
Au-delà de la publication systématique d'une fausse accusation de "bavure" par la Russie en Syrie au lendemain de chaque massacre de civils ou destruction d'hôpital par les Etats-Unis et leurs suppôts en Irak ou en Afghanistan, depuis déjà plusieurs semaines ce ne sont plus seulement les organisations crypto-gouvernementales mais ouvertement certains gouvernements de l'OTAN qui accusent la Syrie et la Russie de "crimes de guerre". Certains hommes politiques, des plus fins renards comme Hillary Clinton aux plus grossiers grognards comme François Hollande, exigent dans des termes peu diplomatiques que le président russe Vladimir Poutine soit sommé de "rendre des comptes" et déclament publiquement leur intention de le traduire pour crimes de guerre devant un tribunal d'exception, c'est-à-dire leur dessein d'attaquer la Russie, de la vaincre, de renverser son gouvernement légitime et de soumettre ses dirigeants à des simulacres prohibés par le droit international. On y reviendra, ces déclarations officielles, ès qualités, de personnalités investies de mandats suprêmes dans leurs pays respectifs, et non démenties ou démises conséquemment, sont lourdes de sens et de conséquences.
 
Afin de lever le moindre doute concernant son parti et son engagement dans la guerre contre la Syrie, la France a invité en visite officielle, début décembre (juste après l'exfiltration des commandants moudjahidines abandonnant leurs combattants dans le dernier réduit), l'islamiste aleppin Brita Hagi Hassan, présenté par toutes les autorités françaises comme "maire rebelle d'Alep" alors qu'il est en réalité le chef du conseil islamique civil chargé de la surveillance de la population d'Alep-Est au sein de la branche d'Al Qaeda pour la Syrie, rebaptisée récemment Fatah al Cham mais encore généralement connue sous son appellation précédente Al Nosra. Cette visite, annoncée pour une dizaine de jours, étendue à une vingtaine et appelée à une prorogation indéfinie, a culminé par l'extinction largement médiatisée des lumières de la tour Eiffel, jeudi 15 décembre, en solidarité avec les milices moudjahidines d'occupation d'Alep-Est sur le point d'être pourtant amnistiées et transférées à Idlib par le gouvernement légitime de la Syrie, membre de l'ONU, en application du plan de paix de l'émissaire de l'ONU Stefan de Mistura. Ce symbole de la France aux yeux du monde entier n'a pas seulement été éteint en signe de solidarité avec ceux que le gouvernement français appelle "djihadistes", mais aussi en signe de refus du plan de paix de l'ONU.
 
Au même moment l'ONU, justement, rapportait ce que certains de ses membres influents essayaient d'étouffer, à savoir que les milices dudit conseil d'Alep-Est, subordonnées ou protectrices de l'honoré invité des autorités françaises, bloquaient (comme lors des trêves précédentes) l'évacuation de la population d'Alep-Est, mitraillaient ou pilonnaient les corridors humanitaires et les convois civils, utilisaient deux nouvelles fois des armes chimiques (évidemment prohibées), tenaient la population en otage et la répartissaient comme "boucliers humains" sur les hôpitaux qu'elle avait tous démontés et transformés en batteries fixes d'artillerie pour tenter d'y attirer des feux de contre-batterie comme à Sarajevo, affamaient la population en confisquant l'aide humanitaire syrienne et russe, exécutaient publiquement les familles qui avaient tenté d'emprunter les corridors humanitaires pour quitter le réduit islamiste et crucifiaient les enfants qui n'avaient pas été assez combattifs face à l'armée nationale ou assez coercitifs face à leurs familles. Stratediplo refuse d'appeler terroristes les résistants à une occupation et les auteurs d'attentats ciblés, mais les légions étrangères qataries terrorisent véritablement les populations syriennes. En même temps les autorités et émissaires de l'ONU répétaient sans cesse qu'il n'y avait aucune trace sur le terrain des "atrocités systématiques" dont certains membres du Conseil de Sécurité (ceux appartenant aussi à l'OTAN) accusaient officiellement la Syrie et la Russie.
 
Les rapports des observateurs indépendants et des quelques organisations véritablement non gouvernementales n'ont pas empêché les media des pays de l'OTAN d'occulter la vérité qui se faisait jour au fur et à mesure de la libération de nouveaux quartiers, et de ne pas diffuser la semaine dernière les images de foules en liesse, les larmes de joie, les embrassades avec les soldats et les fêtes spontanées sur le passage de l'armée nationale, et de choisir au contraire de blâmer les forces libératrices. Cinq pays majeurs, dont aucun n'a envoyé d'aide humanitaire en Syrie et dont certains ont interdit aux pays voisins de laisser passer l'aide humanitaire russe avec la même insistance qu'ils avaient tenté d'empêcher la livraison d'aide humanitaire au sud-est de l'ex-Ukraine il y a deux ans, accusent formellement la Syrie et la Russie d'intercepter cette aide humanitaire qu'ils n'envoient pas, au moment même où les télévisions indépendantes qui ont accepté d'accompagner l'armée syrienne montrent la découverte des caches où les islamistes accumulaient l'aide humanitaire qu'ils refusaient ensuite à la population (ou revendaient chèrement et parcimonieusement), suivant les instructions qui leur avaient été données pour créer une crise humanitaire grave dans la portion occupée d'Alep.
 
Car on avait décidé non seulement de soumettre la population mais également de créer une crise humanitaire, dont on blâmerait ensuite la Russie, et qui donnerait du crédit aux évocations faussement horrifiées de Grozny, Sarajevo et Srebrenica, qui n'éveillent dans les opinions publiques le souvenir d'aucun fait spécifique mais un vague sentiment irraisonné de "plus jamais cette boucherie" contre de malheureux musulmans opprimés. Grozny c'était la Russie du chaos post-soviétique eltsinien, alibi pour que les caméras des pays qui entraînaient les moudjahidines dans les gorges de Pankissi ne montrent pas les images de l'armée russe entrant dans la ville par les avenues où des chrétiens avaient été pendus à tous les réverbères, images gravées à jamais dans la mémoire des soldats enfin victorieux qui descendaient des chars libérateurs pour aller vomir dans les fossés ; "comité Grozny" c'est aussi le groupe d'intellectuels juifs parisiens qui appelaient à bombarder Moscou comme ils avaient plus tôt appelé à bombarder Belgrade sous le nom de "comité Sarajevo". Sarajevo, ville martyre dont la comparaison avec Alep-est est la plus pertinente, c'est aussi une ville où les occupants islamistes confisquaient l'aide humanitaire, gardaient la population en otage quand des corridors d'évacuation étaient ouverts, et appelaient des feux de contre-batterie vers les hôpitaux où ils avaient invité les journalistes étrangers, en tirant sur les positions chrétiennes avec des mortiers placés sur ou dans ces bâtiments. Sarajevo c'est aussi l'un des symboles de la toute-puissance étatsunienne qui a réussi à interdire à l'ONU de diffuser les rapports établissant que les milices islamistes tuaient des musulmans (boulangerie, marchés de Markale...) pour blâmer l'ennemi et faire intervenir l'Alliance Atlantique, comme le confesserait sur son lit de mort le président Izetbegovic des années après que son chef d'état-major Halilovic ait démissionné dégoûté d'avoir dû massacrer sa propre population au lieu de combattre l'armée ennemie. Srebrenica, surtout, c'est le mot qui restera, pour le profane, un synonyme de génocide (un mot si lourdement associé à ce nom dans la presse "occidentale"), et pour l'expert en science politique ou en communication un symbole de la manipulation médiatique. Srebrenica, c'était une ville déclarée démilitarisée mais jamais désarmée, où était basée une brigade islamiste d'extermination qui a dépeuplé dans d'atroces sévices les campagnes chrétiennes environnantes. C'est une opération admirablement menée où l'armée victorieuse a fait venir des centaines d'autobus pour évacuer vers la république islamique ceux des civils musulmans qui ne souhaiteraient pas rester sous administration chrétienne, et où les hommes originaires d'autres régions ont été soigneusement examinés un par un pour distinguer les déplacés et réfugiés des moudjahidines en civil, même si la brigade s'était exfiltrée juste avant la chute de la ville, et où les prisonniers, en dépit de leurs exactions monstrueuses, ont été traités selon les conventions de Genève (pourtant non applicables aux combattants irréguliers déguisés en civils) dans des conditions que beaucoup d'armées occidentales devraient imiter, surtout la plus importante qui méprise et viole les droits élémentaires des captifs ennemis, les conventions, et plus généralement les us et coutumes de la guerre. Mais Srebrenica c'est aussi une victoire de communication, le trucage des chiffres comme l'addition au lieu du recoupement des différents rapports concernant la même colonne enfuie dans les bois, la négation partiale de la réalité comme le refus de filmer et rapporter l'arrivée de cette même colonne en territoire musulman, l'abus de langage comme l'utilisation du mot de génocide pour un prétendu massacre de miliciens exclusivement masculins et le maintien de ce mot après le jugement contraire d'un tribunal multinational d'exception, l'intimidation du Conseil de Sécurité de l'ONU par une grande puissance dont les représentants vocifèrent en brandissant des enveloppes cachetées de "preuves" qu'ils ne montrent jamais, la distorsion de l'Histoire imposée par la révocation arbitraire et anticonstitutionnelle, par l'autorité de supervision multinationale en violation de son mandat, de tout nouvel élu refusant de signer l'incohérente et mensongère confession de génocide.
 
Alep-Est, bien que moins peuplée, a effectivement souffert comme Sarajevo et Grozny du joug islamiste dont elle vient d'être libérée. Mais elle est surtout l'occasion d'une grandiose campagne de désinformation et de manipulation similaire à celle déployée depuis vingt ans autour de Srebrenica. Ces grandes manœuvres politico-médiatiques plus violemment dirigées contre la Russie que contre la Syrie visent certainement, dans les pays sous régime démocratique, les membres du parlement qui seront bientôt appelés à voter l'entrée en guerre de leur pays contre la Russie. Dans les pays sous régime jacobin où la chambre d'enregistrement a été inféodée à l'exécutif, elles visent simplement la population, que l'on prépare psychologiquement à l'inéluctabilité de la guerre contre la Russie. Dans les deux cas et sur les deux publics ciblés, ces opérations sont largement victorieuses.
 
Sur le théâtre syrien, c'est contre la Russie que la coalition islamo-atlantique vient de remporter une victoire écrasante et incontestable.

vendredi 11 novembre 2016

on pourrait l'appeler arc-en-ciel

Ces quelques lignes de politique-fiction n'ont qu'un but récréatif. Comme dans d'antérieures anticipations de Stratediplo, les événements futurs sont en italique.
 
11 mai 1981
Tous les grands instituts de sondage français, ainsi qu'un certain nombre de journaux, déclarent qu'ils avaient vu juste en prévoyant l'élection de M. François Mitterrand, même s'ils avaient unanimement et mensongèrement prédit celle de M. Valéry Giscard dit d'Estaing par conformisme politique.
 
Octobre 2016
Toute la presse "occidentale" explique aux Etats-Uniens qu'ils doivent absolument élire la très prévisible criminelle contre la paix Mme Hillary Clinton plutôt que le déclaré imprévisible entrepreneur M. Donald Trump ; de nombreux pays dans le monde, par la voix de leur gouvernement, font part de leurs inquiétudes quant à l'élection possible de Donald Trump. De son côté la presse d'orientation "démocrate" (simple référence à un parti politique portant ce nom) aux Etats-Unis accuse avec insistance la Russie d'ingérences multiples dans la vie politique états-unienne.
 
7 novembre 2016
Tous les supports de presse alimentés par les agences des pays de l'OTAN, à savoir Associated Press, l'Agence Française de Presse et Reuters, annoncent que l'élection censitaire présidentielle états-unienne sera remportée par Hillary Clinton, certes de justesse, mais en conformité avec tous les sondages publiés par la presse.
 
8 novembre
Au fur et à mesure du dépouillement des résultats de l'élection, les media rapportent que le score est serré comme prévu, mais que Mme Clinton devrait l'emporter.
 
9 novembre 2016
Au petit matin la presse états-unienne, relayée dans le monde entier, annonce l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d'Amérique. De nombreux chefs d'Etat et politiciens européens font publiquement part de leur déception au sujet de l'électorat états-unien, et de leurs graves inquiétudes au sujet de la poursuite des opérations de démocratisation du monde entreprises par les Etats-Unis, ainsi que de la paix dans le monde.
 
10 novembre
Pusieurs meneurs d'opinion états-uniens, notamment du monde du spectacle et de la finance, appellent l'électorat minoritaire du parti soi-disant démocrate à protester dans la rue contre la victoire majoritaire dans les urnes du parti dit républicain. En réponse à ces appels, des manifestations non préalablement autorisées éclatent dans plusieurs grandes villes des Etats-Unis, et passent en quelques heures de la manifestation violente nocturne à l'insurrection sans esprit de reddition. La presse internationale sous influence états-unienne rapporte que de nombreux mouvements ont pris "spontanément" (mais à l'invitation de quelques personnalités influentes) naissance aux Etats-Unis, les uns pour contester le résultat de l'élection, les autres pour exiger son invalidation, et d'autres encore pour intimer au candidat du parti majoritaire de proclamer la victoire de la candidate du parti minoritaire. Plusieurs chefs d'Etat alliés des Etats-Unis somment le futur président de préciser au plus tôt ses intentions réelles en matière de politique étrangère. La presse à sensation états-unienne rappelle qu'une voyante balkanique avait annoncé il y a vingt ans que le quarante-quatrième président des Etats-Unis d'Amérique serait le dernier et qu'il serait un homme de couleur, et qu'elle avait annoncé aussi l'effondrement des Etats-Unis en 2016 et une invasion musulmane en Europe la même année. La presse étrangère accréditée aux Etats-Unis évoque des appels publics à la sécession dans plusieurs provinces des Etats-Unis.
 
11 novembre
Un sondage estime que, bien que seulement 61% du corps électoral californien ait voté pour Hillary Clinton, 76% des sondés sont en faveur de la sécession de la Californie, et la presse indique les étapes juridiques d'une sécession constitutionnelle. La presse états-unienne rapporte que des millions de citoyens exigent sur internet la révision du résultat de l'élection. Elle rappelle que le parti républicain n'a remporté que le suffrage populaire direct, mais que les grands électeurs n'éliront formellement le président que le 19 décembre. Les media annoncent qu'une pétition, appelant les grands électeurs (en majorité élus et mandatés pour voter pour Donald Trump) à trahir leurs électeurs et leur parti en votant pour Hillary Clinton, a collecté des millions de signatures anonymes en quelques heures. Plusieurs autorités médiatiques appellent à assassiner le futur président Donald Trump. Le blogographe Diplostratus rappelle que la parité entre les monnaies n'a pas encore pris acte de la division par 55 du pouvoir d'achat (en or) du dollar entre le défaut de paiement des Etats-Unis le 15 août 1971 et le gel du cours de l'or par la capitulation de la Suisse le 6 septembre 2011, ni de l'augmentation de la dette états-unienne de plus d'un tiers depuis lors, et il assure que la grande finance du dollar blâmera nécessairement un événement sans rapport ou une personne innocente de l'inévitable révélation de la division de la valeur du dollar par au moins 73 (chiffre ignorant les autres facteurs comme l'augmentation de la masse monétaire), c'est-à-dire la perte de plus de 98% de sa valeur.
 
12 novembre
La presse du monde entier retransmet les images des insurrections hors de contrôle aux Etats-Unis.
 
13 novembre
Georges Soros, l'homme qui a détruit le système monétaire européen en 1992 mais se vante seulement d'avoir "fait sauter la banque d'Angleterre", annonce (semble ordonner) une fuite massive des capitaux hors des Etats-Unis pour le 10 janvier en cas d'investiture du président Trump. Wikileaks publie des milliers de courriels qu'Hillary Clinton avait signés en tant que directrice exécutive d'Otpor. Munie d'un drapeau multicolore des défilés de raccolage transhomométasexuels la chanteuse sataniste Madonna déclare aller au Congrès pour régler toutes ses dettes, sans distinction de sexe, devant la télévision.
 
14 novembre
La presse financière mondiale publie les sondages "sortie des urnes" du 8 novembre montrant qu'une nette majorité d'Etats-Uniens avaient alors déclaré qu'ils venaient de voter pour la candidate du parti démocrate. Sur la place Tahrir de New-York, plusieurs journalistes canadiennes, mexicaines et européennes sont violées par des clintoniens portant des masques à l'effigie de Donald Trump barbouillés de rouge sang. Sur la place Maïdan de Washington, des tireurs d'élite embusqués sur les toits abattent simultanément des manifestants clintoniens et des policiers. Le président d'ex-Ukraine Petro Porochenko propose d'envoyer aux Etats-Unis des tontons bercoutes en éléments précurseurs du bataillon Azov.
 
15 novembre : le maire (parti démocrate) de Washington obtient le déploiement dans la ville et autour du Capitole d'un effectif de l'armée territoriale (dite garde nationale) double de celui déployé à Baltimore en 2015, et annonce que c'est sous cette protection que le congrès élira le prochain président le 19 décembre. Sans attendre, vers minuit la foule de la place Maïdan à Washington commence à marcher sur la Maison Blanche locale (ne pas confondre avec la Douma de Moscou).
 
16 novembre
La presse états-unienne annonce que le président Barack Hussein Obama s'est enfui pendant la nuit à bord d'un hélicoptère. Le Mexique et le Canada annoncent la fermeture temporaire des frontières en raison de l'afflux de réfugiés états-uniens.
 
17 novembre
Des rumeurs font état d'un lynchage de rue du populiste milliardaire Donald Trump, d'autres rumeurs évoquent une arrestation ou un enlèvement par une unité apparemment professionnelle, armée et masquée. Le service de presse du gouvernement fédéral des Etats-Unis annonce une intervention télévisée du président par interim Joe Biden et de la future présidente Hillary Clinton à 20h00, sur le grave sujet de la tentative russe de déstabilisation du processus démocratique en Amérique.
...

lundi 31 octobre 2016

ce conflit inévitable n'a rien d'ethnique

Un esprit lucide exerce aujourd'hui son devoir d'expression pour attirer l'attention sur l'importance des ébats préliminaires partisans dont pourrait sortir le prochain président de la république destiné à savoir ou ne pas savoir éviter la guerre civile ethnique.
 
Il met le point sur une question primordiale, le caractère inéluctable du conflit, qui adviendra que l'on décide ou non de déclarer l'incompatibilité de l'islam et de la démocratie, n'en déplaise à certains candidats à l'exécution suprême ("magistrature" est inadapté à quelqu'un qui ne vise pas le judiciaire) qui disent être prêts à n'importe quelle concession envers l'islam pour éviter la guerre civile.
 
Car effectivement le conflit aura lieu, il est désormais inévitable compte tenu du rapport de forces. Ce qui n'est pas encore certain est la forme que prendra ce conflit.
 
Le gouvernement peut reconnaître a minima l'incompatibilité de l'islam avec la démocratie (dont beaucoup de peuples se passent avec bonheur), voire avec les droits de l'homme (femme notamment), référence de la constitution actuelle, sans même avoir à se prononcer sur la compatibilité de l'islam avec la loi naturelle, avec les droits et devoirs des hommes entre eux et envers Dieu, ou avec les fins ultimes de l'homme, référentiels et sources de droit rejetés par la république. Mais même en se contentant de reconnaître l'incompatibilité de l'islam avec la constitution française, le gouvernement se mettrait dans l'obligation de neutraliser cette contravention et d'éradiquer l'idéologie qui la prône. Dans l'hypothèse plus que vraisemblable où les porteurs de cette idéologie ne se laissent pas convaincre, le gouvernement devra recourir à la force pour rétablir le respect de la loi sur l'ensemble du territoire français, et il est alors plus que plausible que les tenants du droit étranger résistent non seulement par les armes, et on sait qu'ils en ont, mais également par toutes les modalités d'assertion, d'intimidation et de coercition qu'on leur connaît. Cette population-là entrera en insurrection contre le gouvernement. Les opérations que celui-ci mènera, selon sa détermination et l'évolution de la situation, pourront être qualifiées de rétablissement de l'ordre, voire de contre-guérilla selon le niveau d'organisation et de combativité de l'insurrection. La population insurgée minoritaire s'en prendra bien sûr plus aisément à la population loyaliste majoritaire qu'aux forces gouvernementales, qui de leur côté devront éviter les dommages collatéraux et déployer suffisamment de puissance pour protéger la population loyaliste attaquée et éviter qu'elle riposte par elle-même. Il ne s'agira donc pas dans ce cas d'une guerre civile.
 
Le gouvernement peut refuser de déclarer l'illégalité de l'islam, laissant cet autre système juridique s'installer totalement dans plus d'enclaves qu'il n'en a déjà, et progresser subrepticement, partiellement, au niveau national grâce à des tolérances, transformées en privilèges puis institutionnalisées par la jurisprudence ou l'amendement progressif du corpus juridique. C'est la voie dans laquelle s'est résolument engagé le régime : il se refuse à faire appliquer le droit encore officiellement en vigueur et à protéger la population légaliste, et cette retraite sera de plus en plus perçue comme un encouragement envers la population adepte du droit non français à appliquer ce droit étranger, qui n'est pas seulement distinct mais également inégalitaire en supposant et imposant la subordination de la population de droit français. Dès lors, et au fur et à mesure de l'avancement de l'entreprise de soumission de la population loyaliste, celle-ci sera amenée au minimum à se replier dans des emprises qu'elle devra sécuriser elle-même face aux incursions de l'islam, et au pire à s'insurger contre le régime qui a décidé son assujettissement si celui-ci engage ses moyens de maintien de l'ordre dans les opérations de changement d'ordre, comme en 1961. Dans le cas d'un affrontement direct entre les tenants du droit français et les adeptes du système juridique de l'islam, sans intervention du gouvernement, il s'agira d'une guerre civile, qui plus est interne si l'on ne veut pas considérer qu'en adoptant un droit non français, un parti a fait allégeance à l'étranger. Dans ce cas le refus gouvernemental de constater l'incompatibilité de l'islam avec le droit français aura effectivement provoqué la guerre civile.
 
Le gouvernement peut aussi décider de reconnaître le caractère international de l'agression contre le droit français, non pas en lançant après chaque sacrifice rituel en France des opérations Brochet de représailles gesticulatoires contre les bâtiments occupés (et rapidement évacués sur ordre) par des assassins ou des guérilleros qui ignorent qu'à des milliers de kilomètres de là quelqu'un a revendiqué ses crimes en leur nom, mais en expulsant les prédicateurs tous étrangers de cette idéologie, en coupant ses flux de financement étrangers, en prohibant toute apologie orale ou écrite de l'application d'un droit non français en France, en interdisant l'allégeance des citoyens et résidents français à ce droit étranger... comme on l'a montré dans le Septième Scénario, une telle et soudaine revendication et utilisation du monopole d'emploi de la force par le gouvernement entraînerait rapidement le dévoilement et l'intervention militaire en France d'un pays ou d'une coalition, ce qui avèrerait le caractère international de la guerre.
 
Mais ce conflit, qu'il soit une opération de rétablissement de l'ordre, une guerre civile ou une guerre internationale, n'aura pas de caractère "ethnique", pour reprendre le concept allemand fallacieusement utilisé depuis les années quatre-vingt-dix sur un continent européen qui a dépassé le stade tribal il y a des milliers d'années. Les tenants de l'idéologie révolutionnaire nationaliste qui croient aux nations française, italienne, allemande et espagnole ne peuvent accepter ce qualificatif de guerre ethnique pour un conflit au sein d'un Etat-nation. Les contrerévolutionnaires qui croient aux peuples breton, basque, catalan, provençal et ligure savent qu'on peut être catalan chrétien, juif, athée ou musulman et que c'est ce choix personnel qui dictera la place de chacun de part et d'autre de la ligne de confrontation. Si le conflit entre le droit français et le droit d'islam est porté par les musulmans, quels que soient leur nationalité officielle, leur peuple d'origine ou leur province d'adoption, ce n'est peut-être pas une guerre de religions au pluriel, mais c'est bien une guerre de religion au singulier.
 
Le conflit est inévitable puisqu'il a commencé, la confrontation entre les deux systèmes juridiques faisant régulièrement des morts. Ce que le régime peut encore définir est le type de conflit, en choisissant la répression étatique (le rétablissement de l'ordre), quitte à accepter l'internationalisation, pour éviter la guerre civile. Mais dans tous les cas il n'y a aucune dimension ethnique, ce qui a commencé est une guerre de religion.

lundi 24 octobre 2016

partition ou sécession ?

Quand le président François Hollande parle de tenter d'éviter quelque chose, c'est souvent de mauvais augure.
 
Ainsi, après avoir envoyé l'armée française en Centrafrique à la fois pour sauver le régime islamiste issu du coup d'Etat Séléka venu du Soudan et pour s'interposer entre les 10% de population musulmane au pouvoir et les 90% de population chrétienne dans la rue, il a prétendu le 28 février 2014 que "il faut éviter qu'il y ait la moindre tentation de partition".
 
Puis, après avoir engagé tous les moyens diplomatiques et médiatiques (et quelques moyens militaires et économiques) pour soutenir les islamistes envoyés en Syrie par le Qatar, l'Arabie et la Turquie pour y installer par la force une dictature islamiste, il a assuré le 3 octobre 2015 que "ce qui est important, c'est d'éviter la partition de la Syrie et surtout une lutte religieuse".
 
A ses yeux donc l'imposition du joug mahométan (même par une intervention étrangère) n'autorise pas la sécession des populations qui le refusent.
 
Aussi on ne peut qu'être interpelé par sa formule, appliquée cette fois à la France le 12 (?) octobre 2016, s'interrogeant et constatant "comment peut-on éviter la partition ? Car c'est quand même ça qui est en train de se produire, la partition".
 
Beaucoup de Français ignoraient encore que leur président comparait désormais la situation de la France à celles de la Syrie l'année dernière et de la Centrafrique il y a deux ans. Il évoque d'ailleurs le démembrement, qu'il s'agisse d'un démantèlement imposé ou d'une dislocation spontanée, par un mot étranger, dont le faux-ami français est souvent complété de l'expression "bien réglée". Car partition, dans le sens de morcellement, c'est l'une des deux alternatives couramment considérées et discutées aux Etats-Unis d'Amérique pour décrire les modalités de la destruction de leurs ennemis, puisqu'ils ne visent jamais l'armistice, la capitulation ou le traité de paix mais systématiquement la destruction, et étudient toujours, selon le critère de la valorisation économique possible des ruines, ce qu'ils appellent la "solution parking" appliquée par exemple au Japon en 1945, en Irak en 1991 et en Serbie en 1999 et la "solution partition", appliquée par exemple en Yougoslavie en 1992, en Irak en 2003 et en Libye en 2011. La référence affichée par le président Hollande par le choix du terme est explicite.
 
Le démembrement de fédérations hétérogènes, c'est-à-dire la séparation de peuples distincts attachés à leurs terres respectives, n'est pas incongru en soi après la disparition de leur facteur d'unité et pour éviter, ou terminer, des déchirements violents. L'empire d'Autriche-Hongrie a ainsi été démembré en provinces, pour n'avoir pas appliqué assez rapidement la méthode nationaliste (de la révolution dite française) d'unification par la langue et par la juridiction. Flandres et Wallonie, unies par la religion face aux Pays-Bas lorsque c'était un facteur d'appartenance essentiel, se séparent maintenant que la langue est devenue le critère d'identification, au même moment où les provinces des Slaves du Sud unies par la langue se séparent pour la religion redevenue un discours central, et c'est la cohabitation, voulue par un peuple totalitaire ("un seul pays, un seul peuple et une seule religion" selon l'islamiste Izetbegovic) et forcée par la coercition multinationale, qui introduit la guerre.
 
En ce qui concerne la France, au 14° siècle on ne s'est pas posé la question : tout territoire pris par les autres était considéré occupé, et les nôtres faisaient tout ce qu'il fallait pour le récupérer. Si les nôtres se divisaient aujourd'hui en communautés distinctes on comprendrait qu'ils se regroupent territorialement (ce fut le cas après la réforme protestante), reconstituant peut-être les provinces abolies par la révolution. Mais l'impossibilité de cohabitation à laquelle se réfère le président Hollande ne se situe pas au sein des nôtres, elle est entre les nôtres et les autres, les sujets de la France et ceux qui ont fait une allégeance extérieure. Ces autres n'occupent d'ailleurs pas un territoire spécifique, ils occupent la périphérie des villes sur tout le territoire national. Comme en Bosnie et Herzégovine où les paysans avaient réussi à conserver leur religion et leur identité slave tandis que certains citadins avaient au cours des siècles et à force d'empalements adopté la religion, les us et partiellement la langue de l'occupant turc, il n'y a aucun grand territoire nôtre et grand territoire autre, pour l'instant. Comme en Bosnie et Herzégovine également, le pays profond, plus désuni que divisé, accepterait peut-être de perdre quelques villes si c'était le prix à payer pour garantir la paix dans ses campagnes, mais les autres revendiquent l'application de leur loi sur l'ensemble du territoire national, entendant bien continuer à faire nourrir les villes par les campagnes.
 
Cependant, en France la question a déjà été tranchée au 20° siècle par un officier félon qui, arrivé au pouvoir par son dernier coup d'Etat, a décidé d'abandonner aux autres, qui étaient moins de 20% de la population, une dot d'émancipation correspondant à 80% du territoire métropolitain, en laissant miroiter aux nôtres la paix au prix de la déportation de seulement 2 ou 3% d'entre eux. Le colonel de Gaulle a fondé l'Algérie sur les quatre-cinquièmes de la France métropolitaine. La partition évoquée par François Hollande a donc eu lieu. C'est du passé. C'est consommé. C'est terminé. Les nôtres n'accepteront pas une autre division et une autre aliénation imposée des 20% de territoire qui ont, il y a deux générations à peine, été laissés aux 80% de la population souhaitant rester nôtre. De toute façon les populations nôtres et autres sont comme on l'a dit géographiquement imbriquées, il n'existe pas à l'heure actuelle de ligne de partage géographique permettant de procéder à une ablation.
 
Néanmoins le choix par François Hollande du terme partition, utilisé pour la première fois en France dans ce sens lors de l'émancipation fractionnée des Indes britanniques, révèle bien sûr une vision jacobine selon laquelle le partage est dicté d'en haut. Dans la conception républicaine où le pouvoir central fait et défait arbitrairement les départements, les régions administratives ou les cantons au gré de la vitesse de déplacement des commis de l'Etat ou des nécessités du découpage électoral, les particules élémentaires interchangeables (même plus sexuées) "citoyens" sont regroupées en circonscriptions sans mandat de représentation, et encore moins détentrices d'essence, de souveraineté ou même d'identité juridique, qui ne servent que de pouvoirs d'administration déconcentrée (pas déléguée) de la masse. En république l'Etat croit posséder le pays et pouvoir en disposer comme il l'entend, et le fondateur de la V° a vite renversé dans les faits ce qu'il a inscrit dans la constitution comme "intégrité du territoire", manifestement pas aussi sacré que "l'indisponibilité du domaine" des lois fondamentales.
 
La partition du diviser pour mieux asservir représente aussi un diktat autoritaire dans la philosophie punitive états-unienne, souvent mis en œuvre par le truchement d'un gouvernorat multinational. Et effectivement, comme on l'a montré dans le Septième Scénario, quelques mois suffiraient pour voir le durcissement d'une insurrection locale, la stabilisation de lignes de séparation puis le déploiement sur celles-ci d'un dispositif international d'interposition, c'est-à-dire la matérialisation de frontières et la réalisation d'un morcellement.
 
Mais ce n'est qu'au prix de dures violences au sein même de la population, ou plus exactement entre populations nôtres et autres, qu'on pourrait provoquer, là comme ailleurs et aujourd'hui comme en d'autres temps, la séparation des goutelettes d'eau et d'huile de l'émulsion en deux couches homogènes superposées. Certes l'exécutif dispose peut-être d'éléments lui donnant la certitude que ces violences auront lieu et que la séparation des communautés s'opèrera. Mais il ne saurait préjuger ni de l'issue de ces violences, ni de la solution que choisiront les Français cinq siècles après la fin de la première Guerre de Cent Ans.
 
N'en déplaise aux idéologues républicains de la nation unique, les peuples français sont souverains en France, et souverain chacun sur son territoire. Le régime de service à Paris ne peut leur dicter ni de quitter leur territoire, ni de le céder totalement ou partiellement, ni de le soumettre à un joug inique et inhumain. Heureusement la toute-puissance de l'énarchie ne change rien à la fatalité que les régimes intérimaires n'endurent pas l'adversité. Des vingt-deux régimes qui se sont succédés en un peu plus de 220 ans, un seul (sauf erreur) a survécu à une guerre, et la V° ne survivra pas aux déchirements qu'entrevoit François Hollande. Une fois recouvrée leur souveraineté, certains peuples nôtres choisiront peut-être la xénélasie, d'autres choisiront l'indépendance pour la restauration de leurs frontières et la préservation de leur mode de vie. Et si on a montré, dans le Septième Scénario, que l'Etat actuel n'a pas les moyens militaires de reprendre une ville d'un million d'habitants prise par quelques milliers de combattants amateurs, il est évident qu'après effondrement et violences ce qui restera de pouvoir sera incapable de s'opposer à la sécession d'une province.
 
Il est osé de parler de partition aujourd'hui, il sera illusoire d'interdire la sécession demain.

dimanche 16 octobre 2016

prochain théâtre

Il semblerait que, en dépit de l'opposition des Etats-Unis d'Amérique et de leurs suppôts, une partie des terroristes qui tenaient en otage les 10% de population d'Alep-est (90% sont restés ou passés sous la protection des forces gouvernementales à l'ouest) aient accepté l'offre du gouvernement syrien et de l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura, à savoir se retirer avec armes et bagages bien que sans esclaves.
 
En ce sens l'offre gouvernementale s'inscrit plus dans une optique de maintien de l'ordre, où l'on laisse aux manifestants une voie de retrait et de dispersion, que dans une optique militaire où après avoir fixé l'ennemi on le neutralise, en le détruisant s'il refuse de déposer les armes et de se rendre. C'est aussi une optique injuste puisque les nombreux crimes que ces terroristes ont commis, jusqu'à la dernière minute, sur la population locale qu'ils ont violée, décimée, tenue en otage puis dernièrement utilisée comme bouclier humain, resteront impunis. Et c'est une optique illégale puisqu'aucune amnistie n'a été décidée par le pouvoir législatif, et que le gouvernement facilite donc le retrait en bon ordre de l'équivalent de deux brigades, qui iront reprendre ailleurs leurs activités. Ce n'est pourtant pas dans une optique d'ordre public que le gouvernement syrien a fait cette proposition, puisqu'il sait que la quasi-totalité de ces guérilleros sont étrangers et qu'une bonne partie ne parle même pas l'arabe, raison justement pour laquelle les Etats-Unis ont sérieusement considéré aller les sauver manu militari, et s'opposaient à tout ce qui pouvait donner lieu à une capture, tout en ne les ayant ni équipés d'un uniforme militaire qui les distingue des civils, ni reconnus comme troupe supplétive afin qu'ils puissent bénéficier des avantages réservés aux prisonniers de guerre, dont la convention de Genève. En réalité le gouvernement syrien a, une fois de plus, agi avec discernement, humanité et responsabilité, en choisissant l'option pragmatique la plus à même d'éviter la mise à mort de dizaines de milliers d'otages syriens par ces milliers de terroristes mercenaires. Officiellement on ne négocie pas avec des terroristes, en pratique on n'abandonne pas des otages innocents.
 
La question qu'on pourrait se poser est que vont devenir tous ces barbares, meilleurs au canif à égorger et au viol bismillah qu'à la Kalachnikov. La question revêt une certaine importance si l'on considère qu'il ne s'agit pas des huit ou dix mille moudjahidines qui occupaient Alep-est, pas des quelques milliers acheminés de Libye par voie aérienne au début 2011, pas des vingt ou trente mille combattants dont le renseignement états-unien crédite régulièrement l'Etat Islamique, mais des centaines de milliers introduits en Syrie essentiellement par la frontière turque, plus ceux recrutés parmi les Syriens arabes sunnites et ceux introduits par la Jordanie, moins la centaine de milliers neutralisée par l'armée syrienne et ceux repartis volontairement.
 
On parle là, peu ou prou, de deux cent mille hommes, professionnels du combat de guérilla et de l'exaction sur les populations.
 
Comme ceux que l'on appelait "les Afghans" dans les années quatre-vingts et qu'on a ensuite envoyés en Yougoslavie, ces gens-là ne sont pas les bienvenus dans leurs pays d'origine, du moins ceux, fussent-ils sous gouvernement islamique, qui savent ce qu'est un combattant de l'islam (certes les pays européens accueilleront leurs ressortissants bras et subventions ouverts). De l'Albanie à l'Indonésie en passant par les pays arabes, hindoustans, turcomans et africains, ces trucideurs d'Allah trouveront closes les portes de leurs pays d'origine. Comme pour leurs prédécesseurs des décennies précédentes, leurs recruteurs, financeurs, formateurs et employeurs devront donc leur donner (et ont déjà décidé), faute de reconversion individuelle, une nouvelle affectation collective. Et il ne s'agira pas d'un pays déjà livré à l'islamisme, ni d'un pays dont la population s'en est récemment (plus ou moins complètement) libérée, comme l'Egypte ou la Tunisie.
 
On peut déjà entrevoir trois destinations possibles. En toute logique les trois sont déjà sur la liste des futurs théâtres d'opérations de l'islam, établie à Washington et transmise à Riyad, mais il serait intéressant de savoir quel front sera ouvert en premier.
 
Il y a, de nouveau, la première puissance militaire d'Afrique bien que non interventionniste même dans son environnement immédiat, qui a longtemps constitué un pôle de stabilité en Afrique du Nord, qui a su écraser dans le sang l'islamisme il y a vingt ans mais dont la population se renouvelle et rajeunit si vite qu'elle n'a pas de mémoire, et dont l'entretien volontaire, par le gouvernement, d'une fracture entre générations (même si elle est aujourd'hui plus économique que linguistique), assure comme il y a vingt ans le recrutement facile d'une génération exclue de la société et en quête d'identité. Ce pays, qui doit impérativement exporter pour nourrir une population totalement dépendante de l'aide sociale, vient d'être ruiné par deux ans d'écrasement des prix du pétrole (visant à affaiblir la Russie), et dès le début de la pénurie il sera facile d'y briser la société. Avantage accessoire, une déstabilisation de ce pays par la violence et la famine enverrait une portion non négligeable de sa population à l'assaut de la France. Il s'agit bien sûr de l'Algérie, au régime déjà chancelant et à l'armée puissante, mais dépendante de la solde mensuelle.
 
Une autre destination possible est l'ennemi que se sont choisi les Etats-Unis depuis qu'ils ont fait la paix avec l'Iran en prévision de l'épuisement du pétrole séoudien. La rhétorique est prête, les corridors d'acheminement ont déjà été testés, les vallées où avaient été établis les camps d'entraînement des années quatre-vingt-dix sont toujours là, deux petits pays voisins au sud sont prêts à s'impliquer, et une grande puissance voisine y trouverait son intérêt propre dans son aire culturelle et d'influence, ce qui au passage l'ancrerait plus solidement dans l'OTAN dont on la soupçonne de vouloir s'écarter. Il s'agit bien sûr de la Russie, qui a déjà dans un passé récent été localement déstabilisée dans son Caucase musulman, comme l'URSS elle-même avant son démembrement.
 
Enfin un autre théâtre possible, au sujet duquel on écrivait il y a trois ans la formule "printemps islamiste + révolution de couleur = printemps vert", est celui où les Etats-Unis ont déjà, après les événements suburbains français de 2005, identifié, invité et formé des "espoirs" ou futurs cadres de contact d'émergence spontanée, qui ont aujourd'hui dix ans de plus. Il s'agit bien sûr de l'Europe occidentale. Aux sceptiques on rappellera comment a démarré la déstabilisation de la Syrie, cette révolution des vendredis qui enflammait les rues à l'appel au djihad, le vendredi midi à la sortie des mosquées, et se dispersait à l'appel du sommeil, le vendredi soir ou le samedi au petit matin. On rappellera qu'il y a plus de mahométans en France qu'en Tunisie, plus de centres d'endoctrinement et de recrutement aussi même avant que ce pays ne ferme ses mosquées.
 
Dans les trois cas, il ne s'agit plus cette fois d'un pays de vingt millions d'habitants, mais il y a, bien plus qu'en Syrie, des franges de population susceptibles d'être rapidement enrôlées.
 
Delenda Carthago.